Une biodiversité contrôlée et
choisie : cest le délire total !
[Ndr : Après
avoir rappelé le texte de Pleinchamp.com ci-dessus, le site Web
de FERUS indique ce qui est ci-dessous]
Dans le cadre de
la « Journée nationale des présidents de massifs
» organisée par la Fnsea, un manifeste a été
signé « pour le maintien de la biodiversité
en zone délevage »
sans les loups,
ni les ours.
Dans ce manifeste,
les président de la FNSEA, des JA, de lAPCA, de la FNO
(ovins) et de la FNEC (caprins) exigent : larrêt de la réintroduction
dours et son cantonnement dans des zones appropriées ;
le retrait des loups dans les zones délevage et la régulation
des populations de vautour et de lynx.
Ils estiment, en
effet, que linstallation durable des prédateurs est incompatible
avec lactivité agricole et quelle menace la biodiversité
des zones délevage. Dautant quà léchelle
européenne, loups, ours, lynx et vautours ne sont pas, selon
eux, des espèces menacées de disparition. « Les
contraintes liées à la présence des prédateurs
viennent sajouter aux difficultés de revenus rencontrés
dans lélevage, dissuadant de ce fait linstallation
des jeunes » estiment-ils.
Ce quil en est :
Avant larrivée
des éleveurs, les prairies naturelles étaient créées
par des avalanches, des incendies, et entretenues par des gros herbivores
(aurochs, bisons) moyens (chevaux sauvages, cerfs) et petits. La moins
mauvaise substitution est le mélange de bovins, de chevaux, de
moutons et dongulés sauvages, cerfs, chevreuils et chamois/isards,
le plus important étant la représentation des plus grandes
espèces (vaches et chevaux).
Lélevage
bovin qui était très représenté dans les
Alpes a beaucoup régressé au point que la majorité
des alpages ne sont aujourdhui pâturés que par les
grands troupeaux ovins, en particulier dans les Alpes du sud. Et dans
les Pyrénées, il ny a plus que 150 000 vaches et
12 000 chevaux. Le pâturage par des grands troupeaux ovins seulement
a des impacts écologiques majeurs.
Les moutons ne
bloquent pas la progression despèces végétales
quils ne consomment pas (fougères, rhododendrons, saules,
airelles, genévriers par exemple). Ces plantes envahissent le
terrain et favorisent la présence dinsectes qui leurs sont
inféodés. A linverse le surpâturage des moutons
finit par interdire la floraison, la reproduction et finalement la présence
de nombreuses espèces végétales, entraînant
à sa suite la disparition des insectes qui en dépendaient.
Cette tendance saccroît avec la montée précoce
en alpage grâce aux camions, alors quautrefois la floraison
de printemps intervenait avant larrivée des troupeaux.
Les produits vétérinaires rejetés par les moutons
détruisent les scarabées qui se nourrissent de leurs déjections,
et les oiseaux qui mangent ces insectes. Une grande concentration de
moutons a déjà provoqué des épidémies
de kératoconjonctivite ou de brucellose, mortelles pour les isards
et les bouquetins. Enfin les troupeaux laissés libres ne contournent
plus les petites zones humides daltitude, oasis dune biodiversité
rare et concentrée. Leur piétinement et leurs déjections
dessèchent les sols et polluent les eaux.
On ne peut donc
affirmer que la présence de moutons est dans tous les cas bénéfique
pour la biodiversité, cela dépend de la conduite des troupeaux
et du nombre de têtes. On ne peut évidemment pas dire quéradiquer
lours, le loup ou le lynx améliorerait la biodiversité,
sauf à décréter progressivement que la biodiversité
cest lensemble des espèces moins celles qui déplaisent,
lours pour les uns, le héron ou le renard pour les autres,
le frelon ou le moustique pour beaucoup...
Pour favoriser
la biodiversité, maintenir un pastoralisme de montagne, oui mais
pas nimporte lequel.
A lire absolument
: Réflexions
sur le pastoralisme et la qualité biologique des milieux naturels
de montagne
Source
: FERUS
du 11 octobre 2007