GERS. UNE DÉCISION DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PAU OBLIGE
EDF À STOPPER DES TRAVAUX ENTRE GIMONT ET SAMATAN.
Le tribunal administratif de Pau vient d'obliger EDF à suspendre
les travaux de construction d'une ligne haute tension entre Gimont et
Samatan. Une décision, basée en partie sur des critères
de santé publique, qui, si elle venait à faire jurisprudence,
changerait considérablement les rapports des citoyens opposés
à la toute puissante entreprise.
L'histoire débute il y a trois ans. EDF décide la réalisation
d'une ligne, pour renforcer la distribution sur Samatan. Selon d'autres
sources, elle pourrait aussi réalimenter l'Est toulousain. En
partie enterrée au départ de Gimont, la ligne devient
aérienne à Lahas et dans la traversée des vallées
suivantes. La municipalité accepte, mais un groupe d'habitants
s'oppose à cet équipement qui défigure totalement
le paysage. Commence alors un combat au nom de l'écologie et
de la santé que tout le monde juge perdu d'avance pour les opposants.
C'est bien l'avis de Réseau
de transport électrique (RTE), le constructeur, qui débute
les travaux au début de l'été. RTE ne tient pas
compte de l'action devant les juges administratifs de Pau, introduite
par l'Association de préservation du val de Lahas (APVL). Elle
demande l'annulation de l'arrêté préfectoral d'utilité
publique pris pour ces travaux. L'affaire est jugée le 16 septembre.
Hier, dans leur délibéré, les magistrats considèrent
insuffisante l'enquête d'impact et notamment " l'étude
des effets sur la santé et les mesures envisagées pour
supprimer et réduire les conséquences ".
Les magistrats vont même plus loin et donneront des arguments
à tous ceux qui dénoncent les effets des champs magnétiques.
Ils reprochent au dossier de " faire état de manière
allusive et superficielle à des études concluant à
l'existence possible d'un rôle cancérigène "
des effets des champs électromagnétiques.
Le jugement étant exécutoire jusqu'à l'appel, les
travaux ne pourront pas reprendre avant la conclusion d'un éventuel
appel d'EDF. En effet, tous les achats de terres, expropriations et
abattages d'arbres, étaient liés à la procédure
de déclaration d'utilité publique.
Article paru le
09/10/2004
Source : La
Dépêche du Midi