Le loup dans les Alpes françaises

 

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La présence du loup dans les Alpes entraîne des conséquences écologiques et humaines très similaires à la présence de l'ours dans les Pyrénées. Les solutions proposées par les environnementalistes et le Ministère sont approximativement les mêmes que celles avancées pour l'ours. Les problématiques liées à une coexistence entre l'homme, les bergers, les troupeaux et les prédateurs sont similaires.

Par ailleurs les associations hostiles à l'importation d'ours dans les Pyrénées et les professionnels de l'agriculture et de l'élevage pyrénéen se rapprochent des alpins notamment des Hautes Alpes et de la Savoir en vu de mener des actions communes par l'intermédiaire de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture (APCA).

Nous ne pouvons donc pas négliger ce qui se passe dans les Alpes.

 

La Directive Europenne Habitats
Natura 2000
 
La Convention de Berne et les recommandation de l'Union Européenne

Recherche sur Pyrénées-Pireneus


Histoire du loup dans les Alpes françaises

Retour ou introduction du loup dans les Alpes ?

La Convention de Berne et les recommandation de l'Union Européenne
Parcs animaliers à loups et loups en captivité
Parcs nationaux : la réforme dans les Alpes ?

Suivre l'essentiel du "Grenelle de l'environnement"

Ecologistes, Ecolos ou environnementalistes : une démarche inquiétante

Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ?

Site gouvernemental sur le loup

Le loup et l'homme - Attaques et agressions de loups sur l'humain
Le loup en Savoie et Haute-Savoie

Un chasseur tue un loup au Petit-Bornand
Les tirs de prélévement
Manifestation du 18 avril 2009 à Thônes
Le loup en Savoie et Haute-Savoie
Vers une nouvelle gestion des grands carnivores prédateurs : ours et loups
La louve du Mercantour porteuse d'une balise

Groupe National Loup

Comités Départementaux Loups

L'affaire José Bové : il veut tuer les loups
Parc National du Mercantour
Agent du Parc ou éleveur agressé ?
Vidéos de loups en France et ailleurs
Explosion du nombre de loups en France
Groupe de travail "Grands carnivores" à l'Union Européenne

LCIE - Large Carnivore Initiative for Europe - Initiative pour les grands carnivores en Europe

Tirs de prélévement

L'histoire controversée du retour du loup dans les Alpes et en France
Les conditions de destruction / tirs de loups pour 2014-2015 en France

Etats généraux Loup et Pastoralisme au col du Glandon - Savoie-Isère

Rumeurs et vérités sur le loup en France et ailleurs
Informations diverses


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Le loup

 

 

Arrêtés de prélévements de loup d'avril 2007


Le Journal Officiel vient de publier deux arrêtés autorisant la destruction (appelé "prélèvement") de loups (ces derniers apprécieront sûrement la sémantique).

L'arrêté du 13 avril fixe le nombre maximum de spécimens (mâles ou femelles) dont la destruction est autorisée à 6 pour l'ensemble des départements de l'Ain, des Alpes-de-Haute- Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de la Drôme, de l'Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie et du Var.
Cela fait donc 6 loups pour 9 départements.

Les modalités particulières pour le déclenchement et la mise en oeuvre des opérations de tirs de défense autorisées par l'arrêté du 13 avril 2007 précité sont fixées par un nouvel arrêté, en date du 16 avril 2007..

On notera que la publication de ces arrêtés intervient juste avant les élections présidentielles. ..les loups de votent pas !

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Plus de 400 brebis se jettent dans le vide


Un troupeau de brebis a été victime d'une attaque hier en Savoie, provenant vraisemblablement d'un loup. Complètement affolées, les bêtes se sont jetées dans le vide, où elles ont trouvé la mort.

n troupeau de brebis a été attaqué hier à Montsapey, en Savoie. Plus de 400 brebis, soit environ la moitié d'un troupeau d'estive, sont mortes en sautant une barre rocheuses. Paniquées, elles se sont jetées dans le vide. Deux des chiens qui les gardaient ont été blessés, ce qui semble confirmer que l'agresseur soit un grand canidé, vraisemblablement un loup.

Depuis la découverte de l'accident, tous les services concernés dont les gendarmes, le directeur de l'agriculture et de la forêt ainsi que les services sanitaires du département, se sont rendus sur les lieux. Les premiers cadavres d'ovins ont été héliportés tandis que les bêtes trouvées agonisantes ont été euthanasiées.

Source : Europe 1 du 21 juillet 2007 et écouter Hubert Covarel, le président du syndicat ovin de la Savoie, revient sur les faits au micro de Jean-Luc Boujon.:

[Ndr : selon nos informations; le décompte exact sera établi ce matin par les responsables de l'ONCFS. Le nombre de bêtes victimes atteindrait les 600.]

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Le retour du loup affecte les paysages alpins


Présent depuis quinze ans dans les Alpes - y compris en Haute-Savoie - le loup contribue à modifier le paysage et l'équilibre écologique en raison des contraintes liées à la nécessité de regrouper les troupeaux afin de les protéger. Une situation qui commence à inquiéter les gestionnaires d'espaces naturels.

"On abandonne des zones de pâturage et certains endroits se referment, ce qui entraîne une perte de biodiversité", souligne Pierre Guelpa, directeur de la Société d'économie alpestre de la Savoie. Si les surfaces en cause ne pèsent pas très lourd au regard des centaines de milliers d'hectares d'alpages de la région, en revanche "elles exercent un fort impact paysager", ajoute M. Guelpa.

Les actes du séminaire technique "loup-élevage" de juin 2006 qui viennent d'être publiés par le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam) insistent sur les problèmes soulevés par les parcs où l'on rassemble, la nuit venue, les troupeaux. Il s'agit de la principale mesure de protection contre les loups. Les chercheurs mettent en avant la concentration des déjections animales sur un espace réduit. Selon leurs calculs, cela équivaut à un apport de 21 kg d'azote par nuit sur une surface moyenne de 1 600 m2 pour un troupeau de 1 600 brebis. L'étude souligne "l'urgence et la gravité des problèmes de l'accumulation et de l'absence de gestion des déjections aujourd'hui en montagne".

LA DIVERSITÉ DES RACES
Autre aspect de cette nouvelle organisation du pâturage, les secteurs abandonnés parce que trop éloignés ou moins accessibles. Mais aussi ceux qui sont "sur-pâturés" parce que proches d'un parc de regroupement.

Les contrats de protection qui ouvrent droit à des financements publics permettent de réduire la vulnérabilité des animaux face au prédateur mais avec le risque d'engendrer des pratiques plus rigides qui laissent moins de marge de manoeuvre pour la conduite du troupeau. "Nous entrons dans un système dans lequel il faut gérer un compromis entre la bonne gestion pastorale et la protection du troupeau, explique Laurent Garde, chercheur au Cerpam. Il s'agit d'un ajustement permanent qui va permettre globalement de réduire la prédation mais avec un niveau de dégradation accru." Les inquiétudes portent également sur la diversité des races ovines. Si les grands troupeaux transhumants du sud des Alpes sont composés de races grégaires, habituées au gardiennage, les troupeaux résidents des Alpes du Nord, de 450 à 1 200 têtes, sont souvent constitués d'animaux pris en pension provenant de petits élevages de brebis de pays habituées à la liberté et donc difficiles à regrouper. "Il va falloir changer de culture pastorale", constate Pierre Lachenal, directeur de la Société d'économie alpestre de la Haute-Savoie.

Les motifs de préoccupation n'épargnent pas non plus les éleveurs de montagne, producteurs d'agneaux, contraints de protéger toute l'année des troupeaux de moins de 1 000 têtes en zone de plaine. "Notre crainte est qu'ils soient obligés de retourner à des pratiques intensives avec des effectifs plus réduits, ce qui va à l'encontre totale d'une logique agri-environnementale", souligne M. Garde.

Auteur : Nathalie Grynszpan
Source : Le Monde du 22 juillet 2007

Commentaire

La problématique est exactement la même avec l'ours dan sles Pyrénées et les autres pays européens. L'ours n'est que le dernier maillon de la biodiversité, sans aucun prédateur et n'aportant rien à l'ensemble du vivant. Sa disparitioon des Pyrénées n'affecterait en rien la biodiversité, bien au contraire.

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Les éleveurs de l'Ubaye bloquent l'accès aux alpages


Les éleveurs de la vallée de l'Ubaye étaient déjà montés au créneau et avaient déjà interpellé le député Daniel Spagnou le 8 août dernier pour dénoncer l'organisation, sans concertation, de hurlements provoqués par les agents de l'office national de la chasse et de la faune sauvage à proximité d'alpages pâturés par les troupeaux. Hier soir, très remontés, une trentaine d'éleveurs de la vallée de l'Ubaye et des Hautes Alpes ont décidé d'empêcher, physiquement, la programmation d'une nouvelle opération de ce type utilisée pour comptabiliser les loups. Tracteurs et remorques ont été déployés pour bloquer l'accès aux secteurs où était prévue cette opération.

" Des hurlements provoqués sont prévus ce soir sur Les Sagnes, Cuguret et Restefond, secteurs situés sur la commune de Jausiers où sont actuellement stationnées plus de 10 000 brebis appartement à 8 groupements formés par une trentaine d'éleveurs" explique un manifestant. " Comment ce fait-il que certains d'entre eux ainsi que les élus de Jausiers n'aient pas été avertis de cette opération alors que la Préfecture s'y était engagée " poursuit un autre éleveur. " Il y a quinze jours j'avais demandé à Mme le Préfet d'arrêter cette mascarade. On pensait être tranquilles. Elle s'était engagée à ce que les élus et les éleveurs soient avertis. Je trouve scandaleux que les décisions ne soient pas respectées " s'insurge le député Spagnou présent sur la manifestation.

" Que ces hurlements provoqués soient organisés pendant les 6 mois où les brebis sont dans les bergeries !" lâchait pour sa part Jean-Louis Teissier, vice-président de la Chambre d'Agriculture des AHP.
A 20h, hier soir, les barrages étaient toujours actifs mais aucun agent de l'ONCFS ou du Parc national du Mercantour n'étaient venus tester leur efficacité.

Auteur : Nadine Massat, le 22 août 2007

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Tir de loup : l’Isère remet ça


L’année dernière, 2 loups avaient été tués en Isère suite à un arrêté préfectoral de prélèvement et à une mauvaise communication entre les gardes responsables des tirs. Cette année, le Préfet a de nouveau donné son autorisation pour un tir de défense, dans la même zone, sans qu’aucun diagnostic pastoral n’ait été réalisé sur cet alpage du massif de Belledone.

L’autorisation a été accordée pour répondre aux attaques que subit toujours le même troupeau, dont la protection demeure insuffisante. Les 3 200 brebis qu’il compte, réparties en deux lots distincts, sont protégées par un total de trois chiens, et bénéficient d’un regroupement nocturne et d’un gardiennage.
Or, par tranche de 500 brebis, tous les spécialistes préconisent la présence d’un chien de protection type Patou, surtout lorsque la topographie des lieux est favorable aux attaques de loups comme sur cet alpage qui connaît de fréquents épisodes de brouillard, est très accidenté et situé à proximité d’une zone boisée.

Sachant que le secteur convient aux loups et que les animaux tués seront naturellement remplacés, ce n’est pas leur 'destruction' régulière qui réglera le problème, note à juste titre la mission loup de France Nature Environnement (FNE). En conséquence, l’association demande au Préfet de l’Isère de faire 'établir un diagnostic pastoral pointu' et d’interrompre le tir en cours, faute de quoi elle se réserve la possibilité d’une nouvelle action en justice auprès des instances nationales et européennes.

Auteur : Pascal Farcy
Source : Echo-Nature du 28 août 2007

Commentaire

Il est toujours passionant de voir des journalistes écologistes bien installé dans leur fauteuil et loin des problèmes de terrain venir donner des leçons de gardiennage aux bergers. Il est tout aussi surprenant que ces mêmes personnes ne soient pas professeur de pastoralisme dans un établissement spécialisé.

L'idéologie sectaire a vraiment de grandes ressources... intellectuelles. Pas étonnant qu'ils fassent rire ou suscitent la colère.

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Des tirs de loups idiots et stupides

Il est bien connu en France que lorsqu'un fonctionnaire pense la République est en danger. Il en va de même sur les autorisations de tire de loups ou d'effarouchement d'ours.
Pourquoi ?
La procédure n'est déclenchée que si un certain nombre de conditions sont réunies. Mais les conditions sont si complexes qu'il faut du temps pour obtenir une décision administrative (arrêté préfectoral ou ministériel). De plus, il ne manque jamais une association écolo pour faire appel d'une telle décision.

Par ailleurs, les autorisations sont données pour un individu. Peu importe l'individu. Or il est connu que certains loups (ou ours) ne vont pas dans les troupeaux. Celui qu'il faut abattre ou effaroucher, c'est celui qui gène et pas un autre. Mais s'il faut, ne serait-ce que 72 heures pour obtenir le feu vert, s'assurer que le lieutenant de louveterie n'est pas en WE ou RTT tout en attendant un ordre de mission de son supérieur pour se déplacer, avoir une voiture disponible et un fusil, autant dire que la bête sera loin. Et si elle est abattue, ce ne sera pas forcément celle qui est la plus dérangeante.

Il serait quand même plus logique et efficace que l'effarouchement ou le tir d'un loup se fasse au moment du dérangement par celui qui se trouve sur place, c'est-à-dire le berger. Toute autre forme de procédure relève de l'idiotie et de la stupidité à moins que ce soit un choix pour qu'il n'y ait jamais aucune bête de déranger dans son repas.

Les suisses du Valais l'ont bien compris de même que certains responsables de l'environnement du Parc des Bauges selon plusieurs reportages télévisuels de septembre 2007.
Toute fois, pour parvenir à une telle situation, il est probable qu'il faille soit revoir la Convention de Berne, ce qui ne semble pas possible compte tenu de positions tenues récemment à l'encontre des suisses, soit se retirer de la convention de Berne, ce qui est tout aussi impossible puisque l'Union Européenne a adopté des recommandations qui ne semblent pas le permettre si celles-ci ne sont pas révisées (A vérifier par des juristes)

En conclusion, pour assurer la protection des biens et des personnes, les habitants et usagers des montagnes devront-ils se mettre systématiquement hors la loi ? Ce peut-être à très court terme une question de survie de l'humain.

Louis Dollo, le 16 septembre 2007

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Quelques chiffres sur le loup dans les Alpes
    • 150 c’est le nombre de loups présents sur les Alpes.
    • 15-20 % c’est le taux d’augmentation de la population de loups chaque année en France.
    • 6 c’est le nombre maximum de loups pouvant être prélevés cette année dans les Alpes.

Pas de quoi s'affoler lorsqu'on parle de tir de loups. La population ne va pas disparaître. C'est la raison pour laquelle éleveurs et bergers demandent :

  • Le droit de défendre leurs troupeaux
  • La redéfinition du statut du loup

Source : Tract de la FDSEA 38

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Haute-Savoie : le loup a tué 200 ovins, caprins et bovins en 2007


La dynamique de colonisation du loup s'est poursuivie en Haute-Savoie et les bergers ont constaté 40 attaques cette année (contre 20 en 2006) qui ont tué 200 ovins, caprins et bovins, a indiqué mardi la préfecture de Haute-Savoie.
Le comité loup de Haute-Savoie s'est réuni et le préfet a décidé de proposer au gouvernement, sur les deux secteurs les plus touchés par les attaques, "la possibilité de pouvoir mettre en oeuvre, la campagne prochaine, des tirs de défense et de prélèvement dès la première attaque, sans effarouchement préalable".

Le préfet propose aussi une amélioration du dispositif d'indemnisations, avec des délais de paiement réduits.
En 2007, la mise en place de moyens de protection (chiens patous, filets de protection, aide au gardiennage) a fait l'objet de versements d'aides en Haute-Savoie pour un montant de 113.000 euros.
A la mi-octobre, un berger, excédé par les attaques de loup dans le massif des Glières, a annoncé la vente de son troupeau de 700 bêtes et de son alpage de 400 hectares. Michael Richard, 33 ans, a expliqué qu'il était "à bout moralement" car il a perdu 70 bêtes en 3 ans, malgré la présence de chiens patous. Ces chiens de défense des troupeaux sont agressifs à l'égard des randonneurs et plusieurs plaintes ont été enregistrées contre ces chiens.

Source : AFP Infos Françaises, 23 octobre 2007

Commentaire

J'ai eu Michael Richard au téléphone. Voilà un berger psychologiquement cassé qui, en 3 ans, a perdu 10% de son cheptel et anéanti tous ses efforts de sélection des bêtes de son troupeau. Certains aspects de la situation ne peuvent pas être rapportés publiquement, mais nous pouvons dire que nous sommes face un drame humain, personnel et familial.
Tous les grands penseurs pourront dire ce qu'ils voudront, il y a une réalité de terrain qui est niée par les environnementalistes. Ce comportement risque, à tout moment de créer une situation de l'irréparable.

Tout comme en Suisse, "ce principe de tir relève de la "connerie" profonde imaginée par une véritable mafia d'abrutis qui pense à longueur de journée le cul sur une chaise" comme l'exprime de nombreus bergers.
Pour être efficace et " pédagogique " un tir de loups (comme de chiens) "doit être immédiat" afin de :

  • Laisser sur le canidé une " empreinte " de ce qu'il ne faut pas faire
  • Protéger le troupeau dans l'immédiat et non 6 mois plus tard lorsque le loup est parti bien loin.

Le seule solution serait "d'autoriser le berger à tirer à vue dés qu'un problème se pose. Lui seul peut savoir et voir. Un fonctionnaire qui vient, même 24 h plus tard pour faire un tir est totalement inutile et contreproductif."

