Déboutés au Tribunal administratif, les opposants au
projet éolien de St-Félix/Roumens/Montégut n'ont
pas obtenu gain de cause auprès du Préfet.
Le Lauragais: ses
paysages vallonnés; ses villages paisibles d'où émergent
les clochers murs; sa gastronomie, son canal du Midi, ses champs de
blé ou de tournesol... et bientôt: ses éoliennes
car après celles d'Avignonet, ce sont celles à cheval
sur les communes de Roumens, Saint-Félix et Montégut,
qui devraient pousser à partir du mois prochain. Le promoteur
du projet, Alain Delrieu, de la société 3V Développement,
le confirme. «Actuellement, nous effectuons des forages pour nos
études de sols et choix des structures», explique-t-il.
D'ici la fin de ce mois de décembre, nous aurons établi
le programme du chantier qui démarrera dès le début
2007». Selon le promoteur, les travaux devraient durer 11 mois,
pour le gros oeuvre et les 11 éoliennes de 100 mètres
de haut, alignés sur les plateaux de La Lande et du Bois, se
mettront à tourner, début 2008... Enfin, si plus aucun
recours des associations d'opposants, ne vient à nouveau mettre
un coup de frein à ce projet éolien dont la première
mouture, refusée par le préfet Hubert Fournier, date d'août
2002. Depuis deux nouveaux préfets ont successivement approuvé
le nouveau permis de construire déposé par la société
3V Développement le 21 avril 2003.
«Les permis
de construire ont été délivrés par arrêté
préfectoral, le 30 mars 2004, soit 5 mois et demi après
l'expiration du délai d'instruction notifié par la préfecture»,
argumente-t-on du côté des opposants qui justement s'appuyaient
en particulier sur ce fait pour demander l'invalidation du permis de
construire, devant le tribunal administratif.
Grosse déception
pour les opposants dont les procédures se voyaient rejetées,
non pas sur le fond mais sur la forme: leurs dossiers ayant été
déposés hors délai par leurs avocats.
«A défaut
d'avoir fait appel de ce jugement du tribunal administratif, le permis
de construire déposé le 23 avril 2003, par la société
3V Développement, est devenu définitif», expliquait
en octobre dernier, dans un bref courrier, en réponses aux associations,
le secrétaire général de la Préfecture,
Hervé Sadoul. Aucun appel du jugement n'ayant été
déposé, les opposants en appellent aux nouvelles réglementations
en matière de développement de projets éoliens.
«Au regard
des nouvelles dispositions de la loi sur la «politique énergétique
de la France», du 13 juillet 2005, ce dossier n'aurait aucune
chance d'aboutir aujourd'hui», explique-t-on chez les opposants.
Effectivement, cette loi prévoit notamment la création
d'une Zone départementale de développement de l'éolien
(ZDE), définie par le préfetsur proposition des mairies
ou Communauté de communes: «en fonction de leur potentiel
éolien, des possibilités de raccordement aux réseaux
électriques et de la protection des paysages, des monuments historiques
et des sites remarquables et protégés». «Comment
se traduit l'application de cette loi de juillet 2005 dans notre département
? Existe-t-il un Comité régional éolien ?»
S'interrogent aujourd'hui les opposants. «En ce qui concerne
l'évolution de la législation, il sera fait une stricte
application des principes définis par cette loi», explique
le secrétaire général de la Préfecture,
sans vraiment préciser si une ZDE existe en Haute-Garonne.
Auteur
: Emile Gaubert
Source : La
Dépêche du Midi du 15 décembre 2006