Un plus grand nombre de secousses sismiques ont été
enregistrées en 2007 dans les Pyrénées-Atlantiques.
Comme d'habitude, la vallée d'Ossau arrive en première
ligne
:Cela n'a rien
à voir avec l'élection présidentielle. Mais la
terre a tremblé beaucoup plus souvent en 2007 que l'année
précédente. Le bilan fourni par la station sismologique
d'Arette, que gère Jean-Michel Mirassou, en témoigne.
L'année dernière, 16 séismes dont la magnitude
allait de 2,5 à 3 sur l'échelle de Richter ont été
enregistrés dans notre département. Alors qu'on l'on en
avait dénombré une dizaine en 2006.
Les tremblements de terre plus « importants » - c'est-à-dire
d'une magnitude de 3 à 4 - ont par contre été aussi
nombreux (lire plus loin).
Duel de plaques.
Cette activité du sous-sol pyrénéen est - rappelons-le
- provoquée par la rencontre des plaques qui forment l'écorce
terrestre. La plaque ibérique, qui est collée à
celle de l'Eurasie où se trouve la France étant poussée
peu à peu par sa voisine africaine.
«
Un séisme de magnitude 5 est dix fois plus puissant que celui
de 4 »
Rien d'exceptionnel
dans les distances parcourues : la plaque Afrique avance de 4 millimètres
par an, tandis que sa voisine ibérique ne progresse que de 1
millimètre. Mais suffisamment de quoi provoquer des tremblements
de terre.
« Tout dépend de la profondeur à laquelle ces
derniers interviennent » explique Jean-Michel Mirassou. «
Une secousse d'une magnitude de 2,7 à 2,8 a des chances d'être
ressentie par les habitants des régions proches de l'épicentre.
Si elle intervient à dix kilomètres de profondeur, elle
aura le même effet qu'un gros tir de mine. Par contre, si elle
se trouve à 20 kilomètres, on la ressentira sur un périmètre
plus large, mais de manière plus diffuse.
Fissures et
chutes de cheminées.
« En général, les vibrations durent environ deux
secondes » poursuit Jean-Michel Mirassou. Avant de rappeler
que la magnitude suit une échelle logarithmique. « Un
séisme de magnitude 5 est en effet dix fois plus puissant que
celui de 4 ».
En clair, entre 4,5 et 5 quelques fissures peuvent apparaître
sur les plâtres anciens de vieilles habitations. « Tandis
qu'en 2006, lorsqu'un séisime de magnitude 4,9 est survenu du
côté de Lourdes, quelques cheminées sont tombées
».
Quant au tremblement de terre qui a détruit une partie du village
d'Arette en août 1967, il avait atteint une magnitude de 5,7.
Les extrémités, plus touchées. Aujourd'hui, six
stations sismologiques sont réparties sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques,
à égalité entre le Pays Basque et le Béarn.
Une répartition qui s'explique par le fait que les secousses
les plus fréquentes surviennent aux extrémités
du département. C'est-à-dire la région de Saint-Jean-Pied-de-Port
et la vallée d'Ossau.
Il faut également savoir que la ligne de suture entre la plaque
eurasique sur laquelle se trouve la France et la plaque ibérique
s'étend aux trois-quarts du côté français.
Les secousses enregistrées par les stations n'ont actuellement
que valeur de constat. Mais, compte tenu de leur faible importance,
elles ne permettent pas d'établir de prévisions. Même
si, depuis 1996, des études ont montré qu'elles pouvaient
avoir un effet sur la composition chimique de l'eau souterraine.
Auteur : J.- J. N.
Source
: Sud-Ouest
du 4 janvier 2008