La récente brochure d'information LifeCoex à laquelle
j'emprunte le passage ci-dessous est téléchargeable
en pdf. Le programme LifeCoex, " Coex " comme "
Coexistence ", est un programme européen de réintroduction
des grands prédateurs visant à favoriser la cohabitation
entre ces carnivores, l'homme et les troupeaux. C'est dans ce cadre
qu'en 1996-97, les premiers ours slovènes ont été
importés dans les Pyrénées. Citons: - Voir
les divers programmes LIFE
" Contexte
: Il s'agit, à partir d'une approche basée sur la participation
de tous les acteurs, de développer les conditions légales
et socioéconomiques pour la conservation des grands carnivores
(loup, ours) dans des régions ciblées, en diminuant les
situations de conflit qui affectent les agriculteurs et les éleveurs
ainsi que ces espèces.
Les dommages causés au bétail
sont l'une des raisons qui explique que la persécution visant
les grands carnivores ait persisté pendant des siècles,
les déracinant de certaines parties de leur aire de répartition
ou, au mieux, réduisant leurs populations à quelques individus.
Dans beaucoup de parties de leur aire de
répartition, les méthodes traditionnelles de prévention
des dégâts ont disparu, et dans certaines régions,
les ours et les loups reviennent maintenant naturellement. Des ours
sont également réintroduits localement.
" Les installations agricoles et les troupeaux non protégés
sont vulnérables dans ces régions par rapport aux attaques
de prédateurs sauvages. Il en résulte un accroissement
des dommages pour les agriculteurs, ce qui entraîne une baisse
de l'acceptation de ces espèces de la part des populations rurales.
" L'incidence des dommages infligés par les carnivores semble
avoir un rôle important dans l'acceptation du public, la gestion
des carnivores étant un problème économique mais
aussi émotionnel. Réduire les conflits entre agriculteurs
et carnivores est donc une condition préalable au succès
d'une politique de conservation des grands carnivores. "
Les deux passages
successifs que je surligne en rouge sont, il faut hélas le dire,
un concentré d'ânerie dont le plus étonnant est
que les rédacteurs ne s'en soient même pas rendu compte
! Comment en effet peut-on écrire que ces grands carnivores
ont été " persécutés " pendant
des siècles et se lamenter ensuite sur la disparition des
méthodes traditionnelles de préservation ???
Le grand mystère de cette contradiction ne peut se résoudre
que de deux façons : ou ces méthodes étaient déjà
totalement inefficaces puisqu'on " persécutait "
quand même les pauvres bêtes en question ; ou la "
méthode traditionnelle " dite " de prévention
", c'était tout simplement de les éliminer! Dans
les deux cas, c'est pour l'instant le programme LifeCoex qui a, dans
l'aile, un plomb qui s'appelle " n'importe quoi "
Je ne commenterai
pas le choix du mot " persécution ".
Certains événements, les uns devenus de l'histoire, les
autres très récents, devraient cependant rendre prudent
avant d'en user à propos de loups, d'ours et de lynx. Mais il
est vrai on n'est pas obligé d'avoir un minimum de pudeur lexicale.
Il faudrait aussi
s'occuper de " les déracinant de certaines parties
de leur aire de répartition ", ce serait trop long
bien qu'il y ait matière : on retrouve en effet, dans cette idée
d'aires immuablement destinées par Dame Nature à ces animaux
qui doivent donc les réintégrer lorsqu'ils les ont quittées,
un retour à l'ancienne notion de "
climax " que l'écologie scientifique a depuis
déjà longtemps passée à la poubelle. C'est
d'ailleurs au sujet des Monts Cantabriques, à propos d'ours et
loups ça tombe bien, que les géographes C. et G. Bertrand,
intitulaient la 3° partie d'une étude parue en 1986, déjà
: " En finir avec le climax " (RGPSO, tome 57-3, page 307).
Certains apparemment y pataugent encore.
Et tout cela
est financé à 60% par l'Europe et donc par nos impôts.
Quelle belle époque nous vivons!
Auteur : B.Besche-Commenge - ASPAP/ADDIP - 3 mars 2008