Le prince Philip vient de rompre un silence qui aura duré 60
ans, sur les liens de sa famille avec le régime nazi. Le livre
de Jonathan Petropoulos Royals and the Reich paru en mai 2006 confirme
ce que les lecteurs d'Industrie & Environnement savent depuis longtemps.
Le WWF a été fondé par deux anciens sympathisants
du régime d'Adolf Hitler, le prince Philip, actuel mari de
la reine Elisabeth II, et le prince Bernhard de Hollande, décédé
l'an passé. Ce dernier était même un officier nazi,
membre du parti, dont il n'a démissionné que pour épouser
la princesse de Hollande. Dans une interview donnée à
un professeur américain, le prince Philip explique l'attraction
qu'il avait pour le régime nazi et pour Adolf Hitler. Même
s'il ne s'est jamais considéré comme antisémite
il reconnaît qu'il avait de " fortes inhibitions à
propos des juifs " et une " jalousie pour leur réussite
". Il reconnaît également une fascination pour
Hitler qui avait réussit à faire " arriver les trains
à l'heure " après le chaos de la république
de Weimar. " Je peux comprendre que les gens soient pris par
quelque chose ou quelqu'un qui semble faire appel à leur patriotisme
et qui essaye de faire marcher les choses. Vous pouvez comprendre à
quel point c'était attirant." Il ajoute qu'il y avait
" beaucoup d'enthousiasme pour les nazis à l'époque
: l'économie marchait bien, nous étions anticommunistes
et l'on ne pouvait pas savoir ce que ce régime allait donner
".
Sur l'une des photographies
prise en 1937 à l'occasion de l'enterrement de sa soeur aînée,
disponible sur le site Internet du Daily mail, on trouve le Prince Philip
alors âgé de 16 ans entouré de proche parents en
uniforme SS ou en chemises brunes. Un rang derrière, on trouve
Lord Mountbatten. Philip est né en 1921 à Corfou, prince
du Danemark et de Grèce ; c'était le seul fils et le plus
jeune des cinq enfants du prince Andrew de Grèce et de la princesse
Alice de Battenberg. Ses quatre soeurs ont toutes épousé
des princes allemands et trois d'entre elles - Sophie, Cécile
et Maragarita - sont devenues membres du parti nazi. Le mari de Sophie,
le prince Christoph de Hesse, a été le chef du bureau
de renseignement de Goering. Dans une photo prise lors du mariage de
ce dernier, on trouve d'ailleurs la plus jeune soeur du prince Philip
assise en face d'Hitler. Cette " attraction " pour le régime
nazi était certes très répandue dans les cercles
aristocratiques britanniques. A commencer par le président de
la Banque d'Angleterre, Montagu Norman, qui donnait quotidiennement
ses instructions au ministre des Finances de Hitler, Haljmar Schacht,
jusqu'à la déclaration de guerre ! Ces cercles aristocratiques
considéraient qu'il y avait un intérêt géopolitique
à voir Hitler et Staline s'affronter dans une guerre totale qui
allait détruire l'Europe continentale, perçue depuis toujours
comme une menace à leurs intérêts financiers impériaux.
Ces faits étaient
surtout connus jusqu'ici dans le monde du renseignement. Auparavant,
la presse britannique avait souvent glosé sur le caractère
raciste du prince Philip (un racisme larvé que l'on retrouve
fréquemment dans l'attitude du WWF vis-à-vis du tiers-monde)
mais ne s'était jamais attaquée à son passé.
Aujourd'hui qu'ils deviennent publics, répercutés dans
les tabloïds anglais, il serait temps pour le WWF de faire le nettoyage
sur son passé. Rappelons que le directeur du WWF International,
Claude Martin, continue à défendre les valeurs de l'autre
co-fondateur, le prince Bernhard de Hollande.
A lire également
sur : Le
III ème Reich et les animaux
Début
avril 2001, Luc Ferry publiait dans Le Point un texte qui rappelait
que les nazis avaient promulgué des lois sur la protection de
l'animal. Une paternité embarrassante pour les tenants "de
l'écologie profonde".
Face aux critiques, le philosophe y revient, textes et preuves à
l'appui.
Source
: La Gazette
du SNCC n°21 du 2ème trimestre 2006