Depuis sa création,
le WWF est dominé par le prince Philip, prince consort de la
reine d'Angleterre Elisabeth ll. Que la monarchie britannique dirige
le WWF ne doit pas nous étonner car, après tout, le
WWF-UICN est la création de deux grandes institutions impériales
du Royaume-Uni : la Société eugénique et la Société
pour la préservation de la faune de l'Empire (aujourd'hui FFPS,
Fédération pour la préservation de la faune et
de la flore, sous le patronage de la reine) qui jeta les bases de
la création de parcs naturels dans toute l'Afrique.
L'idéologie
de ces institutions est très bien reflétée dans
les idées du cofondateur du WWF-UICN, Sir Julian Huxley. Il
était obsédé par l'explosion démographique,
considéré par lui comme le «problème de
notre ère». De 1937 A 1944, il fut vice-président
de la Société eugénique et en était président
au moment de fonder le WWF en 1961. Il était également
vice-président du FFPS.
La philosophie
de ces deux institutions, et par extension du WWF, a été
inspirée par les idées de sir Francis Galton, qui inventa
le terme « eugénisme ». Il essaya d'appliquer au
domaine humain le concept de « la loi du plus fort »,
appelé «sélection naturelle » par son cousin
Charles Darwin. L'objectif de son « Mouvement pour l'amélioration
de la race » fut explicitement de « créer une nouvelle
race supérieure, à l'aide de l'eugénisme »,
sous-entendu en « triant » les plus faibles.
Nommé
premier directeur général de l'Unesco en 1946, Julian
Huxley resta fidèle à ses idées eugéniques.
Il écrivait dans le document fondateur :
«
Même s'il est vrai qu'il sera impossible pour des raisons
politiques et psychologiques de réaliser une politique eugénique
radicale pour de nombreuses années, il est important que
l'Unesco (...) fasse en sorte que l'opinion publique soit informée
des enjeux afin que beaucoup de ce qui est impensable maintenant
puisse devenir au moins pensable. »
Un gouvernement
mondial était la solution selon Huxley, et la « conservation
de la faune » devait constituer un moyen d'arriver à
cette fin. Huxley affirmait que « la propagation de l'homme
doit céder la place a la conservation d'autres espèces
».
En 1960, alors
que de nombreux pays africains préparaient leur indépendance,
Julian Huxley, alors âgé de 74 ans, fit une tournée
de trois mois sur le continent noir pour expliquer que les nouvelles
nations ne seraient pas capables de conserver la faune. Il fallait
donc que quelqu'un d'autre s'y consacrât. Quelques mois plus
tard, avec l'aide du prince Philip, le WWF fut créé.
Qui
finance le WWF ?
Le Club 1001,
fondé en 1971 pour financer le WWF, par le prince Bernhard
des Pays-Bas, conjoint de la reine Juliana de la Maison d'Orange,
est restreint tout moment à 1001 membres et seulement sur invitation.
Le Club a fait don d'un immeuble dans la ville suisse de Gland, qui
abrite actuellement le siège central du WWF et de l'Union mondiale
pour la nature (UlCN). Les premiers membres ont été
personnellement choisis par le prince Bernhard et le prince Philip,
duc d'Edimbourg. Voici un choix de membres actuels et anciens du Club.
Le prince Bernhard
des Pays-Bas. En 1934, à l'université de Berlin, Bernhard
fut recruté par les services secrets nazis et ensuite affecté
chez IG Farben (le géant de la chimie qui maintint des relations
d'affaire avec les lndustries chimiques impériales de Grande-Bretagne
pendant la guerre et produisit Zyklon-B pour les chambres à
gaz). En raison de ses antécédents nazis, le mariage
de Bernhard avec la reine Juliana créa un scandale aux Pays-Bas.
En 1953, Bernhard fonda le groupe de Bilderberg, qui parraine chaque
année une conférence secrète réunissant
des représentants de l'élite "mondialiste"
nord-américaine et européenne. Bernhard fut cofondateur
du WWF en 1961. En 1976, lorsqu'il fut révélé
qu'il avait accepté un pot-de-vin de 1,1 million de dollars
de la part de la société Lockheed, il dut démissionner
(formellement) de la direction générale du groupe de
Bilderberg, du WWF international et du Club 1001.
- Le prince
Henrik (décédé), président du WWF
au Danemark.
- Le prince
Juan Carlos fut membre fondateur et président d'honneur
du WWF Espagne, avant de devenir roi d'Espagne.
