Comme d'habitude, pour tout ce qui concerne le climat, les grands
mots qui font peur sont employés. Drame, bouleversement, danger,
péril
et pourquoi pas la fin du monde, font partie du langage
environnementaliste pour ne pas dire du fond de commerce de certaines
associations et militants de tous bords repris par les politiques qui
suivent la tendance du politiquement correct.
Une
évolution depuis 9000 ans
S'il n'est pas contestable que des évolutions, liées au
climat, se produisent, personne ne cherche à savoir si ce n'est
pas le cas depuis plus de 9000 ans que l'homme est présent dans
les montagnes.
Prenons l'exemple
des Pyrénées. Les glaciers atteignaient Tarbes et Lourdes
et avaient une épaisseur de 1000 mètres dans la vallée
d'Argelès-Gazost. Où sont ces glaciers ? N'y a-t-il pas
eu évolution ou réchauffement climatique ? Est-ce les
hommes, habitant dans les cavernes d'Ariège ou des Hautes-Pyrénées
qui, en, découvrant le feu, on fait fondre les glaciers du fait
de leurs activités ? Est-ce le pastoralisme qu'ils pratiquaient
il y a 9000 ans ainsi que les aménagements et la déforestation
qu'ils ont mené qui sont à l'origine de ces modifications
?
Le
phénomène n'est pas nouveau
Si
les montagnards doivent s'adapter, le phénomène n'est
pas nouveau. Leur vie n'est faite que d'adaptation aux conditions difficiles
de vie en montagne. Les grands théoriciens du climat et des écosystèmes
n'ont pas grand-chose à leur apprendre dans ce domaine et l'inverse
pourrait bien être plus réaliste. L'irrigation des montagnes
a toujours existé et les Pyrénées ont toujours
été le château d'eau de la plaine jusque dans le
Gers. C'est peut être d'abord à cette plaine de s'adapter
et non aux montagnes ? Qui est le plus gros capteur d'eaux et pour qui
? Pas pour les montagnards. Voir notamment les producteurs d'hydroélectricité.
Ce simple exemple
suffit à lui seul pour rappeler qu'il ne faudrait pas mettre
sur le dos des montagnards tous les mots de la terre en critiquant le
fait qu'ils cherchent à vivre avec des stations de ski qui retiennent
plus qu'ils ne captent les eaux à l'occasion des crues de printemps.
Les
montagnes dangereuses
comme toujours !
"Les montagnes seront plus dangereuses, car la fonte du pergélisol
et le ruissellement des glaciers accélèreront l'érosion
du sol
" Mais ne l'ont-elles pas toujours été
? Est-ce vraiment nouveau ? Et de quelles montagnes parle-t-on ?
Toujours en prenant
l'exemple des Pyrénées, est-ce que les séismes
occasionnant des barrages naturels à Héas dans les années
1600, puis leur destruction naturelle suite à la fonte de la
neige emportant tout dans la vallée sont liés aux seuls
changements climatiques ?
Nous parler aujourd'hui de " probabilité de chute de
rochers, de glissements de terrain, d'inondations et d'avalanches "
relève d'une mauvaise plaisanterie et d'une ignorance grave de
la vie de la montagne. Ces phénomènes ont toujours existé,
sont connus et reconnus depuis la nuit des temps. Mais encore faut-il
que nos donneurs de leçons écologistes aient un minimum
de connaissance de l'histoire.
Ignorance
de l'histoire
Il ya dans
la très importante littérature environnementaliste une
profonde ignorance historique pour ne pas dire un refus de se pencher
sur le passé pour comprendre le présent et envisager l'avenir.
Toute la connaissance et le savoir ne sont pas dans les livres, encore
que l'abondance de l'information suffirait déjà à
discréditer des affirmations à l'emporte pièce
sous forme de slogans politico-militants sans aucun fondement.
La problématique
climatique en montagne n'est pas nouvelle. Les montagnards ont toujours
su y faire face. Leur capacité d'adaptation est bien connue.
Les avalanches, les glissements de terrain, les chutes de rochers, ils
connaissent et savent le maîtriser si on les laisse faire. Les
pratiques ancestrales d'élevage, notamment, peuvent y remédier
en très grande partie. La présence et l'action de l'homme
est indispensable. Par contre, l'écologie du " tout sauvage
" préconisée par certaines associations excluant
l'homme et le considérant comme le seul responsable de tous nos
malheurs au point de vouloir l'exclure des vallées de montagne
pourrait bien être les acteurs de catastrophes qu'ils annoncent
eux-mêmes.
Il faut donc être
très prudent vis-à-vis de certaines grandes déclarations
tournées vers le catastrophisme qui cherche à faire peur
soi-disant pour sensibiliser l'opinion. Ce genre de propos n'est pas
crédible et tourne parfois au ridicule.
Louis
Dollo, le 13 juin 2009