Celui d'une ligne à très haute tension qui pourrait traverser
le département soulève inquiétude et réprobations
C'est par une dépêche laconique, tombée le mois
dernier, que l'on apprenait la nouvelle. Les gouvernements français
et espagnol « étudient la possibilité de construire
une nouvelle interconnexion électrique entre la Navarre et la
France ». Autrement dit, une ligne à très haute
tension (THT) qui traverserait l'ouest des Pyrénées.
Depuis cette annonce, les événements politiques ont offert
d'autres tensions? Pour autant, ce projet, dont la plupart des élus
n'ont pas même entendu parler, est accueilli par un a priori très
défavorable. Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil
général, ne cache pas son courroux. « Il s'agit
d'une initiative entre les gouvernements centraux de Madrid et Paris
et, une fois de plus, les collectivités locales concernées
ne sont pas consultées. Cette façon de faire est inacceptable.
On ne peut plus fonctionner sur de telles prises de décision
sans concertation avec les responsables locaux. »
Concernant le projet lui-même, « je suis totalement opposé,
lance le président Lasserre. Je n'ai pas oublié le dossier
identique qui avait soulevé le débat dans la vallée
du Louron (Hautes-Pyrénées) mais aussi en Catalogne. Qu'il
s'agisse d'un projet qui concernerait la Soule, la Basse-Navarre ou
la vallée des Aldudes, je n'y vois aucun intérêt.
Dès l'instant où nous aurons une information officielle,
je prendrai l'initiative », annonce le président de
l'exécutif départemental qui dit vouloir « s'opposer
de toutes (mes) forces, quel que soit le scénario ».
« J'espère qu'avant de lancer un tel projet, nous serons
consultés », lâche Jean-Pierre Mirande, conseiller
général de Mauléon et maire de Garindein. Il faut
que les États et EDF sachent que les vallées ont leur
mot à dire. J'ai l'étrange sentiment que les deux précédents
projets ont échoué et que l'on se rabat sur notre région,
déplore l'élu cantonal, qui prévient, «
l'opposition départementale sera sans faille et localement, les
actions ne manqueront pas de voir le jour ».
En attente d'informations. Marie-Antoinette Etchebarren, maire d'Urepel,
ne voit « rien d'intéressant dans un tel projet. Des
pylônes ne seraient pas très judicieux dans nos vallées.
Je suis très surprise que le président du Conseil général
ne soit pas informé d'un tel dossier, alors les maires de nos
vallées? Nous attendons avec impatience plus d'informations ».
Même son de cloche du côté de Jatxou où Madame
le Maire admet « n'être au courant de rien. Alors d'abord,
qu'on nous informe, après, nous verrons comment réagir.
En ce qui me concerne, je serai du côté de la population
».
À l'instar de Jean-Michel Ansolabéhère, le nouveau
président de la Chambre d'agriculture qui réclame «
des éléments concrets pour commenter ce dossier »,
le projet de ligne à très haute tension pointe très
discrètement dans le débat local. Il serait étonnant
que les différents acteurs des vallées concernées
restent encore longtemps sur le bord du chemin et ne s'invitent à
un débat inévitablement électrique.
Auteur : Philippe Campa
Source : Sud
Ouest du 22 mai 2007