- Le prince
Sadruddin Aga Kahn. Le titre « Altesse » lui fut
conféré par la reine Elisabeth Il en 1957, alors qu'il
était rédacteur de Paris Review, publication cofondée
par John Train.
- Le prince
Johannes Von Thurn und Taxis (décédé).
Héritier de l'une des plus puissantes «familles princières"
du Saint Empire Romain Germanique. Sa famille possède d'énormes
propriétés en Bavière, au Portugal, en Italie
et au Brésil. Son père, Max, hébergea pendant
longtemps le quartier général de l'Allgemeine SS dans
son château de Ratisbonne en Bavière.
- Bertold
Beitz.
Directeur de la Fondation Alfred Krupp Von Bohlen et Halbach. En
1953, il prit la direction de Krupp lndustries.
- Conrad
Black,
P-DG de la société Hollinger, conglomérat de
presse avec de nombreux journaux en Grande-Bretagne, au Canada,
aux Etats-Unis, en Israël et en Australie. La Hollinger se
nommait d'abord l'Argus Corporation et était issue après
la Deuxième Guerre mondiale de la War Supplies Ltd, une société
écran du renseignement britannique pendant le conflit. Empire
de presse au service de la maison Windsor, Hollinger a pris la tête
des campagnes de presse contre le président américain
Bill Clinton.
- Le baron
Aubrey Buxton d'Alsa.
Vice-président du WWF-Royaume-Uni. La famille Buxton dirige
la Barclays Bank.
- Peter Cadbury.
Président des Preston Publications et du George Cadbury Trust.
L'empire du chocolat des Cadbury a une influence dominante sur les
économies d'Afrique occidentale.
- Le Dr Luc
Hoffmann.
Vice-président du WWF-International et de l'UICN (1966-1969)
; directeur de Hoffmann-Laroche, la société pharmaceutique
suisse.
- Alexander
King. Cofondateur avec Aurelio Peccei du Club de Rome
en 1968, et co-auteur du livre Halte à la croissance ? qui
remit en valeur l'argument malthusien en faveur d'une réduction
drastique de la population mondiale.
- Jonkheer
John H. Loudon. Fait chevalier des familles royales britanniques
et hollandaises. Choisi personnellement par le prince Bernhard en
1977 pour lui succéder à la présidence du WWF-International,
il est l'ancien P-DG du groupe Royal Dutch Shell.
- Sir Peter
Scott (décédé). Chevalier de l'Empire britannique.
Président du WWF depuis ses débuts en 1961. Président
de la Commission du service de survie de l'UICN depuis 1963. Fondateur
du Wildfowl Tust (fonds du gibier d'eau) en 1964.
- Maurice
Strong. Vice-président du WWF-lnternational jusqu'en
1975. Premier directeur exécutif du Programme des Nations
unies pour l'environnement (PNUE) jusqu'en 1975, et avant cela,
secrétaire général de la Conférence
sur l'environnement humain de l'Onu pendant deux ans. Président
du bureau de l'UICN, sous-secrétaire général
des Nations unies (1985-1987), il fut chargé de diriger le
sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Nommé par le
gouvernement canadien président de Petro-Canada (1976-1978)
; président d'Ontario Hydro.
- Gustavo
Cisneros. Millionnaire vénézuélien proche
de milieux blanchissant l'argent de la drogue. Début 1994,
la banque dirigée par sa famille, la Banco Latino, fit faillite
et fut saisie par le gouvernement vénézuélien.
Son frère Ricardo, directeur de la
Banco Latino est depuis lors en fuite. Gustavo dirigeait la principale
organisation écologiste du pays (BIOMA), jusqu'à ce
que celle-ci fût fermée pour avoir fait réaliser
un film truqué dénonçant le massacre des dauphins.
- D.K. Ludwig
(décédé). Homme d'affaire
qui a fait fortune en détruisant les forêts humides
d'Amazonie. Il aida par la suite Meyer Lansky, le parrain du syndicat
du crime organisé, à établir son empire de
blanchiment de narcodollars dans les Bahamas.
- Fred Meuser.
L'homme qui transmit le pot de vin de 1,1
million de dollars de la société Lockheed au prince
Bernhard.
- Tibor Rosenbaum
(décédé). Premier chef de la logistique
du Mossad. Sa Banque du crédit internationnal (BCI) a été
qualifiée par le magazine Life en 1967 de « blanchisserie
» pour Meyer Lansky.
