Le président de l'Institution patrimoniale,
Jean Lassalle, demande au tribunal administratif de Pau d'arbitrer son
conflit avec la ministre de l'Écologie
L'Institution patrimoniale du Haut-Béarn, l'IPHB, a décidé
d'engager un recours devant le tribunal administratif de Pau pour obtenir
l'annulation du désengagement du ministère de l'écologie
dans le financement de la charte du développement durable des
vallées et de protection de l'ours dont elle a la charge.
Le président Jean Lassalle l'a annoncé, hier matin, à
la maison des vallées d'Oloron-Sainte-Marie, lors de la réunion
du conseil de gestion à laquelle n'a pas assisté le sous-préfet.
Suite au conflit lié à la réintroduction de cinq
ourses dans les Pyrénées, la ministre Nelly Olin a en
substance indiqué, cet été, qu'elle ne souhaitait
plus engager de fonds publics dans une structure qui ne soutenait pas
son plan.
Jean Lassalle et ses collègues élus considèrent
que l'état ne respecte pas le contrat passé. L'enveloppe
qu'il reste à allouer au Béarn passerait ainsi de 60 000
euros à 25 000 euros. Et rien ne permet de dire que la Région
maintiendra, à l'avenir, son niveau d'intervention. Présent
hier, l'élu régional François Maïtia, en tout
cas, n'a pas été en mesure de le dire, en dépit
d'une passe d'arme, à fleuret moucheté, avec Jean Lassalle.
Référé lundi.
Si l'IPHB préfère contre attaquer, c'est, cette fois,
avec l'appui de son conseil, Me Isabelle Gaye. Et non plus seulement
sur le plan politique. Lundi matin, l'avocate plaidera à Pau
dans le cadre d'un référé suspension. Il s'agira,
dans un deuxième temps, de demander si, sur le fond, l'état
respecte ou non le droit.
Dans cette attente, Me Gaye se trouvait hier matin aux côtés
des élus pour exposer les arguments juridiques en jeu. «Tous
ceux qui veulent donner leur avis sur l'intérêt de la charte
doivent le faire pour démontrer au juge la réalité
du terrain. La décision de la ministre est injuste au regard
des actions menées ». Le conseil général
a également déposé un mémoire.
La juridiction administrative devra non seulement se prononcer sur la
recevabilité de la requête exprimée au nom de l'IPHB.
Mais aussi sur le caractère urgent de l'intervention. Le ministère
de l'écologie a déjà fait savoir que rien n'était
pressé puisque l'avenir de l'IPHB n'était pas compromis.
Propriétés privées.
Mais Isabelle Gaye s'interroge : «Peut-on rompre un contrat
unilatéralement à cause des prises de position du président
qui ne représente pas l'IPHB à lui seul ? »
En marge de ce dossier, Jean Lassalle souhaite aller encore plus loin
sur le plan du droit. Il vise aussi les fondements du plan de réintroduction
des ours.
« Il n'est pas évident que l'état puisse intervenir
sur des territoires privés communaux sans obtenir leur accord.
En matière de décentralisation, on fait mieux »,
dit-il. « Des questions fondamentales vont maintenant se poser.
Il ne s'agit pas de demander la séparation du Béarn au
reste du pays. Mais de savoir qui peut faire quoi sur des propriétés
privées. L'affaire des ours n'est pas finie puisqu'elle commence
juste ».
Hier, quoi qu'il en soit, le conseil de gestion a également permis
d'évoquer tous les autres dossiers en cours. Notamment la préparation
de la prochaine charte pour la période 2007-2013. Comme si la
tempête ne faisait que passer.
Auteur
: Patrice Sanchez
Source : Sud-Ouest
du 26 octobre 2006