Là encore, l'écologie est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains d'écolos.

Voir le communiqué de la Préfecture

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Foire de Beaucroissant - Les éleveurs ovins sur les dents


Les éleveurs ovins étaient présents hier à la foire et n’ont pas manqué de rappeler aux élus et au public que le loup, qui a fait son apparition depuis environ dix ans sur les alpages français, notamment en Isère et en Savoie, continuait à leur prélever des bêtes. Les éleveurs avaient d’ailleurs apporté la carcasse d’une brebis. Une preuve à l’appui, s’il en fallait une…

La carcasse d’une brebis, dans les allées de la foire, près du stand des syndicats ovins de l’Isère

L’attaque la plus récente s’est produite dans les Bauges (Savoie), il y a deux jours, sur un bovin. Pour Patrick Rolland, éleveur ovin à Chichilianne et vice-président de la section ovine de la FDSEA Isère, une telle attaque n’est pas extraordinaire. “Non, ce n’est pas nouveau, malheureusement. Le loup peut s’en prendre aussi aux bovins. Il faut se souvenir qu’une telle attaque a eu lieu en 2005 dans la Valdaine. Pour ce qui s’est passé dans les Bauges, au Margeriaz, il semble qu’au vu de la consommation de viande constatée, cette attaque serait le fait de deux ou trois loups”.

“Il est impératif de revoir la Convention de Berne”, ajoute Patrick Rolland. "Nous attendons un minimum de courage de nos politiques. Il faut que l’animal change de statut”.

Le loup met-il en péril l’élevage ovin ?

“Oui. N’oublions pas qu’un alpage a été abandonné dans Belledonne, celui de l’Arpette, et que ce n’est certainement pas le seul dans les Alpes”.

Les éleveurs n’ont de cesse de répéter que sans pâturage, les milieux ouverts s’embroussaillent rapidement et les bois deviennent impénétrables. Jean-Pierre Jouffrey, qui fait pâturer ses brebis sur l’alpage de la Périoule, sur la commune d’Allevard, souligne l’utilité de cette pratique:

“J’entretiens cet alpage depuis 1974. je me rends compte de l’importance vis-à-vis de la société de maintenir cet espace ouvert. En effet, de nombreux randonneurs passent par ici l’été et l’hiver, les pentes enneigées font le bonheur des skieurs…Malheureusement, depuis 1998 et l’apparition du loup, quelques quartiers de l’alpage ne sont plus utilisés du fait du regroupement nocturne que je pratique. Le bois commence à gagner du terrain, c’est dommage”.

Rappelons qu’en dix ans, les brebis de Jean-Pierre Jouffrey ont été victimes de nombreuses attaques du prédateur.

Source : Le Sillon du 17 septembre 2007

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"Arrêtons le massacre" - Interview de Patrick Rolland

Patrick Rolland est éleveur ovin sur la commune de Chichilianne, dans le Trièves. Passionné de son métier, responsable syndical, il connaît le dossier loup sur le bout des doigts. Un dossier qui a vu le jour en 1998 avec les premières attaques qui se sont produites sur le massif de Belledonne.


« Depuis j’ai dû me battre, bien souvent dans le vide, afin de limiter au maximum les dégâts causés par le loup. Batailles qui hélas, n’ont pas apporté grand-chose, bien souvent à cause de nos décideurs qui n’ont pas pu ou pas su monter au créneau »

Patrick Rolland, comment s’est comporté le loup cet été?
« Au niveau des attaques, elles sont du même calibre que celles des années précédentes. Seul changement notoire, certains nouveaux foyers se sont déclarés, c’est le cas par exemple en Oisans à Huez. Par contre comme chaque année les attaques les plus virulentes et les plus nombreuses ont eu lieu sur le massif de Belledonne. Reste toujours à régler l’éternel problème entre les dégâts constatés, bêtes disparues… Et la saison n’est pas encore terminée car il reste deux mois d’estive. Par contre au niveau des indemnisations, il y aura, c’est certain, un surcoût. »

Les mesures de protection ont donc fait effet?
« On peut le penser mais on est loin de la vérité. Il ne faut pas être naïf, ce n’est pas la mise en place des mesures de protection qui font qu’il y a moins d’attaques. Prenons le cas des fils électriques, il faut en mettre trois, je suis d’accord mais la hauteur de ces trois fils ne dépasse pas 80 cm. Qui peut croire qu’un loup ne peut pas sauter une telle hauteur. À un moment, il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles »

Y a t-il une mesure efficace pour protéger les animaux.?
« Si on en connaissait une, on l’aurait appliquée depuis bien longtemps. Toutes les mesures en notre possession, fils, chiens patou, ont été mises en place dans les départements concernés par les attaques de loup, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence par exemple. Que constate-t-on : il y a moins d’attaques, moins de bêtes abîmées mais le problème reste entier. La population de loups est de plus en plus importante et ceux ci se déplacent. .»

Certains disent : vous vous plaignez mais vous êtes indemnisés…
« C’est un faux problème. Bien sûr que nous sommes indemnisés. Nous aimons nos bêtes, notre travail, comment accepter de les élever pour qu’elles se fassent massacrer.

Comment accepter de se rendre sur les alpages pour découvrir des bêtes déchiquetées? On pourrait se satisfaire d’une indemnité, mais nul ne peut ignorer les conséquences qu’une attaque peut produire auprès des animaux qui ont été témoins de la scène sans être touchés: maladies, stress, avortements etc. Ceci n’est pas indemnisé .

Notre ancien technicien ovin sur le secteur Pierre Parron avait à l’époque fait une étude. Conclusion: à l’époque, on aurait du toucher 1500 F par brebis attaquée. On est loin du compte .

Les bons éleveurs ne courrent pas après des indemnisations. Par contre il est vrai que quelques éleveurs et transhumants peu scrupuleux, profitent du système. Ils sont peu nombreux».

Est-ce que le discours des “responsables élus” a évolué ?
« Bonne question. Je répondrai en toute franchise NON. Ils se cachent derrière la Convention de Berne, or chacun sait que le loup n’est pas une espèce en voie de disparition, loin de là.


Une enquête parlementaires a été menée et a prouvé l’incompatibilité entre le loup et l’agneau. Nous étions persuadés que cette conclusion aurait des suites, il n’en est rien. Nos élus politiques, nos responsables professionnels n’ont pas pris en compte l’ampleur du problème, ne se sentent pas ou peu concernés par ce dossier, nous sommes des marginaux qui les empêchent de tourner en rond plutôt qu’autre chose. Notre présence, je parle des éleveurs ovins en montagne, les dérange, j’en suis persuadé.

Prenons le cas de notre département, l’ensemble des responsables a bougé uniquement lorsque le loup a attaqué en zone de plaine. C’est pas normal. Autre exemple, la ministre de l’écologie devait se rendre cet été, dans les Hautes-Alpes, afin d’inaugurer, entre autres, une bergerie. Occasion rêvée pour se faire entendre. J’ai souhaité, avec la base, monter une action. Cela m’a été fortement déconseillé, aussi bien par des élus politiques qu’agricoles. Notre détermination a été la plus forte, la ministre ne s’est pas déplacée. »

Pourtant les opérations coups de poing, très médiatiques, ont du bon.
«A condition qu’elles ne dérangent pas certains penseurs! Voilà pourquoi, dans un premier temps il faudrait surtout que l’on retrouve une solidarité entre nous et que tous les maillons de la chaîne départementale jouent le jeu : éleveurs, responsables agricoles, élus politiques, prefet.. C’est la seule condition pour que le dossier avance.

Au niveau des opérations coups de poing, la dernière date de la foire de Beaucroissant où l’on a exposé un veau massacré deux jours auparavant. Il est certain qu’un veau a plus de poids médiatique qu’ une brebis. Cette action est une réussite mais n’a pas été bien vue par certaines personnes. On se réserve le droit de déposer devant leur bureau une brebis égorgée afin qu’elles comprennent mieux notre désarroi, notre détermination.»

Selon vous que seraient les mesures à prendre pour qu’on sorte enfin de ce bourbier?
« La première décision à prendre serait de ne plus faire moisir les différents décrets et décisions qui ont été prises mais de les appliquer. Il faudrait contrôler les élevages de loups. Certains sont réglementés d’autres sauvages. Il faudrait changer le statut du loup: il ne doit plus être considéré comme un animal protégé. Il est loin d’être exterminé. Nous savons très bien que l’on ne pourra pas éradiquer le loup, mettons donc en place, avec les chasseurs par exemple, un système éfficace de régulation . C’est la seule décision à prendre pour sauver la situation de nos éleveurs concernés aujourd’hui par ce problème. Un problème qui évolue, nul ne peut dire aujourd’hui que demain il ne sera pas confronté à des attaques. Contrairement à ce que beaucoup pensent le loup n’est pas un animal de montagne mais de plaine et il bouge beaucoup. Cela signifie qu’il faut que l’on retrouve entre nous une certaine solidarité, entre ovins et bovins en particulier»

Et si rien n’est fait?
«C’est à moyen terme la disparition de plusieurs élevages de montagne, d’alpages. Il est vraiment dommage que déjà certains éleveurs se soient lancés dans l’élevage de brebis hors sol. Cela aura pour conséquence que la montagne ne sera plus entretenue, elle va retrouver son état sauvage, elle sera peu attractive. Certains le souhaitent, certes, mais est-ce cela le développement durable?»

Source : Le Sillon du 18 octobre 2007

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Interview de Dominique Voynet


Que pensez-vous du retour du loup ? Etes-vous favorable à une élimination de certains individus à la demande des populations locales ? Et que pensez-vous du programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées ?

La présence de grands prédateurs sur notre territoire est pour moi tout à fait importante. Contrairement à ses détracteurs, je pense que la présence du loup, de l'ours et du lynx est loin d'être anecdotique. Ils sont utiles car ils sont en bout de chaîne alimentaire et jouent un grand rôle dans le contrôle des équilibres entre différentes espèces.
Je me réjouis d'ailleurs de la création de l'association FERUS, fusion des associations loup france et ARTUS (protection de l'ours). Je soutiens naturellement les programmes de réintroduction de ces grands prédateurs. Je suis contre l'élimination de certains individus: Cela ne sert qu' à apaiser la colère des "anti", et n'obéit à aucune logique de conservation des espèces.

Source : OrnthoMédia.com

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Gestion du Loup et du sanglier -Thèse de Coralie Mounet soutenue le 4 décembre 2007


Gestion du Loup et du sanglier -Thèse de Coralie Mounet soutenue le 4 décembre 2007 à l'Institut de géographie alpine - Cité des territoires.

Les territoires de l'imprévisible.
Conflits, controverses et "vivre ensemble" autour de la gestion de la faune sauvage. Le cas du loup et du sanglier dans les Alpes françaises, thèse effectuée sous la direction de Olivier SOUBEYRAN (UMR Pacte, Territoires) et André MICOUD (MODYS).

Membres du jury :
Michel LUSSAULT, Professeur de géographie, Université François Rabelais, Tours (rapporteur)
Isabelle MAUZ, Chercheur en sociologie, Cemagref, Grenoble
Olivier SOUBEYRAN, Professeur de géographie, Université Joseph Fourier - Grenoble 1

Résumé :
La gestion d'animaux potentiellement "à problème", tels que le loup et le sanglier, est complexe. Il s'agit de maîtriser au mieux des comportements animaux intrinsèquement imprévisibles. Mais en plus, les modalités d'une " bonne gestion " font l'objet de conflits et de controverses, les hommes ne s'accordant pas sur les catégories socio-spatiales dans lesquelles ces animaux doivent être pensés. A la croisée entre aménagement et géographie sociale, cette thèse s'attache à explorer les formes de relations que suscite la gestion du loup ou du sanglier entre territoires politiques, territorialités humaines et spatialités animales. Elle articule outils conceptuels géographiques et sociologiques (des organisations, de la traduction et de l'environnement). De plus, une des spécificités de cette thèse tient dans sa posture épistémologique, privilégiant un regard symétrique entre acteurs et actants non humains ou profanes et scientifiques. Le déploiement des controverses autour des caractéristiques et des agissements des humains et non-humains met en lumière des " arguments génériques ". Leur trame argumentative montre de nombreuses similarités dans l'opposition entre partisans et détracteurs de ces animaux. Si de tels arguments apportent des éléments de compréhension des conflits, ils donnent une image trop caricaturale des réactions territoriales face à la gestion de ces animaux. Les innovations socio-spatiales, impulsées par les opérateurs territoriaux "loup" et "sanglier", ne peuvent être mises à jour qu'en procédant à une microgéographie. Des opérateurs spécifiques aux territoires, expliquant le caractère conflictuel ou non des "vivre ensemble", ont alors été identifiés.

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Le parc du Mercantour et le loup


Depuis 1992 le loup est revenu dans le parc du Mercantour, au grand désespoir des éleveurs

La réapparition du loup dans le Mercantour fâche les éleveurs. L'animal en effet s'attaquerait aux animaux d'élevage. Les éleveurs demandent, au mieux, la limitation du loup, au pire son éradication. Les écologistes, eux, rappellent que le loup est protégé par la convention de Berne, et qu'il ne fait que réintégrer un territoire naturel

Voir la vidéo

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Le berger savoyard qui avait tué un loup en 2005 sera rejugé


La Cour de cassation a partiellement annulé mardi l'arrêt rendu le 11 janvier 2007 par la cour d'appel de Chambéry (Savoie), relaxant un berger savoyard, Denis Dupérier, qui avait tué par balle un loup en 2005. L'affaire sera rejugée par la cour d'appel de Grenoble.

En janvier 2007, la cour d'appel de Savoie avait relaxé Denis Dupérier, mais condamné son frère, Pierre, à une amende de 500 euros avec sursis. Ce dernier, maire de la commune de Jarsy (Savoie), avait transporté la dépouille de l'animal devant le bureau de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Le procureur de la République, ainsi que deux associations, France Nature Environnement et Fondation Assistance aux Animaux, avaient formé un pourvoi contre cette décision.

Mardi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a relevé la contradiction qu'il y avait à relaxer le berger qui aurait agi par "état de nécessité" et à condamner son frère, a-t-on appris de source judiciaire. La Cour a ordonné que l'affaire soit rejugée.
Denis Dupérier a toujours affirmé qu'il avait tiré à la tombée du jour en pensant qu'il s'agissait d'un chien errant qui attaquait à nouveau son troupeau de chèvres alors qu'elles paissaient en alpage dans le parc des Bauges.

Plusieurs centaines d'agriculteurs, bergers et éleveurs avaient manifesté leur soutien, lors des procès de première instance et en appel, aux bergers poursuivis à l'appel de la FDSEA, des Jeune

Source : AgriSalon du 5 février 2008

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Découverte d’un cadavre de loup


Le préfet de la Savoie communique :

Découverte d’un cadavre de loup

Des promeneurs ont découvert le 26 janvier 2008, sur le territoire de la commune de Presle, le cadavre d’un grand canidé, à moitié immergé près d’un pont. Les premières constatations faites par les gendarmes ont permis d’établir que la tête de l’animal était sectionnée et qu’il présentait sur le flanc droit un trou pouvant correspondre à l’entrée d’une balle de chasse de calibre 12.
Les agents de l’office national de la chasse et de la faune sauvage ont pris en charge le cadavre, et il a été procédé à une autopsie par le laboratoire départemental d’analyse vétérinaires de Chambéry le 28 janvier, laquelle a confirmé qu’il s’agissait d’un loup.
Les investigations de la gendarmerie se poursuivent en vue d’éclaircir les circonstances exactes de la mort de l’animal. Le Parquet de Chambéry, saisi, déterminera les suites qu’il convient de réserver à cette affaire.

Source : Savoie Communiqué du 5 février 2008

Observation de l'association du Grand Charnier


Avant de parler de braconnage (l’enquête est en cours), il y a un pas que certains franchissent allégrement sans le moindre souci de vérité. S’il s’agit de braconnage cela démontre une fois de plus l’échec de la politique « grands prédateurs » conduite actuellement par le ministère de l’écologie et du développement durable.

Le Grand Charnier, le 5 février 2008

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Un loup décapité découvert en Savoie


L'Association pour la protection des animaux sauvages a annoncé jeudi avoir porté plainte contre X après la découverte à Presle en Savoie d'un cadavre de loup, tué par balle puis décapité. Le loup étant une espèce protégée, le chasseur risque 6 mois d'emprisonnement et 9.000 euros d'amende.

Le chasseur l'avait laissé dans un endroit de passage où tout le monde pouvait le voir et a dû prendre la tête pour en faire un trophée. Pour nous, c'était bien un acte volontaire" : en Savoie, la gendarmerie a été chargée d'enquêter sur la mort d'un loup qui pourrait être selon la brigade le résultat d'une attaque délibérée. Des promeneurs ont découvert le cadavre de l'animal le 26 janvier dernier à Presle en Savoie, tué par balle puis décapité, alors qu'il s'agit d'une espèce protégée.

Le loup gris de type Canis Lupus avait la tête "sectionnée et il présentait sur le flanc droit un trou pouvant correspondre à l'entrée d'un balle de chasse de calibre 12", a précisé la préfecture de Savoie dans un communiqué. Pour l'Association pour la protection des animaux sauvages, qui a porté plainte contre X, il s'agit d'"un acte aussi barbare qu'illégal".

Car le loup est une espèce protégée, notamment par la convention de Berne du 19 septembre 1979 et une directive européenne du 21 mai 1992. L'auteur des faits risque donc 6 mois d'emprisonnement et 9.000 euros d'amende.