- Louis Mortimer
Bloomfield (décédé). Cofondateur du WWF-Canada,
il fut un agent de renseignement britannique affecté au FBI
américain pendant la Deuxième Guerre mondiale. II
présida ensuite à Montréal la société
Permindex, société que le procureur du district de
la Nouvelle-Orléans, Jim Garrison, accusa d'avoir joué
un rôle dans l'assassinat du président Kennedy. Les
services secrets français établirent que Permindex
avait recyclé 200 000 dollars à travers la BCI dans
le but de financer diverses tentatives d'assassinat contre le général
de Gaulle. Permindex fut expulsé de France et d'Italie.
- Robert
Vesco, fugitif international, considéré
comme la « connexion américaine » du cartel de
Medellin.
- Anton Rupert,
cofondateur du Club 1001 et président du WWF-Afrique du Sud.
Propriétaire du tabac Rembrandt et protégé
de sir Stewart Menzies, chef du MI-6 britannique
pendant la Deuxième Guerre mondiale.
- Henry Keswick,
président de Jardine Matheson, la société britannique
créée par Lord Palmerston pour s'occuper du trafic
d'opium en Extrême-Orient au XIXème siècle.
Son frère, John Keswick, est directeur de la Banque d'Angleterre
et président de la Hambros Bank, laquelle soutient le WWF.
- Edmond
Safra, président de la Safra Bank, ancien propriétaire
de l'American Express. Soupconné de
blanchir de l'argent sale, il a fait l'objet d'enquêtes de
la part des gouvernements suisse et américain.
Ce
que pensent les dirigeants du WWF
Quelques
citations choisies du prince Philip, duc d'Edimbourg.
Rapporté par l'agence de presse Deutsche Press Agentur,
en août 1988 :
« Au cas
où je serais réincarné, je souhaiterais l'être
sous la forme d'un virus mortel afin d'apporter ma contribution au
problème de la surpopulation. »
Introduction
au chapitre sur le « facteur démographique »
de son livre Down to the Earth, 1988:
«
Ce que l'on entend par l' « équilibre de la nature
», c'est simplement le système naturel d'autolimitation.
La fécondité et la reproduction réussie créent
des excédents, une fois les pertes remplacées. Le
système des prédateurs, les variations climatiques,
Ia maladie, la famine et dans le cas du mal nommé «
homo sapiens » la guerre et le terrorisme constituent
les principaux moyens par lesquels la quantité des popula
tions est restreinte.
«Abstraction faite des passions, il doit être évident
que la population humaine du monde est devenue si nombreuse qu'elle
menace son propre habitat ; et elle a déjà réussi
à provoquer la disparition d'un grand nombre d'espèces
de faune et de flore. Certaines ont été tout simplement
tuées. D'autres ont disparu discrètement parce que
des activités humaines avaient occupé ou perturbé
leurs habitats. »
Préface
du même livre:
«
Je ne prétend pas m'intéresser spécialement
à l'histoire naturelle mais, lorsque j'étais petit,
on a attiré mon attention sur les fluctuations annuelles
de la quantité de gibier et sur la nécessité
de fixer le nombre d'animaux à supprimer en fonction de la
population excédentaire. »
Lors de la réception
d'un diplôme honoraire de l'université de l'Ontario (Canada)
le 1er juillet 1983 :
«
Le projet de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) destiné
à éliminer la malaria au Sri Lanka dans les années
après la guerre, a réalisé son objectif. Mais
le problème, c'est que le Sri Lanka doit aujourd'hui nourrir
trois fois plus de bouches, trouver trois fois plus d'emplois, tripler
les logements, l'énergie, les écoles, les hopitaux
et les terres habitables, afin de maintenir les mêmes niveaux.
II n'est guère étonnant que l'environnement naturel
et la faune dans ce pays en aient souffert. Toujours est-il que
(...) les programmes d'aide les mieux intentionnés sont,
au moins en partie, responsables de ces problèmes. »
Discours devant
la réunion conjointe du Groupe de la population et du développement
et de la Commission de conservation de tous les partis à Londres
le 11 mars 1987:
«
Je crois que (...) la pression exercée par la population
humaine le simple nombre de gens sur cette planète
est la cause la plus importante de la dégradation
de l'environnement naturel (...) Tout ceci a été rendu
possible par la révolution industrielle et le développement
explosif de la science qui a été propagé dans
le monde entier par la nouvelle religion économique du développement.
