La période légale des écobuages s'arrête
le 31. Grâce aux efforts des dernières années, très
peu ont débordé, même si des améliorations
peuvent encore être apportées
Mardi au petit
matin, un écobuage dégénérait en incendie
à Gourette, malgré un encadrement rigoureux autour de
l'opération. Ce type d'incident, qui survient en fin de période
légale des écobuages, est devenu rare.
« De mois
en moins d'écobuages déclarés débordent.
En cinq ans, des améliorations sensibles ont été
apportées », constate le commandant Pierre Lamarche
du Service départementale d'incendie et de secours (Sdis). De
fait, les pompiers constatent que le bilan s'améliore année
après année depuis un cru 2002 marqué par un grand
nombre d'incendies.
Phénomène
pyrénéen par excellence, l'écobuage, ou débroussaillement
par le feu, est l'objet d'un contrôle de plus en plus serré.
« Si la situation s'est améliorée, c'est grâce
à la campagne de sensibilisation menée par le Chambre
d'agriculture, et par la mise en place d'une cellule écobuage
à la préfecture, sous l'égide de la Direction départementale
de l'équipement et de l'agriculture », explique le
commandant Lamarche.
Règles
de sécurité
Ces écobuages
nécessitent une demande d'autorisation auprès de la mairie
concernée. Au niveau local, les pompiers insistent sur l'importance
de mise en place de commissions d'écobuages (communales ou syndicales)
afin d'encadrer au mieux les opérations. « L'important,
c'est de bien évaluer les enjeux : la proximité d'habitations,
de forêt, de chemin de randonnée... », indique le
commandant.
Autres points clés
pour éviter les débordements : la signalétique
(pose de panneaux sur les sentiers de randonnée), le fait de
prévoir un nombre suffisant de participants, de rester jusqu'à
l'extinction des feux ; ou encore l'interdiction de brûler la
nuit. Et, bien sûr, l'obligation de prévenir les pompiers
dès le matin, afin qu'ils ne se déplacent pas pour rien.
L'an passé,
on recensait 1 500 demandes, pour à peu près 7 000 hectares
concernés. Cette année, les chiffres s'annoncent légèrement
supérieurs. Pourtant, le nombre de débordements continue
de refluer : « Quatre écobuages ont dégénéré
en février 2008 et deux seulement en février 2009 »,
note le commandant.
Depuis l'an dernier,
les commissions locales les plus « performantes »
ont la possibilité de se faire agréer par la cellule préfectorale.
Ce qui leur permet de continuer à opérer en dehors de
la période légale d'écobuage, laquelle court du
15 octobre au 31 mars, avec des possibilités de dérogation
dans les zones enneigées tardivement.
Faire changer
les mentalités
La tendance
est positive, mais le Sdis est toujours en quête d'améliorations.
Ne serait-ce qu'en matière de prévision météo
: « Parfois, le temps est très favorable dans une vallée,
mais très défavorable dans une autre », déplorent
les pompiers.
Mais c'est sur
les règles et les financements que les pompiers entrevoient des
améliorations possibles. « Grâce à l'action
efficace qui a été menée, on a pu négocier
au niveau du plan régional de lutte contre les feux de forêts.
» Le but de ces négociations est de faire valoir les
spécificités de la montagne dans des instances qui ont
pour référence des zones qui n'ont rien à voir.
La forêt des Landes par exemple. « L'un des problèmes
qui se posent c'est que, pour être subventionnée, une piste
de protection doit faire six mètres de large, en montagne, c'est
impossible », plaide le colonel Henri Lavallée, chef
du groupement gestion des risques au Sdis.
L'autre bataille
à mener est celle des mentalités. « Beaucoup
de gens pensent encore qu'il est contre-nature de mettre le feu, alors
que cela ne fait que pallier la perte d'exploitation des éleveurs
», expose le colonel. L'écobuage pour remplacer les
brebis et éviter les grands embrasements de 2002. «
Les études montrent que les écobuages n'ont pas d'effet
négatif sur la faune ni la flore », poursuit le commandant
Lamarque. Et la pratique ne date pas d'aujourd'hui. Certains prétendent
même que les Pyrénées tirent leur nom du grec «
Montagnes en feu ».
Auteur
: Gwenaël Badets
Source
: Sud-Ouest
du 28 mars 2009