Source : Europe 1 du 7 février 2008

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L'ASPAS porte plainte après la découverte d'un loup décapité en Savoie


L'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a annoncé jeudi avoir porté plainte contre X après la découverte à Presle (Savoie) d'un cadavre de loup tué par balle et décapité.

C'est "un acte aussi barbare qu'illégal car il s'agit d'un animal protégé", a dénoncé dans un communiqué l'ASPAS, dont la plainte a été déposée devant le tribunal de Chambéry.

L'animal, découvert par des promeneurs le 26 janvier, à moitié immergé, près d'un pont, avait la tête "sectionnée et il présentait sur le flanc droit un trou pouvant correspondre à l'entrée d'un balle de chasse de calibre 12", a indiqué la préfecture de Savoie dans un communiqué.

Transporté par des gardes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le cadavre a été autopsié au laboratoire d'analyses vétérinaires de Chambéry qui a confirmé qu'il s'agissait bien d'un loup gris, de type Canis Lupus, a précisé l'ASPAS.

"Le chasseur l'avait laissé dans un endroit de passage où tout le monde pouvait le voir et a dû prendre la tête pour en faire un trophée. Pour nous, c'était bien un acte volontaire", a affirmé un responsable de la brigade de gendarmerie de La Rochette (Savoie) qui a retrouvé le loup.

L'auteur risque 6 mois d'emprisonnement et 9.000 euros d'amende, a rappelé l'ASPAS.

Le loup est une espèce protégée notamment par la convention de Berne du 19 septembre 1979 et une directive européenne du 21 mai 1992.

Source : Le Monde / AFP du 7 février 2008

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Le loup du Ventoux reste un tabou pour la Préfecture de Vaucluse


No comment ! C’est un peu le sentiment qui préside depuis la découverte par Christophe Constant, photographe professionnel, chasseur averti et naturaliste amateur, du cadavre d’un chevreuil retrouvé sur la face sud du mont Ventoux, étrangement mutilé et dévoré.
Alors que l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) a pu, depuis ses bureaux de Gap dans les Hautes-Alpes, établir formellement sur photos la responsabilité du loup ("prédation sur un chevreuil : responsabilité du loup retenue" mentionne en effet le rapport officiel), dans le Vaucluse, on fait comme si le loup n’appartenait qu’à la légende.

Pendant qu’à Ferrassières, petite bourgade sise sur le plateau d’Albion à 8 km de Montbrun-les-Bains, les agriculteurs sont officiellement mis en garde contre la présence du loup, à quelques kilomètres de là, on préfère faire la sourde oreille.
Etonnamment, à l’instar du journal la Provence, la presse locale n’hésite pas à interroger les responsables d’associations sportives ou le quidam de la rue sur la présence hypothétique du loup, oubliant de consulter les spécialistes.
Questionnée vendredi matin sur le sujet, la Préfecture a mis le week-end à contribution pour nous transmettre une réponse officielle : « A l’heure actuelle, il n’y a pas de confirmation comme quoi c’est un loup ! »

Pas étonnant dès lors que Luc Reynard, le maire de Bedoin, n’ait reçu aucune information officielle des relais de l’Etat sur le sujet…
Que vaut alors le rapport de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, établissement public national, à caractère administratif, sous la double tutelle des ministres chargés de la Chasse et de l'Agriculture ? Comment ne pas poser la question.

Certes, il est vrai que le mont Ventoux n’est pas une montagne ordinaire. Fréquentée chaque année par des milliers voire des millions de touristes, placée sous la protection de l’UNESCO, le Géant de Provence est l’objet de toutes les attentions. De là à imaginer que la présence du loup ferait désordre, il y a un pas que nous n’osons envisager. Car lorsque la présence du loup sera reconnue officiellement, se posera alors le problème du paiement des indemnités pour dédommager les attaques de troupeaux.

Ce qui est sûr c’est que ce week-end à Jonquières, les bergers qui participaient à la fête de la transhumance n’ont pas manqué de faire part de leur inquiétude à propos de cette présence du loup mais leurs interrogations restent pour l’instant sans réponse de la part des autorités officielles.
Et si, finalement, le loup faisait vraiment peur…

Auteur : Gilles Bachelard
Source : Ventoux Magazine du mardi 20 mai 2008

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Histoire de loups et de gros sous

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La semaine dernière, le groupe national chargé du suivi de l'espèce se réunissait pour étudier le plan d'action prévu pour 2008-2013. Il est attendu avec d'autant plus d'impatience que les premiers troupeaux commencent à monter en alpage. Le document n'est pas encore signé par les deux ministres concernés (agriculture et écologie), mais les grandes orientations commencent à filtrer.
D'abord le constat: l'espèce se plaît chez nous. La France compterait plus de 120 loups répartis sur 23 zones de présence permanente, dont cinq en Savoie. Selon le rapport, "la population de loups est durablement installée dans les Alpes occidentales." même si les spécialistes reconnaissent qu'il est très difficile d'en évaluer le nombre avec précision.

Mais les experts confirment aussi la progression de l'espèce dans de nouvelles zones de colonisation (Languedoc/Roussillon, Auvergne, Midi-Pyrénéees et Franche-Comté). Les moyens accordés pour protéger les troupeaux et indemniser les éleveurs vont-ils suivre la même courbe ascendante si le territoire continue de s'étendre ? En 2004, les crédits consacrés aux mesures de protection et d'indemnisation s'élevaient à 1,35 M€, pour grimper jusqu'à 4 M€ en 2007. Elles ont permis de réduire le nombre d'attaques, mais on a vu les limites du système. Ainsi les chiens de protection sont efficaces pour éloigner le loup, mais aussi les randonneurs.

Six loups dans le collimateur
Quand la protection ne suffit plus, il faut chasser l'intrus. On parle pudiquement de "prélèvement" pour parler de tir autorisé. C'est l'un des points de discorde entre les éleveurs et l'administration. L'an dernier, les opérations menées sans succès par les chasseurs, les agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) et les lieutenants de louvèterie ont discrédité ces frappes chirurgicales. "Une mascarade!" tempêtaient éleveurs et chasseurs après l'opération menée au Montsapey, où 480 brebis avaient déroché. "Il aurait fallu tomber sur un loup suicidaire," ironisait Jean-Marc Guigues, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles).
Face à cette impuissance, les braconniers jouent parfois les justiciers comme en témoigne le nombre d'animaux abattus ou empoisonnés depuis plusieurs années. Le nouveau plan vise à simplifier les textes autorisant les tirs et à réduire les délais d'intervention une fois les attaques constatées. Un arrêté ministériel devrait très rapidement fixer le nombre de prédateurs pouvant être tués cette année. Il est question de six loups sur l'ensemble du territoire, les préfets étant chargés de coordonner les actions décidées sur leur département.
Le plan vise enfin à simplifier les démarches d'indemnisations après les attaques et à limiter les délais de paiement. Pour les experts du "groupe loup", l'objectif est de réparer les dommages au coût réel tout en utilisant au mieux les moyens publics. L'an dernier, l'indemnisation des dommages a représenté plus de 800.000 euros.

Source : La Rédaction du Dauphine Libéré du 07/06/08

Repères


OÙ EST-IL ?
La présence permanente du loup est avérée en Belledonne/Vallée des Huiles, Thabor/Galibier, Haute-Maurienne, Bauges et Tarentaise/Beaufortain. Une centaine de personnes le suivent à la trace (empreintes dans la neige, crottes, poils, etc) ou visuellement, ce qui est beaucoup plus rare. "Leur nombre précis est impossible à calculer, car les meutes sont à la fois mobiles et de taille variable d'une année sur l'autre," constate cet agent de l'ONCSF (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

OÙ VA L'ARGENT ?
Selon la mission parlementaire sur la filière ovine, les mesures de protection contre les prédateurs (loups, ours et lynx) ont coûté l'an dernier 6,3 M€ en 2006, dont 4,4 M€ pour le loup et le lynx. Ces dépenses concernent à 70 % l'arc alpin et à 30% les Pyrénées. Le suivi scientifique représente 11% des dépenses, l'aide au pastoralisme 70%, l'indemnisation des dégâts 13%, les actions d'information et de développement local 6%. A ce budget s'ajoute la mobilisation de 40 agents des ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie, des parcs nationaux et de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), les 3/4 des effectifs étant mobilisés dans les Alpes.

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Retour à Montsapey en Savoie


Un moment, il a failli jeter l'éponge. Luc Ettelin découvrait les cadavres de 480 brebis qui avaient déroché de l'alpage de Montsapey, où il monte chaque été. Les analyses n'ont pas pu prouver formellement que le loup était le responsable, mais sa présence est avérée dans le secteur depuis plusieurs années. Après l'attaque, une opération de tir était organisée mais ne donnait aucun résultat. Elle mettait au contraire en colère l'éleveur et les chasseurs chargés de la mener. Ils estimaient la mission impossible dans les conditions fixées par la réglementation.

Cette semaine, Luc Ettelin reprend la route de Montsapey avec une partie du troupeau. "Quand j'aurai tout monté, il y aura 1100 bêtes, soit 150 de plus que l'an dernier. Mais j'angoisse sur la saison à venir après ce que j'ai vécu l'an dernier. Et je suis très sceptique sur ce que l'on peut attendre des nouvelles mesures concernant les tirs. Le loup aura encore largement le temps de partir avant qu'on lui ait tiré dessus! Et ce n'est pas moi qui vais lui courir après. Je n'ai pas de permis de chasse et je ne vais pas confier à mon berger cette responsabilité."

Pour la petite commune de Maurienne, le retour de Luc Ettelin est un soulagement après une période d'incertitude. Le pastoralisme est le meilleur rempart contre les friches. Alors ses habitants veulent marquer la coup en organisant une fête de l'emmontagnée le 21 juin.

Source : La Rédaction du Dauphine Libéré du 07/06/08

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Patous et randonneurs : cohabitation difficile


Les beaux chiens à poil blanc sont redoutables pour dissuader les loups. Mais ils peuvent être aussi très dissuasifs pour les randonneurs et les vététistes qui veulent emprunter des itinéraires passant près des troupeaux. Le mois dernier, des éleveurs comparaissaient pour la troisième fois devant le tribunal d'instance de Saint-Jean-de-Maurienne pour des histoires de patous qui avaient mordu des promeneurs. Les faits s'étaient produits à Fontcouverte-La Toussuire, mais d'autres cas de morsures et de touristes effrayés par les chiens ont été constatés en Haute-Maurienne et en Haute-Savoie. Dans des affaires précédentes, les éleveurs ont été relaxés, mais ils vivent mal cette tension dans certains secteurs très fréquentés par les promeneurs. Même inquiétude chez les professionnels du tourisme, à l'heure où le département met en avant la randonnée itinérante et le VTT parmi ses atouts à développer.

Source : La Rédaction du Dauphine Libéré du 07/06/08

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Enquête dans les Bauges


Un programme scientifique portant sur "la place du loup dans les écosystèmes" est lancé cette année dans le Mercantour et les Bauges. D'une durée de cinq ans, il vise à connaître le rôle que joue ou non le prédateur dans l'évolution des populations de faune sauvage, notamment les grands herbivores. L'intérêt de l'étude est de comparer une zone de présence du loup avérée depuis 1992 et une zone où il est apparu récemment.

Source : La Rédaction du Dauphine Libéré du 07/06/08

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Le Grand Bornand : Les éleveurs accusent le loup


Une vingtaine de brebis égorgées - Véritable carnage dans les alpages

Devant le cadavre d'une de ses brebis, Emmanuel Tochon est abattu. Derrière lui, un défilé incessant de randonneurs, profitant d'une belle journée d'été pour crapahuter au coeur de l'alpage de Samance, au pied de l'Aiguille Verte. Vue imprenable sur les Aravis, à quelques encablures du lac de Lessy. «Un peu plus haut, il y a deux bêtes égorgées. Une n'est pas encore morte...» lance un des promeneurs, en redescendant. Certains s'approchent, d'autres accompagnés d'enfants, passent leur chemin rapidement.
«C'est comme ça depuis dimanche» ne peut que commenter le jeune éleveur, de Saint-Pierre-en-Faucigny. Depuis trois jours, il est contraint à un sinistre comptage. Philippe Missillier, membre de la FDSEA, en charge du dossier loup, l'accompagne. Avant eux, hier matin, ce sont des agents de l'Office national de la chasse et faune sauvage, qui sont montés. Pour constater les dégâts, et procéder aux relevés d'usage. On est clairement sur les traces de loup. Même si à la DDAF (Direction départementale de l'agriculture et de la forêt) hier soir, on expliquait «attendre les analyses pour tirer des conclusions.» Tout en admettant volontiers que «l'alpage en question est un secteur à loup.»

Pour les éleveurs en tout cas, les blessures portées aux brebis ne laissent aucun doute. Philippe Missillier confirme: «L'une d'entre elles a été dévorée, puis éviscérée par les corbeaux et les vautours. Pas les autres _ une vingtaine en tout _, elles ont été égorgées, comme ça... Un carnage!»

«Je les ai amenées seulement samedi et ça a commencé dès la première nuit» précise Emmanuel Tochon. D'habitude, à la mi-juillet, ses brebis sont depuis un mois et demi en alpage. «J'ai attendu le plus possible cette année. Mais il fallait que je les monte, elles ne sont pas bien en bas. J'en ai 100 encore en plaine. Alors samedi matin, je me suis décidé... En tout, j'en ai amené 280. Et dimanche matin, des randonneurs sont allés dire à la ferme qu'ils avaient trouvé deux bêtes égorgées.»

Aussitôt prévenu par Pascal Pessey, dont la ferme est située un peu plus bas, l'éleveur, qui est un double actif (il travaille comme chauffeur), est remonté dès le dimanche matin. «J'en ai trouvé cinq. Elles avaient été égorgées. Certaines n'étaient pas mortes. Il a fallu que je les achève avec les moyens du bord. Il y en avait deux qui étaient coincées par des rochers.» Des plaies béantes au cou, et des bêtes agonisantes, le long de sentiers très fréquentés. «Il y avait des dames qui étaient là; elles m'ont vu faire; il y en a une qui s'est mise à pleurer...» se désole l'éleveur.

Le lundi, lorsqu'il est remonté, quinze bêtes avaient à nouveau été attaquées. «Entre les bêtes à achever, et les agneaux à récupérer... Ils restent à bêler à côté du cadavre de leur mère... Il y en a encore eu cette nuit. Je me demande bien où est le reste du troupeau» dit-il, scrutant la montagne.

Dans la soirée, avec un technicien de la DDAF, il devait tenter de rassembler ses bêtes. Espérant ne pas avoir encore d'autres mauvaises surprises. «Nous allons mettre en place un parc de regroupement nocturne, avec des filets d'électrification» précise Yannick Joly, chargé de la protection des troupeaux. Une procédure d'urgence pour arrêter le carnage.
L'éleveur, lui, s'interroge: «En bas, elles sont pas bien, ça le fait pas; en haut, ça le fait pas non plus... Qu'est-ce qu'il faut faire?»

Quelques rappels


En 2007 déjà...
Emmanuel Tochon a déjà été victime d'attaques l'été dernier. «26 de mes bêtes ont été tuées; 18 ont disparu. Mon cousin aussi, il a eu des attaques aux Glières. Bien sûr, on va me dire que j'ai pas adhéré au plan Loup. Vous imaginez les patous ici, avec tous les randonneurs. À quoi ça rime? Prendre les indemnisations et me taire: moi, je peux pas!»
Pour la Haute-Savoie, en 2007, 256 indemnisations ont été versées à des éleveurs.

Une vingtaine d'arraques depuis début mai 2008
Philippe Missillier, qui recense les attaques pour la FDSEA, évoque une vingtaine d'attaques depuis le début du mois de mai. Des brebis, mais aussi des chèvres et des génisses. Principalement dans les Aravis et les Glières. Selon lui, en Savoie, en un mois, 28 attaques ont été enregistrées.

Nouvelles dispositions du plan loup
Le 28 mai dernier, suite à une réunion du comité Loup du département, et aux nouvelles dispositions nationales du Plan Loup 2008-2012, les éleveurs, avec l'accord du préfet, peuvent effectuer des tirs de défense pour se protéger. Des tirs, qui doivent se faire après la mise en place du Plan Loup, et qui, s'ils s'avèrent insuffisants, peuvent être suivis de tirs dits de prélèvements. Des procédures très encadrées. Et uniquement étendues à la saison estivale. Ce que les éleveurs jugent insuffisant.

Auteur : Isabelle DAVIER
Source : Le Dauphiné Libéré du 16/07/08

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Le loup sur toutes les lèvres


Saviez-vous que dans la région, il existe trois races de brebis: mérinos, pré-alpes et mourerous et qu'il existe aussi des croisements avec des béliers bouchers? Un exemple de ce qu'ont appris les éleveurs aux personnes présentes hier. Ici, l'été, la plupart des bêtes montent en alpage et restent en bergerie l'hiver ou alors une partie du troupeau est envoyée dans le sud de la France. «Une bête revient, sans le transport, à 10€ pour les trois mois d'été», souligne un éleveur.

En sachant qu'il y a deux agnelages par an (60% des bêtes naissent à l'automne et 40% au printemps), l'élevage est adapté à la pousse de l'herbe et la fin de l'engraissement se fait en bergerie par des céréales et du foin. Mais les éleveurs essaient de désaisonner l'agnelage pour éviter les ruptures d'approvisionnement. «En France, on se situe dans une logique bouchère. On ne tire plus de revenus de notre laine aujourd'hui, sauf avec les mérinos. Le marché de la laine a un peu repris avec les innovations technologiques qui font que la laine est utilisée en guise d'isolant», rappelle Franck Dieny.

Mais les gens semblaient plus intéressés par la problématique du loup que par toute autre explication. La question est revenue à tous les coups. «C'est une peur constante», dira un éleveur. «Même si on est remboursé lorsqu'une brebis morte est reconnue comme victime du loup, nous ne sommes pas indemnisés pour tous les dommages collatéraux à la suite du passage du prédateur. Les bêtes sont stressées et certaines deviennent même stériles. Beaucoup de bergers arrêtent à cause du loup.» Quant à la manière de se protéger des attaques, «il n'existe pas de solution miracle».

Auteur : M-F.B.
Source : Le Dauphiné Libéré du 17 mai 2008 - Edition 05

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Loup : Le SAMU des alpages


Nom: Porte, prénom: Jean-Gabriel dit Gaby, profession: berger d'urgence!

Un nouveau métier?
Non, une réponse idoine à une situation d'urgence qui prend tout son sens au lendemain des attaques répétées dnas le massif des Aravis (lire notre édition d'hier). Le loup, qui a élu domicile dans le département, il y a quelques années, est la bête noire des bergers. Estimée, par les techniciens de l'office national de la faune, à 2 à 3 spécimens, la présence du loup engendre des dommages conséquents dans les troupeaux. Depuis le début de l'année, les attaques se sont multipliées de nuit comme de jour, sur des populations d'ovins mais aussi de caprins. Les éleveurs sont excédés. Certains ont déjà jeté l'éponge et se sont juré de ne plus jamais remonter en alpage, quand d'autres sont au bord de la crise de nerfs.

Ils l'ont fait savoir, récemment, en organisant une manifestation devant la préfecture et la direction de l'agriculture et de la forêt (DDAF), à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. Le préfet Michel Bilaud a également pris des mesures en autorisant les éleveurs touchés par les attaques _ et ce, malgré des moyens de protection _ à pratiquer le tir d'effarouchement. Mais le mal est fait, les bergers n'ont plus le moral. «On n'est pas des équarrisseurs encore moins des chasseurs» se désolait l'un d'entre-eux. La perte d'une bête est avant tout affective.

Aussi, la DDAF avec le syndicat des ovins a décidé, aux grands maux, d'appliquer les grands moyens. Et s'est tournée vers la société d'économie alpestre pour recruter un berger secouriste. Son rôle : apporter une aide matérielle et sociale au berger. Concrètement, Gaby part s'installer avec ses trois chiens de conduite, un Border-Collie, un Beauceron croisé Border et un loup croisé Griffon, dans les alpages marqués par le passage du loup.

«J'aide à récupérer les bêtes perdues dans la montagne, effrayées par le loup, également celles qui sont blessées puis j'aide à remettre le troupeau homogène, c'est-à-dire en garde serrée» explique ce berger de profession et de passion.

Feu et artifices
Et surtout, Gaby monte la garde nuit et jour, fait du feu et tire des artifices pour éloigner le loup. «C'est fatiguant» reconnaît-il mais un mal nécessaire pour obtenir le repos. «Le loup ne revient jamais sur sa proie» explique-t-il avant de se corriger «enfin presque jamais.»
L'homme au béret a fort à faire. Après une période d'accalmie où il faisait principalement de la prévention en face du mont Lachat, les attaques ont repris de plus belle.
Le secouriste des Alpages est sur la brêche.

Auteur : Krystel BABLÉE
Source : Le Dauphiné Libéré du 17 juillet 2008 - Edition 74

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Elle dort dans la montagne pour protéger ses brebis


L'exaspération au sujet du loup s'accroît de saison en saison chez les éleveurs. Le phénomène n'est pas nouveau, il est récurrent, et il rebondit chaque fois qu'une nouvelle attaque de troupeau est annoncée. Dimanche dernier, ce sont deux brebis qui ont été égorgées sur le site du Clos des Seigneurs à Montama-Haut. Le loup est immédiatement mis en cause par les éleveurs. Un constat a été effectué par un agent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Souvent déçus et incrédules devant les mesures officielles, les éleveurs cherchent des solutions adaptées. Certains en trouvent.

C'est dans ce contexte qu'une initiative originale a vu le jour dans le Haut-Beauchêne. Dans le continuum d'attaques récentes un peu en aval, où une soixantaine d'ovins ont, au total, été portés disparus ou retrouvés égorgés, un éleveur de Montama-Haut, déjà victime d'attaques en 2007, a décidé de prendre les devants, et de mettre en place un système défensif adapté, en accord avec les prescriptions de la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt.

Benoît Bauchau est éleveur. Son troupeau d'ovins se trouve à ce moment de l'année en altitude, au "Clos des seigneurs". L'herbe est belle et drue. Sur ce joli site pastoral, le loup n'est pas un inconnu, l'attaque de dimanche pourrait l'avoir rappelé.

« On n'élève pas des animaux pour qu'ils soient dévorés par les loups »

Benoît ne veut plus prendre de risques : il a fait le choix du pragmatisme. Chaque soir, les bêtes en estive sont rassemblées au sein d'un enclos protégé par une clôture électrique et par la présence de Swann, un patou, un chien de race "montagne Pyrénées". Mais en cas d'attaque, une présence humaine s'impose. C'est pourquoi une caravane a été acheminée sur le site.

C'est là que dort toutes les nuits Blandine, soeur de Benoît, éleveuse aussi, prête à toute éventualité. À l'issue d'une réflexion commune au cours de l'hiver dernier, le frère et la soeur ont pris une décision : Blandine sera sur place dans l'alpage, et prendra un chien de protection, qu'elle va dresser. L'animal sera secondé par trois autres chiens de troupeaux.
Pourquoi ce choix de dormir là-haut ? Il est guidé par un souci d'économie. « Les aides financières fonctionnent si les bêtes sont parquées tous les soirs», explique Blandine. Il faut éviter les trajets, car le site est éloigné et d'un accès parfois incommode. L'éleveuse se dit extrêmement choquée par les sommes colossales que coûte la protection du loup. Et le coeur parle : «On n'élève pas des animaux pour qu'ils soient dévorés par les loups. Même si on est indemnisés ».

Auteur : Alain Muret
Source : Le Dauphiné Libéré du 18 juillet 2008

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Dans les Alpes du Sud, la difficile coexistence entre éleveurs et loups


Ils ne possèdent que cinquante chèvres et cinq vaches, mais cela leur suffit pour vivre "correctement". Jean-Claude Fabre et Hugues Fanouillaire fabriquent eux-mêmes les fromages que des connaisseurs viennent acheter à La Roria, leur ferme située dans le parc national du Mercantour. "On produit peu, on transforme, on commercialise des produits de qualité, et ça marche", résume Hugues Fanouillaire. Les deux associés sont fiers de leur réussite, pas si fréquente dans les zones de montagne. Ils n'ont qu'un seul problème : le loup.

Dans la bergerie, un chevreau rendu boiteux par une morsure en témoigne : le prédateur a la dent dure. "La première attaque remonte à juin 2003 : six bêtes ont été tuées", relate Hugues Fanouillaire. Elles n'ont pas cessé depuis. "Leur comportement évolue, poursuit l'éleveur : au début, ils s'attaquaient aux bêtes malades ou isolées, la nuit. Maintenant, le loup attaque à tout moment, par jeu. Il tue quatre chèvres et n'en mange qu'une. Il sait qu'il a tous les droits."

Quasiment exterminée au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe, l'espèce Canis lupus est aujourd'hui strictement protégée au niveau international et européen. Abattre l'un de ses représentants constitue un délit qui peut conduire au tribunal. Le loup est revenu dans les Alpes françaises, depuis l'Italie, au début des années 1990. Quinze ans ont passé, mais la cohabitation avec les éleveurs est toujours aussi difficile. Hugues Fanouillaire l'affirme : "Des éleveurs qui sont pour le loup, je n'en connais pas."

"Le problème de la cohabitation ne se pose pas seulement en France, mais dans le monde entier, avec les éléphants, les lions, les tigres, les chimpanzés ou les babouins qui ravagent les cultures, explique Christine Sourd, directrice adjointe des programmes de l'association écologiste WWF France. C'est en train de devenir une source de disparition d'espèces."

Pour y remédier, les Etats concernés et l'Union européenne ont mis en place des programmes d'accompagnement. De 2004 à 2008, 5 millions d'euros ont été investis dans Life COEX, un plan visant à améliorer la coexistence entre agriculteurs et grands carnivores du sud de l'Europe. Son objectif n'était pas d'aboutir à une impossible réconciliation, mais de "faire baisser le niveau réciproque d'agressivité", selon Christine Sourd. Des actions ont eu lieu dans cinq pays aux situations comparables : la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la Croatie. Concrètement, le programme a permis d'aider à la pose de clôtures électriques pour protéger les troupeaux et d'introduire des chiens de gardiennage, les patous. L'été, des bénévoles sont venus surveiller les bêtes.

D'autres actions (héliportage de matériel dans les estives, restauration de cabanes, soutien à la valorisation économique des produits fermiers) ont été menées. En France, elles sont venues compléter les aides d'Etat au gardiennage des troupeaux, qui s'élèvent à 4 millions d'euros par an. "Dans les zones de présence forte du loup, la plupart des éleveurs utilisent aujourd'hui les clôtures et les chiens de garde", explique-t-on au ministère de l'écologie.

Quel bilan tirer de ces mesures ? Du point de vue du loup, c'est un succès. L'espèce est dans un état de conservation favorable. A tel point que des tirs sont autorisés pour faire baisser la pression sur les troupeaux. Des protocoles fixent les conditions dans lesquelles les animaux peuvent être abattus : les attaques doivent être répétées, des mesures préventives d'effarouchement doivent avoir été tentées, etc. Un quota de quelques animaux est fixé chaque année, afin de ne pas compromettre la survie de l'espèce. Au total, six loups ont été abattus dans ce cadre depuis 1992. Le braconnage existe, mais pas dans des proportions de nature à compromettre la viabilité de l'espèce.

Du point de vue des éleveurs, le bilan est plus mitigé. Le gardiennage permet de limiter les prédations, mais pas de les supprimer. "La prédation zéro n'existera jamais, affirme Jean-Luc Borelli, responsable du programme Pastoraloup, qui forme les bénévoles au gardiennage. Politiquement, les éleveurs sont donc forcément opposés aux prédateurs. Mais techniquement, certains sont prêts à les tolérer, si les dommages restent supportables."

En 1994, 200 animaux avaient été tués. En 2005, le chiffre a atteint 3 700, avant de redescendre à 2 500 l'année suivante. "Le nombre de victimes baisse, alors que le nombre de loups augmente", relève-t-on au ministère de l'écologie. L'indemnisation de ces pertes a coûté 850 000 euros en 2006.

Où se situe la limite du supportable pour un éleveur ? Selon Jean-Claude Fabre, l'associé d'Hugues Fanouillaire, l'idéal serait "zéro loup". "Il faut parquer les loups au lieu de parquer les éleveurs", dit-il. Quitte à "leur faire la guerre à mort" dans certaines zones.

"Ce n'est pas rentable de payer un salarié pour garder cinquante chèvres, renchérit son associé. Cet été, nous avons des bénévoles au troupeau, mais c'est une solution provisoire. Nous sommes prêts à faire des concessions, mais jusqu'à quand ?"

Repères : Deux prédateurs protégés
Le loup.

Disparu en France depuis les années 1940, le loup, venant d'Italie, est réapparu dans les Alpes vers 1992. Quatorze meutes - soit 150 individus environ - sont aujourd'hui dénombrées en France. Des animaux ont été repérés hors des Alpes, dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude, le Cantal, l'Aveyron et la Lozère. La population, en expansion, augmente de 15 % à 20 % par an. Son statut de conservation est favorable.

L'ours.

Il est toujours resté présent dans les Pyrénées, mais sa population diminuant peu à peu, son extinction était probable. En 1996-1997, deux femelles et un mâle ont été réintroduits. Après la mort d'une femelle, tuée par un chasseur en 2004, un nouveau renforcement de la population a eu lieu en 2005, avec l'introduction de cinq animaux. La population s'élève aujourd'hui à une vingtaine d'individus. Son statut de conservation reste défavorable.

Auteur : Gaëlle Dupont
Source : Le Monde du 22.07.08.

Faux de bonne foi ou mensonge organisé ?


Si les propos de la journaliste ne peuvent pas être remis en cause, nous pouvons nous interroger sur la bonne foi de la représente du WWF qui a été interrogée.

Prétendre que Life Coex est un succès, n'est même plus de la mauvaise foi mais carrément du mensonge. Jamais l'opposition aux grands prédateurs n'a été aussi forte en Europe mais aussi organisée. L'acceptabilité sociale dans les milieu pastoral est pratiquement au niveau zéro même si certain baissent les bras face à une fatalité qui leur est imposée par la force et avec un total mépris du travail et de la vie de ces montagnards. La haine à l'égard des éleveurs et bergers diffusée par les associations écologistes au travers de leurs divers forums n'est pas de nature à rapprocher les esprits et à calmer le jeu. Dire que Life Coex a pour but de "faire baisser le niveau réciproque d'agressivité" est faux. C'est l'inverse qui s'est produit avec…5 millions d'euros qui ont été investis dans le programme soit 1 million d'Euros de plus que le budget 2007 du Parc National des Pyrénées. Il faut quand même se poser des questions !

Et puis Life Coex concerne l'ensemble des " grands carnivores " et non " Grands prédateurs " c'est-à-dire ours et loups. Le FAPAS, organisation écologique espagnole impliquée dans Life Coex, dit elle-même que la conservation de l'ours en France est un échec. Le colloque organisé à Luchon en mai 2008 sur ce thème est tout aussi édifiant.

Que le WWF compare nos massifs de montagne avec l'Afrique et les animaux qui la peuple ne manque pas de piquant. Le WWF omet de parler de la centaine de procès qu'ont engagé des peuples "opprimés par les contraintes environnementalistes".de cette organisation.

Se satisfaire de quelques tirs de loups pour faire baisser la pression sur les troupeaux est grotesque. Les autorisations administratives données tardivement n'apportent rien, ce qui explique le propos de l'éleveur

Dire que des " actions (héliportage de matériel dans les estives, restauration de cabanes, soutien à la valorisation économique des produits fermiers) ont été menées " dans le cadre de Life Coex est mensonger. Ces actions sont inscrites depuis de nombreuses années dans les plans ours et loups sans grand succès puisqu'il y a de plus en plus de prédations. La baisse des prédations en 2007 est simplement due à la volonté des agents de l'Etat à ne pas prendre en compte toutes les prédations pour des motifs parfois les plus farfelus et ainsi faire croire à une amélioration de la situation alors que c'est l'inverse qui se produit avec un mécontentement accru.

Il faut noter que l'acceptation des opérations "Pastoraloup" menées par FERUS est plus le constat d'une résignation et d'une volonté de limiter les dégâts qu'une acceptation de la situation. Dont on sait que rien ne permettra un " zéro prédation " c'est-à-dire ce que veulent les éleveurs et bergers.

Dire de l'ours que " son statut de conservation reste défavorable " est faux. L'ours des Pyrénées n'est pas une espèce mais une population résiduelle d'ours brun qui est protégé mais pas en danger selon l'UICN (Cf. La liste rouge). Faire croire, comme le fait systématiquement le WWF est un mensonge de plus.

Globalement, la réalité est à l'opposée de que veut faire croire les environnementalistes qui utilisent depuis toujours la méthode du mensonge et de l'amalgame pour tenter de se justifier sans grand succès lorsque l'on voit ce qui se passe sur le terrain..

Louis Dollo, le 21 juillet 2008

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Dans le Mercantour, les loups gagnent du terrain


Malgré de nombreuses mesures de soutien, les éleveurs des Alpes du Sud restent massivement opposés à la présence du loup sur leur territoire. En 2006, ils ont vu 2 500 de leurs bêtes tuées par le prédateur, qui a fait son retour en France, depuis l'Italie, au début des années 1990.

Le programme européen Life COEX, mis en place pour améliorer la coexistence entre agriculteurs et grands carnivores du sud de l'Europe, s'achève en 2008. Pour les éleveurs, le bilan est mitigé. Pour les loups, c'est un succès : l'espèce est dans un état de conservation "favorable" et compte 150 individus en France.

Source : Le Monde du 21 juillet 2008

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Alpes : les loups n'ont plus peur des bergers


Les bergers du massif des Monges accusent

"Les attaques de loups se multiplient dans une indifférence quasi générale ! À croire qu'il s'agit d'un fait divers banal dont on ne parle même plus", dénoncent les bergers des Monges qui ont subi plusieurs "prélèvements" de brebis au cours des dernières semaines.

Georges Denier qui garde depuis plus de 20 ans dans ce vaste massif qui s'étend des portes de Sisteron jusqu'à Seyne-les-Alpes, en est malade, de même que son épouse, Isabelle. Leur troupeau du Groupement pastoral ovin (GPO) "La Casse de Selonnet" a subi plusieurs attaques en plein jour le week-end des 26 et 27 juillet, sur l'alpage du Petit Val-Haut, en amont de Barles. Quatre bêtes sont mortes a pu constater la DDA.

Hurlements provoqués
Quelques jours plus tôt, le troupeau voisin du GPO du Gau-Garnier, à Auzet, avait également été attaqué en plein jour. Une bête a été dévorée. Là aussi, un constat a été réalisé par la DDA. Puis, ce même troupeau fut de nouveau attaqué le 29 juillet mais sans dommage grâce au berger Guy Achard et à son stagiaire. Quelques jours plus tard, nouvelle rencontre avec deux loups au col de la Croix-d'Engile, entre les pâturages de Garnier et du Grand Val-Haut…

Suite à des hurlements provoqués le 7 août dans les Monges — "par des personnes responsables et autorisées", selon les bergers -, des loups ont répondu à deux endroits opposés de plusieurs kilomètres. Déjà, en 2007, en plus des pertes constatées, 22 brebis et deux cabris du GPO de La Casse, manquaient à l'appel au retour des alpages.

