Le gîte de NOHEDES
est situé au centre du village ou la particularité
sont ses fours qui ressortent des murs comme des verrues. Le village
en lui-même vaut la visite si vous passez dans la région.
Pas de repas au gîter mais tout ce qu'il faut sur place pour préparer
ses repas; Il appartient au Directeur de la Réserve. Excellent
accueil. A recommander. Il existe un petit restaurant dans le village
mais il faut commander à l'avance.
Le village est
situé au fond d'une vallée que l'on prend en amont de
PRADES. Longue vallée...
J'ai passé
la soirée avec 3 scientifiques à la recherche de "carabes"
dans la réserve apparemment très riche dans ce domaine.
J'y ai appris que le loup (unique spécimen mâle dans les
Pyrénées Orientales) y venait de temps en temps. Le dernier
ours y a disparu en 1984. de temps en temps les enfants de Melba viennent
y faire un séjour. En fait, ils se promènent entre Orlu
et le Madres. Le mâle n'a pas hiberné. Il a continué
à se balader en particulier du côté de Quérigut
(frontière Ariège - Aude et PO). Les problèmes
dans les villages sont multiples :
Villages abandonnés
par les habitants traditionnels ayant une activité d'élevage
au profit de résidences secondaires ou de retraités.
Les nouveaux habitants
cohabitent parfois difficilement avec les derniers éleveurs.
Les conflits sont entre autre : divergences de points de vu sur la gestion
de la commune qui évolue d'une culture rurale à une culture
plus citadine et moderne
problèmes
de cohabitation avec les animaux de la ferme : les moutons qui salissent
la rue en traversant le village, le coq qui chante, etc...
problème
de sonnerie des cloches de l'église : ne pas sonner le matin
pour éviter de déranger les vacanciers qui dorment
problèmes
de gestions de l'espace rural pour certain, sauvage pour d'autre ou
alors de chasse...
Des villages pratiquement
rachetés par des chasseurs qui gèrent l'espace pour leurs
loisirs au détriment de l'élevage qu'ils voudraient parfois
voir disparaître (cas du village d'URBANYA). Un espace non géré
devient sauvage avec l'apparition de la "sauvagine" et le
développement anarchique des arbres et buissons au détriment
des prairies et des sentiers.
Développement
d'une faune d'ongulés (chevreuils, cerfs, mouflons...) qui ne
peuvent qu'attirer les grands prédateurs (loups, rapaces, ours...).
Il est clair que
la région méritait une réserve
naturelle pour tenter d'éviter de voir mourir des villages
d'une beauté incontestable mais aussi pour essayer de gérer
au mieux cet espace naturel remarquable face au Canigou.
L'itinéraire
part en dessous du village sur la route menant à PRADES. Un panneau
indique URBANYA. Suivre normalement un balisage orange. Le problème
est que ce balisage est très mal fait et peu fiable même
sur une piste évidente. A un carrefour où la piste descend
légèrement (alors qu'on cherche à monter), le balisage
orange disparaît au profit d'un balisage jaune qui tourne à
gauche et qui se mélange avec des balises blanches. Le tout nous
même dans un enclos agricole, nous fait suivre une crête
très agréable, sortir de l'enclos, se perd alors qu'une
piste nous tend les bras pour se terminer en cul de sac. Au bout de
ce cul de sac, la "forêt presque primitive", une borne
ONF indiquant la forêt domaniale avec une surprise : une balise
orange. Évidemment ça ne mène nul part, il vous
reste à visiter le fouillis de la forêt sans chemin. Là,
surprise, vous visitez les vestiges d'une activité pastorale
ancienne (peut être pas plus de 20 ou 30 ans) avec des terrasses,
des bordures de chemins sur des pentes escarpées et des sources
aménagées. Après cette visite dans le passé
fort enrichissante pour les futurs ethnologues, on atteint, grâce
à une bonne lecture de carte, le col del Tour.
Curieusement tous
les terrains sont clôturés avec des portes d'entrée
pour nous rappeler que le randonneur est dans une propriété
privée. De là le balisage toujours aussi nul et minable
nous laisse le choix entre 3 pistes en direction de l'Ouest (celle en
direction de l'Est redescend à PRADES). J'ai choisi la plus élevée
versant Sud ce qui m'a permis une belle balade en crête avant
de descendre sur le versant Nord et retrouver une piste menant au refuge.
Cette piste m'a
permis de repérer (très rapidement car le brouillard est
vite arrivé) mon itinéraire pour le lendemain et surtout
de chausser les raquettes pour la première fois. Elle m'a permis
également de passer à une ancienne mine de talc déjà
bien reprise par la végétation.
Le refuge du Callau
appartient à la commune de MOSSET. C'est une ancienne bâtisse
qui servait à l'époque de l'exploitation du talc à
la fois de "gare" et d'hébergement aux ouvriers. L'ancien
abri du petit train existe toujours et on peut voir de vieilles photos
sur les murs du refuge.
J'ai été
accueilli par José, gardien occasionnel du refuge. José,
licencié de sociologie est l'homme à tout faire à
la commune. Il est réfugié politique du Chili. Par pudeur
je ne parlerai pas de tout ce sa famille a pu endurer sous le régime
de Pinochet mais on comprend mieux pourquoi le pardon ne peut pas exister
dans ces cas là.
La commune de MOSSET
est un petit village vivant essentiellement de l'exploitation forestière.
Elle a une activité culturelle très intense avec 10 nationalités
qui s'y côtoient. Il a été créé en
1934 un véritable lycée par les époux Klüger,
d'origine allemande ayant fuit le nazisme. Envoyé sur le front
russe lorsqu'ils ont été retrouvés pendant la guerre,
ils parviennent encore à s'enfuir du régime soviétique
pour revenir à MOSSET.
Ce lycée qui avait abrité de nombreux enfants juifs et
espagnols républicains à l'issue de la guerre d'Espagne
a été transformé en centre d'accueil pour enfants
(classes vertes, escalade, musique, etc...).
Avant guerre le
talc était une source de revenus importants pour le village.
Le petit train transportant le minerais jusqu'à un téléphérique
qui le descendait au village pour y être transformé, prêt
à la consommation.
Le refuge tout
à fait correct pour y passer la nuit, ne doit pas officiellement
servir de repas (problèmes de normes). Des aménagements
doivent y être faits par la commune qui vient de l'acquérir
récemment. En fait l'ensemble des terrains (2 500 ha) et des
bâtiments de la mine avait été racheté par
la Mutualité Sociale Agricole. La MSA est toujours propriétaire
des terrains dont 1 500 ha sont loués à l'année
pour la chasse. Braves agriculteurs, payez des charges sociales pour
que certains aillent s'amuser (et racheter vos villages) et d'autres
vous raconter que votre régime social est déficitaire.
No comment !