Férus est une des ces associations qui prétend que
la cohabitation entre grands prédateurs ours, loup, lynx est
parfaitement possible avec les bergers et leurs troupeaux. Et ils proposent
des solutions miracles dans des chartes et autres bréviaires
pour affirmer leurs convictions que nous pourrions qualifier d'idéologiques.
Parce que, dans la réalité, la situation est bien différente.
Parce que la cohabitation entre les grands prédateurs ne passent
pas, parce qu'il n'y a ni personnel, ni structure suffisante à
un coût acceptable pour les éleveurs, FERUS propose des
services bénévoles qualifiés de " citoyens
" pour se donner bonne conscience. C'est l'opération Pastoraloup
qui est reconduite tous les ans.
C'est ainsi que
nous voyons se développer sur les listes de dialogue et forum
cet appel à bénévoles
.
Cette opération
qui pourrait être, à priori louable, sympathique et pleine
de bonne volonté n'est en faite qu'un leurre et une tromperie
grossière qui cache plus qu'un malentendu mais un fossé
énorme entre " écologiste " de salon urbain
et bergers de terrain.
Analysons le propos de Ferus !
Pour commencer,
l'opération tentée une ou deux années dans les
Pyrénées face à l'ours, n'est plus proposée.
Pas d'éleveurs-bergers intéressés ? des pratiques
différentes et mal connues par Ferus ? Manque de candidats ?
Sans doute un peu de tout ceci qui ne font pas des Pyrénées
une terre de prédilection pour Férus. Il est vrai qu'avec
son association mère, ARTUS, aujourd'hui décédée,
elle n'avait pas laissé un souvenir des plus agréables.
En fait, ils ont laissés un souvenir indélébile
de partisans de la disparition du pastoralisme au profit d'espaces sauvages
pour l'ours avec une volonté, dont doit se souvenir leur vice-président,
Gilbert Simon, de vider les vallées de Barétous, Aspe
et Ossau de leurs habitants en réduisant le nombre d'habitants
et en détruisant l'habitat clairsemé qui constitue un
obstacle aux ébats ursins.
Férus se
rabat dont sur les Alpes aux prises avec la problématique du
loup dont on explique pudiquement qu'il est arrivé tout seul
d'Italie. Depuis qu'il s'y est installé, curieusement, il n'y
a pas eu d'autres migrants. D'où, probablement, l'art incontesté
de Férus de prendre les éleveurs et bergers alpins pour
des imbéciles
des crétins des Alpes.
Néanmoins,
Férus reconnais être " Consciente des difficultés
rencontrées par l'élevage en zones de présence
des grands prédateurs
" Face aux difficultés
reconnues, Ferus met donc en place une " aide complémentaire
aux éleveurs et bergers pour la protection de leurs troupeaux
". C'est donc la reconnaissance que les pratiques normales
avec les aides institutionnelles complétées du bréviaire
sur les bonnes pratiques pastorales inventées dans un bureau
ne fonctionnent pas. Il faut un complément proposé par
Férus " Afin de réduire les dommages et la vulnérabilité
des animaux domestiques ". C'est donc que le système
normal, c'est-à-dire celui proposé dans les plans ours
et loups ne fonctionne pas. Et ils vont plus loin dans leur parodie
en disant : " il s'agit pour les personnes bénévoles
sélectionnées de renforcer la présence humaine
auprès du cheptel et participer aux divers travaux pastoraux
nécessités par la présence du loup ".
Le comble ! " Renforcer la présence humaine
"
Pour une association qui prêche le tout sauvage et le retour en
arrière de 2000 ans (Cf. Stéphane Carbonau)
ce n'est pas mal ! Mais au lieu de proposer des amateurs quelques semaines
dans l'année pour y passer des vacances, ne serait-il pas mieux
de favoriser le maintien dans les villages d'une population à
l'année au lieu de passer son temps à les ennuyer pour
qu'ils en partent ? Tromperie cynique !
Pour aider les
bergers, Ferus imagine la formation d'aide
à la surveillance.
Il ne s'agit donc pas de garde alors que tous les bréviaires
écologistes concernant le loup et l'ours parlent de "
gardes " et de " gardiens ". La contradiction
n'est pas neutre et pourrait bien constituer une nouvelle preuve d'incohérence
/ incompétence. Mais passons
Nous constatons
avec beaucoup de satisfaction que nos écologistes de salons sont
bien plus intelligents que les bergers. Ils assurent des formations
de surveillants de troupeaux en une semaine et même moins
.
Là, il faut le faire
Pour peu que l'aide surveillant soit
un urbain ne connaissant pas la montagne où il va se trouver
Il doit être d'une efficacité redoutable surtout par temps
de brouillard. Le troupeau a le temps de se faire manger deux fois.
Enfin, il y aura toujours la cabane à garder.
Férus nous apporte donc la preuve que le système de protection
préconisé pour se protéger des grands prédateurs,
loups et ours, n'est pas fiable. Néanmoins cette association
persiste dans l'erreur uniquement par croyance idéologique qu'ils
tiennent à faire partager, par la force si nécessaire,
à tout le monde au mépris de l'expression démocratique
des intéressés. Le refus de voir la non acceptation sociale
pourrait bien constituer un danger pour la démocratie surtout
lorsque nous voyons le niveau d'implication de certains de ses administrateurs
sans le système de l'Etat. Tout les français devraient
s'interroger.
Louis Dollo,
le 3 mars 2010