La Terre s'est réchauffée d'environ 0,75 °C depuis
l'époque préindustrielle. Pour le Programme des nations
unis pour l'environnement (PNUE), onze des années les plus chaudes
des 125 dernières années ont été enregistrées
depuis 1990, 2005 ayant battu le record. Tout le monde s'accorde à
reconnaître que ce réchauffement est dû aux émissions
de gaz à effet de serre, notamment au dioxyde de carbone (CO2),
produits par la combustion des combustibles fossiles.
Selon le Programme
des nations unis pour l'environnement (PNUE), l'examen de carottes de
glace montre qu'il y a plus de CO2 dans l'atmosphère qu'au cours
des 600.000 années passées. Entre 1960 et 2002, les émissions
anthropiques annuelles de CO2 ont à peu près triplé
dans le monde. Elles ont augmenté d'environ 33 %, rien que depuis
1987.
Le réchauffement
au cours de ce siècle devrait, selon les prévisions, être
compris entre 1,4 et 5,8 °C. Les impacts du changement climatique
sont déjà visibles, notamment : rétrécissement
de la calotte glaciaire de l'Arctique ; accélération de
l'élévation du niveau des mers ; recul des glaciers partout
dans le monde ; dégel du permafrost ; débâcle plus
précoce des cours d'eau et des lacs ; intensité et durée
croissantes des tempêtes tropicales ; allongement des saisons
de végétation dans les régions de moyenne et haute
altitudes ; et modifications des aires de répartition et du comportement
des plantes et des animaux.
Dans l'Arctique,
le dégel des tourbières libère du méthane,
un gaz à effet de serre encore plus puissant que le CO2. Les
scientifiques craignent de plus en plus la possibilité d'un changement
brutal du climat, avec notamment une diminution des courants océaniques,
comme le Gulf Stream qui réchauffe l'Europe, et la modification
du régime des pluies comme la saison des moussons, qui auront
des répercussions sur la sécurité alimentaire de
milliards de personnes.
Le Programme des
nations unis pour l'environnement (PNUE) rappelle que l'Arctique se
réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. La superficie
de l'océan Arctique couverte de glace en été diminue
chaque année et la couche restante s'amincit. Parce que la mer
absorbe plus de chaleur que la glace, il se produit une action en retour
qui accentue la fonte. Depuis 1980, la partie européenne de l'Arctique
a perdu entre 20 et 30 % de sa glace de mer. Les ours polaires sont
tributaires de la glace de mer : ils y chassent le phoque et utilisent
les corridors de glace pour se déplacer d'un endroit à
un autre. Les femelles gravides construisent des tanières pour
l'hiver dans les endroits recouverts d'une épaisse couche de
neige. Elles n'ont pas mangé depuis cinq ou sept mois quand elles
sortent au printemps avec leurs petits. Elles ont besoin d'une solide
glace de mer de printemps pour leur survie et celle de leurs petits.
Cela fait deux
décennies que la situation des ours polaires adultes de la région
de la baie d'Hudson, au Canada, se dégrade avec une réduction
moyenne de 15 à 26 % de la masse corporelle des adultes et du
nombre d'oursons nés entre 1981 et 1998. Selon certains modèles
climatiques, la glace d'été pourrait presque totalement
disparaître dans l'Arctique avant la fin du siècle. Si
c'est le cas, il y a peu de chances que les ours polaires survivent
en tant qu'espèce.
Par ailleurs, pour
le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE), si, dans
certains endroits, les rendements agricoles pourraient croître
en raison du changement climatique, ce sont les effets négatifs
qui risquent de dominer en cas d'accentuation du réchauffement.
L'Afrique est particulièrement vulnérable et des études
mettent en garde contre le risque d'aggravation majeure des famines.
Les communautés
pauvres sont celles dont les moyens de subsistance dépendent
le plus directement d'un climat stable et favorable. Elles vivent généralement
de l'agriculture pluviale de subsistance et sont hautement tributaires
des phénomènes climatiques, par exemple des moussons asiatiques.
Elles sont également très vulnérables aux événements
climatiques extrêmes, comme les sécheresses et les tempêtes
tropicales.