Un gros préjudice financier pour les éleveurs puisqu'ils ne sont pas indemnisés pour les animaux disparus. L'inquiétude des bergers est donc grande, sans parler du stress permanent qui accompagne leur longue journée de surveillance. Aussi les éleveurs et bergers des Monges ont-ils l'intention d'interpeller fermement les autorités — représentants de l'État, élus et responsables du monde agricole -, ce matin lors de la foire aux agnelles de Thoard.

Auteur : Gilbert Mathieu
Source : La Provence du mercredi 20 août 2008

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Attaques de loups : Les éleveurs exaspérés


Comme un écho sur les plateaux du Vercors... Cet été encore, les grands canidés ont frappé les troupeaux drômois dans les vallées. De Bouvante-le-Haut au plateau d'Ambel. Ravivant la colère et l'impuissance des éleveurs.

«Nos troupeaux sont leurs cantines»
«Mes vaches et mes veaux ont à nouveau été attaqués cette année » lâche Michel Curte, qui parque sa cinquantaine de bêtes sur le secteur de Bouvante-le-Haut. Révolté, il poursuit: « dans la nuit du 5 au 6 août, un veau a été tué par le loup. À seulement 15 mètres de la route ! Le 7, les services de la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF) et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sont venus constater cette attaque. L'attribuant au grand canidé ! ».
L'éleveur dénonce l'absence de « solutions de la part des autorités. Personne ne veut prendre la responsabilité de tirer sur le loup. Il n'a pas de prédateur et sa population ne fait qu'augmenter au fil des années. Et ce sont nos troupeaux qui servent de cantines. Ce système se moque des éleveurs et des bergers ».

«Obligé d'évacuer mon troupeau»
Alors pour éviter les attaques, les éleveurs doivent réagir. « Au printemps, 5 brebis ont été tuées. J'ai alors été obligé d'évacuer mon troupeau sur Bouvante-le-Bas où, à ce jour, il n'y a pas encore eu d'attaque » précise René Faure. Et, c'est avec appréhension que l'éleveur va remonter ses bêtes en fin de semaine prochaine. « Notre secteur reste beaucoup touché au fil des années. Rien n'évolue, les loups sont installés ! J'ai, cette année, l'autorisation de tirer avec mon fusil de chasse. Ce n'est toujours pas une solution. Je ne vais pas passer mon temps à surveiller ! L'idéal serait que les gardes de l'Office national de la chasse puissent tirer ! »

«Nous avons vu deux loups attaquer en plein jour»
Dans ce fond de vallée, sous ce ciel d'azur de Bouvante-le-Haut, des brebis ont également été attaquées en juillet. Sur l'exploitation de Denis Faure, le grand canidé a frappé à trois reprises. « Nous avons vu deux loups attaquer. Trois fois, en plein jour et à proximité de la ferme. C'est inquiétant ! » affirme Delphine Combier. « Des agents de la DDAF et de l'ONCFS sont venus constater sur place le triste bilan: trois bêtes disparues et deux blessées ».

«Il faut choisir : les éleveurs ou les loups ?»
Sur le plateau d'Ambel, le loup aussi ravage les troupeaux. Amer, Erik Champlovier lance: « les attaques ont débuté il y a une quinzaine de jours. Au total, 3 brebis ont été tuées, et 20 sont égarées. Des constats ont été effectués révélant des attaques de loups. Aujourd'hui, les autorités doivent réagir. Il faut choisir entre les éleveurs et le loup. J'ai l'impression que les autorités ne veulent que des touristes sur le plateau ! »

Auteur : Thomas ZIMMERMANN
Source : Le Dauphine Libéré 26C du 20/08/2008

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Le comité du loup fait le point dans la Drôme


Le groupe restreint du comité du loup s'est réuni hier soir dans les locaux de la DDAF. «Une rencontre pour faire le point sur la situation. Sur les différentes attaques » commente François Gorieu. Autour de la table: des professionnels agricoles, la Fédération des chasseurs, des lieutenants de louveterie, l'ONCFS, la Frapna, la Cora, l'Association des maires, le Parc naturel du Vercors et la DDAF.

François Gorieu poursuit: «les différents moyens pour répondre à la problématique des attaques ont été évoqués. Comme les effaroucheurs sonores, les flashs lumineux. Mais aussi les mesures de protection, les divers financements portant sur clôture, gardiennage, chiens (Patou). Nous avons également évoqué les différents tirs de défense mis en place en fonction des dommages sur les exploitations. Puis, l'étape ultime, les tirs de prélèvement. Aujourd'hui, dans la Drôme, seuls les tirs de défense sont autorisés ».

Pour les indemnisations prévues aux éleveurs, une fois l'attaque observée par les services de l'ONFCS sur place, différents constats sont effectués par la DDAF. « Soit l'attaque est attribuée au loup, soit il subsiste des doutes, et nous attendons des éléments supplémentaires ».

Le montant des indemnisations est variable suivant plusieurs paramètres. En fonction notamment de la taille du troupeau.
Selon la DDAF, depuis le début d'année, 71 ovins ont été tués par les loups. Le montant total des indemnisations s'élève à 14 000 €.

Auteur : T.Z.
Source : Le Dauphiné Libéré 26C du 20/08/2008

Observations


Nous pouvons noter que les environnementalistes sont largement majoritaires dans ce groupe et que la FRAPNA dispose du monopole associatif sans aucun contre-pouvoir.

Quant aux mesures de protection annoncées, François Gorieu devrait faire le voyage des Asturies hors des circuits officiels pour se rendre compte que tout son "baratin" est inapplicable. Et les Asturies en Espagne ont une autre expérience que la Drôme et les Alpes dans ce domaine. Par ailleurs, avec un peu de bon sens, il n'est pas difficile d'imaginer que mettre des clôtures anti-loup partout n'est pas la solution et que le gardiennage d'un troupeau de 50 brebis à côté d'un village est une utopie pour ne pas dire une stupidité intellectuelle de bureaucrates.

Rappelons également que c'est dans la Drôme que l'ONCFS a assigné la fédération des chasseurs en justice en diffamation pour avoir émis des doutes sur leur volonté de réaliser des tirs de prélèvement qui avaient été officiellement décidés. Evidemment, ils ont été déboutés de leur action au motif que la Fédération des chasseurs avait le droit d'émettre une opinion. Ce comportement en dit long sur la mentalité et le droit d'expression dans ce milieu. Le dit comportement est d'ailleurs à rapprocher de menaces et intimidations dont certains éleveurs font l'objet à la suite de prédations.

Louis Dollo, le 21 août 2008

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Un arrêté autorisant des opérations de destruction


Le loup est considéré comme une "espèce strictement protégée" par la convention de Berne, ratifiée par la France. Mais dans plusieurs pays, dont le nôtre, des associations d'élus tentent de le faire déclasser de la liste des espèces protégées. Malgré cette mesure de protection, un arrêté ministériel permet chaque année d'abattre quelques loups. Il a été pris cette année le 23 mai, par le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. Il autorise des opérations de destruction de loups (Canis lupus) pour la période 2008-2009.

Ainsi, "il peut être procédé, à titre dérogatoire, à des opérations de destruction de spécimens de l'espèce loup aux fins de prévenir des dommages importants aux élevages et dans la mesure où il n'existe pas d'autre solution satisfaisante. Les opérations de destruction ne peuvent intervenir que si les mesures de protection des troupeaux et le recours à l'effarouchement ne constituent pas une solution satisfaisante pour prévenir ces dommages (...)
Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles et femelles) dont la destruction est autorisée en application du présent arrêté est fixé à 6 (...)".

Source : Le Dauphiné Libéré 26C du 20/08/2008

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«Nous entrons dans la période sensible»


Pour François Gorieu, chef du service environnement de la DDAF, «des attaques de loups, il y en a eu, il y en a, et il y en aura ! Cette année encore, elles ont eu lieu dans les secteurs de Bouvante et du plateau d'Ambel ». Le grand canidé reste pour les services de la DDAF, «un sujet sensible. Notre objectif: faire cohabiter le loup et les éleveurs. Nous sommes, en quelque sorte, dans la médiation ».

À chaque attaque, les éleveurs contactent les services de la DDAF. « Une fois informés poursuit François Gorieu, des agents de l'ONCFS se rendent sur place. Ils établissent un "constat de dommage" afin de lancer une procédure d'indemnisation. Le loup agit selon un mode opératoire bien précis. Différentes caractéristiques peuvent ainsi être observées. Par exemple, l'animal ne consomme jamais les viscères de sa victime ».

Le chef du service environnement ajoute: « notre grosse difficulté revient à déterminer sa population. Alors, différentes opérations sont menées. Comme celle des "hurlements provoqués". Pour servir nos services et les éleveurs. D'autant que nous entrons dans une période sensible... »

Auteur : T.Z.
Source : Le Dauphiné Libéré 26C du 20/08/2008

Observations


Nous sommes ici en présence du parfait exemple de fonctionnaire irresponsable. Son rôle se limite béatement à constater des dégâts, faire la promotion d'un catalogue de mesures administratives inapplicables sur le terrain (il suffit de voir ses résultats et ce qui se passe dans les Asturies) et déterminer la population de loups. Alors qu'il dépend d'un ministère ayant en charge l'élevage, il ne propose rien en faveur des éleveurs notamment les petits sans défense. Il est assez lamentable de se répandre devant la presse avec aussi peu de consistance.

Qu'attend-il pour passer à la phase active d'application de l'arrêté du 23 mai ? Curieux silence !

Louis Dollo, le 21 août 2008

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Polémique dans les Bauges : Quand le loup se fait tirer... le portrait


Dans les Bauges, le loup fait courir les chasseurs d'images. Le 15 juin dernier, un habitant marchait sous la dent de Rossanaz, au dessus d'Aillon-le-Vieux quand il a photographié l'animal. «Je l'ai d'abord vu d'assez près, à découvert et en plein jour. Le temps que je sorte mon appareil du sac à dos, il était déjà à 80 mètres. Mais avec le téléobjectif, la photo ne laisse pas de doute», affirme cet homme qui tient à rester aussi discret que son document. Celui-ci a pourtant fait le tour des techniciens chargés du suivi de l'espèce en Savoie.

«C'est bien un loup», affirment de concert un technicien de la réserve nationale de chasse et de la faune sauvage des Bauges, un chef de secteur de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCSF) et les services de la Direction départementale de l'agriculture (DDA), qui ont analysé l'image.

Depuis, une seconde photo circule dans les Bauges. Elle a été prise vendredi dernier à Jarsy par Mikaël Boccon-Doure, 18 ans, à Jarsy. «Il était 7 h 30 le matin. Quand ma mère l'a vu, elle m'a vite réveillé et j'ai pris mon appareil. Il était assis tranquillement à 300 mètres. On tous pu l'observer plusieurs minutes depuis notre terrasse avant qu'il reparte.»
Les experts n'ont pas encore livré leur verdict, mais ils s'intéressent de près à cet animal observé en bordure de la réserve nationale de la chasse, où plusieurs cadavres de chevreuils et de mouflons ont été récemment découverts. Une troisième photo aurait été aussi prise du côté de Bellecombe-en-Bauges.

Calmer le jeu
Les uns chassent en numérique, d'autres n'hésitent pas à prévenir qu'ils tireront au fusil s'ils aperçoivent le prédateur à proximité des troupeaux. Il faut dire que les attaques à répétition ont fait monter la pression l'an dernier. Au point qu'une dizaine d'éleveurs en colère débarquaient en septembre devant les bureaux de la DDA à Chambéry avec une carcasse de vache tarine mortellement blessée par les crocs d'un canidé.
Les analyses allaient révéler que rien ne prouvait qu'il s'agissait d'un loup, mais les résultats étaient tenus confidentiels. Pour calmer le jeu. Il faut dire que l'attaque avait eu lieu sur l'alpage du Margeriaz, qui avait plusieurs fois reçu la visite du loup.
Même doute des experts sur sa responsabilité dans la perte de 480 brebis à Montsapey (en Maurienne). Mais le climat passionnel rendait difficile de le dire trop fort face à des éleveurs remontés à bloc.
Le présence du loup dans les Bauges n'est plus un secret. Ils y sont installés depuis deux ans. L'un d'eux a même été abattu en juillet 2005 par Denis Dupérier, exédé par les attaques à répétition sur son troupeau au Margeriaz. L'affaire faisait grand bruit et le procès était très attendu, le loup étant une espèce protégée (lire ci-contre).
Depuis, d'autres congénères ont pris goût au massif. Le garde-manger est idéal. La forêt recouvre la moitié des Bauges, permettant de se déplacer et de se cacher en toute tranquillité. Le territoire a par ailleurs maintenu un agriculture vivante, qui fait des troupeaux des victimes exposées. Il abrite enfin une réserve nationale de la chasse dans laquelle le prédateur peut se servir sans risque.
Bruno Gravelat, technicien de la réserve, confirme : «Nous avons profité de l'hiver pour organiser plusieurs opérations de suivi en profitant de la neige. Nous avons constaté peu d'attaques sur la faune, mais les traces relevées montraient bien que le loup est dans les Bauges.»

Quelques repères


Une espèce protégée
Le loup est considéré comme "espèce strictement protégée" par la convention de Berne, ratifiée par la France. Mais dans plusieurs pays, dont le nôtre, des associations d'élus tentent de le faire déclasser de la liste des espèces protégées.
Malgré cette mesure de protection, un arrêt ministériel permet chaque année d'abattre quelques loups «aux fins de prévenir des dommages importants aux élevages et où il n'existe pas de solution satisfaisante.»

Six loups dans le viseur
L'arrêté du 23 mai 2008 autorise la destruction de six loups sur l'ensemble des massifs où il est présent (en dehors des parcs nationaux et réserves) en cas de dommages importants et récurrents aux troupeaux. Elle ne peut être effectuée que sous le contrôle de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. La liste des personnes habilitées pour le tir est fixée par le préfet.

L'affaire du Margeriaz
La Cour de cassation a partiellement annulé l'arrêt rendu le 11 janvier 2007 par la cour d'appel de Chambéry. Celle-ci avait relaxé l'alpagiste qui avait tué un loup le 1er juillet 2005 au Margeriaz. L'affaire sera rejugée par la cour d'appel de Grenoble.


Auteurs : Jacques LELEUavec Guy ROCHON
Source : Le Dauphiné Libéré du 73A du 15/08/2008

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Les loups font reparler d'eux


Les bergers de la montagne des Monges, dans les Alpes de Haute-Provence, dénoncent une recrudescence d'attaques de loups sur leurs troupeaux de brebis.

Depuis le début de l'année, on a recensé 45 attaques, soit sensiblement le même nombre que l'an dernier et 118 brebis tuées. La population des loups serait stable dans le département où trois meutes semblent s'être établies.

Demain matin, lors de la Foire aux agnelles de Thoard, les bergers devraient interpeller les autorités départementales et leur faire part de leurs craintes et de leur colère.

Source : La Provence du 19 août 2008

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Survivre avec les loups


Alpes du Sud. Le retour du prédateur fait peser sur les bergers des contraintes qu'ils supportent mal.

Réinstallé dans les Alpes, “Canis lupus” sera demain dans les Cévennes ou les Pyrénées. Un défi douloureux pour les éleveurs attachés à leurs traditions.

C’était à l’heure où tout se tait dans la grande nuit noire de la montagne.Soudain,un bêlement étranglé, des grognements rageurs, le bruit de la terre battue par des corps lourds. L’aideberger, le doigt sur la gâchette du fusil, est sorti de sa cabane. Et s’est trouvé nez à nez avec trois grands loups plantés devant deux brebis déjà égorgées. Les trois ont fixé le berger. Six yeux étincelants, impérieux, attentifs. Le grand gaillard, en sueur, a alors senti monter en lui la terrible peur du loup, irrésistible,ancestrale.
Vite,vite, il a fui dans sa cabane pendant que les trois loups dépeçaient tranquillement les brebis. L’éleveur venu prendre la relève quelques heures plus tard l’a trouvé là, toujours gémissant, « pâle comme un mort, inconsolable comme un enfant ».

L’aide-berger a juré qu’on ne l’y reprendrait plus.L’éleveur, lui,n’a pas le choix: souvent enfant du pays,né deparents et de grands-parents euxmêmes éleveurs, et responsable de centaines de brebis, il lui faut vivre et travailler avec le grand prédateur, revenu en France au début des années 1990,en passant tranquillement d’Italie en France, dans le parc du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes…

Bernard Bruno, éleveur à Saint- Vallier-de-Thiey et président du syndicat ovin des Alpes-Maritimes, prend garde de ne pas l’oublier. Stature massive, oeil clair et perçant, il fouille inlassablement l’horizon du regard.Autour de lui, les portes de Longon,au-dessus de Roubion,dans la vallée de la Tinée, un vaste cirque ouvert entre ciel et mélèzes, où résonnent les sifflements des marmottes et les aboiements des chiens. Le troupeau est-il à l’abri, regroupé entre les chiens qui patrouillent? N’y a-t-il aucune bête isolée, attardée derrière quelque broussaille ? Durant le seul été 2007, l’éleveur a reçu dix fois la visite du loup. Dix attaques qui se sont déroulées très vite, n’ont laissé que peu de traces et aucune chance à la vingtaine de brebis emportées.

