La
Convention de Berne a été établie selon le
principe de l'Europe Occidentale avant l'ouverture à l'Est et constatait,
évidemment, l'absence de grands prédateurs tel que l'ours
et le loup sur son territoire géographique d'origine qui était
l'Europe des six (Six pays : France, Allemagne, Luxembourg, Belgique,
Hollande, Italie). Aujourd'hui tout est ouvert et il faut avoir une vision
plus large dont il n'est pas tenu compte.
Par ailleurs, le
monde a évolué. Les territoires dits " sauvages "
n'existent plus si tant est qu'ils aient d'ailleurs existé. Les
activités économiques modernes se retrouvent y compris
au fond des vallées de montagne les plus reculées. Tout
le monde a sa voiture. Des villages en voie d'abandon sont devenus des
villages dortoirs ou des grandes banlieues. Les transports sont devenues
indispensables avec la suppression de nombreux services de proximité,
le tourisme se sont développés été comme
hiver, etc
. rendant ainsi l'application d'un certain nombre de
règles et principes totalement inapplicables.
Il serait aujourd'hui
indispensable de revenir sur des principes simples que sont les trois
piliers du développement durable pour clarifier et remettre à
plat ce texte désuet qui a été amandé, complété,
développé par d'autres textes internationaux qui deviennent
parfois, et même souvent, contradictoire avec ce vieux texte.
Un toilettage est souhaitable.
La Suisse a tenté
une telle procédure en voyant arriver chez elle ours et loups.
Mais en vain. La sclérose administrative se satisfait parfaitement
des stratifications réglementaires pour mieux diviser et ainsi
régner. C'est un principe bien connu et parfaitement entretenu
dans le milieu environnementaliste.
Qu'en est-il exactement
?
La Convention
de Berne ne fait pas référence à la biodiversité.
Par contre :
- elle parle uniquement
"d'habitats naturels" (art 4-1). Or il n'y en a plus en
France. C'est dit même dans le rapport du groupe 2 du Grenelle
de l'Environnement qui parle "d'habitats semi-naturels"
(comme le font tous les scientifiques) et écrit ceci: "en
France /.../tous les paysages, réputés naturels ou non,
sont le fruit d'une coévolution du travail de la nature et
de l'homme ".
- elle raisonne
en termes d'espèces, et uniquement sauvages. Or, tous les travaux
montrent que c'est totalement réducteur par rapport aux problèmes
cruciaux de biodiversité. qui ne sont plus du tout analysés
comme cela. Le principe d' "espèce
parapluie " n'a strictement aucun sens
- elle ne tient
aucun compte de la relation entre ces espèces et les biodiversités
agricoles et ordinaires au centre des préoccupations actuelles
Nous voyons, de
manière résumée, que la Convention de Berne ne
répond pas du tout aux problèmes de biodiversité.
Par ailleurs, la
déclaration de Strasbourg du 30 novembre 2004 "sur
le rôle de la Convention de Berne dans la préservation
de la diversité biologique" se contente de plaquer sur
la convention de base le nouveau langage de la biodiversité et
du développement durable de façon totalement artificielle,
sans voir comment les nouvelles préoccupations de 2007 sont radicalement
différentes de celles qui prévalaient en 1979. C'est un
fourre-tout d'une confusion totale, intellectuellement intenable; c'est
comme si on plaquait le langage de la médecine contemporaine
sur les modes de traitement du XVIII° !!!!
Ce sont deux univers de pensée, deux modes d'analyse, deux niveaux
de traitement des données radicalement différents, impossible
de coudre ensemble ces deux tissus !!!
Mais qui prendra
l'initiative de tout revoir ?
De toute manière, avec tous les problèmes générés
actuellement, quel avenir peut avoir la convention de Berne ?