Le vautour fauve

 

Espèce protégée, le vautour fauve est présent dans les Pyrénées depuis l'antiquité sans réintroduction contrairement aux Alpes. Cette présence et l'accroissement des populations de vautours n'est pas sans poser de problèmes au pastoralisme et à l'élevage dans les Pyrénées aussi bien en France qu'en Espagne. Problèmes qui commencent également à se manifester dans les Alpes françaises mais aussi en Suisse. Conséquence d'une trop grande protection ? Du nourrissage et du comportement humain ? de l'élevage de vautours en vu de leur introduction ? Une évolution comportementale du vautour semble bien être en cours....



Vous avez été témoin d'une prédation ou d'une attaque par un ou des vautours, vous avez entendu parler vos parents, grands parents, des amis chasseurs, bergers, etc... nous avons besoin de vos témoignages oraux et des photos, éventuellement films, vidéos, etc...

Contactez-nous

Voir également l'observatoire des Pyrénées-Atlantiques


Fontaine de la place St Louis de Gonzague à Pau - Ph. Guillaume R. - Droit réservé


Recherche sur Pyrénées-Pireneus
 


Le Grand Charnier

Accueil
Retour


La carte d'identité du vautour fauve


Vautour à Rougon dans les gorges du Verdon
(Ph. Daniel Taupin)

Quelques estimations de la population de vautour

Espagne :
1978 : 3.240 couples
1989 : 8.000 couples
1999 : 17.089 couples (55 000 individus).

France :
1976 : une soixantaine de couples
1985 : 139 à 159 couples (446-496 individus)
2000 : 593 couples (1.470-1.790 individus)

Difficile de dire qui est espagnol ou français mais égelement difficile de dire qu'ils sont en voie d'extinction ou une espèce menacée
Source : AVES Belgique


Nom commun : Vautour fauve

Nom scientifique : Gyps Fulvus en latin
Nom en anglais : griffon vulture
Nom en espagnol : buitre léonado
Nom en allemand : gänsegeier

Ordre : Accipitriformes
Famille : Accipitridés

Taille : 1 mètre environ
Poids : 8 à 11 kg environ
Envergure : 2,5 à 2,7 mètres
Queue : 28 à 32,5 cm
Bec : 5,2 à 5,5 cm
Poitrine : 11,5 à 12,5 cm
Maturité sexuelle : 5 ans
Oeuf : 1 par an pondu de janvier à mars
Incubation : 55 jours
Longévité : plus de 30 ans.

Crâne : recouvert de duvet blanc
Cou : étroit et long avec une collerette de plumes hérissées blanche et duveteuse.
Bec : puissant de la couleur de la corne capable de déchirer les tissus les plus résistants
Yeux : jaunes.
Poitrine et ventre : couleur fauve
Dos et croupion : chamois-brun
Rémiges et plumes de la queue : courte et carrée, coloration brun-foncé noir avec le dessous recouvert de stries brunes.

Distribution : Espèce présente en France à l'état sauvage notamment sur toutes les Pyrénées nord et sud
Statut : nicheur sédentaire - migrateur rare. Espèce protégée : fait parti des espèces les plus menacées d'Europe

Le lieu et mode de vie


Le vautour fauve est un sédentaire qui vit en colonie. Il fait un nid dans une aire dans une falaise où il pondra et couvera. Le nid est assez rudimentaire. Il est composé de brindilles et un peu d'herbes sèches pour protéger l'unique œuf pondu en janvier.

Ils vivent en colonie et prospectent en grands orbes. Ils quittent la colonie d'ès l'aurore et ils ne reviennent qu'en fin d'après-midi.
Les couples sont formés à vie. Les juvéniles et immatures migrent à partir de l'automne vers le sud de l'Espagne, l'Afrique du nord et parfois jusqu'au sud du Sahara. Ils reviennent adultes en général vers leur région d'origine et sont alors sédentaires.

Le comportement du vautour fauve


Le cri
Il est perceptible à une très grande distance (plusieurs kilomètres). Il leur permet de communiquer entre eux en cas de découverte d'une charogne.

Le vol
Ils sont incapables de battre longtemps des ailes. Ils doivent donc profiter au maximum des courants ascendants pour s'élever. Pour décoller, il leur est plus aisé de disposer d'une pente.

Le cycle annuel de reproduction


L'accouplement a lieu en décembre. Le vautour fauve femelle pond un œuf par an et en janvier. Le mâle et la femelle s'alternent pour aller chercher la nourriture et couver l'œuf durant 55 jours entre janvier et février, en plein hiver. La naissance a lieu au mois de mars. Le poussin pèse environ 250 gr. Le petit est nourri par ses parents pendant 4 mois, au nid, en régurgitant la nourriture prédigéré et stockée dans le jabot.
Après s'être entraîné au nid durant 2 mois, le premier vol a lieu en juillet / août.
A 8 mois, en octobre / novembre, le jeune quitte le nid pour rechercher un territoire quelque part en France, Espagne, voir même en Afrique. En principe, ils reviennent un ou deux après pour s'installer près de leur région d'origine. Mais on en a même retrouvé dans le nord de l'Europe. Tout n'est donc pas aussi simple et homogène qu'on l'imagine.

Le régime alimentaire


Le vautour fauve est classé parmi les charognards. C'est, officiellement, un nécrophage strict, c'est à dire qu'il se nourrit exclusivement de cadavres. La littérature scientifique officielle nous dit que " sa morphologie et ses grosses pattes de poule inaptes à la préhension le rendent incapable de s'attaquer à la moindre proie vivante ". La réalité est assez différente (voir ci-dessous)

Pour repérer la charogne, il dispose d'une capacité visuelle correspondant à 8 fois celle des humains. Il est capable de repérer un objet de 30 cm à 3 kilomètres de distance. Son odorat est faible.

Le festin sur une charogne s'appelle la curée. Ils peuvent jusqu'à 150 et plus à se quereller une même charogne. Ils sont capables d'ingurgiter jusqu' à 1 kg de viande en un seul repas. Mais ils peuvent rester plusieurs semaines sans manger s'ils ne dépensent d'énergie. Ils ne dédaignent pas la chair putréfiée mais ils préfèrent la consommer fraîche. Les carcasses sont intégralement nettoyées et ils ne restent que la peau et les os qui seront digérés par les gypaètes barbus.

