Son nom complet est grand tétras urogale mais on l'appelle le
plus souvent grand coq de bruyère.
Autrefois commun
dans les Alpes, il en a aujourd'hui quasiment disparu tant il a été
chassé. Aussi n'en trouve-t-on plus que dans le Jura, les Vosges
et les Pyrénées, où il s'est réfugié
sur les plus hauts massifs, à plus de 1 500 mètres dans
les Pyrénées et jamais à moins de 400 mètres
dans les autres zones. Sa morphologie convient d'ailleurs parfaitement
à ces altitudes.
Certains observateurs
l'ont comparé à un dindon au plumage noir lustré;
la femelle, plus petite, possède un plumage roux feuille morte.
Son régime alimentaire comprend essentiellement des baies et
des fruits pendant l'été, des bourgeons résineux
pendant l'hiver. La forêt lui convient donc parfaitement.
Pendant la saison
la plus froide, il se tient sur la partie basse des versants où
il trouve encore la nourriture nécessaire à sa survie.
Quand arrive le printemps, il remonte les versants et, l'été,
il affectionne les sommets.
C'est un gibier
très difficile à surprendre car il possède une
vue et une ouïe exceptionnelles qui ne font que se développer
avec l'âge. Aussi est-ce surtout les jeunes individus qui se laissent
approcher, particulièrement à l'automne, alors qu'ils
vivent encore en compagnie.
L'hiver venu, ils
se dispersent et il ne faut plus guère espérer en lever
un que très exceptionnellement. C'est donc en septembre et octobre
que leur chasse est possible.
Celle-ci doit se
pratiquer de très bonne heure car, dès qu'ils Ont mangé,
les coqs se perchent sur les arbres touffus qu'ils affectionnent, voyant
venir de loin le danger. De très bonne heure donc, le chasseur
doit parcourir à bon vent les clairières où ils
ont été signalés, en compagnie d'un bon chien d'arrêt.
Dès que celui-ci se met sur le qui-vive, le chasseur doit le
rattraper car le tétras ne tient jamais longtemps l'arrêt
il s'envole rapidement mais d'un vol lourd dû à ses quelque
10 livres et à ses ailes courtes, pour se précipiter vers
une pente proche où son poids l'entraîne dans un vol très
rapide. Il faut le tirer avec du 2 ou du 3. Attention: on ne tire que
les coqs maillés, les poules - appelées rousses - sont
strictement protégées, et à juste titre si on ne
veut pas que la race disparaisse.
Un grand tétras
levé se repose rapidement et il est toujours possible d'aller
le rechercher mais il est encore plus difficile à approcher.
Autre chasse du
coq de bruyère, qui se pratiquait autrefois: la chasse au chant,
à la période des amours, en février. Il faut surprendre
le coq dès le point du jour, alors qu'il a passé la nuit
à lancer son chant d'amour. Alors, la queue en éventail,
les ailes tombantes, les plumes ébouriffées, le cou tendu,
il semble totalement inconscient, lançant des " tik... tik...
tikout... tikout" de plus en plus accélérés.
A ce moment, il se laisse approcher, à la condition que le chasseur
montre beaucoup de prudence, réglant ses pas sur le chant et
cessant sa progression quand le coq se tait.
Si l'envie de tirer
vous tient encore à ce moment-là, faites-le avec du O
ou à la carabine, car le coq a un plumage serré.