»
Un
entretien avec Thomas Lovejoy
L'entretien
suivant a été accordé en 1983 à un représentant
des Éditions Alcuin par M. Thomas Lovejoy, à l'époque
dirigeant du WWF des Etats-Unis et P-DG de la compagnie d'assurance
Metropolitan Life Co.
Thomas
Lovejoy : Je veux clarifier les choses d'emblée : il
y a des gens qui font circuler des histoires très sales selon
lesquelles le WWF essaye d'empêcher le moindre investissement
dans le secteur en voie de développement, qu'il rejette toute
industrie, que nous ne nous intéressons qu'aux animaux et
aux plantes... C'est un mensonge...
Mais le WWF
n'a-t-il pas pris le parti des petits animaux et des plantes exotiques
contre le développement industriel et le développement
des ressources dans certains endroits ?
Thomas
Lovejoy : Certes. Mais cela ne veut pas dire que nous nous opposons
à tout développement. Nous nous opposons à
tout développement désordonné et négligent.
Je veux que cela soit clair, parce qu'autrement il y a des gens
importants qui vont en tirer une mauvaise impression. Savez-vous
qui je suis ? Savez-vous vraiment qui je suis ? Je suis le président
du Comité exécutif du conseil d'administration de
la Metropolitan Life. Savez-vous qui est vraiment Russel Train [Président
du WWF américain et ancien officier de l'Otan] ? Il est membre
du conseil d'administration d'Union Carbide. Qui croyez-vous, nom
d'un chien, qui fait les investissements dans le secteur en voie
de développement ? Qui profite ? Regardez donc le conseil
de direction du WWF et vous y trouverez les dirigeants du monde
des affaires industrielles et financières. C'est nous qui
faisons les investissements. Nous faisons les profits et nous voulons
continuer... tout en protégeant les petits animaux... Le
problème numéro un, ce sont ces satanés secteurs
publics et nationaux des pays en voie de développement Ces
pays pensent qu'ils ont le droit de développer leurs ressources
comme ils l'entendent. Ils veulent devenir des puissances, des Etats
souverains et ils s'affairent... Nous pensions que nous pourrions
mieux contrôler tout cela en raisonnant leurs dirigeants,
ces crétins nationalistes. Mais nous avons surestimé
la capacité que nous avons de contrôler ces gens-là,
nous allons devoir ajuster le tir. L'ajustement sera certainement
très douloureux. Le véritable problème, c'est
ce stupide nationalisme et les plans de développement auquel
il conduit.
Comment en
venir à bout ?
Thomas
Lovejoy : Ce n'est pas facile. Avant tout, il faut commencer
par contrôler le ministère du Plan dans ces pays-là,
surtout dans les grands pays. La crise de la dette est particulièrement
opportune. Elle présente des risques mais aussi des promesses.
Elle va imposer des coupes claires, des choix pénibles. Il
devrait être possible de briser certains de ces grands combinats
nationaux, comme l'industrie pétrolière mexicaine,
parce qu'ils sont inefficaces et gros dévoreurs de capitaux.
Comment ferez-vous
pour changer le programme d'investissement ? Ce n'est pas facile...
Thomas
Lovejoy : C'est vrai, mais ce n'est pas impossible. Nous suggérons
que si vous faites usage des considérations écologiques
que nous soulevons, cela permet de retracer le plan des stratégies
de développement. Prenez le Brésil, il y a d'ambitieux
programmes de développement de l'aluminium. L'idée
est excellente, mais on ne peut pas le faire sans une énorme
quantité d'énergie. C'est là que les problèmes
commencent. Les Brésiliens je suis au courant, j'ai
dix-sept ans d'expérience avec eux pensent que s'ils
développent l'Amazone, ils deviendront une superpuissance.
Ils se montent la tête avec tout ça. Alors, il faut
être prudent. On peut les acheter avec moins. Laissez-les
développer leur bauxite et d'autres choses, et pendant ce
temps-là, restructurez les plans afin de diminuer le développement
du secteur énergétique, pour des raisons écologiques.
A ce moment-là, nos amis du ministère du Développement
s'exclament que c'est vraiment une très bonne idée...
Et qui fera
les profits sur les développements de la bauxite ?
