Il est normal et légitime qu’une association cherche des adhérents et de l’argent pour le but qu’elle s’est fixée. Mais faut-il que la démarche soit juste et non trompeuse.
Dans un communiqué, la LPO nous dit : « Afin de protéger les rapaces et la biodiversité des Pyrénées dans son ensemble, la LPO lance une campagne d'appel à dons à destination du grand public ». Curieuse démarche. Certes, les rapaces comme les races d’élevage d’ovins en péril font partie de la biodiversité. Mais il ne faut pas laisser croire ici que la biodiversité se limite aux rapaces et ailleurs au loup ou à l’ours. La biodiversité c’est l’ensemble du vivant animal et végétal et l’homme fait partie.
Pourquoi la campagne est-elle lancée spécifiquement pour les rapaces et la biodiversité pyrénéenne ? C’est encore dans les Pyrénées qu’il reste le plus de rapace notamment des vautours en surnombre et c’est dans les Pyrénées qu’aucune introduction artificielle n’a été nécessaire pour maintenir une population de part et d’autre de la frontière contrairement aux Alpes et au massif Central. Curieuse démarche qui tend à culpabiliser ou à montrer du doigt les habitants d’un massif qui, précisément, ont été les plus vertueux en matière des protections de ces espèces.
« Une campagne d’appel à dons » qui ressemble un peu au denier du culte ou à un rachat des fautes passées comme au Moyen Âge pour ceux qui partait en pèlerinage à Compostel ou en terre Sainte. Donnez, donnez et donnez encore et vous serez un bon protecteur de la nature. Mais à quoi sert cet argent ?
Là nous entrons dans le flou des comptes des associations environnementalistes qui ne communiquent guère sur le sujet. Mais que voyons-nous sur le terrain en matière de protection des rapaces ? Rien de part de ces associations. En tout cas du non visible sauf à l’occasion de procédures judiciaires ou de communiqués de presse régulier pour s’offusquer de telle ou telle situation bien souvent assez banale.
Dabs son communiqué, Bougrain Dubourg parle de « biodiversité remarquable » mais immédiatement après il accuse les pyrénéens en parlant de : « plusieurs menaces pèsent sur leur survie… ». Si la biodiversité est remarquable c’est qu’elle existe grâce aux habitants et non grâce à la LPO qui n’est pas un acteur de terrain. Et il poursuit en devenant suspicieux : « Si certaines espèces, menacées d'extinction, venaient à disparaître… ». Une justification de sa demande de dons ?
« Un couple de Gypaète barbu s'installe en moyenne chaque année… ». Mais qu’ont-ils fait ? Rien ! Juste regardé le Gypa s’installer.
A quoi sert cet argent ?
Comme l’indique le site Pyrénées Vivantes : « Il étudie les causes de mortalité des rapaces nécrophages et participe à la détermination des zones de sensibilité et des mesures de gestion ». Ou encore : « Pour le vautour fauve, il s'agit de l'inventaire des couples nicheurs réalisé en 2006 et 2007 et prévu à nouveau en 2012 ». Et puis ils organisent des soirées « dans 16 refuges des Pyrénées ». Et ils précise : « C'est la 3° année que le partenariat avec la LPO via le réseau Education Pyrénées vivantes, l'AGREPY (association des gardiens de refuge des Pyrénées), l'Agence de développement touristique, le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises et le Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes s'amplifient ! Au total cette année, 16 rendez-vous dans les refuges des Pyrénées-Orientales, d'Ariège, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques ». Qui décide de ces actions réalisés, le plus souvent, avec l'argent public ? Eux mêmes ! Aucun contrôle démocratique de l'uasge de l'argent public.
De plus, concrètement, il n’est rien fait pour la protection en dehors des sempiternelles lamentations et communiqués de presse pour exister médiatiquement. Sur le terrain, il est fait des études, de l’information et des conseils d’aménagement par ailleurs rémunérés et / ou recevant des subventions croisées des collectivités, de l’Etat et de l’Union Européenne.
Se pose alors une question : Pourquoi les études ne sont-elles pas faite par des cabinets indépendants ou des laboratoires universitaires ?
Il est quand même stupéfiant que des services de l’Etat comme le parc national des Pyrénées aient des conventions passées avec une association militante pour étudier le vautour. Quel caractère neutre et indépendant peut avoir une telle étude ? Comment ne pas douter de la valeur des études et, par voie de conséquence des mesures prises ?
Aujourd’hui, dans les Pyrénées, parler de protection des vautours alors qu’ils sont en surnombre relève de la provocation. Les attaques sur les animaux vivants ne sont pas une notion assimilée par la LPO alors qu’elle a en charge des études pour l’observatoire géré par le Parc National des Pyrénées. Mieux encore, le vice-président de la LPO lui-même qualifiant Marie-Lise Broueilh, Présidente de l’ASPP 65, de menteuse dans un débat sur Sud Radio en allant jusqu’à nier le contenu d’un communiqué des Préfectures des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques.
Face à une telle situation, nous pouvons dire et affirmer sans exagération que, dans les Pyrénées, la LPO ne protège rien, ne mène aucune action concrète de terrain pour la protection des rapaces qui n’attendent d’ailleurs rien d’elle et que cette organisation militante a souvent le triste privilège de mettre de l’huile sur le feu pour créer des conflits avec les acteurs locaux.
Mais le conflit n’est-il pas, pour ces organisations, leur seul moyen d’exister et surtout un moyen de justifier des subventions excessives et loin d’être indispensables pour la biodiversité et la protection de l’environnement montagnard ?
Louis Dollo, le 22 juillet 2010