Jeudi soir, l'association de défense de l'identité
pyrénéenne (Adip) a tenu son assemblée générale.
Un nouveau bureau a été constitué. Francis Ader
ne s'est pas représenté à la présidence
et c'est aujourd'hui Patricia Soltero qui se trouve à la tête
de l'association.
Pourquoi quittez-vous
la présidence de l'Adip ?
Je suis occupé
par mes diverses fonctions, notamment à la chambre d'agriculture,
par la vie locale. Je ne pouvais continuer à assumer la présidence,
par contre, je reste porte parole de l'association.
Que reprochez
vous aux techniques de protection proposées par le plan ours
?
Nous avons pris
l'exemple du groupement pastoral de Melles, où les mesures de
protection ont été mise en place l'été dernier.
Bergers, parcs de nuit, patous, héliportages, en tout le coût
est de 35 € par brebis soit une augmentation de 400 % par rapport
à une estive sans ours !
Juste pour Melles
?
Nous comptons
environ 485000 brebis sur le massif. Ces mesures de protection reviennent
à environ neuf fois le budget annuel consacré au programme
ours. C'est ingérable. Ces mesures ne conviennent pas à
ce que nous recherchons, sur le plan économique, sanitaire, de
l'entretien de l'espace et de la biodiversité. Elles préconisent
aussi l'introduction du patou. La présence de ce chien peut nous
mettre en conflit avec les autres utilisateurs du territoire comme les
randonneurs.
Quel regard
portez - vous sur le symposium ?
Ce sont des
gens qui cherchent à être reconnu professionnellement mais
qui ne sont pas et ne seront jamais sur le terrain, ils en sont complètement
déconnectés. L'ours pour nous, ce sont des conditions
de travail épouvantables. Avec les parcs, les brebis sont serrées,
avec des risques accrus d'accident, des problèmes sanitaires
Le pastoralisme doit pouvoir continuer à évoluer sans
avoir à subir la présence d'un grand prédateur
comme l'ours.
--------------------------------------------------------------------------------
Colloque
sur l'ours : le patou en situation
Dans le cadre du colloque sur l'ours, une partie des participants s'est
rendue vendredi matin à Cierp-Gaud pour assister au travail du
chien patou dans la protection des troupeaux. Gilbert Guillet, éleveur
près de Saint-Girons et membre de la Pastorale Pyrénéenne,
a apporté son concours à cette démonstration afin
de faire partager son expérience sur la présence de ce
type d'animal dans un troupeau en estive. Olivier Salvador, technicien
de chiens de protection pour la même association, en a expliqué
le dressage. Captivés par ce chien de montagne dont l'utilisation
contre les prédateurs de toutes sortes a presque été
abandonnée durant un siècle, les invités ont posé
de nombreuses questions sur le bel animal emblème des Pyrénées,
dont le dressage est primordial. Celui-ci doit être effectué
selon des préceptes fondamentaux, essentiels pour son comportement
futur au sein du troupeau et envers ses congénères. Si
l'instinct de prédation du patou est très minoré,
il doit tout de même être cadré pour être efficace.
Auteur
: Propos recueillis par V. B.
Source : La
Dépêche du Midi du 20 mai 2008