Polémique
Il semble, selon de nombreuses observations et témoignages, que des vautours fauves s'attaquent à des bêtes vivantes. Ce fait, qui semble ne pas être nouveau, n'est pas reconnu ou accepté par les institutionnels et réfuté par les organisations écologistes, notamment la LPO qui n'ont d'ailleurs jamais été sur place pour apprécier ou interroger des observateurs. Un fait est avéré : les vautours s'attaquent au placenta des bêtes mettant bas et par voie de conséquence aux petits naissants. Voir ci-dessous des observations et témoignages.


Vautour fauve à Iparla au Pays Basque
(Ph. Benat Auriol)

 

 
Extrait d'une attaque de vatours fauves sur un troupeau à Estaing

  Vautour moine dans la Drôme. Il devait avoir faim.... Même plus sauvage !

Informations diverses
Vidéo d'une attaque de vautours à Estaing (Hautes-Pyrénées) sur 9 brebis
Actualités et rumeurs des attaques de vautours fauves

Vous êtes témoin d'une attaque sur animal vivant....
Contacter prioritairement l'éleveur si vous le connaissez mais aussi, dans les Pyrénées-Atlantiques, Observatoire départemental des dommages au bétail à l'IPHB - Tel : 05 59 39 21 26 - E-mail et dans les autres départements les associations membres de l'ADDIP en indiquant le lieu précis.
Prenez des photos ou mieux filmez si vous le pouvez même avec un téléphone portable.- Voir également
Au Pays Basque, contacter
l' association pour la sérénité à la campagne au Pays Basque

Vautours dans les autres massifs et régions de France
Vautours en Europe

Rapaces des Pyrénées

 

 


Le Grand Charnier

Accueil
Retour

 

Des vautours baladeurs


Grâce aux actions de réintroduction des associations de protection de la nature, des vautours sont depuis quelques années de nouveau présent ailleurs que dans les Pyrénées.

Si ces grands rapaces sont capables d'effectuer des déplacements sur des distances considérables, en se laissant planer, les observateurs de la ligue de protection des oiseaux, LPO, et d'associations naturalistes françaises et étrangères observent de plus en plus couramment des vautours se déplaçant vers le nord, loin de leurs régions de nidification. Ainsi certains vautours ont été observés en Alsace, Loire-Atlantique, Picardie et même Belgique, Pays-Bas et Pologne. Un cas identifié, né en mai 1998, a été observé en Lettonie en juillet et août 2000, puis ultérieurement en Finlande, soit à plus de 2000 km de ses Cévennes natales…

Si l'erratisme du vautour fauve vers l'Afrique est connu (une petite partie de la population européenne semble migrer vers le continent africain), vers le nord le phénomène est bien moins connu. Pour l'heure, il n'y a pas de réponse à ces déplacements, mais plusieurs hypothèses sont avancées :

  • 50% des observations ont été faites entre les mois d'avril et juin. Il y a à cette époque plus de courants ascendants qu'en automne ou en hiver, de plus les vents porteurs de secteur sud sont assez fréquents.
  • la disparition de charniers dans les Pyrénées en 1997, peut avoir poussé les vautours à aller prospecter plus loin de nouveaux sites d'alimentation. On sait que, par le passé, les vautours suivaient la transhumance du bétail. Mais pourquoi pratiquer des déplacements d'une telle ampleur ?
  • enfin s'agit-il d'une stratégie évolutive ayant pour intérêt d'établir des échanges génétiques entre populations ?

Source : Univers Nature du 30 août 2001

Haut de page

Haro sur les vautours


GOURETTE. --Un éleveur accuse les vautours d'avoir tué sa vache, jeudi. Les charognards ont-ils changé de comportement ? La question est étudiée

Les vautours se nourrissent normalement de bêtes mortes. Ces charognards ont-ils modifié leur comportement, faute d'un nombre suffisant de carcasses dans les montagnes ? Attaquent-ils désormais les animaux vivants ? Ces questions, déjà mises sur le devant de la scène à plusieurs reprise par les éleveurs, est relancée depuis qu'Alain Arripe, des Eaux-Bonnes, a fait connaître ce qu'il a vu vendredi alors que son troupeau de vaches - vingt-cinq têtes au total - était en estive au-dessus de Gourette, en haut d'une piste de ski.

Vêlage difficile.
Un veau est né jeudi à 20 heures et ça s'est mal passé. Il est mort-né. C'était sur l'estive, comme cela arrive de façon habituelle, et le berger, alors sur place, n'a rien pu faire. La vache, a-t-il expliqué, avait besoin d'un peu de temps pour se remettre, une quinzaine de jours, comme c'est le cas d'ordinaire. Elle était allongée sur le flanc.
Le lendemain lorsque le berger s'est rendu sur les lieux, vers 19 heures environ, il aperçoit un attroupement de vautours en train de tuer sa vache à coups de bec. A ce moment, ont affirmé l'éleveur et son épouse sur les ondes locales, la vache " était encore vivante ". D'ailleurs, a précisé Alain Arripe lorsqu'il a raconté l'histoire, le sang coulait.
Samedi, il ne restait plus de la bête que la peau sur les os. De quoi provoquer sa colère. Révolté, il a appelé nombre d'élus.

Plumes.
Sur les lieux, hier, des plumes parsemaient encore l'herbe autour du cadavre. Les entrailles et les yeux de la vache avaient été vidés par les charognards. Couchée sur un bout de rocher, sur le flanc, la bête a gardé une de ses pattes arrière repliée sous elle. Sa tête s'est figée sur le côté, une des cornes légèrement enfoncée dans la terre.
L'affaire a provoqué " beaucoup d'émotion ", a confié hier le maire des Eaux-Bonnes, Marcel Lascurettes, " solidaire " de ses administrés. Certains éleveurs considèrent qu'il y a trop de vautours dans les montagnes au point qu'ils se jettent désormais sur les animaux vivants. Et sont donc devenus des prédateurs.

