Nous venons de fêter ce 21 avril 2006 le centenaire de la loi
de 1906 sur la protection des monuments naturels et des sites.
Cette loi, plus
connue sous l'appellation de
loi du 2 mai 1930 qui lui a donné sa forme définitive,
est à l'origine d'une grande partie du droit de la protection
de l'environnement.
Pour la première
fois, il était admis que le droit de propriété
" inviolable et sacré " issu de la Révolution
pouvait être limité pour préserver des beautés
de la nature, pour conserver, au bénéfice de tous, des
paysages remarquables ou pittoresques.
Dans un contexte
de tourisme naissant et sous l'impulsion de l'action militante de plusieurs
associations, il était admis, pour la première fois, qu'il
fallait trouver un équilibre entre le développement des
activités humaines et la protection d'une nature, lieu de ressourcement
et de vie.
Sur un territoire
perçu déjà, comme limité, il fallait savoir
conserver pour les générations futures les lieux les plus
exceptionnels, uniques et irremplaçables, que la nature et nos
ancêtres avaient façonnés et que l'histoire nous
avait légués.
Après la
loi du 30 mars 1887 qui avait fondé la notion même
de patrimoine historique, la loi de 1906, en instituant la protection
des monuments naturels et des sites, fondait la notion de patrimoine
naturel.
Cette loi a été
largement inspirée par la prise de conscience, au sein du milieu
associatif et parmi les artistes et gens de lettres, de la valeur patrimoniale
des paysages exceptionnels, et par les premières batailles qu'ils
ont menées pour sauver des monuments naturels menacés
: dans le Doubs, la source du Lison, contre un projet d'aménagement
hydraulique ; en Bretagne, les rochers de la côte de granit rose
contre le développement jugé excessif des carrières
Par son action
dans l'affaire du Lison, le député du Doubs, Charles Beauquier,
alors vice-président de la Société pour la protection
des paysages de France, a largement contribué à l'émergence
de la loi et lui a donné son nom. Les Côtes d'Armor, alors
Côtes du Nord, ont été, quant à elles, département
pionnier à la fois pour le rôle de sa commission départementale
des sites qui servira de modèle au législateur et pour
le premier classement de site, établi en 1907 sur l'île
de Bréhat en application de la loi nouvelle.
Le rôle des
associations de protection et des personnalités qualifiées,
présentes dans les commissions départementales aux cotés
des élus et des administrations, doit être souligné
dans l'émergence de ce droit, notamment le rôle du Touring
Club de France (TCF) créé en 1890, du Club Alpin Français
(CAF), et de la Société pour la protection des paysages
de France, créée par Sully-Prudhomme en 1901.
Les sites classés,
dont le nombre dépasse aujourd'hui 2700, représentent
la quasi totalité des paysages les plus remarquables du territoire
national, dont ils couvrent près de 1,4% (plus de 820 000 hectares).
Source
: Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable