La nomination de l 'ASPP 65 au conseil d'administration du Parc National
des Pyrénées provoque de la part d'associations environnementalistes
telles que Nature Midi-Pyrénées, FNE Midi-Pyrénées
et UMINATE 65, une vive réaction.
En effet, cela vient briser des décennies d'un monopole où
il n'y avait qu'eux pour parler des petits oiseaux, des fleurs et se
gargariser de " faire " de la biodiversité en transplantant
dans les Pyrénées des ours venus de Slovénie. Cela
vient perturber le fonds de commerce de ces associations nombreuses
et variées mangeant à la " gamelle " de l'ours
sous prétexte de biodiversité à bon compte.
Ils ont voulu faire croire qu'installer une espèce emblématique,
l'ours, suffirait à répondre aux enjeux écologiques
d'aujourd'hui dans le cadre d'un développement durable de nos
territoires. Cela ne marche plus.
Le Développement
Durable s'inscrit sur le long terme en intégrant quatre dimensions
: culturelle, sociale, économique et écologique. L'ASPP
65 a toujours eu comme objectif de se positionner dans cet esprit là.
Rien de plus normal donc qu'elle soit entendue et qu'elle ait obtenu
cette reconnaissance. Les textes fondateurs de la Conférence
de RIO, Agenda 21, loin de réduire la biodiversité
aux seules espèces sauvages, surtout lorsqu'elles ne sont pas
menacées, accordent une place essentielle à ce qu'a toujours
soutenu l'ASPP 65 à travers ses actions et ses propos : "
la diversité actuelle des races animales ( d'élevage)
pour faire face aux besoins futurs " et " les connaissances
du milieu et pratiques traditionnelles des populations autochtones ".
Ce sont des courants de pensée idéologiques et non écologiques,
relayés par ces mêmes associations, qui ont détourné
le sens de ces textes fondateurs et ont fait l'apologie du " tout
sauvage " en bannissant les activités humaines.
Au niveau national,
le Rapport du groupe 2 du Grenelle de l'environnement ("
Préserver la biodiversité et les ressources naturelles
") les a démentis :
" La
conservation de la biodiversité ne peut ainsi plus se réduire
à la protection des espèces sauvages dans des réserves
naturelles. /
/ Ceci est d'autant plus vrai en France où
tous les paysages, réputés naturels ou non, sont le
fruit d'une coévolution du travail de la nature et de l'homme.
" (p.31)
Le récent
" Diagnostic partagé et Orientations pour le biodiversité
en Midi-Pyrénées " confirme ce démenti
au niveau régional (Chapitre II-1-4 : Une biodiversité
sous influence):
" L'agriculture
traditionnelle, globalement peu intensive, conditionne le maintien
de la biodiversité et contribue au très bon " maillage
biologique " de ce secteur avec des systèmes agricoles
traditionnels et extensifs tels que le pastoralisme. "
" Les craintes portent surtout sur le devenir de ces activités
au regard des mutations socioéconomiques en cours et à
venir. Ceci est particulièrement inquiétant dans les
secteurs montagneux pourtant très riches sur le plan écologique
grâce aux bonnes pratiques passées et actuelles. "
Le Parc National
des Pyrénées sait que les habitats naturels dont il a
la garde doivent leur pérennité au pastoralisme et ses
pratiques passées et actuelles. En accueillant l'ASPP 65 à
sa table de réflexion, il s'inscrit dans cette conception scientifique
d'une biodiversité à visage humain, non réduite
à une ou deux espèces emblématiques mais dont l'homme
lui même est partie et acteur.
L'on assistait
jusqu'alors à un marché de dupes où s'élevait
la voix unique des jusqu'aux boutistes de Dame Nature et des mercantilistes
cherchant un hypothétique développement économique
avec l'image de l'ours. Les responsables de ces associations, au lieu
de se lamenter de la perte d'un représentant au CA du PNP, devraient
réfléchir sur les raisons pour lesquelles ils ne répondent
plus aux enjeux d'aujourd'hui.
Mais à l'inverse
de ces responsables, nous ne rejetons personne: le moment est venu,
pour ces associations, de réfléchir à une conception
de la biodiversité non limitée à l'exhibition d'espèces
emblématiques, et de se demander, à côté
de nous, comment faire pour que se perpétuent ces savoirs et
ces pratiques qui ont permis, comme l'indique le Diagnostic partagé
de notre Région, que ces territoires n'aient " jusqu'à
ce jour pas subi de dégradations excessives et bénéficient
encore d'un état de conservation globalement bon qu'il convient
de maintenir. "
communiqué
de l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen,
agréée protection de l'environnement - Argelès-Gazost,
28 juillet 2009 - adresse : AREDA - 16 rue du Dc Bergugnat 65400 Argelès-Gazost
-
Marie-Lise Broueilh, tél : 06.30.36.97.52. - Site Web : http://www.aspp65.com/