Inventaire.
Cette question d'un changement de comportement des rapaces, qui passerait dans la catégorie " nuisible ", a été soulevée à plusieurs reprises déjà cette année. En avril 2005, quatre attaques de vautours avaient été enregistrées dans le département. L'Observatoire des dommages sur le bétail, lancé par l'IPHB (Institut patrimonial du Haut-Béarn), a justement pour objet d'enregistrer les dossiers de ce type (35 pour l'année 2004). Il doit aussi mettre en place un inventaire de ces attaques et un suivi du comportement des animaux.
" Cet observatoire est là pour évaluer le phénomène; il rendra ses conclusions dès l'an prochain et elles seront lourdes de conséquences ", rappelle le maire des Eaux-Bonnes. L'instauration d'un régime d'indemnisation en dépendra. Marcel Lascurettes considère qu'il faudrait, en plus, que soit élaborer " une politique de gestion des populations de vautours ". Et d'insister : " les pouvoirs publics, le ministère de l'environnement, doivent bouger. "

Auteur : N.T. et A.B.
Source : Sud-Ouest du 5 septembre 2005

Nota : l'Observatoire Départemental des Dommages au Bétail a été créé en 2002 et non en 2005 comme indiqué dans l'article de Sud-Ouest.

Haut de page

Les vautours ont faim

Vautour fauve sur une maison du Pays Basque
(Ph. Benat Auriol)


Michel TERRASSE, Vice-Président LPO/ BirdLife France (Mission Rapaces/LPO) écrivait sur une liste ornithologique la réponse ci-dessous à un internaute.


Depuis quelques mois des informations répétées révèlent des changements drastiques dans la gestion des décharges et des charniers indispensables à la survie des rapaces nécrophages en Espagne.

Poussés par la faim, des groupes importants de vautours fauves, espèce se tenant traditionnellement à distance des zones " habitées ", font des incursions de plus en plus fréquentes dans les exploitations d'élevage ou près des charniers abandonnés.

Des aires de nourrissage situées sur le versant oriental des Pyrénées Françaises, (Aude voire au-delà, jusqu'au Massif central), accueillent un nombre accru de vautours fauves en quête de subsistance, manifestement en provenance de colonies espagnoles.

Un nombre croissant d'éleveurs fait état d' " attaques " de vautours sur certaines de leurs bêtes blessées, malades ou pendant la mise bas.

Certaines colonies de reproduction suivies annuellement en Espagne (Aragon, Rioja) montrent une diminution très spectaculaire du nombre de couples et du succès de reproduction, les poussins n'étant plus nourris par des parents affamés.

Plus loin en Europe, des observations insolites de vautours fauves en grand nombre jusqu'en Allemagne, ces dernières semaines, sont très certainement la conséquence de la famine qui règne en Espagne. Mouvements d'autant plus étonnants qu'ils mettent en jeu des oiseaux adultes, connus habituellement pour être strictement sédentaires.

Un récent cas d'empoisonnement (23 vautours fauves morts en Aragon le 30 juin dernier), est la conséquence directe de la fermeture des " muladares ", dans une région où sont déposés intentionnellement des appâts contenant des pesticides.

Historique :

En Espagne, grâce à la protection de l'espèce et à l'abondance de nourriture disponible, la population de vautours fauves a crû considérablement au cours des 30 dernières années, représentant un
décuplement des populations initiales avec 22.727 couples recensés en 1999 (del Moral & Marti, 2001).

Durant cette période, les carcasses d'animaux étaient déposées par les fermiers sur des décharges ou sites de nourrissages appelés " muladares ". Bien qu'illégale cette pratique, admise dans les faits, constituait un moyen pratique pour les éleveurs de se débarrasser de leurs bêtes mortes tout en assurant un apport appréciable de nourriture aux vautours.

Il ne faut pas sous-estimer le développement intense des porcheries industrielles qui depuis 20 ans a profité du recyclage gratuit des carcasses porcines par les vautours expliquant en grande partie leur croissance démographique.

1/ À partir de 2003, en application de la Décision 322/2003 de l'Union Européenne, (dictée par la crainte de propagation de l'encéphalite spongiforme bovine), la collecte d'animaux morts pour le ravitaillement des aires de nourrissage est désormais conditionnée :

- par la réalisation systématique de tests de dépistage des Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles (EST) sur les carcasses de bovins âgés de plus de 24 mois et les carcasses d'ovins et de caprins âgés de plus de 18 mois, et l'obtention de résultat négatif.

Il était donc fait obligation aux éleveurs de faire procéder à l'enlèvement des carcasses d'animaux morts en exploitation par le service public de l'équarrissage (SPE). Ces animaux concédés au SPE n'étaient donc plus disponibles pour les rapaces nécrophages.

2/ Face à cette mesure rendant impossible toute alimentation de vautours, la LPO/BirdLife se mobilise (en concertation avec la Sociedad Española de Ornitologia,SEO/BirdLife ) et joue un rôle prépondérant dans l'obtention d'une dérogation : la Décision 2005/830/CE qui amende la Décision
2003/322/CE. Cet amendement est applicable dès le 1er décembre 2005 à tous les états membres concernés notamment la Grèce, l'Espagne, la France, l'Italie, Chypre et le Portugal. Cette nouvelle Décision ne prévoit plus un prélèvement et un dépistage systématique de tous les ovins et caprins mais elle prévoit qu'au moins 4 % des carcasses d'ovins et de caprins, destinées à être utilisées pour l'alimentation des rapaces, soient soumises, avant utilisation, à un dépistage réalisé dans le cadre du programme de surveillance des EST et obtiennent un résultat négatif.

La France a aussitôt utilisé cette réglementation pour officialiser ses anciens charniers et créer de nouvelles " placettes d'alimentation ".

3/ L'Espagne s'est adaptée de façon très variable à ces réglementations.

On peut hélas constater que la plupart des autonomies espagnoles, à quelques exceptions près (cas de la Rioja, de Castilla La Mancha, de Navarra par ex.) se sont livrées à la fermeture accélérée de leurs " muladares " dans les derniers mois. L'enlèvement de toutes les carcasses (y compris celles
d'animaux comme les porcs non visées par le règlement européen) a été encouragé, sans création, sauf exception de points de nourrissages de remplacement en nombre suffisant.

Des dizaines voire des centaines de milliers de bêtes mortes ont ainsi été retirées du milieu naturel (cas des Asturies par exemple) où elles servaient de nourriture aux charognards mais aussi aux carnivores (ours, loups). On imagine le coût environnemental de l'enlèvement et de la crémation de ces carcasses acheminées ensuite vers les usines d'incinération. (Aragon, Asturies, Castille, Extremadura, Madrid.).

