Victor Parroix et son char à boeufs transporte un bloc de marbre.
Cette photo, prise vers 1930, est l'une de celles qui illustrent le
livre « 300 ans d'industrie à Rébénacq »
« Ca paraît curieux de parler d'industrie pour un village
de 700 habitants », relève Jean-Paul Valois. Pourtant,
à Rébénacq, l'eau du Néez, source d'énergie,
a donné naissance dès le XVIIe siècle à
une importante papeterie. Une entreprise disparue il y a trop longtemps
pour être restée dans la mémoire des habitants.
Dans leur ouvrage sur le passé industriel du
village qui vient de paraître (1),
Jean-Paul Valois et sa femme, Jeanne, racontent l'histoire de cette
papeterie, retrouvée dans les archives départementales.
« Les inspecteurs royaux disent d'elle que c'est l'une des plus
importantes du Béarn, et qu'elle fournit un travail de qualité.
» Les deux auteurs décrivent aussi en détail la
naissance et les transformations de l'autre secteur industriel qui a
fait la renommée de Rébénacq jusqu'à aujourd'hui
: les carrières.
Dans ce cas, la mémoire des habitants peut être
activée. Il faut alors retrouver les témoins du passé
et les faire parler. Qu'on ne s'y trompe pas. Il s'agit bien là
d'une démarche d'historien. « Ce n'est pas trois souvenirs
glanés au hasard, c'est un travail de fourmi », insiste
Jean-Paul Valois. Il n'est pas tout seul pour le réaliser. L'ouvrage
« 300 ans d'industrie à Rébénacq »,
comme les deux déjà publiés sur l'histoire du village
(2), est en effet écrit
à partir des matériaux récoltés pour une
exposition. A chaque Festival de Rébénacq, une manifestation
qui se déroule tous les deux ans et qui draine 8 000 visiteurs
dans le bourg, un pan de l'histoire du village est exposé. C'est
une équipe de quatre à cinq personnes qui s'attelle au
travail préparatoire un an et demi et qui réalise les
entretiens.
Mémoire
collective.
« On rencontre une trentaine de personnes », explique Jean-Paul
Valois. Il s'agit d'un entretien au domicile, qui dure trois à
quatre heures. « On recopie et on retourne voir la personne pour
lui demander : « Est-ce que c'est bien ça que vous avez
voulu dire ? Ca écarte le risque d'erreur ».
La réaction des interviewés est d'ordinaire très
positive. « Les gens savent que l'on travaille dans le cadre
du festival, on ne fait pas quelque chose pour nous, pour se mettre
en avant, mais pour le village. »
La qualité de ce travail de mémoire collective, ajouté
à celui effectué aux archives par Jeanne Valois, est salué
par Jacques Staës, ancien directeur des Archives départementales,
dans la préface du livre.
Exigeant jusqu'au bout, Jean-Paul Valois est retourné voir les
exploitants des carrières de Rébénacq : les informations
sur l'activité économique contemporaine ayant été
récoltées en 1994, elles nécessitaient une mise
à jour.
(1)
« 300 ans d'industrie à Rébénacq »,
écrit par Jean-Paul et Jeanne Valois, 7 E. Disponible dans les
alimentations de Rébénacq et à la Maison carrée
de Nay. Il est possible de le commander (+ 2 E pour frais de port) en
envoyant un courrier à COFEST, 64260 Rébénacq.
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(2)
Sur le thème des artisans et de « l'eau au village ».
En préparation, un ouvrage sur l'agriculture, thème de
l'exposition de l'an passé. - Retour
AuteurNatacha
Thuillier
Source : Sud-Ouest