Samedi,
à 12 h 15, une avalanche s'est produite à Gavarnie,
au pic Entre-les-ports. Ce sont des plaques à vent qui
se sont détachées au passage d'un groupe de sept
randonneurs originaires des Hautes-Pyrénées, âgés
de 16 à 21 ans.
«
Leur passage sur la plaque à vent a déclenché
une surcharge qui a provoqué une cassure sur 1,50 m environ.
Cette plaque est tombée 200 m plus bas, ensevelissant deux
jeunes randonneurs », explique Didier Nogué,
chef du poste CRS à Gavarnie.
Alors
que, par chance, l'un des deux jeunes gens emportés par
la coulée de neige n'a été recouvert que
jusqu'au cou, il n'en a pas été de même pour
l'autre personne, une jeune fille, qui a été «
enterrée » à 1,50 m de profondeur.
«
Heureusement que les randonneurs étaient expérimentés
et équipés d'Arva (Appareil de recherche de victimes
d'avalanche). Ils nous ont alertés et sont redescendus
sur le lieu de la coulée. Ils ont sorti le jeune homme.
En même temps, grâce à leur Arva, ils ont localisé
très rapidement la jeune fille et se sont activés
à la dégager. Il faut préciser qu'ils s'entraînent
régulièrement à ce genre d'exercice, et ont
fait preuve de sang-froid », poursuit Didier Nogué.
La jeune
femme a alors été prise en charge par l'hélicoptère
de la gendarmerie, arrivé sur les lieux, dans lequel avaient
pris place trois médecins du Samu. Elle a été
transportée au centre hospitalier de Tarbes.
DEUXIÈME
AVALANCHE
« Elle a eu une petite perte de connaissance, a été
blessée sérieusement à un genou, pour lequel
elle devrait subir une intervention chirurgicale »,
observe le CRS.
Quelques
minutes plus tard, une seconde avalanche provoquée aussi
par la cassure d'une plaque à vent s'est produite, toujours
à Gavarnie, sur le pic Lary, alors que se trouvaient sur
place deux groupes de trois personnes.
«
Il s'agit d'un déclenchement naturel qui a été
observé par des témoins qui nous ont alertés.
Personne n'a été emporté. Étant sur
place, nous avons tout de suite survolé les lieux pour
vérifier », raconte-t-il.
S'ÉQUIPER
D'APPAREIL DE DÉTECTION
Didier Nogué profite de ces deux avalanches, en ce début
de saison hivernale, pour insister auprès des randonneurs
et skieurs sur la nécessité de s'équiper
d'Arva.
«
Pour avoir un taux de survie optimale, il faut compter à
peine un quart d'heure. Un quart d'heure de plus et on tombe à
40 %, puis 15 %. Heureusement que ces jeunes gens étaient
équipés. À partir du moment où on
est alertés, du décollage de Tarbes et de l'arrivée
sur les lieux, il s'écoule une demi-heure. D'où
l'intérêt vital de posséder cet appareil.
»
Par ailleurs,
il alerte sur la dangerosité existant actuellement sur
l'axe frontière Gavarnie-Cauterets.
«
Le cumul vent violent et précipitations de neige est favorable
à la création de plaques à vent. C'est ce
qui se produit actuellement sur l'axe frontalier. Nous avons eu
des vents violents de l'ordre de 100 km/heure. Il faut être
vigilants sur les pentes orientées nord », dit-il,
ajoutant que « le piémont a été préservé
car les vents n'ont pas été accompagnés de
précipitations de neige ».
La prudence
est donc de mise en cette ouverture de saison, des chutes de neige
et des rafales de vent étant encore prévues dès
aujourd'hui.
Auteurs
: Patricia Lagaillarde et Gwénola Champalaune
Source : La
Dépêche du Midi du 5 décembre 2005