Les vingt éoliennes que la Compagnie du vent comptait installer
sur les communes de Conilhac-de-la-Montagne et à Roquetaillade
tourneront-elles un jour dans le ciel de la haute vallée? Rien
n'est moins sûr. Le tribunal administratif de Montpellier, saisi
par l'association Avenir d'Alet, vient en effet d'annuler les deux permis
de construire qui avaient été accordés en décembre
2005, par le préfet de l'Aude.
Les conseillers
montpelliérains ont considéré que le feu vert accordé
par les services de l'Etat ne respectaient pas certaines prescriptions
du code de l'urbanisme notamment «si les constructions, par leur
situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur
des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à
modifier sont de nature à porter atteinte au caractère
ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites,
aux paysages naturels (...) ainsi qu'à la conservation des perspectives
monumentales».
Le projet de La
Compagnie du Vent, ont encore estimé les juges administratifs
n'est pas, même si certaines éoliennes seront masquées
en partie par le relief, « à diminuer substantiellement
l'impact sur le paysage de ce parc éolien, que compte tenu de
la qualité du paysage affecté, le permis de construire
est manifestement entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.»
La présence toute proche du château de Rennes semble également
avoir retenu toute l'attention des conseillers. Ces derniers ont en
effet considéré que «le site offre des vues dégagées
sur un paysage à caractère naturel et de grande qualité
et que les deux parcs éoliens, même situés en retrait
de la ligne de crête» resteront visibles et que là
encore, les services de l'Etat n'auraient pas dû accorder de permis
de construire, au regard du code de l'urbanisme.
Cette victoire
de l'association Avenir d'Alet sonne-t-elle le glas des projets de la
Compagnie du Vent, un filiale du groupe GDF-Suez dans le secteur de
la haute vallée ? Jointe hier la société a indiqué
qu'elle n'avait toujours fait appel de la décision mais que ses
services juridiques en étudiaient l'éventualité.
Auteur
: Bruno Huet
Source : La
Dépêche du Midi du 29 janvier 2009