Nous pourrions croire que la SEPANSO a besoin d'argent. Elle vient
d'engager deux procédures, l'une contre le syndicat mixte du
Haut-Béarn, la structure juridique qui porte l'Institution
patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) présidée
par le député Jean Lassalle et l'autre contre l'Etat.
Elle ne réclame pas moins de 300 000 Euros au Syndicat Mixte
et 1 million à l'Etat.
On croit rêver
! Surtout lorsque l'on sait que cette fédération d'associations
"écologistes" est subventionnée et paie
donc un avocat avec, entre autre, l'argent du contribuable pour en demander
encore plus à l'Etat, c'est-à-dire toujours aux contribuables.
Et le motif en est presque ubuesque.
Pour le Syndicat
Mixte (IPHB), qui n'est pas une vulgaire association de quartier "écolo"
mais une collectivité territoriale, de ne pas avoir "
respecté la charte du développement durable signée
en 1994. Un certain nombre d'actions visait pourtant la protection de
l'ours. Force est de constater que c'est un échec. L'IPHB est
devenue une pompe à financements sans efficacité "
prétend l'avocat
libournais de la SEPANSO qui doit bien connaître l'activité
des vallées du Haut Béarn depuis les bords de la Dordogne.
Pour ce qui concerne
l'Etat, selon le même avocat de la SEPANSO, il aurait "
failli dans sa mission sur une période bien plus longue. Il a
repris la main depuis peu en mettant fin à sa politique de délégation
vers l'IPHB mais c'est trop tard. Il était pourtant possible
de sauver l'espèce ursine indigène notamment avec le maintien
des réserves Lalonde ".
Voilà qui
devient passionnant à plusieurs titres.
1/ en nous
faisant remonter dans l'histoire quatorze années en arrière.
Et pas n'importe lesquelles puisque la SEPANSO a participé
aux travaux de l'IPHB jusqu'en 2005 ainsi qu'une autre de ses associations
fédérées bénéficiant très
largement des largesses de l'Etat sur le budget de l'ours. Encore
plus passionnant en voyant que la dite SEPANSO n'a manifestement rient
fait, et surtout pas réagit, durant 14 ans dont 11 années
de cogestion au sein de l'IPHB. La SEPANSO serait-elle complice de
ceux qu'elle accuse ?
2/ en nous apportant la preuve de son ignorance et son incompétence
en matière d'ours. En effet, l'ours des Pyrénées
n'est pas " une espèce ursine indigène ".
Il s'agit d'un ours brun assez commun qui n'est même pas en
danger. Il se trouve, que par les hasards d'une Convention dite "
de Berne " que certains spécialistes qualifient de "
caduque ", l'ours est une espèce protégée
dont la population pyrénéenne est résiduelle
et artificielle.
Du côté
de l'IPHB, non seulement on est serein mais on se dit " souhaiter
une telle procédure pour éclaircir la situation. "
Déjà Jean Lassalle laisse entrevoir l'avenir, lorsqu'il
nous déclare que " le moment venu, pour notre défense,
il sera bon de faire le point sur le financement et les résultats
de la SEPANSO et des associations de protection de l'environnement ".
Il sera effectivement
utile de clarifier
les financements des uns et des autres. Ne nombreux rapports
de l'inspection de l'environnement comme de l'inspection des finances
laissent planer quelques doutes sur le sujet en ce qui concerne les
associations. Les parlementaires, au cours de plusieurs rapports de
mission ont également pointé du doigt certaine pratique
associative avec certains services de l'Etat notamment des services
déconcentrés comme les DIREN. De son côté,
la
coordination Pyrénéenne, ADDIP, opposée
aux introductions d'ours , demande dans sa "
motion pour une montagne vivante et préservée "
(1) signée par
de très nombreux élus locaux, notamment ceux qui refusent
de participer au Groupe
National Ours, non seulement "l'arrêt immédiat
des introductions d'ours sur le territoire français"
mais aussi "l'arrêt de toute délégation
de service public aux associations de promotion des grands carnivores,
qui portent une grande responsabilité dans la rupture de tout
dialogue entre l'Etat et les Pyrénéens " ainsi
que " l'arrêt immédiat des subventions à
ces associations
"
Alors que le
plan ours coûte aux contribuables près de 2.5 millions
d'Euros en charges directes, une association réclame 1.3
millions d'Euros parce qu'un ours est mort et au motif qu'elle a
subi un préjudice. Voilà une affaire qui pourrait bien
devenir comique lorsque l'on sait que l'ADDIP est entrain de préparer
une série de rapports sur les mensonges entretenus autour des
importations d'ours qui, selon certains de ses dirigeants pourrait bien
relever du " faux et usage de faux. "
A une période
de crise financière et économique, où chacun reste
inquiet pour son emploi et son avenir, ce genre de prétention
et de comportement associatif "écologiste" semble
relever de l'irresponsabilité
. à moins que ce ne
soit qu'un moyen de bénéficier d'un racket légal
sur l'argent des contribuables en sus de subventions. Et si d'autres
associations se mettent à avoir les mêmes prétentions
.
Nous n'avons pas fini ! Au final, les demandes de la motion de l'ADDIP
ne sont elles pas les plus raisonnables et réalistes ? En tout
cas les plus avantageuses pour les contribuables.
En attendant, la
grande histoire de l'ours slovène aux Pyrénées
continue de s'écrire. Les Romantiques n'en avaient pas fait autant.
Auteur
: Louis Dollo
Source : Tarbes-Infos
du 4 novembre 2008
(1)
- Nous apprenons que Jean Lassalle, député, Président
de l'IPHB et officiellement membre du Groupe National Ours est signataire
de la motion de l'ADDIP