Le pire vient en ce moment d'Aragon. Le décret 207 d'octobre 2005 a pris en compte la dérogation européenne, mais avec une réserve d'importance quant à la distance minimale de 3.Km entre les sites de nourrissage et les habitations. Celle-ci n'est que 500 m en France. Cette distance trop grande
rendant difficile la création de ces charniers, seuls trois points de nourrissage officiels sont venus tenter de remédier à la situation catastrophique causée par l'enlèvement des animaux morts pratiqué
systématiquement depuis ces derniers mois. Sur une ligne de piémont des sierras extérieures aragonaises d'environ 150 Km, regroupant les plus fameux sites de nidification de ces espèces (Riglos en est le symbole), il ne subsiste plus en ce printemps 2006 aucun site de dépôt officiel de
carcasses. La raréfaction des sources de nourriture intervient en plein printemps dans une des régions les plus riches en rapaces nécrophages d'Espagne et d'Europe (4.000 couples de Vautours fauves, 270 couples de Vautour percnoptère, 62 couples de Gypaète barbu et des milliers de Milans royaux nicheurs ou hivernants).

Lors de la Green Week à Bruxelles (Avril 2006) A. Camiña a rappelé à la Commission la gravité de la situation. Il lui a été répondu qu'il incombait à l'Etat espagnol de transposer dans sa propre réglementation les possibilités de nourrir les rapaces nécrophages telles que reconnues par l'Union Européenne.

Conséquences :

La première conséquence, visible à l'oil nu par les observateurs, est un changement dans les comportements des Vautours fauves observés. En l'absence de leurs sources d'alimentation traditionnelles et poussés par la faim, les vautours adoptent des comportements inédits : ils se groupent dans des endroits inhabituels, au sol, dans des arbres ou sur les toits d'habitations contiguës à d'anciens sites d'alimentation.

Les rares données de suivi de colonies sont contradictoires selon les régions : Alors que les effectifs des colonies du Rio Duraton et Riaza (Castilla Leon) ou de la Province de Madrid sont apparemment stables, on assiste à un effondrement dans le nombre de couples nicheurs de V. fauves de certaines colonies aragonaises. Une colonie très importante (plus de 100 couples en 1998) du massif du Guara (Aragon) a chuté à 20 seulement en juin 2006. Une récente étude montre des tendances semblables dans la vallée de l'Ebre (Aragon), où 98 % des dépôts de carcasses ont été supprimés depuis un an (Alvaro Camiña Acta Ornitologica Vol 41, 2006). Des chutes aussi spectaculaires dans le succès de reproduction sont observées.

Pour le V. percnoptère, la fermeture de ces charniers est systématiquement suivie par l'abandon des dortoirs, si importants pour la survie de cette espèce.

Enfin, signalons que cette année 2006, sera la plus mauvaise pour la reproduction du Gypaète barbu en Aragon, avec seulement une douzaine de jeunes sur un total de 62 couples nicheurs !

Nous avons vu que les vautours affamés se rapprochent de façon systématique des habitations humaines, attirés là par d'anciens charniers ou par la présence de troupeaux. Les cas de vautours cherchant désespérément à récupérer les carcasses voire de petits déchets, lors de leur chargement dans des camions, à moitié cachés sous des bâches. sont courants. Les autres attendent, massés sur les toits des habitations offrant un spectacle inquiétant et triste.

La moindre mise bas est l'occasion d'un maigre festin et les arrachements de placentas avec panique à la clé, sont fréquents et interprétés comme autant d'agressions.

Face à ces comportements, la majorité des éleveurs a compris que ces vautours n'étaient pas responsables. Il n'en reste pas moins que les titres " les vautours attaquent. " abondent dans les journaux.

Face à ces campagnes de presse, des actions ont été entreprises par certains responsables (Fondo " Los Amigos del Buitre " en Aragon ou l'association FAPAS en Asturies) pour se rapprocher des éleveurs et tenter une analyse concertée de ce drame où les éleveurs assistent impuissants à l'évolution d'une situation causée par les lacunes de l'administration. De récentes conférences de presse ou colloques organisés sur ce thème ont montré que les éleveurs eux-mêmes sont les premiers conscients que les " attaques " dont sont victimes certaines de leurs bêtes affaiblies ne remettent pas en cause le caractère intrinsèquement pacifique et utile des vautours.

En dehors de l'Espagne

L'arrivée très spectaculaire de contingents de Vautours fauves affamés en France (Aude, Massif Central mais aussi sur le littoral atlantique) n'a pas échappé au réseau français de suivi de ces espèces. Sur certains sites (Aude) les craintes de voir des chevaux se faire attaquer par ces vautours a déclenché une campagne de presse dont l'impact est à prendre au sérieux. La LPO va préparer un dossier de presse, valorisant le rôle joué par les vautours (équarrissage, écotourisme.) afin de se préparer à de nouvelles campagnes de dénigrement.

Les récentes observations en Allemagne (14 observations en un mois totalisant 230 oiseaux, dont au moins 71 ensemble avec identification d'adultes en nombre non négligeable) sont très vraisemblablement la conséquence de la situation espagnole.

En guise de conclusion.

Après la disparition des vautours en Inde et la régression sans précédent constatée actuellement dans l'ensemble du continent africain pour toutes les espèces de vautours, sommes-nous à la veille d'une nouvelle catastrophe mettant en péril l'avenir des dernières populations saines de vautours de l'Ancien Monde ? L'Espagne a joué et joue un rôle majeur dans l'avenir des rapaces nécrophages, avec respectivement 92 %, 98 %, 83 % et 84 % des populations européennes de Vautour fauve, de V. moine, de V. percnoptère et de Gypaète barbu !...

A cela il faut ajouter environ 30% de l'effectif mondial du Milan royal.

Aux risques liés à l'usage très présent du poison et maintenant à l'installation de multiples fermes d'éoliennes, les rapaces nécrophages de ce pays n'avaient pas besoin de cette nouvelle menace, cette fois fondamentale, qu'est la suppression d'une grande partie de leurs ressources alimentaires.