Thomas
Lovejoy : Les fonds pour investir viendront de tous côtés
et les profits seront largement répartis, et les amis du
WWF seront au beau milieu de tout ça. C'est pour cela que
je dis qu'il est absurde de nous présenter comme opposés
au développement. Nous avons un problème avec les
nations, et certes les nations en tant qu'institutions font obstacle
à toutes sortes de choses font obstacles aux projets
profitables et écologiquement sains. Mais c'est un mensonge
hystérique de nous accuser d'être antidéveloppement.
Les
parcs naturels en Afrique
Le WWF n'a pas
innové en matière de parcs naturels. Si l'on étudie
de près l'histoire de l'empire colonial britannique, l'on constatera
que ce dernier a mis en place vis-à-vis de ses colonies
et en particulier en Afrique des politiques qui ressemblent
étrangement pour certains aspects à ce que le prince
Philip propose pour l'écologie de la planète.
La lecture d'une
carte d'Afrique où se dessinent les frontières des parcs
nationaux peut être une activité enrichissante. D'abord,
on est frappé par la simple dimension de ces systèmes
: la superficie du parc Kruger en Afrique du Sud est, par exemple,
comparable à celle de la Lorraine, tandis que le vaste complexe
de parcs en Zambie recouvre une étendue supérieure a
la Grande Bretagne. Un autre aspect saisissant de cette carte est
le grand nombre de parcs et de réserves qui sont situés
sur des réserves nationales. Dans bien des cas, ils constituent
des ensembles binationaux ou trinationaux à califourchon sur
des frontières communes.
Il n'y a rien
de spécifique à conserver précisément
sur ces frontières qui ont été tracées
arbitrairement par les empires coloniaux. A cette époque, ces
zones dans lequelles les indigènes n'avaient pas le droit de
pénétrer, constituaient pour l'oligarchie coloniale
des zoos dans lesquels elle pouvait venir librement chasser ou contempler
une nature apparement vierge d'activité humaine. Aujourd'hui,
ces réserves constituent de véritables zones d'instabilité
politique qui permettent de maintenir l'Afrique dans un état
permanent de guerres, de coups d'Etat, de massacres et... de non-développement.
Dans un tel contexte, les richesses naturelles ne sont pas exploitées
pour élever le niveau de vie de la population mais demeurent
simplement sous le contrôle de quelques cartels miniers du Commonwealth
anglo-américain.
Donnons deux
exemples :
- Ouganda-Soudan.
Le dernier bastion de l'Armée de libération du peuple
soudanais (SPLA) au Soudan est la ville de NimuIi sur la frontière
avec l'Ouganda. II est approvisionné à la fois depuis
le parc national tout proche de Nimuli qui se trouve à la
frontière avec l'Ouganda, et depuis le parc de la vallée
de Kidepo dans le nord de l'Ouganda. Ce dernier sera aussi de centre
de commandement et d'entrainement du SPLA.
Depuis au
moins les années 60, différents groupes ougandais
ont lancé des opérations militaires contre le sud
du Soudan à partir du parc Kidepo. Celui-ci a été
créé en 1962, contre l'avis des spécialistes
de la conservation sur place qui contestaient surtout son emplacement.
Certains maintiennent qu'il avait été créé
uniquement pour faciliter la subversion par la Grande-Bretagne
du Soudan devenu indépendant en 1956. Le fondateur du WWF,
Peter Scott, fut aussi pendant longtemps le président du
département ougandais des parcs.
- Ouganda/Congo-Zaire.
Pendant les années 60 et 70, le KGB formait des mouvements
de libération de l'Afrique australe dans des parcs nationaux
de l'Ouganda et du Zaïre. Parmi ces mouvements, il y avait
l'Union des peuples du Zimbabwe (ZAPU) et sa scission, l'Union nationale
africaine du Zimbabwe (ZANU), le Congrès national d'Afrique
du Sud (ANC) et sa scission, le Congrès Pan-Africain (PAC).
Les endroits
utilisés faisaient partie du complexe des parcs nationaux
de l'ouest de l'Ouganda et de l'est du Zaïre, dont le parc
zaïrois Virunga, le complexe de parcs Reine Elisabeth et
le parc Gorille d'Ouganda. Ces mêmes parcs devaient servir
plus tard aux invasions ougandaises du Rwanda en 1990 et 1994.
Le
WWF en Europe
Les projets
du WWF en matière de « parcs naturels »
et de « zones protégées »
ne se limitent pas à l'Afrique, même si c'est sur ce
continent qu'ils prennent leur forme la plus brutale étant
donné que c'est justement là que le «mondialisme"
prend le plus le pas sur les Etats et les institutions nationales
à l'heure actuelle. En fait, le WWF a prévu pour les
cinq continents des projets de redécoupage des frontières,
y compris en Europe et en Amérique du Nord, qui visent partout
à faire exploser la souveraineté nationale.
