L'étude de Lean-Louis Massourre Le gascon, "lengatge
estranh" (385 pp.) a été couronnée,
jeudi 14 décembre 2006, par l'Académie Nationale des
Sciences, Belles Lettres et Arts à Bordeaux.
Si la plupart des spécialistes en Langues romanes de la planète
la considèrent déja comme la nouvelle étude de
référence, il lui manque, paradoxalement, d'être
reconnue, non pas en France, mais dans nos vallées pyrénéennes
et nos plaines gasconnes. Mais on sait depuis longtemps que nul n'est
prophète en son pays... Il faut dire que quelques tabous occitano-gascons
s'y trouvent "bousculés" !
| Commentaire
de la revue linguistique française La France latine, n°
143, 2006, p. 209 |
Voici un ouvrage de belle qualité dont on peut regretter
la publication et la diffusion confidentielles. Il s'agit probablement
d'un des ouvrages les plus complets et les mieux informés
de présentation du gascon (béarnais compris). Fondé
sur la totalité des cartes de l'Atlas Linguistique et Ethnographique
de la Gascogne, le travail se concentre avant tout sur une description
linguistique relativement classique : typologie génétique,
diachronique, aréale, puis phonétique et phonologie,
morphologie, syntaxe, lexique. En soit, cela est déjà
un beau pari tenu, même si le choix entre une bonne vulgarisation
et une présentation savante n'est pas suffisamment affirmé
(d'où un volume trop technique pour les uns, pas assez
pour les autres...).
Cet ouvrage recèle d'autres intérêts. D'abord
parce que l'auteur réalise lui-même de nombreuses
enquêtes de terrain qui lui permettent d'enrichir, actualiser,
nuancer les données générales de l'Atlas.
Ensuite parce qu'il ajoute à cette description technique
des analyses sociolinguistiques plus vivantes : un travail sur
les frontières et limites, un sur le statut dialectal,
un long chapitre VI consacré à l'écriture
littéraire, et enfin un dernier chapitre consacré
aux usages, aux enjeux, aux débats militants...
Trois index très complets, une table des nombreuses cartes
et une bibliographie fournie facilitent l'exploitation de cet
ouvrage.
Philippe
Blanchet, professeur à l'Université de Rennes et
romaniste
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