La gravité de la situation commande que soient prises dans les meilleurs délais des actions énergiques et concertées entre les diverses parties prenantes que sont les Gouvernements des Communautés, les Départements de l'Agriculture et de l'Elevage, les Responsables de l'Environnement, les Instances scientifiques et les Commissions spécialisées de l'Union européenne ainsi bien sûr que les Associations de défense de l'Environnement et d'Ornithologie pour prendre les mesures qui s'imposent, à savoir la création d'urgence d'un réseau de charniers, répondant aux besoins de chaque espèce et aux spécificités de chaque région.

A l'heure où à grands frais, les principales instances internationales (Black Vulture Conservation Fondation, Fondation for the Conservation of the Bearded Vulture, Frankfurt Zoological Society, Royal Society for the Protection of Birds, BirdLife International.) tentent à travers un Plan d'Action pour les Vautours dans les Balkans de reconstituer les populations de vautours de ces pays, il est urgent d'agir et ainsi ne pas laisser pourrir une situation en Espagne avec des effets incalculables sur l'avenir de la
biodiversité en Europe.

A l'heure enfin où l'avenir des rapaces nécrophages est gravement menacé, il est temps de reconnaître le rôle des vautours dans l'élimination des déchets, contribuant ainsi aux objectifs de santé publique affichés par les Etats pour garantir un certain niveau de sécurité sanitaire.

La LPO/BirdLife, en tant que gestionnaire de programmes de conservation franco-espagnols dans les Pyrénées sur le thème des vautours, souhaite apporter son appui et ses compétences aux initiatives et aux efforts des instances de conservation d'Espagne pour parvenir à une solution satisfaisante. Elle assure la SEO/ BirdLife de son soutien total dans ce combat.

 

Finalement Jean-Claude, il n'y avait peut-être aucune raison de se réjouir de ces contacts récents de Vautours notamment en Dordogne... mais peut-être que l'on pourrait lancer l'idée un peu folle de fixer les vautours ailleurs en Aquitaine (en sarladais par exemple) pour prendre le relais ?
Sachant qu'a priori çà trotte déjà dans la tête de quelques personnes notamment en Auvergne ...

Source : communication sur une liste Ornithologique en mai 2006 en réponse à des questions d'un listaire.
Michel TERRASSE
Vice-Président LPO/ BirdLife France
Mission Rapaces/LPO

42, Rue MEDERIC
92250 LA GARENNE-COLOMBES
FRANCE
Tel/Fax : 00 33 1 47 82 63 11

Observations

Haut de page

Des vautours inquiètent les éleveurs de Cerdagne


Suite à la découverte d'un cadavre de jument, la question de la régulation de certaines espèces se pose

Triste spectacle samedi dernier pour un éleveur. Alors qu'il se promène dans son exploitation, il aperçoit une jument au sol, blessée et complètement stressée. Il croit tout de suite en la présence d'élément(s) extérieur(s) quand non loin de là, il découvre une autre jument, morte celle-ci, entourée de 150 vautours fauves. C'est la première fois qu'un tel phénomène est constaté dans la région qui compte pas moins de 10.000 oiseaux de la sorte. Les éleveurs admettent que " chacun a droit de vivre " mais il pense qu'il va falloir songer à réguler cette population de vautours qui pourrait, à terme, atteindre les 40.000 spécimens. Au delà du préjudice estimé à 2.000 euros pour l'éleveur concerné, chacun vit, dorénavant, dans la peur que cela se reproduise.

Auteur : Claude STEPHANE
Source : France 3 Sud du 13 juin 2006

Haut de page

Les vautours mangent aussi les vivants


Qu’est-ce qui a bien traversé l’esprit des vautours, habituellement nécrophages ? Plusieurs d’entre eux ont attaqué des animaux de ferme au Pays basque, dans le canton de Bidache (Pyrénées-Atlantiques). «Une vache adulte d'environ six ans été attaquée et tuée vendredi par plusieurs dizaines de vautours affamés à Ilharre», a indiqué Didier Hervé, directeur de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), citant des «témoignages dont la crédibilité ne fait pas de doute».

D'autres faits, «inquiétants», ont été récemment observés par des fermiers dans la région, notamment à Bergouey, autre commune du Pays basque proche de Bidache, à 30 km environ à l'est de Bayonne. Les attaques signalées ont concerné un poulain, une jument et une ânesse.

Des oiseaux affamés
Ces oiseaux, de plus en plus nombreux selon l'IPBH, seraient en manque d'alimentation notamment du fait de changement des modes d'élimination des déchets animaux dans les abattoirs.

L'attaque d'une vache vivante le 11 mai a fait l'objet d'un rapport de la gendarmerie de Saint-Palais. «Les gendarmes alertés par des témoins ont vu 100 à 150 vautours qui étaient encore dans les alentours», a précisé un responsable de cette gendarmerie, ajoutant que des fermiers assuraient en avoir vu «environ 400».

Selon l'IPBH, la population totale de vautours a été évaluée à environ 500 couples dans les Pyrénées-Atlantiques, un chiffre qui serait en forte augmentation. Il y aurait plus de 5.000 couples de vautours dans les provinces espagnoles voisines de Navarre et d'Aragon.


Source : 20Minutes.fr, éditions du 14/05/2007

Haut de page

Attention à l’information à sensation sur les vautours


Chaque année, la question des « attaques » de vautours ressurgit. Hier, quelques médias locaux et nationaux ont repris une information extrêmement accusatrice sans véritable travail d’investigation. La LPO demande un droit de réponse pour expliquer la réalité de la situation des vautours en France.

Un certain nombre de journaux, de radios et une télévision ont publié hier, sans contacter les organismes responsables de la protection des vautours en France (parc national des Pyrénées, LPO, etc.), des titres comme « Les vautours attaquent le Pays basque », sans aucune analyse de la situation ou investigation poussée concernant les faits. Ces informations, livrées brutes et sans recul au grand public, sont dévastatrices pour tout l’effort de conservation de cette espèce rare et menacée mené en France et en Europe depuis plus de trente ans.