Tous les éleveurs des Alpes vivent peu ou prou sous la menace. En cause, le mode d’élevage extensif, traditionnel dans tout le sud de la France.Bio avant l’heure et avant la mode,le mouton du Mercantour vit dehors et se nourrit des fleurs et de l’herbe sauvage des alpages durant huit à dix mois dans l’année, changeant de site et d’altitude en fonction des saisons.Une itinérance constante qui rend les moutons aussi savoureux que vulnérables.Le loup ne s’y est pas trompé. Lui qui se nourrit ailleurs à 80 ou 90 % d’ongulés sauvages, c’est-à-dire de mouflons et de chamois, préfère les ongulés domestiques dans le Mercantour.Moutons et agneaux, agrémentés parfois de quelques chèvres,peuvent y représenter jusqu’à 45 % du menu. «Mettez vous à sa place, explique malicieusement Jean-Jacques Suppo, un montagnard de Saint-Étienne-de- Tinée. Le loup est rationnel : il préfère prendre des moutons, dodus, paisibles et pas très malins, plutôt que des chamois, sauvages et agiles, qui lui filent sous le museau… »

Bien sûr, les éleveurs ne laissent pas le prédateur se servir sans se défendre : des chiens patous,originaires des Pyrénées, patrouillent en permanence autour des troupeaux. Les brebis,autrefois libres,sont maintenant parquées la nuit, au plus près des cabanes pour être plus aisément surveillées. Des aides-bergers, dont le nombre varie en fonction de la taille du troupeau, ont été recrutés. Des méthodes efficaces, mais pas infaillibles.«Dans l’ensemble des Alpes, plus de 700 attaques et 3000 victimes ont été recensées en 2007 », constate Christophe Duchamp, ingénieur à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Des dégâts « tout naturellement » en croissance, du fait de l’extension géographique et numérique constante du prédateur.

Car la convention de Berne, ratifiée en 1990 par la France, est formelle : le loup doit être « strictement protégé », son expansion étudiée et sa bonne santé assurée.Résultat: il prospère.Les scientifiques de l’ONCFS scrutent les traces et analysent les déjections. Loup, y es-tu ? Il est déjà dans les Préalpes,on l’a vu dans les Cévennes, on le soupçonne dans le Jura et dans les Pyrénées- Orientales… Cette « espèce très plastique », selon les termes des scientifiques, peut s’acclimater à tous les environnements. Ne l’a-t-on pas vu se nourrir dans des… champs de maïs en Espagne? «Dans quelques années, vous verrez, il mangera les croquettes dans les jardins des banlieues de Nice ! » ricane un berger.

Les éleveurs, ultime présence humaine permanente dans les hautes vallées, sont en première ligne.D’où l’aide des pouvoirs publics qui s’est mise peu à peu en place,de l’indemnisation directe lorsque des animaux sont tués – entre 130 et 450 euros par animal, selon les cas – au paiement des chiens patous en passant par la prise en charge des salaires des aides-bergers.La seule indemnisation directe représente quelque 800 000 euros par an dans les Alpes. Une somme déjà rondelette, qui dépasse les 4 millions en 2007 si l’on y ajoute les salaires des aides-bergers, pris en charge à hauteur du Smic jusqu’à huit mois par an, ou encore les aides à l’équipement en patous et en parcs. Sans parler des multiples emplois scientifiques et administratifs qui gravitent autour du dossier.

Beaucoup d’argent en somme.
D’autant que si l’on s’en tient à la stricte sécheresse des chiffres, les dégâts semblent limités : « Chaque année, 550 000 moutons montent en zone de présence du loup sur l’ensemble des Alpes.Les 3000 victimes de 2007 représentent quelque 0,5 % de ce total », explique Christophe Duchamp.

Les éleveurs en conviennent : le problème n’est plus vraiment quantitatif.

Pas facile de se faire bien comprendre ! Bernard Bruno réfléchit,explique, insiste: «Le loup, au bout du compte,on peut encore s’en accommoder. Ce n’est qu’une bête, peut-être a-t-il des droits sur la montagne, après tout… Mais tout le reste! Tout ce que cette affaire a impliqué! La paperasse, le temps perdu, la liberté rognée, nos métiers et nos vies brisés… »

Plus que leur revenu écorné, plus même que leurs brebis égorgées, les éleveurs pleurent en fait leur métier perdu. Ils étaient des hommes libres : il leur faut rendre des comptes à tout le monde. Centres de gestion, dossiers administratifs liés aux aides et subventions, contrats, salaires : une perte de temps qui éloigne sans cesse les éleveurs de leurs alpages alors même que la surveillance est devenue cruciale. Ils étaient seuls, le plus souvent: il leur faut vivre avec des aides-bergers, au savoir-faire fragile, ou des “écovolontaires” envoyés par les associations de protection de la nature et souvent soupçonnés de préférer le loup aux moutons. Le troupeau, lui aussi, était libre: le voici protégé mais parqué, exclu de certains pâturages.Toute une tradition mise en cause: «Veut-on que l’on passe à l’intensif, à l’industriel,aux animaux gavés d’aliments préfabriqués? » se récrie un berger.

La vie quotidienne ne vaut pas mieux.
Les patous, des chiens blancs très impressionnants, sont ingérables en zone touristique. "Sur le plateau de Chéron, dans l’arrière-pays vençois, nous ne pouvons pas les garder. Trop dangereux", explique Jean-Pierre Isnard, éleveur à Vence et président de l’association départementale des Jeunes Agriculteurs.Nombre de communes, inquiètes de la présence des molosses, leur interdisent la traversée de leur territoire. Sans parler de ceux qui, apeurés, les empoisonnent aux abords des villes.Comment, dans ces conditions, mener à bien la transhumance, grand moment de la vie du troupeau ?

Les aides ?
« C’est beaucoup d’argent, c’est sûr, souligne Monique Bassoleil, chef du service élevage à la chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes. Mais un argent qui au fond ne satisfait personne et ne fait que compenser le manque à gagner.Les éleveurs auraient préféré qu’on les aide à se doter de cabanes décentes, ou bien à financer des équipements d’alpage, parcs en dur… » Surtout,cet argent a fait naître la suspicion, humiliante : « Aujourd’hui, on nous traite de chasseurs de primes », laisse tomber, amer, Jean-Pierre Isnard. Pour ne pas dire pire : « On nous a amené un prédateur qui nous tue. On n’a pas ou peu le droit de se défendre. Et en plus, on passe pour des voleurs ! », s’emporte Bernard Bruno.

Blessure insupportable pour des hommes fiers de leur histoire et de leurs valeurs. Car, bien que de faible rapport,le métier de berger était depuis toujours considéré comme noble.On y vivait au sein des grands espaces, au contact du monde sauvage, sur les traces des parents et grands-parents. Les touristes le savaient bien, eux qui au hasard des chemins, naguère, ne saluaient le berger, un ancien le plus souvent, qu’avec grand respect, en prenant soin de ne pas déranger.

Bernard Bruno se tourne vers ses enfants, présents pour les vacances sur l’alpage : prendront-ils la relève ? L’éleveur n’y croit guère. D’autant que l’histoire n’est pas finie : "Vous verrez, conclut-il, goguenard, demain, nous aurons l’ours. Lui aussi arrivera tranquillement, par la montagne. Et on lui déroulera le tapis rouge."

Source : Valeurs Actuelles du 21 août 2008

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Préfecture de la Drôme : Mise en oeuvre du plan d'action loup


Le Préfet de la Drôme vient d'autoriser la mise en œuvre de tirs de prélèvement d'un loup par arrêté préfectoral du 22 août 2008.

Cette décision intervient suite aux attaques recensées sur un troupeau du Vercors, après que les mesures de protection, aient été mises en place. L'arrêté interministériel du 23 mai 2008 établit un cadre d'intervention précis et décline un protocole technique qui intègre une mise en place progressive des mesures de protection des troupeaux, fonction de la récurrence des attaques : les opérations de prélèvement d'un loup ne peuvent intervenir que si la mise en œuvre des mesures de protection, d'effarouchement et de tirs de défense n'a pas apporté de réponse satisfaisante.

Source : Préfecture de la Drôme du 22-08-2008

Chasse au loup dans la Drôme… Mais quelle chasse !


Le Préfet de la Drôme vient " d'autoriser la mise en œuvre de tirs de prélèvement d'un loup par arrêté préfectoral du 22 août 2008. "

Le motif : " ….suite aux attaques recensées sur un troupeau du Vercors, après que les mesures de protection, aient été mises en place. " Et en précisant que "confrontés à des attaques répétées, les éleveurs d'un groupement pastoral du Vercors qui avaient contractualisé des mesures de protection depuis plusieurs années, ont mis en œuvre des mesures d'effarouchement de manière régulière depuis la montée des animaux en estive.
" Le troupeau continuant à subir des attaques, l'organisation de tirs de défense a été sollicitée le 4 août dernier. Les conditions de réalisation de ces tirs étant respectées, ils ont été autorisés le 7 août 2008.
" Malgré ces tirs de défense, le troupeau a continué à subir des dommages attribués au loup. "

Voilà un bel aveu d'impuissance de la part de l'administration face à ces prédateurs. Mais mieux encore, c'est la preuve que les mesures de protection sont inefficaces. Il n'est plus besoin de discours pour l'expliquer. Le Préfet de la Drôme vient d'apporter les éléments.

En plus de cet aspect de l'inefficacité des mesures de protection, il apparaît que la décision du Préfet est pour le moins stupéfiante. Décider du prélèvement d'un loup et d'un seul, s'est s'imaginer naïvement que le loup attaque seul et que les lieutenants de louveterie vont abattre, comme par hasard, précisément celui qui occasionne des dégâts. Prenons cet aspect des choses avec un esprit de dérision. Mais pour l'éleveur, le côté bouffonnerie préfectorale n'est sans doute pas aussi bien perçu.

Fort heureusement, la Préfecture de la Drôme ne risque pas d'attaques de loups. La République n'est donc pas en danger. Toute fois, nous pouvons constater que le Préfet Jean Claude Bastion, manifestement encore nostalgique des estives des Hautes-Pyrénées, n'a pas encore assimilé les alpages du Vercors pour comprendre que l'attaque d'une meute de loups n'est pas la même que celle d'un ours.

Louis Dollo, le 22 août 2008

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Les loups sont entrés dans Annot !


Depuis plusieurs années déjà, la rumeur allait bon train. On avait vu le loup dans les environs de la commune, mais rien de certains pour les autorités qui se contentent, pour l'instant, d'instruire chaque dossier d'attaque de troupeaux de moutons dans la région.
En effet, en deux étés, des attaques sur les troupeaux ont été constatées dans la région de Daluis, Sausses, Castellet-lès-Sausses, Méailles et même Vergons. Toutes ces attaques ont pourtant bien été attribuées au loup après les tests ADN réalisés par l'Office National de la Chasse.

La présence du loup est aujourd'hui quasiment certaine dans la proche région d'Annot, elle-même voisine des Alpes-Maritimes où la présence de l'animal est avérée, même si officiellement personne ne l'a encore vu.

En effet, c'est bien connu, l'animal craint l'homme et fait tout pour l'éviter. Des traces ont bien été constatées mais de loup personne n'en a vu la queue !
Pourtant, le mois dernier, des brebis qui pâturaient en alpage dans les prés juste au-dessus du hameau de Peiresc, à proximité du centre de ski de fond de La Colle Saint-Michel, ont été attaquées, à peine quatre jours après leur arrivée sur le site.
Trois bêtes grièvement atteintes par les morsures sont mortes malgré la présence d'un chien de berger patou et des bergers sur place. Le constat a été effectué par les gardes de l'Office National de la Chasse.

Pas de raison d'avoir peur de cet animal qui, rappelons-le, n'a jamais attaqué l'homme depuis son retour dans notre région, et qui de plus pourrait être un intérêt touristique pour les amoureux de la nature qui, tout en se promenant, peuvent rechercher des traces de loups sur les nombreux sentiers pédestres qui serpentent dans les forêts tout autour d'Annot.

Dernière minute
On a d'appris hier, grâce aux fiches Alerte réseau Loup-Lynx mis en place par les préfectures, que le 14 août, une nouvelle attaque de troupeau a eu lieu cette fois-ci sur le territoire du canton d'Annot au lieu-dit le Grand Coyer sur des moutons appartenant aux éleveurs Baggiarini-Dozol d'Annot et du Fugeret. Le lendemain une autre attaque de troupeau avait eu lieu sur l'alpage de Sestrières sur le domaine de la Foux d'Allos. À chaque fois un mouton a été tué.

Auteur : Bourgue Louis
Source : Nice Matin du 23 août 2008

Observations


Annot est un site important d'escalade de bloc

Sur les affirmations prétendant que le loup n'est pas dangereux pour l'homme, sans pouvoir l'affirmer ou l'infirmer, nous recommandons la lecture de "Histoire du méchant loup - 3 000 attaques sur l’homme en Franc. XVè-XXè siècle" de Jean-Marc Moriceau - Editions Fayard

Voir également l'article de la revus "Valeurs Actuelles" : Survivre avec les loups

Ces observations sont purement indicatives et laissons le lecteur libre de se forger sa propre opinion

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Vingt bêtes sont mortes : Des brebis attaquées


Par deux fois au mois d'août, le berger qui garde les 1400 brebis de cinq éleveurs ancellus a eu la mauvaise surprise de retrouver des bêtes mortes étranglées ou blessées au petit matin. Les rescapées, elles, s'étaient éparpillées à plusieurs centaines de mètres de la couchade (lieu où dorment les brebis). Les faits se sont produits dans les nuits du 17 au 18 août, et du 22 au 23 août, au lieu-dit "La plaine".
Seize bêtes ont été tuées la première fois, et quatre la deuxième. Il aura fallu par ailleurs une journée entière pour récupérer toutes les brebis égarées. C'est la première fois que la vallée est aussi durement touchée.

Pour les éleveurs, il s'agit du loup
D'après le constat établi par un garde du parc des Écrins, les brebis auraient été victimes d'un "grand canidé". Mais pour les éleveurs, il s'agit du loup. D'après eux, certains signes ne trompent pas: «Les bêtes ont des trous dans la peau uniquement au niveau du cou. Les chiens mordent aussi à cet endroit-là mais sans s'y limiter. Il font des blessures de partout. Par ailleurs, s'il s'agissait vraiment d'un chien, on l'aurait vu, raconte Thomas Vincent, l'un d'eux. De plus, un autre troupeau a également été attaqué récemment au col des Tourettes (vallée de Champoléon), or un chien ne parcourrait pas toute cette distance...».
En plus d'avoir perdu des brebis, les éleveurs ont perdu les agneaux de certaines qui, à cause du stress, ont mis bas avant terme. «Une douzaine de brebis on pourra assumer, mais pas plus», indique Renaud Chauvet, responsable de l'alpage. «Nous sommes indemnisés pour les pertes directes mais il y aura toujours le manque-à-gagner dû aux avortements», ajoute Thomas Vincent.

Inquiétudes
Suite aux attaques, ils ont parqué les bêtes, et installé un effaroucheur, appareil émettant du son et de la lumière afin de repousser le prédateur.
Les éleveurs s'inquiètent tout de même pour le devenir de leur troupeau, craignant que le «loup» s'installe dans le secteur. Mais ils ne comptent pas se laisser faire : « On fera tout pour qu'il ne s'installe pas. Il est bien ailleurs mais pas chez nous... »

Source : Le Dauphiné Libéré 05A du 29/08/2008

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Loup décapité de Presles : plainte classée sans suite


En janvier 2008 un loup avait été retrouvé décapité sur la commune de Presles. Plusieurs associations environnementalistes avaient déposées plainte. Faute de trouver un auteur, la plainte vient de faire l'objet d'un classement sans suite de la part du procureur de la république de la Cour d'Appel de Chambéry.

L'ensemble des associations ont reçu le même courrier qu'AVES-France.

Il s'agit d'un courrier classique qui est systématique à la suite d'un classement sans suite. Bien sûr, AVES se plaint de ne pas recevoir la même chose des Pyrénées. Cette association, comme beaucoup d'autres, très lointaine du terrain des Alpes et des Pyrénées, profite de ses prérogatives de pouvoir ester en justice et se porter partie civile. Action parfaitement légale qui ne saurait être contestée. Néanmoins, il nous semble que dans ce domaine, il pourrait bien y avoir des abus de droit. Ou du moins une utilisation perverse du droit.

Il suffit d'avoir des droits sans avoir un intérêt direct ou indirect pour percevoir le plus légalement du monde des dommages et intérêts. Nous pouvons voir arriver des spécialistes du fait à chaque fois qu'il y a un problème. Le summum du système a été à l'occasion du procès du chasseur de la vallée d'Aspe qui a tué Cannelle. Nous y avons vu notamment une association qui n'a qu'une existence administrative, présidée par un magistrat, qui n'a pour seule activité que des communiqués de presse et des actions judiciaires. Récemment, avec la blessure de Balou, une association totalement méconnue du publique a fait connaître son intention de déposer plainte. Nous avons ainsi des spécialistes du rackette légale.

AVES se plaint de ne rien recevoir des Pyrénées. La belle affaire ! Son Président, Christophe Coret, devrait s'en réjouir. Ceci signifie que l'affaire n'est pas encore classée et que, normalement, l'enquête se poursuit. Je suppose qu'il s'agit de l'affaire Franska. Parions qu'elle sera également classée compte tenu du caractère trouble qui l'entoure.

A quand la prochaine affaire pour gagner de l'argent ?