La chute du
communisme semble, par exemple, avoir constitué un cauchemar
pour le prince Philip, car à cette époque, certains
milieux industriels en Europe, influencés en cela par des propositions
de l'économiste américain Lyndon LaRouche, avaient envisagé
de lancer un programme de développement industriel et d'infrastructure
comprenant entre autres un vaste réseau ferroviaire entre l'Europe
de l'Ouest et l'Europe de l'Est. Le WWF a publié une étude
intitulée Parcs pour la vie : Action en faveur de zones protégées
en Europe qui a été présenté à
la presse le 19 septembre 1994 à Bruxelles. A la lecture de
ce rapport de 150 pages, on trouve un étonnant éloge
du rideau de fer car celui-ci aurait contribué à préserver
la pureté écologique en Europe ! Tout au long de ce
rapport, les auteurs se prononcent contre « les grands projets
d'infrastructure » et pour l'extension des terres non exploitées.
Le
WWF en France
Le WWF sert
de structure de coordination à l'ensemble des organisations
écologistes pour leurs différentes actions contre les
projets infrastructurels. Avec un budget annuel de 20 millions de
francs, provenant essentiellement du mécénat d'entreprises,
il mène une campagne assidue pour instaurer le « développement
durable » dans tous les secteurs de la vie francaise. Par ce
terme, le WWF entend surtout la « protection des milieux naturels
», à laquelle il consacre 43% de son budget.
C'est ainsi
que l'opération qui a permis de bloquer les programmes de l'EPALA
(Etablissement public de l'aménagement de la Loire et de ses
affluents) a été menée par une association, Loire
vivante, dont l'essentiel du fonctionnement était assuré
par le WWF. C'est en effet lui qui payait le salaire du permanent
suisse de cette association, Roberto Epple. Cette opération
a d'ailleurs réussi puisque, après moult retournements
et tergiversations des gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy,
il était finalement décidé en janvier 1994
donc par le gouvernement Balladur d'abandonner deux projets
de barrage, dont celui de Serre-de-la-Fare, le plus controversé
des ouvrages proposés par l'EPALA.
En 1988, le
duc d'Edimbourg se rendait même en personne au Bec d'Allier,
l'observatoire installé par le WWF au confluent de la Loire
et de l'Allier, et y lançait son « Vive la Loire
sauvage ! » Se développait ensuite une campagne
l'échelle européenne, dont le cri de ralliement était
« Sauvons la Loire, dernier fleuve sauvage d'Europe ».
Les organisations écologistes des quatre coins de l'Europe
rameutées par le WWF, venaient soutenir les opposants à
l'aménagement de la Loire. Ceux qui ont tout perdu suite aux
inondations apprécieront l'éloge ainsi consacré
à la « sauvagerie » d'un fleuve qui a accompagné
pendant plus de dix siècles l'histoire de France. Sauvagerie
qui peut se résumer en deux chiffres : en plein été,
le débit de la Loire peut descendre jusqu'à 50 m3/s
(le quart de celui de la Seine au mois de juillet sous les ponts de
Paris) ; lors d'une grande crue, ce même débit peut soudain
s'élever jusqu'à 8 000 m3/s. La grande colère
de la Loire de 1980 faisait ainsi 8 morts et plus de 500 millions
de francs de dégâts.
Selon la philosophie
du WWF, « lhomme doit abandonner les zones dangereuses
», ce qui revient essentiellement à dire que l'homme
doit disparaître de la surface de la planète. C'est pourquoi
le WWF fait abondamment campagne contre les projets de barrage de
la Loire, n'hésitant pas à s'allier pour l'occasion
une organisation aussi extrémiste que Robin des Bois, fondée
par Jacky Bonnemains, un dissident de Greenpeace.
Le WWF travaille
aussi directement avec Greenpeace. Le directeur de la communication
du WWF, Pierre Mollier, avoue ainsi « rencontrer au minimum
une fois par semaine mes collègues de Greenpeace, au moins
pendant la période de la conférence de la Commission
baleinière internationale ». S'il y a parfois désaccord
sur les méthodes entre les deux organisations, il y a complet
accord sur le but à atteindre : arrêter ce qu'ils appellent
le «développement insoutenable qui détruit
la planète. »