Le comité de défense contre la réintroduction
d'ours affirme que le Béarn non plus ne se prête pas à
la présence de nouveaux plantigrades. A cause du problème
du gardiennage
« On est là depuis plus de dix ans et jusqu'à
ce jour, on n'a pas eu de réintroduction chez nous. Le bilan
n'est pas mauvais ! » sourit Marc Paris, coprésident
du comité de défense contre la réintroduction d'ours
jeudi dernier lors de l'assemblée générale de l'association
à Oloron. Coprésidé par Philippe Lahourcade (Barétous),
Pierre Garrissère (vallée d'Aspe) et Marc Paris (vallée
d'Ossau), ce comité est toujours aussi résolu à
empêcher toute réintroduction.
Au cours de cette réunion, la future visite aux Asturies d'un
groupe d'études fait l'objet de vives critiques. « Nous
avons des contacts avec des éleveurs asturiens qui refusent l'ours
comme nous et un comité de réception se prépare
» annonce, d'un ton amusé, Pierre Casassus-Lacouzatte,
trésorier de l'association.
Brebis en liberté.
La demande du FIEP pour la réintroduction de deux ourses fait
également peur à ce comité de défense qui
s'inscrit en faux contre certaines idées reçues. «
On nous dit que la cohabitation en Béarn serait plus facile qu'ailleurs
parce que le gardiennage y est assuré en permanence. Or, c'est
un mensonge. Beaucoup de troupeaux sont en liberté dans leurs
estives », souligne Madé Maylin, secrétaire
du comité. « Le diagnostic pastoral réalisé
par l'IPHB classe mes brebis sous gardiennage permanent. Or, elles passent
deux mois et demi en totale liberté » renchérit
Pierre Casassus Lacouzatte.
Camille à Belagua.
Philippe Lahourcade pointe un autre déficit d'information. «
Tout près de nous, en vallée de Roncal à Belagua,
Camille a tué trois brebis pas plus tard que mercredi dernier.
Et bon an mal an, cet ours y tue dans les 100 brebis chaque année.
» Par ailleurs, ces éleveurs craignent que le voyage
en Asturies ne soit qu'un prétexte pour préparer de
futures réintroductions d'ours provenant de cette région
d'Espagne. « Il suffirait qu'un seul maire dise qu'il est d'accord
pour recevoir des ours pour que ça se fasse », avertissent-ils.
Auteur
: Marcel Bedaxagar
Source : Sud
Ouest du 20 novembre 2007