Louis Dollo, le 11 septembre 2008

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Cohabitation raisonnable entre les loups et les éleveurs des Alpes


Dans l'arrière-pays niçois, les mesures de protection des troupeaux contre le loup commencent à porter leurs fruits. Mais le programme européen Life Coex s'achève à la fin du mois. Saint-Étienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes), de notre envoyé spécial.
« La première attaque, c'était en juin 2003. Je m'en souviens encore, c'était vers 10 h 30 du matin, à quelques centaines de mètres au-dessus de chez nous et non pas à l'estive là-haut dans la montagne. On avait déjà gardé les chèvres pendant deux heures quand "il" a foncé sur le troupeau et tué six chèvres. Ça nous a fait un choc, car on pensait être à l'écart », raconte avec quelques soubresauts dans la voix Hugues Fanouillaire, 42 ans, éleveur de chèvres et de vaches près du Parc du Mercantour, à quelques kilomètres à vol d'oiseau de la frontière avec l'Italie.

Celle-là même où, un beau jour de 1992, le loup est revenu spontanément et s'est installé du côté français en posant les problèmes que l'on sait. Du coup, sans en être vraiment convaincu, Hugues a accepté de profiter du programme européen Life Coex (pour « coexistence entre les hommes, le loup et l'ours ») et de collaborer avec les associations WWF, Pastoraloup Ferus et le Fonds d'intervention éco-pastoral pour tenter de lutter contre le prédateur.

Associé à Jean-Claude Fabre, 48 ans, natif du pays, Hugues s'est installé au hameau de la Blache, à 900 m d'altitude, avec sa femme Magalie et leurs deux enfants, âgés aujourd'hui de 12 et 17 ans. Là, dans une grande grange-étable équipée d'une salle de traite et située près de la route qui monte à la station d'Isola 2000, il élève une cinquantaine de chèvres de race alpine et du Rove, ainsi qu'une demi-douzaine de vaches montbéliardes. Il « fait du lait » et produit des fromages, des tomes, qu'il valorise en vente directe à la ferme et dans les marchés des alentours. « Ça fait treize ans qu'on est installés ensemble. On produit peu, mais on fabrique un produit de qualité et on valorise une zone de montagne où il y a une grosse déprise agricole et où les terrasses s'embroussaillent de plus en plus, explique Hugues. On a des salaires corrects et on rembourse nos emprunts. » « Mais l'arrivée du loup nous pose un vrai problème? », poursuit-il ? et l'on sent déjà qu'il retient sa colère.

D'autant que le comportement de l'animal a évolué. Auparavant, il chassait la nuit et s'attaquait surtout aux bêtes malades ou isolées. « Aujourd'hui, le loup attaque plus régulièrement de jour, et pas pour se nourrir, mais par jeu », assure Hugues. Pourtant, des mesures concrètes et efficaces ont été prises à la fois par le programme européen Life Coex à hauteur de 5 millions d'euros et par les ministères de l'écologie et de l'agriculture (4 millions). « En cumulant ces aides, on peut acheter un chien de montagne des Pyrénées ? ou patou ? dressé pour dissuader et repousser le loup, s'équiper en clôture électrique légère et démontable pour les troupeaux de moutons à viande qui passent l'été dans les alpages et doivent être rassemblés chaque nuit, restaurer les cabanes de bergers, être doté d'un radiotéléphone ou encore bénéficier d'un muletage ou d'un héliportage pour monter matériels et victuailles dans les estives », expliquent de concert Jean-Luc Borelli, responsable de Pastoraloup Ferus, et Cyprien Zaire, technicien en chien de protection à l'Association pour la cohabitation pyrénéenne.
Ces aides permettent d'indemniser les « écovolontaires », des étudiants ou des personnes de n'importe quelle profession, suffisamment motivés et pas avares d'efforts physiques pour aider les éleveurs. Ainsi, en ce moment, Hugues et Jean-Claude bénéficient de l'assistance d'Alexandre, 23 ans, petit-fils de paysan et élève de l'École d'ingénierie en espace rural à Poisy (Haute-Savoie). Pour l'heure, il descend avec son troupeau de la mon tagne embroussaillée de frênes, bouleaux et châtaigniers et s'arrête sur une prairie en terrasse retenue par un muret de pierres où les chèvres savourent de bonnes graminées vertes égayées de fleurs jaunes d'aigremoine.

Deux chiens l'accompagnent, mais chacun a une tâche bien précise. Billy, fruit d'un croisement entre un border collie et un griffon, est un chien de conduite de troupeau : il doit diriger et rabattre les animaux en mouvement. Volcan, au long poil blanc et à la truffe noire, est, lui, un chien de garde : il ne travaille que lorsque les chèvres pâturent ou sont couchées, en s'interposant face à n'importe quel étranger, qu'il soit bipède ou quadrupède.

« En règle générale, on considère qu'il faut trois patous pour 100 brebis », précise Cyprien Zaire. Pour l'instant, il s'approche de nous, renifle l'air et fait écran. Jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que ses maîtres sont là et qu'il relâche son attention. « J'essaie de ne pas trop lui parler ni de le caresser, dit Alexandre. Il faut qu'il soit vigilant en permanence et aille patrouiller autour du troupeau plutôt que de rester dans mes jupes. » Depuis qu'il est là, il y a eu une attaque, mais limitée. « Deux chevreaux ont été tués, mais on a pu en sauver un mordu à la cuisse, maugrée Hugues. Ce ne peut pas être un chien errant puisqu'il n'y en a pas ici. » Donc, ce ne peut être que le loup?

« C'est une solution provisoire, mais pas durable. Ce n'est pas rentable d'embaucher un salarié supplémentaire pour garder 50 chèvres », observe Hugues. « Pour nous, la cohabitation n'est pas possible. Le programme Life a peut-être été efficace, mais à quel coût financier (pour l'ensemble des contribuables) et sociologique et psychologique pour nous, simples gens de la Terre, passionnés par l'élevage et la nature, mais incompris par la population non rurale, notamment les écolos des villes qui n'ont jamais passé ne serait-ce que quelques heures au cul des chèvres, des moutons ou des vaches », lâche, très remonté, Jean-Claude. « Les gens ont des opinions sur tout et ne se rendent pas compte de la réalité », ajoute Hugues.

Bien entendu, le gouvernement autorise des « tirs de régulation » dès qu'un loup attaque régulièrement au même endroit et cause beaucoup de dégâts. Ainsi, en 2007, les ministères de l'écologie et de l'agriculture ont autorisé l'abattage de trois loups. « Il faut aller encore plus loin, estime Hugues. Ce n'est pas les ruminants qu'il faut parquer, c'est le loup ? » En attendant, une enquête, menée en mars dernier par le WWF auprès de 45 éleveurs et bergers bénéficiant des mesures de protection, montre certes que le retour du loup modifie profondément leur métier, qu'il leur cause un surplus de travail, mais aussi que les mesures prises « ont apporté un soutien psychologique et humain ». « La protection du loup et de l'ours en France s'impose au nom du maintien de la biodiversité, on doit pouvoir faire aussi bien qu'au Kenya », explique Christine Sourd, directrice adjointe des programmes WWF. « Il faut maintenant trouver un accord entre les autorités locales et nationales, car le programme Life Coex expire en France à la fin du mois », poursuit-elle. Une solution avec laquelle Hugues serait presque d'accord. « À condition qu'on ne nous oblige pas à une concession de plus », soupire-t-il.

REPERES. Un prédateur protégé.
Loup : disparu de France en 1940, le loup Canis lupus est revenu en 1992 et s'est multiplié rapidement. Estimé à une quinzaine d'individus en 1996, le loup atteint aujourd'hui environ 150 têtes réparties en 14 meutes. Soit une croissance d'environ 20 % par an. Doté de réelles capacités d'adaptation, il recouvre aujourd'hui essentiellement le massif alpin, quelques spécimens ayant été observés dans le Massif central et dans les Pyrénées.Les propriétaires de moutons tués par un loup bénéficient d'une indemnisation de l'État d'environ 300 ? par tête. Le nombre d'animaux tués par le carnivore tend à diminuer (200 en 1994, 600 en 1996, 3 700 en 2005 et enfin 2 500 en 2006). Le programme Life Coex, financé par l'Union européenne, s'achève fin septembre. Considérant que son bilan est positif, un nouveau projet doit être mis en place en janvier 2009 en Roumanie, en Bulgarie et en Grèce.

Source : La Croix du 29 septembre 2008

Quelques précisions...


Si le travail du journaliste n'est pas à mettre en cause, les informations qui lui sont données appellent quelques précisions pour éviter l'amalgame, les erreurs, voir les mensonges propagandistes des associations de protection des grands prédateurs.

1/ Trois patous pour 100 brebis… Pour un troupeau de 800 brebis (minimum de rentabilité pour avoir un berger permanent), il faudrait 24 chiens sur un même espace… Allez, réduisons et disons 2 chiens par centaine de brebis et nous voilà quand même à 16 chiens sur un alpage avec un berger…
Hormis le fait qu'il faut gérer les bagarres entre chiens, il y a déjà des problèmes entre chiens et randonneurs lorsqu'il y en a un seul (Cf. nombreux procès) et un berger ne peut pas être partout au même endroit. Comment matériellement gérer une telle situation ? Il faut quand même être réaliste. C'est impossible !

2/ Le programme Life Coex a coûté cher à la collectivité mais est un échec. Il n'y a eu aucun résultat positif. Le principe de " coexistence " est rejeté aussi bien dans les Alpes que dans les Pyrénées. Le fait qu'il y ait des aménagements dans les Alpes (gardiennage, clôtures, chiens) est uniquement dû aux obligations pour être indemnisé en cas de prédation. Etre obligé ne veut pas dire acceptation de la coexistence. Quant aux Pyrénées, le rejet n'a jamais été aussi fort. Mais pour la propagande, il est de bon ton de dire que tout va bien même lorsque tout va mal.

3/ Dire que " 45 éleveurs et bergers bénéficiant des mesures de protection " et se satisfaire d'un tel résultat est pour le moins grotesque comparé aux milliers d'exploitations sur les territoires concernés.

4/ Parler de " soutien psychologique et humain " relève de l'indécence tout comme du mensonge grossier.

5/ se permettre de dire que " La protection du loup et de l'ours en France s'impose au nom du maintien de la biodiversité, on doit pouvoir faire aussi bien qu'au Kenya " est de l'irresponsabilité autant que de la bêtise. Les Pyrénéens ne sont pas des Massaï dont le WWF omet de dire qu'ils sont en procès contre l'état et les organisations écologistes. Les Pyrénées ce n'est pas le Kenya et Gilbert Simon n'a pas réussi à " déplacer " pour ne pas dire " déporter " les Pyrénéens vers les villes pour laisser la place aux ours. Une procédure en Conseil d'Etat est d'ailleurs en cours contre l'Etat français.

Louis Dollo, le 1 octobre 2008

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Les éleveurs s'organisent face à ce nouveau coup dur


Après le loup et les prix bas, voici qu'arrive la fièvre catarrhale ovine

"Il va falloir s'organiser. Ça va être une grosse contrainte et nous compliquer la tâche, mais on n'a pas le choix." Dans leur nouvelle ferme en construction à La Robine-sur-Galabre, Georges Denier et son épouse Isabelle Berryer essaient de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Mais le coup est rude. L'arrivée de la fièvre catarrhale ovine dans le département (La Provence du 12 octobre) ne va pas arranger la situation déjà difficile des éleveurs. Et si, paradoxe, la maladie ne touche pour l'instant que des bovins, les 300 moutons de Georges, les 90 d'Isabelle et ceux des autres éleveurs du département sont aussi menacés.

"On va devoir vacciner, explique le couple, ça ne va pas être simple car nos brebis sont éparpillées. Une partie sur le plateau de Chauvet où elles agnèlent et d'où on les ramènera en transhumance en novembre, une partie à Villevieille d'Ainac. Il y a celles qui n'agnèlent pas, celles qui ont déjà agnelé. Il y a celles avec les agneaux premiers nés et celles avec les derniers nés; on ne les mélange pas. Il faudra faire la tournée avec le vétérinaire."

Georges et Isabelle regrettent cette multiplication des vaccins. "Nous, on essaie de les limiter mais pour certaines maladies, on est obligés sinon on risque de perdre nos troupeaux. Avant il y avait une sélection naturelle et les bêtes étaient plus résistantes, il faudrait peut-être y revenir en les sélectionnant".

Toujours le loup

Mais la fièvre catarrhale n'est pas la seule difficulté. Car la bête noire de l'éleveur, aujourd'hui, c'est le loup. "On a eu encore des attaques dans le coin cet été. Nous, on a perdu 7 bêtes et le troupeau d'à côté 14. Dans le secteur, il y aurait entre 4 et 6 loups, plusieurs d'entre nous les ont vus". Ajoutez à cela l'augmentation du prix des céréales et du fuel et vous aurez un panorama complet de la situation. D'autant que prix de l'agneau, lui, stagne depuis des années. "On a retrouvé un vieux cahier de comptes de Georges, raconte Isabelle. En 1984 on lui payait les carcasses 34francs le kilo et aujourd'hui on nous les paye 5euros; faites le calcul. Le prix n'a pas bougé !"

Alors pour s'en sortir ils doivent faire preuve d'imagination. "On essaie de s'agrandir, explique Georges. Isabelle, qui était aide exploitante, vient de s'installer à son compte. Ça nous permet de nous développer. On essaie de nouvelles races très productives. On va tenter aussi de réaliser un agnelage un peu plus étalé pour avoir des agneaux sur une plus longue période de l'année. Il faut revenir au mode d'élevage traditionnel qui se pratiquait dans la vallée de Thoard où les bêtes n'allaient pas en alpage et où on produisait 3 agnelages en 3 ans". Les vieilles méthodes avaient parfois du bon.

Auteur : André-Denis Mousset
Source : La Provence du 14 octobre 2008

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Un cadavre de loup dans le Vercors


La préfecture de l'Isère a annoncé que "le cadavre d'un grand canidé, a priori un loup, a été découvert vendredi" dans le Vercors, vraisemblablement abattu par balle, dans un communiqué.

La bête, un mâle d'environ 25 kilos, a été découverte sous le col de l'Arc, à proximité de Villard de Lans. "L'état du cadavre laisse supposer que la mort remonte à plusieurs jours", précise la préfecture.

"Les premières constations laissent supposer qu'il a été victime d'un tir de balle", ce qu'une autopsie, qui sera pratiquée lundi au laboratoire vétérinaire départemental devra confirmer.

Contrairement à son voisin, la Drôme, qui avait autorisé l'abattage d'un loup dans le Vercors, fin août, par des lieutenants de Louveterie, l'Isère n'a pas autorisé de tir contre cette espèce protégée.

Si la mort par balle "se confirme, les dispositions nécessaires seront prises pour identifier et poursuivre les auteurs pour destruction d'espèce protégée", conclut la préfecture.

Source : Le Figaro/AFP du 18 octobre 2008


Retrouvé au col de l'Arc : un loup abattu illégalement

Le cadavre d'un jeune loup a été retrouvé vendredi dans le Vercors isérois, a-t-on appris hier de source préfectorale. L'animal, une bête d'environ 25 kilos, a semble-t-il été tué par balle, élément qu'un examen légal de la dépouille devrait permettre de confirmer demain lundi.

Selon les premiers éléments fournis par la préfecture, le corps de l'animal gisait sous le col de l'Arc, côté Villard-de-Lans, et la mort remonterait à plusieurs jours., a encore indiqué la préfecture. Si la thèse d'un tir illégal se confirme, "La dépouille de l'animal a été récupérée par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)""les dispositions nécessaires seront prises afin d'identifier et poursuivre les auteurs pour destruction d'espèce protégée".
Comme chacun le sait, le loup est en effet protégé par une disposition de la convention de Berne datant de 1979 et par celle de la directive européenne de mai 1992.

Depuis 2004, un protocole baptisé "Plan Loup" permet cependant aux agents de l'Etat de "prélever" chaque année un certain nombre de loups (six individus en France pour la période 2007/2008) afin de réduire la pression sur les troupeaux d'ovins.

En Isère, l'abattage par erreur de deux loups appartenant à la même meute (une seule bête aurait dû être "prélevée") dans le massif de Belledonne avait provoqué en septembre 2006 la fureur des associations de protection de la faune sauvage et de l'environnement. Deux autres loups avaient été abattus en Isère dans le cadre du protocole en 2004 (Taillefer) et en 2005 (Valdaine).

L'abattage illégal d'un loup au col de l'Arc est semble-t-il (si l'on excepte le double tir de Belledonne en 2006) le premier acte de ce type dans le département. En janvier 2008, à Presle (Savoie), un loup avait été retrouvé décapité.

Auteur : D. M.
Source : Le Dauphiné Libéré du 19 octobre 2008

Commentaire


Ce genre de situation n'ira qu'en s'amplifiant. Il est normal et légitime, même si ce n'est pas légal, qu'un berger / éleveur défende son outil de travail, son " gagne pain ". Il n'élève pas des brebis pour l'ours ou le loup mais pour produire un produit de qualité destiné à des humains.

De plus, tant que les bergers ne disposeront pas d'un droit de réponse immédiat à une attaque qui aurait un effet certain sur la meute, c'est la réponse illégale qui sera la plus approprié. C'est ce qui s'est passé au début des années 1960 dans les Pyrénées à l'égard de l'ours. Et la solution pourrait être pire comme l'indique ce vieux berger de la vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques) : " Avant qu'on nous interdise la chasse on pouvait tuer l'ours qui venait déranger un peu trop nos brebis. Suant on a pu eu le droit, on a mis du poison et tout le monde en a profité : ours, rapaces, isards, chevreuils, etc… Si on nous avait laissé tirer, il n'y aurait eu que celui qui dérange qui serait mort. "

Il est regrettable et lamentable que nos soi-disant protecteurs de la nature n'aient aucune culture historique des territoires pour se faire une opinion. Normal, ils ne sont pas intégrés aux territoires. Donc, tous les abus d'un côté comme de l'autre sont possibles voir même autorisés.