Or en Espagne, (Navarre et Gipuzkoa), où les mêmes évènements ont été rapportés, on constate que dans 90 % des cas, les vautours étaient accusés bien trop vite. Dans seulement 10% des cas annoncés, il y avait effectivement eu un dégât sur le bétail mais il s’agissait de cas précis et isolés de bêtes laissées seules en difficulté (malades, coincées ou lors de mises bas difficiles). En effet, la majorité des témoignages fait par les éleveurs concerne des cas de mortalités constatés avec des vautours présents mais les attaques ne sont pas observées directement. Il existe presque toujours un doute sur ce qu'il s'est réellement passé, en particulier lors des mises bas, même si les éleveurs sont de bonne foi et si leur douleur doit être prise en compte. La présence de vautours, toujours impressionnante visuellement, est la première chose qui saute aux yeux et les vautours sont systématiquement incriminés. L’imaginaire collectif négatif autour de cet animal a tôt fait de ressurgir, et il est accusé systématiquement de tous les méfaits, comme par le passé.

Ce qu’on dit moins, parce que c’est moins sensationnel, c’est que les vautours génèrent des centaines de milliers d'euros d'économie dans les Pyrénées-Atlantiques (64) tant sur le plan touristique qu’en jouant le rôle d'équarrisseur naturel (700 000 brebis en extensif dans le département) et donc en nettoyant les montagnes et les collines des carcasses qui sinon poseraient un réel problème sanitaire pour les populations humaines. Et que dire de l’économie de CO² réalisé par l’équarrissage naturel et gratuit effectué par les vautours, en évitant le transport par camion et le brûlage des carcasses en usine ?

A l’heure actuelle, tous les cas sont enregistrés par l'Observatoire des dommages au bétail à la suite des constats réalisés par des gardes. Or les cas dénoncés ne sont pas encore analysés et il n'est donc pas possible de déterminer la part de cas certains, incertains ou douteux concernant ces témoignages. En 2005 et 2006, une trentaine de cas par an au total a été dénoncé. Mais combien d’entre eux concernent un réel accident, puisqu’en Espagne seul 1 cas sur 10 s’avère réel ?

Enfin, il faut noter un fait très important : les assurances agricoles ne remboursent pas les mortalités par retournement de matrice (mise bas se passant mal, avec retournement de l’utérus à l’extérieur du corps) lors de la mise bas, alors qu'il s'agit de la première cause de mortalité des vaches. Et c’est essentiellement dans ces cas que des accusations contre les vautours sont portées. Or ce retournement peut intervenir jusqu'à une semaine après la mise bas ! Lorsqu'il advient, un éleveur peut ou non sauver sa vache, s'il arrive avant les vautours. Dans la plupart des cas, les vaches ne sont pas surveillées : les vautours sont alors découverts sur la vache et accusés de l'avoir tuée, alors qu'elle a pu mourir d'un retournement de matrice.

La LPO demande à ce qu’un vrai travail d’investigation soit fait avant d’annoncer de telles informations, dont les conséquences sont dramatiques.

Communiqué de presse de la LPO du mardi 15 mai 2007

Commentaires


Le problème n'est pas nouveau puisqu'un observatoire a été mis en place avec l'IPHB en 2005. Mais le sujet dérange le milieu écologiste dont, une fois encore, le seul objectif soit le mensonge en vue de dénigrer et faire disparaître le pastoralisme pyrénéen.

De plus, ce communiqué ne semble pas très cohérent avec les propos tenus par Michel Terrasse, Vice-Président de la LPO, il y a un an.

Par ailleurs, ce communiqué est d'une approximation déconcertante.
La problématique soulevée aujourd'hui concerne des bovins, au pire des équidés. Or la LPO parle d'ovins. Mais quant à parler d'ovins, donnons des chiffres justes. Il n'y a pas "700 000 brebis en extensif dans le département" des Pyrénées-Atlantiques comme l'affirme la LPO mais environ, en période estivale, 500 000 brebis dont 350 000 en transhumance. Ce qui est assez différent et signifie qu'aujourd'hui il y a environ 150 000 brebis sur place qui ne sont pas toutes en estive mais le plus souvent parquées à proximité des fermes.
Doit-on voir dans ces propos de la LPO, de la mauvaise foi, de la propagande mensongère, le développement d'une doctrine sectaire comme nous l'avons vu avec d'autres pour l'ours ou bien un manque d'informations ou une précipitation médiatique à se manifester pour se faire voir et exister ?
Ce ne sont que des questions. A chacun d'y trouver une réponse.

Si l'équarrissage naturel participe incontestablement au maintien de la biodiversité, encore fait-il remplir plusieurs conditions pour que la théorie et la littérature soient une réalité. Parmi ces conditions citons :

  • Disposer d'une législation de part et d'autre de la chaîne des Pyrénées permettant de laisser sur place ou dans des lieux définis des carcasses d'animaux morts naturellement.
  • Le parler vrai, c'est à dire la vérité publiquement et à tout le monde pour ne pas créer un climat hostile au vautour.
  • Accepter les observations des éleveurs et leur faire confiance. Ce sont les principaux acteurs du terrain.
  • Faire des réunions d'information acceptant les points de vue de toutes les parties.
  • Accepter l'expertise de toutes les parties incluant autant l'IPHB que les organisations d'éleveurs mais surtout les chambres consulaires (Chambre d'agriculture). Exclure, par principe, les avis, connaissances et compétences des acteurs du terrain c'est favoriser le conflit.
  • Fournir publiquement toutes les preuves des propos et en particulier les références des expertises et études auxquelles le mouvement écologiste, notamment la LPO, fait référence afin d'éviter toutes ambiguïtés et suspicion des uns envers les autres.

Sans les respect de ces conditions, il y a fort à parier que nous allons vers le conflit entre 2 parties : celle du terrain et celle des théoriciens écologistes dont on ne peut pas nier le caractère idéologique et sectaire de certains d'entre eux qui ne conduira qu'à créer des conditions défavorables aux vautours.

A suivre.... mais difficile de prendre les propos de la LPO au sérieux. Leur sectarisme éidéologique et surtout leur grand bésoin de médiatisation semble les aveugler.... ce n'est pas nouveau.

Louis Dollo, le 16 mai 2007

  • La mauvaise foi écologiste au sujet des vautours (en construction)

Haut de page

Les vautours passent à l'attaque

Il y a quelques jours, des vautours ont attaqué et souvent tué, en différents endroits, des juments, une vache, une ânesse et un poulain dans les Pyrénées-Atlantiques. De plus en plus nombreux, ces oiseaux protégés qui chassent en groupes rencontreraient des difficultés pour trouver leur alimentation. Cela pourrait expliquer la raison pour laquelle ces rapaces, habituellement charognards, s'en prennent désormais aux animaux vivants.

Dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs attaques de ce type ont déjà été constatées. Certaines ont eu lieu dans le secteur d'Arrens-Marsous. Des vaches et des juments qui mettaient ou venaient juste de mettre bas ont vu leurs petits littéralement massacrés par des hordes de vautours. À l'époque, ces attaques avaient étonné, et parfois même été réfutées par des spécialistes de la vie animale qui, finalement, devant les preuves matérielles avaient dû prendre note du bien fondé des témoignages rapportés par des observateurs de ces carnages.

AGRESSIFS AVEC LES HOMMES
Sans vouloir donner dans le sensationnel, certains jurent même que ces oiseaux se sont montrés agressifs avec l'homme. C'est le cas de Stéphane Bordachar, un éleveur de brebis de Tardets (P.-A.) qui a assisté, dimanche 6 mai, à l'attaque de deux juments. « J'amenais mes bêtes au pré quand je les ai vus tournoyer au-dessus du bois. Soudain, ils ont plongé sur les juments. Ils étaient une vingtaine sur « Lila » qui était en train de pouliner ». Après avoir réussi à faire fuir les vautours, ce dernier est immédiatement allé téléphoner au propriétaire des chevaux et au vétérinaire du secteur pour les avertir de ce qui se passait. « Je suis alors remonté au bois, poursuit Stéphane Bordachar. Cette fois, il y avait une cinquantaine d'oiseaux autour de la jument. Je me suis approché et l'un d'eux a aussitôt essayé de me donner un coup de bec. J'ai vu qu'ils avaient tué le poulain ». Ce jour-là, il a interdit à ses jeunes enfants de sortir. Vendredi, ces inquiétantes prédations ont été abordées lors d'une réunion qui s'est tenue à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Jean-Marc Delcasso, le président de la fédération départementale de la chasse des Hautes-Pyrénées, est conscient de ce problème : « Cela fait 4 à 5 ans que nous sommes confrontés à ces questions. Les populations se sont développées. Comme elles ne trouvent plus de quoi manger, ces oiseaux ont changé de mœurs. Aujourd'hui, il faut les réguler ou les nourrir. De plus, il en arrive d'Espagne où les aires d'équarrissages à ciel ouvert ont été fermées. Comme dans les Hautes-Pyrénées, beaucoup défendent « qu'il est désormais plus que temps que de réguler cette espèce ». Certains craignent qu'ils puissent un jour « s'en prendre, par exemple, à un randonneur blessé ».

À l'heure où l'ours commet de nouvelles attaques, celles de ces rapaces ne font qu'inquiéter encore un peu plus les éleveurs à un mois de la montée des troupeaux dans les estives.

Source : La Dépêche du Midi du 15 mai 2007

Haut de page

Les vautours s'attaquent aux vaches


Divers cas d'attaques d'animaux de ferme par des vautours ont été signalés au Pays basque. Une vache a été tuée par ces rapaces vendredi dans le canton de Bidache (Pyrénées-Atlantiques).


« Une vache adulte d'environ six ans été attaquée et tuée par plusieurs dizaines de vautours affamés à Ilharre », indique à l'AFP Didier Hervé, directeur de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB). D'autres faits inquiétants ont été récemment observés par des fermiers dans la région, notamment à Bergouey, autre commune du Pays basque proche de Bidache, à 30 km à l'est de Bayonne. Les attaques signalées auraient concerné un poulain, une jument et une ânesse.

Les vautours, une espèce nécrophage protégée depuis des décennies, ne s'alimentent en principe que de cadavres d'animaux repérés dans la montagne. Ces oiseaux, de plus en plus nombreux selon l'IPBH, seraient en manque d'alimentation notamment du fait de changement des modes d'élimination des déchets animaux dans les abattoirs.

La population totale de vautours a été évaluée à environ 500 couples dans les Pyrénées-Atlantiques, un chiffre qui serait en forte augmentation. Il y aurait plus de 5.000 couples de vautours dans les provinces espagnoles voisines de Navarre et d'Aragon.

Source : AFP / Plein champ du 15 mai 2007

Haut de page

Onze attaques attribuées aux rapaces


Depuis mars 2007, l'observatoire départemental a relevé onze cas de dommages au bétail

La polémique enfle dans les vallées du Béarn et du Pays basque. Depuis le 5 mars 2007, onze éleveurs ont témoigné de décès de vaches, de veaux, d'ânesses, d'ânons, de juments, de poulains, de brebis et d'agneaux. Soit une perte de seize bêtes et une blessée. Ils attribuent ces dommages à des « attaques » de vautours fauves qu'ils ont vu tournoyer autour de leur bétail.
Les dommages les plus récents ont amené la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à demander « au ministère de l'écologie, la mise en place d'un protocole d'intervention en cas d'attaque prévoyant la participation d'un vétérinaire ».
Une requête formulée depuis 2002 par les membres de l'Observatoire départemental des dommages au bétail que copréside Augustin Médevielle, maire d'Aste-Béon. « On nous a souvent promis des moyens financiers pour réaliser des analyses vétérinaires. Elles sont indispensables. Elles permettraient de clarifier les choses afin de mettre en place une indemnisation pour les cas avérés. »

Protégés.
Protégée par l'état, en raison de sa quasi-disparition dans les années 70, la population de vautours fauves a bien augmenté depuis. En 2006, on dénombrait plus de 500 couples en Béarn et au Pays basque et près de 6 200 en Espagne. Depuis 1997, le plus grand nombre de dommages répertoriés est de 41, l'an dernier. « Il ne faut pas nier les témoignages des éleveurs », explique Didier Hervé, directeur de l'Institution patrimoniale du haut Béarn, qui centralise les données de l'Observatoire. « Mais on assiste à une radicalisation des esprits alors qu'il faut agir dans la concertation. L'observatoire compte des éleveurs, des techniciens et des membres du réseau Pyrénées vivantes. » La prochaine réunion de l'observatoire n'est pas fixée. Dans le contexte politique actuel, il faudra sans doute attendre l'après-législatives.