La fonte des glaciers
des hautes chaînes de montagnes un peu partout dans le monde aura
des conséquences sur l'alimentation en eau des cours d'eau. En
Europe, dans huit régions glaciaires sur neuf, on observe un
recul important des glaciers. Entre 1850 et 1980, les glaciers des Alpes
européennes ont perdu environ un tiers de leur surface et la
moitié de leur masse, ajoute le Programme des nations unis pour
l'environnement (PNUE).
En Chine, la perte
de volume annuelle des glaciers de montagne représente l'équivalent
de la totalité des eaux du fleuve Jaune. L'Académie chinoise
des Sciences estime que 7 % des glaciers du pays disparaissent chaque
année. D'ici 2050, pas moins de 64 % des glaciers de Chine auront
disparu. On estime à 300 millions le nombre de personnes qui
vivent dans la partie ouest aride de la Chine et dont la survie dépend
de l'eau des glaciers.
Au cours des 100
dernières années, le niveau global des mers s'est élevé
en moyenne de 1 à 2 millimètres par an. Depuis 1992, ce
chiffre est passé à environ 3 millimètres par an,
principalement à cause de l'expansion thermique des océans
sous l'effet du réchauffement et du déversement de l'eau
douce des glaces qui fondent. La fonte des glaces est responsable d'une
grande partie de l'élévation du niveau des mers observée,
les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique étant
les principales en cause. La calotte glaciaire du Groenland fond plus
vite qu'elle ne se reforme. Dans l'Antarctique, trois immenses plates-formes
de glace de la péninsule Antarctique se sont effondrées
au cours des 11 dernières années ; cet effondrement a
été suivi par une nette accélération et
diminution des glaciers qui étaient retenus par les plates-formes.
A mesure que le
niveau de la mer s'élève, les habitants des îles
de faible altitude et des villes côtières sont confrontés
à des problèmes d'inondation. En décembre 2005,
une petite communauté établie dans l'arc insulaire de
Vanuatu, dans le Pacifique, a sans doute été la première
communauté à être officiellement déplacée
à cause du changement climatique.
Le Programme des
nations unis pour l'environnement (PNUE) précise aussi que le
changement climatique est également une menace pour les habitats
marins et pour les moyens de subsistance des populations qui en dépendent.
Les océans ont absorbé environ la moitié du CO2
produit au cours des 200 dernières années, produisant
de l'acide carbonique et abaissant le pH des eaux marines superficielles.
Cela pourrait perturber le processus de calcification qui permet à
des animaux comme les coraux et les mollusques de fabriquer leur coquille
à partir du carbonate de calcium.
En 2005, la fondation
Munich Re a estimé les pertes économiques dues aux catastrophes
d'origine climatique, comme les tempêtes tropicales et les incendies
de forêts, à plus de 200 milliards de dollars US1, pour
un montant des sinistres assurés de plus de 70 milliards de dollars
US. Ces chiffres sont comparables à ceux de 2004, l'année
antérieure la plus coûteuse, où les pertes économiques
ont totalisé environ 145 milliards de dollars US et les sinistres
assurés quelque 45 milliards de dollars US.
Le réchauffement
planétaire constant devrait provoquer des modifications de l'étendue
géographique (latitude et altitude) et du caractère saisonnier
de certaines maladies infectieuses, notamment les infections à
vecteurs comme le paludisme et la dengue, ainsi que les infections d'origine
alimentaire comme la salmonellose dont la fréquence est maximale
pendant les mois chauds.
Certains impacts
sur la santé peuvent être positifs. Par exemple, des hivers
plus doux peuvent réduire les pics de décès saisonniers
dans les pays tempérés. Mais beaucoup de ces pays connaissent
des étés plus chauds. En 2003, la France a enregistré,
selon les estimations, 15.000 décès supplémentaires
à cause d'une vague de chaleur qui a causé la mort de
pas moins de 35.000 personnes en Europe. Globalement, il est probable
que les impacts négatifs du changement climatique sur la santé
dépasseront de beaucoup ses effets positifs, précise le
Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE).