Louis Dollo, le 20 octobre 2008

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Pas de déclassement envisagé : le bras de fer continue


Le dialogue peu fructueux entre les élus de montagne et le gouvernement se poursuit à propos du statut du loup. Après le voeu émis à l'unanimité par le conseil général de la Savoie, le sénateur Thierry Repentin (PS) a sollicité le gouvernement pour connaître sa position sur un éventuel reclassement de canis lupus de l'annexe II de la convention de Berne ("espèce totalement protégée") à l'annexe III ("espèce protégée").
Nathalie Kosciusko-Morizet a répondu par la négative, pour trois raisons :

  • une demande similaire de la Suisse a déjà été rejetée
  • un autre texte, la directive européenne "habitat, faune, flore" instaure aussi une protection stricte du loup ;
  • la convention de Berne permet « en dernier recours » des mesures de prélèvement.

Le sénateur expliquait pour sa part que la convention de Berne a été signée bien avant l'ouverture de l'Europe à l'est, et que depuis les conditions ont bien changé. D'autres élus soulignent fréquemment que la Finlande, par exemple, est écartelée entre la protection du loup à laquelle elle a souscrit il y a des années, et la prolifération de l'espèce venue de Russie, qui menace jusqu'à l'existence du renne, animal emblématique du pays.
Le gouvernement a par ailleurs reconnu que les mesures de protection des troupeaux par des chiens spécialisés posaient des problèmes de cohabitation avec l'activité touristique estivale. À cet égard, le texte prononcé en séance par Dominique Bussereau, secrétaire d'État chargé des Transports, au nom de sa collègue chargée de l'Écologie, diffère sensiblement du texte officiel : « Je vous laisse apprécier le talent des technocrates qui préparent les réponses ministérielles » a même souri Dominique Bussereau.
Au sein du gouvernement, les partisans du loup semblent donc avoir pour l'instant plus de poids que les élus savoyards, ce qui ne fait pas renoncer le sénateur Repentin : « Je reposerai cette question lorsque les esprits seront plus mûrs ».

Auteur : F.T.
Source : Le Dauphiné Libéré 74D du 29/10/2008

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Création d'un groupe de travail en Savoie : les agriculteurs furieux


Déplacée à Saint-Jean-de-Maurienne à l'initiative du préfet, la réunion annuelle du groupe départemental de concertation sur le loup n'a pas retenu hier les représentants des organisations agricoles et des agriculteurs eux-mêmes. Ils n'ont toujours pas digéré les termes du réquisitoire du vice-procureur tenus le jeudi 25 septembre (DL du 26 septembre) devant le tribunal de police, qui avaient conduit à une occupation du centre-ville durant trois jours. Hier matin, ils ont poliment écouté l'accueil du maire et conseiller général Pierre-Marie Charvoz, qui a redit : « pour moi la zone d'exclusion du loup, c'est le territoire national ». Après le préambule du préfet Rémi Thuau, Patrice Jacquin, président de la Chambre d'agriculture de la Savoie, a au nom du monde agricole dans son ensemble, toutes filières d'élevage (ovins, caprins, bovins) et sensibilités syndicales réunies, dit le malaise qui habite la profession. « Nous vivons dans l'humiliation permanente depuis dix ans », a-t-il expliqué, « depuis un an, nos propres communes et voisins se mettent à douter du bien-fondé de la présence des éleveurs sur leur territoire ». Ils ont ainsi formulé les préalables qu'ils ne veulent voir discutés qu'au niveau national, avant toute discussion locale, dont « l'arrêt immédiat des poursuites à l'encontre des éleveurs qui ne font qu'appliquer les mesures de protection imposées par l'État ». Renouvelant leurs revendications, ils ont rappelé « la Savoie, les Alpes françaises sont des territoires vivants, dynamiques, économiques où les activités humaines sont fortement liées à notre histoire ».

« Je conçois qu'ils soient émus par ce qui s'est passé (NDLR : le réquisitoire), mais poser des préalables c'est se priver d'une capacité de travail en commun », a remarqué Rémi Thuau en fin de réunion ; « le groupe de travail qui va se mettre en place reste ouvert à tous ». Le préfet réunira des représentants du monde agricole, mais aussi des élus, du monde du tourisme, etc., et doit d'ici janvier 2009 établir un document simple sur la manière de traiter le problème de la cohabitation des chiens de protection avec le tourisme estival. Il a aussi été pris en compte la position des maires qui « ont des responsabilités à assumer mais ils doivent être aider pour connaître leurs prérogatives ». Des maires très inquiets sur le devenir de la fréquentation touristique.

REPÈRES

Le réquisitoire

Le 25 septembre René Gros était convoqué devant le tribunal : son chien de protection avait mordu une gardienne de refuge. Le vice-procureur a requis 750 € d'amence avec sursis pour « faute caractérisée ». Jugement le 27 novembre.

Les signataires
Patrice Jacquin, Chambre d'agriculture ; Jean-Marc Guigues, FDSEA ; Hubert Covarel, syndicat départemental des éleveurs de mouton ; Pierre-Daniel Schertenleib, syndicat des éleveurs de chèvres ; Baptiste Burnier, jeunes agriculteurs ; Gérard Cambin, association des éleveurs viande ; Bénédicte Fournier, Confédération paysanne.

Attaques
150 recensées cet été pour 600 bêtes tuées.

Premières idées
Messages de prévention par exemple sur le comportement à tenir, information sur la présence ou non de troupeau, etc.

Auteur : Christine Thiers Treille
Source : Le Dauphiné Libéré - 73A du 07/11/2008

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Un loup retrouvé mort dans la Drôme


Le cadavre d'un loup mâle, victime d'une collision avec un véhicule, a été découvert le long d'une route nationale à Saint-Marcel-les-Valence, a annoncé aujourd'hui la préfecture de la Drôme.

L'autopsie du canidé, renversé hier, a confirmé qu'il s'agissait d'un mâle âgé de un à deux ans et pesant 38 kilos, précise la préfecture.

L'animal a été percuté par un véhicule "vraisemblablement dans la nuit du 1er au 2 décembre", selon la préfecture.

Source : AFP / Le Figaro du 3 décembre 2008

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Courthezon : le dernier éleveur du village


Les enfants du village viennent parfois admirer les agneaux. Et cela ne dérange pas Jean-François Biscarel, au contraire. Mais, dit-il en souriant, la réalité du métier, ils ne la voient pas. Et pour cause, en cette période d'agnelage intense qui va durer jusqu'au 24novembre, les petits s'ébattent tranquillement dans l'étable sous la garde constante de leurs mères, et sous l'oeil attentif des bergers venus prêter main-forte pour la saison.

Jean-François Biscarel est le dernier éleveur de Courthézon, il a pris la suite de son père quartier des Eygaillottes, et petit à petit, à mesure que les autres éleveurs du coin ne trouvaient pas de repreneur, son troupeau s'est agrandi, atteignant à présent 700 bêtes de la race Mérinos. "Mon fils ne reprendra pas; mon petit-fils peut-être!", confie-t-il en ajoutant: "il a dix-huit mois, mais adore venir voir les agneaux". Les brebis paissent en ce moment non loin de la ferme, dans une prairie où elles peuvent trouver de l'herbe fraîche, et mettre bas tranquillement.

Pour les surveiller, vérifier que tout se passe bien, un jeune couple de bergers, Jessica et Josselin, dort sur place dans une caravane. Les allers et venues sont nombreux en cette matinée pour ramener au bercail dans une fourgonnette, les agneaux nés dans la nuit, avec leur mère. Le premier jour, les petits encore maigrichons vont rapidement acquérir une belle allure. Dès leur arrivée dans la chaleur de l'étable, Josselin les badigeonne de teinture d'iode, ils sont aussi numérotés pour assurer une totale traçabilité. Le numéro sera inscrit dans le cahier de la bergerie avant la vente. 350 petits environ naissent pendant l'agnelage, prouvant que les 50 béliers ont bien fait leur travail! "Au mois d'avril, confie l'éleveur, les bêtes ayant fait l'agneau à l'automne partent en colline, à Rasteau, Vaison, Cairanne". Elles s'y nourrissent et entretiennent les collines en accord avec le Cerpam, le service spécialisé dans le pastoralisme. Viendra ensuite le temps du deuxième agnelage. "Dans ma ferme, tout est naturel, dit l'éleveur, le grain, le fourrage; je produis tout sur place et je récolte moi-même".

Dans quatre mois, les agneaux auront atteint leur taille et leur poids adulte, 35kg et leur vente pourra alors être négociée. Les mâles vont, pour la plupart, partir pour l'abattoir, car 100 à 150 femelles sont nécessaires, tous les ans, pour assurer le renouvellement et la reproduction d'un troupeau de cette taille.

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Ils sont les gardiens du troupeau

Semi-nomade, le berger d'aujourd'hui est un homme ou une femme qui a surtout le goût de la nature et du soin à donner aux bêtes. Ce n'est donc plus forcément l'homme à la cape immortalisé par la crèche mais c'est toujours le gardien du troupeau. On l'imagine sans peine portant l'agneau sur les épaules. Josselin et Jessica ont tous les deux un BTS de gestion de protection de la nature. "On a choisi ce métier parce qu'on est tout le temps dehors, avec la météo, les moutons, que les brebis sont belles et que les agneaux sont beaux" dit Jessica en souriant. Fin novembre, à l'appel d'autres employeurs, ils vont partir pour la montagne passer l'hiver. Mais il y a aussi "un stress constant pour les moutons à cause du loup" expose Josselin qui raconte ses étés dans le Vercors avec le troupeau de Jean-François Biscarel. "Tenir les bêtes serrées, c'est anxiogène, dit-il et puis on ne peut pas faire notre métier correctement". La crainte du loup change les habitudes de garde du troupeau. Tout cela préoccupe beaucoup éleveur et bergers : presque 50 bêtes des éleveurs présents ont été dévorées en quelques jours, cet été, sur le plateau du Vercors. C.I.

Auteur : Catherine Inacio
Source : La Provence du 16 novembre 2008

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Un troupeau de moutons attaqué, treize brebis tuées


Dans la nuit de samedi à dimanche, un troupeau de moutons appartenant à un éleveur de Beaujeu, à un vingtaine de kilomètres de Digne (Alpes-de-haute-Provence), a été attaqué alors que, malgré le mauvais temps, il se trouvait en alpage à environ 1500 m d'altitude.

Treize brebis ont été tuées et une quinzaine d'autres blessées. Le loup qui, par le passé s'est déjà manifesté dans ces parages, est fortement soupçonné. Des spécialistes, dépêchés sur place par la Direction départementale de l'agriculture aux prélèvements, permettront de dire avec certitude quel type de prédateur s'est acharné sur les bêtes : loups ou chiens errants ?

Source : La Provence.com du 1 décembre 2008

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Douze brebis égorgées dans les Alpes


Un troupeau de 438 moutons victime d'une attaque de prédateurs

Dimanche matin, Bibi, la petite chèvre élevée au biberon, n'est pas venue accueillir Marc et Véronique Richaud à leur arrivée à la bergerie, au lieu-dit "La Colle", au-dessus de Beaujeu. Mauvais présage. Qui se confirme quelque mètres plus loin. C'est le choc : une première brebis gît au sol, pattes en l'air. Elle a été égorgée. Proprement. Quelques incisions nettes et profondes.Comme au scalpel.

Les bergers élargissent alors le périmètre de leurs recherches et découvrent une deuxième, puis une troisième brebis. Mortes. Une autre agonise. Le frère de Marc viendra l'achever. "Quand on les trouve et qu'on les compte, ça coupe les jambes. On n'arrive plus à grimper, avoue Marc. En plus, ce sont presque toutes des jeunes". D'autres sont blessées à la gorge. Mais les bergers savent bien qu'elle ne survivront pas très longtemps. Quelques semaines, 6 mois tout au plus.

"Les crocs des loups contiennent des bactéries, explique Marc.On dirait qu'elles sont guéries, mais elles finissent par mourir". Hier, la neige avait tout recouvert. Les traces des prédateurs, hélas. Et surtout les flaques de sang. Mais les cadavres attestent de la sauvagerie de l'attaque.

Véronique a les larmes aux yeux lorsqu'elle raconte cette matinée de cauchemar : "C'est un quartier d'automne, à 1400 m d'altitude. La neige de la semaine dernière avait fondu. Si le temps l'avait permis, elles restaient encore 10 jours. Nous n'avons pas de chien de protection, mais elles dormaient dans un parc électrifié. Les prédateurs ont sauté par-dessus la clôture."

Après avoir passé l'été en estive sur les pentes du Blayeul, elles avaient séjourné ces dernières semaines un peu plus bas, à Saint-Pierre. Ironie du sort, elles avaient été parquées ici la veille... Sur 438 bêtes, on déplore 12 tuées, 13 blessées et quatre manquantes. "On les a cherchées tout l'après-midi de dimanche".

Elles ont été attaquées simultanément, en haut dans le parc, et se sont dispersées. D'après les premières constations, les prédateurs devaient être plusieurs. Au moins deux. Peut-être plus. "Pourquoi avoir égorgé autant de bêtes sans les dévorer ?" s'interrogent les bergers.

"Ils commencent par attaquer, et comme ça bouge dans tous les sens, ça les énerve. Ils deviennent aussi fous que le troupeau. Dans la plupart des cas, il y a plus de tuées que de mangées, explique Éric Vissouze, de l'ONCFS. Ils ont peut être mangé les quatre qui ont disparu". La nuit suivante en tout cas, les sangliers ont fait un festin.

Auteur : Marie-France Bayetti
Source : La Provence du 2 décembre 2008

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Nouvelle attaque de loups dans le pays dignois


Il n'y aurait pas eu qu'une seule attaque de loups le week-end dernier dans le Pays dignois. En effet, au troupeau de mouton de Beaujeu à 25 km de Digne en direction de Barcelonnette, au sein duquel douze bêtes avaient été tuées, viennent s'ajouter aujourd'hui trois brebis égorgées et dévorées près d' Ainac, un hameau situé sur les hauteurs de la commune de La Robine-sur-Galabre, là encore à moins de 30 km du chef-lieu des Alpes-de-Haute-Provence.

Une attaque qui se serait également déroulée au cours du week-end dernier, qu'est venu constater le technicien de l'Office nationale de la chasse et de la faune sauvage.


Source : La Provence du 5 décembre 2008

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Un loup percuté sur l'A 480 à l'entrée de Grenoble


Un jeune loup d'une trentaine de kilos a été tué, hier matin sur l'A 480, à flanc de Vercors, près d'une zone commerciale grenobloise. Une autopsie et des analyses génétiques seront effectuées pour tenter de déterminer la provenance du canidé.

Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) l'ont confirmé hier matin. L'animal, percuté par un camion hier matin sur l'A480 à Échirolles (Isère) à proximité de la zone commerciale de Comboire à flanc de Vercors, est bien un loup.

"Je rentrais de ma tournée vers 6 h15 quand j'ai vu cet animal au bord de la route. J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un chien, puis je me suis rendu compte que cétait un loup. J'ai appelé mon neveu pour qu'il vienne faire des photos et c'est lui qui a prévenu les services de l'État", racontait hier soir Dominique Hasler, transporteur.

"Il s'agit d'un mâle subadulte, c'est-à-dire âgé de 2 à 4 ans pesant entre 25 et 30 kilos et dont l'origine est, pour l'instant, indéterminée", expliquait hier Emmanuel Massit, adjoint au chef de l'ONCFS pour l'Isère.

À un certain âge, les jeunes mâles partent à la recherche de nouveaux territoires "Nous allons procéder d'ici une quinzaine de jours à l'autopsie de l'animal. Nous allons aussi faire des analyses génétiques afin de voir s'il s'agit d'un animal que nous connaissons, c'est-à-dire dont nous avons déjà prélevé des excréments. Cela nous permettra peut-être de savoir d'où il arrivait. En l'état, impossible de dire s'il venait du Vercors ou du Taillefer." Pour cet agent, même si ce type d'accident n'est pas fréquent, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un loup mâle subadulte soit trouvé assez loin des zones où vivent les meutes. "Nous sommes à une période de l'année où les louves mettent bas. Il y a donc des changements au sein des meutes, même si, autour de Grenoble, on n'a pas affaire à des groupes très importants. À l'âge subadulte, les jeunes mâles sont à une période où ils quittent la cellule familiale pour partir à la découverte de nouveaux territoires. Par ailleurs, l'endroit où l'accident a eu lieu se trouve dans un couloir écologique où transitent différents animaux. Il n'y a donc pas de quoi s'alarmer ni inquiéter la population." En mars 2005 et décembre 2008, deux autres loups avaient déjà été mortellement percutés par les véhicules.

Auteur : Fabrice Margaillan
Source : Le Dauphiné Libéré du 8 mai 2010

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Attaque de loup dans la Drôme


Selon une information de la Direction Départementale des Territoires (D.D.T.) de la Drôme, une attaque de loup a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 mai 2010 sur le troupeau de Nicolas Grimaud, éleveur demeurant quartier Charchauve à GIGORS et LOZERON

L’éleveur aurait trouvé 3 brebis tuées à côté de chez lui, le matin vers 8h30, à la suite d'une attaque de son troupeau non rentré en bergerie, et ce, malgré la présence d'un chien de protection.
Un constat de dommage a été établi le 4 mai dans l’après-midi par l'ONCFS.

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Le Grand Charnier

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Le loup