Auteur : Odile Faure
Source : Sud-Ouest du 16 mai 2007

Haut de page

Quand les vautours se transforment en fauves


Les vautours tuent dans les Pyrénées, assombrissant un peu plus la réputation de ce charognard dont Lucky Luke nous a dressé un portrait peu flatteur. Ces jours-ci, plusieurs attaques d'animaux de ferme par des vautours ont été signalées au Pays basque. Une vache a même été tuée dans le canton de Bidache (64).

Personne n'aurait imaginé que les rapaces s'en prennent au bétail vivant, étant plutôt assimilés à une espèce nécrophage qui ne se repaît que de cadavres repérés dans la montagne. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Saint-Palais. « Certains fermiers ont vu près de 400 vautours », raconte un responsable de la gendarmerie.

MAIS AUSSI DES CHEVAUX
Mais la vache n'est pas la seule à avoir péri sous le bec crochu et les serres de l'oiseau. Un poulain, une jument et une ânesse ont subi le même sort. Selon l'Institut patrimonial du Haut-Béarn (IPHPB), des dizaines de morts suspectes d'animaux de ferme sont signalées chaque année dans la région. L'an passé, une trentaine de cas ont été examinés par l'Observatoire des dommages au bétail, un organisme piloté par le sous-préfet d'Oloron-Sainte-Marie.

« Ces plaintes concernent tous les cas, qu'il s'agisse d'attaques directes ou de prélèvements d'animaux, souvent des veaux mort-nés ou le placenta de femelles qui ont mis bas », souligne Martine Razin, de la Ligue de protection des oiseaux, mission rapaces.

Mais, à l'égal de l'ours, autre prédateur protégé, le vautour fauve peut-il être dangereux pour l'homme ? « Il en existe des milliers dans le monde, des tonnes de pages de récits lui ont été consacrées. Jamais une quelconque agression n'a été relatée. De toute façon, l'oiseau n'est pas armé pour ça », précise Philippe Serres qui, travaillant sur le programme «Pyrénées vivantes», voit déjà se développer une phobie autour du vautour.

Pourquoi alors ces attaques brutales ?
Pour manger, l'oiseau est capable de voler 250 km par jour, surtout s'il ne niche pas. Il s'agit souvent de vautours espagnols qui, en l'absence de neige, séjournent du côté français, le versant le plus ensoleillé. Côté Espagne, ils n'ont plus rien à manger car la plupart des provinces espagnoles ont accéléré la fermeture de leurs « muladares ». Dans ces points de nourrissage présents dans chaque village, les éleveurs abandonnaient aux vautours leurs animaux morts. De fait, les vautours ont changé de comportement. Poussés par la faim, ils se sont regroupés dans des endroits inhabituels, au sol, dans des arbres ou sur les maisons situées près d'anciens sites d'alimentation. Pour les riverains, cette présence n'a rien de franchement rassurant. Une autre version des « Oiseaux » ?

Auteur : Jean-Marie Decorse
Source : La Dépêche du Midi du 16 mai 2007

Haut de page

Profession équarrisseur


Voilà quelques années que le vautour est à l'origine d'une réflexion économique. « A combien s'élèverait le coût de l'équarrissage du bétail mort si le vautour n'existait pas ? Grâce au rapace, on économise des millions d'euros chaque année », argumente la Ligue de protection des oiseaux. Le prix de l'équarrissage a même fait l'objet d'une étude du CNRS.

Le département des Pyrénées-Atlantiques possède un cheptel de 700 000 moutons. Or, la mortalité chez les ovins est estimée de 3 à 5 %, soit 28 000 ovins par an. Si on considère que le prix de l'équarrissage est de 21 € par ovin ou caprin, auxquels il faut ajouter 66 à 96 € la tonne pour la transformation industrielle (crémation, recyclage), on devine le niveau de dépenses généré par le traitement des bêtes, qui plus est réputées impropres à la consommation.

De plus, ajoutent les défenseurs du vautour, l'équarrissage naturel favorise le maintien de la biodiversité. C'est à ce titre aussi que l'Europe a voulu protéger cet oiseau qui nettoie intégralement les carcasses et ne laisse que les os abandonnés aux gypaètes barbus.

Auteur : Jean-Marie Decorse
Source : La Dépêche du Midi du 16 mai 2007

Haut de page

"Respecter les témoignages des éleveurs "


« L'inquiétude monte ».
Didier Hervé, le directeur de l'Institution patrimoniale du haut Béarn a pu le constater, jeudi soir, à l'occasion de la réunion qu'il organisait à Oloron.
On y croisait des agriculteurs, les représentants du centre ovin et d'un groupement de vétérinaires, le président de la Chambre d'agriculture et des élus locaux. Une trentaine d'éleveurs ont des dégâts imputés aux vautours. Le secteur le plus touché se situe entre Saint-Palais, Bidache et Saint-Jean-Pied-de-Port. Les cas sont moins nombreux en zone de montagne.
« Les éleveurs présents souhaitaient des mesures. Et avant tout qu'on respecte leurs témoignages. Puis l'organisation d'une surveillance et la mise en place d'expertises. Ils sont favorables à une gestion de la population. La question est de savoir si le statut de cette espèce protégée depuis 1976 doit être adapté. Mais ils se montrent prudents face aux indemnisations. Nous sommes un peu dans la même problématique que l'ours. »

Source : Sud Ouest du 2 juin 2007

Haut de page

Le test « vautour »


Des vétérinaires proposent leur méthode pour établir qu'une bête est morte ou non du fait des vautours


"L'analyse nous dit si l'animal était vivant ou mort quand il a été mordu par les vautours": Véronique Zénoni, du Groupement technique vétérinaire des Pyrénées-Atlantiques, a détaillé jeudi soir, à la Maison des vallées d'Oloron, à la demande de l'IPHB (lire ci-contre), le protocole qui permet de répondre à la question cruciale, au centre de la polémique entre éleveurs et environnementalistes, ces derniers soutenant formellement que les vautours ne s'attaquent qu'à des bêtes mortes.
Fiable, cette autopsie in situ l'est sous certaines conditions : « L'idéal est que le vétérinaire intervienne le jour même, sur un cadavre non déplacé et protégé », souligne le Dr Zénoni. Cette méthode proposée depuis deux ans par les « vétos » du Groupement reprend celle utilisée sur les animaux tués par la foudre. Elle fait procéder à une analyse des tissus (examen histologique) : « Il