Par ailleurs, les
communautés arctiques, y compris les populations autochtones
qui s'efforcent de maintenir et d'adapter leurs modes de vie traditionnels,
sont particulièrement vulnérables aux modifications de
l'environnement. Quelque 4 millions de personnes vivent dans les régions
arctiques, dont environ 10 % d'autochtones (400.000). Les concentrations
varient, des Inuits qui composent 85 % de la population du territoire
de Nunavut au Canada, aux Sámi qui représentent 2,5 %
de la population de la Scandinavie du Nord et de la péninsule
de Kola.
Le dégel
à grande échelle du permafrost en Alaska et en Sibérie
cause de sérieux dégâts aux édifices, aux
pipelines, aux routes et autres infrastructures. Le changement climatique
se traduit par un raccourcissement de la saison des glaces pour circuler
sur les routes hivernales, ainsi que par un temps plus chaud et moins
prévisible qui provoque des incendies dans certaines régions.
Les impacts du
changement climatique sur les communautés de l'Arctique sont
multiples, de ceux liés au dégel du permafrost aux dégâts
causés aux édifices, en passant par des saisons plus courtes
pour les routes hivernales. Dans l'Arctique, l'agriculture est extrêmement
limitée. Les activités économiques de subsistance
sont donc principalement la chasse et la pêche, l'élevage
des rennes, le piégeage et la cueillette. Le réchauffement
dans toute la région arctique est un problème pour les
éleveurs de rennes et les chasseurs qui circulent sur les rivières
gelées et sur la neige. L'accentuation de la fonte et du gel
de la neige rend également la nourriture moins accessible pour
les caribous et les rennes, ce qui nuit à l'activité économique
et à l'intégrité culturelle des pasteurs et chasseurs.
Les modifications
de la glace de mer et l'érosion côtière qui en résulte
provoquent également des dégâts, ce qui oblige à
déplacer certaines communautés côtières (comme
celle de Shishmaref, en Alaska) et porte préjudice aux autochtones
qui vivent de la chasse et de la pêche en mer.
Il y a de nombreux
moyens d'éviter un changement climatique catastrophique. Notamment
améliorer l'efficacité énergétique partout
sur la planète et opter pour des ressources renouvelables et
à faibles émissions de carbone comme l'énergie
solaire et éolienne, les bio-énergies et l'énergie
géothermique. Il est également possible de piéger
et de stocker le CO2, tandis que plusieurs analystes considèrent
que l'énergie nucléaire pourrait jouer un rôle majeur.
En 1995, la capacité
installée d'énergie éolienne était de 4
800 MW d'électricité. Fin 2005, ce chiffre atteignait
59 000 MW, soit douze fois plus. Le Conseil mondial de l'énergie
éolienne estime que plus d'un tiers de l'électricité
consommée dans le monde pourrait être généré
par l'éolien d'ici 2050.
Un avenir à
faibles émissions de gaz à effet de serre passera également
par des mutations sociales. Des millions de foyers utilisent maintenant
le soleil pour produire leur eau chaude et ils sont de plus en plus
nombreux à exploiter également l'énergie solaire
pour produire de l'électricité. En Islande, l'énergie
hydroélectrique et géothermique, présente en abondance,
est exploitée pour produire de l'hydrogène à partir
de l'eau en remplacement des combustibles fossiles. Au Brésil,
l'éthanol produit à partir de la canne à sucre
a remplacé environ 40 % de la consommation d'essence du pays,
précise le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE).
Du Vietnam à
l'Australie, du Kenya au Mexique, des gens se réunissent pour
planter des arbres, souvent dans le cadre de l'initiative du PNUE :
« Plantons pour la Planète : Campagne pour un milliard
d'arbres ». Les arbres peuvent ralentir le changement climatique
en absorbant le dioxyde de carbone à mesure qu'ils poussent.
Ils contribuent aussi à réduire la pollution, à
préserver la fraîcheur des villes, à protéger
les zones de captage d'eau et à réduire l'érosion
des sols. Mais il reste tant à faire qu'il ne faut pas tarder,
chacun à son niveau à enclencher des actions pour tenter
d'endiguer cette spirale infernale de réchauffement climatique.
C'est certainement l'un des principaux combats que les hommes devrait
avoir à mener en 2007, et dans les années qui suivront.
Auteur
: Pierre Melquiot
Source : Actualité-News-Environnement
du 26 décembre 2006