L'environnement est aujourd'hui une «valeur» incontournable.
Plus personne ne remet en cause la nécessité d'un réseau
d'égouts (ou d'eaux usées, comme on le dit maintenant),
l'importance d'une gestion correcte des déchets, qu'ils soient
ménagers ou industriels. Le management environnemental est
devenu une obligation et même une opportunité dans toutes
les entreprises industrielles d'une certaine taille. En ce sens, les
efforts accomplis par le monde industriel pour réduire leurs
émissions de produits polluants et leur impact sur l'environnement
sont la continuation légitime d'un processus commencé
il y a au moins deux siècles.
Notre propos
n'est bien évidemment pas de remettre en cause ce processus,
qui s'est accéléré au cours des deux dernières
décennies. Il est de montrer dans quelle mesure il a été
perverti par une idéologie malthusienne et rétrograde
n'ayant rien à voir avec l'environnement en tant que tel.
Le but de cette
étude est ainsi d'expliquer certains paradoxes : pourquoi les
écologistes vont parfois à l'encontre des buts qu'ils
se sont eux-mêmes fixés ? Ainsi, le Danemark, cité
en exemple par tous les écologistes, est un des pays les plus
polluants du monde, en tout cas le plus polluant d'Europe, en matière
de production d'électricité. Ainsi encore, Claude Fréjacques,
ancien vice-président de l'Académie des sciences et
président de son comité environnement, at-il pu écrire
que l'interdiction du DDT a provoqué des millions de morts.
Et il existe bien d'autres exemples.
Ces paradoxes
ne peuvent s'expliquer qu'en revenant à l'histoire du mouvement
écologiste et en comprenant les motivations de ceux qui l'ont
lancé. Pour quelqu'un qui n'a pas vécu les années
50 et 60, il est très difficile de s'imaginer le profond changement
de valeurs qui s'est opéré dans les années 70
et 80. Optimisme culturel, foi dans le progrès scientifique
et technologique, ces valeurs de la période de reconstruction
trouvent leur couronnement en 1969 avec l'arrivée du premier
homme sur la Lune.
A l'inverse,
les pères fondateurs de l'écologisme ont remis en question
non seulement la civilisation industriel le mais, pour certains, la
présence même de l'homme sur la planète, assimilée
à un «cancer».
Dans cette étude,
nous allons montrer comment s'est opéré ce changement
de valeurs, comment les écologistes sont nés, comment
ils ont été promus et manipulés, pour des buts
qui étaient très loin de la protection de la nature.
Il n'entre pas dans notre propos de réfuter scientifiquement,
point par point, toutes les affirmations des écologistes. Nous
ne le ferons qu'occasionnellement (voir annexes 3 et 4). Notre but
est de donner aux industriels des outils d'analyse et de compréhension
de ce mouvement. Après l'historique, le lecteur trouvera des
profils des principales organisations écologistes. Les conclusions
et recommandations découlent directement de cet historique.