Le loup en Suisse

 

Le loup est arrivé en Suisse et se manifeste essentiellement depuis 2006 dans le Jura. Comme il ne connait pas les frontières il sévit de manière assez importante depuis 2007 dans le Jura français. Contrairement à ce que beaucoup disent, la cohabitation et l'acceptation sociale du loup en Suisse est loin d'être des notions évidentes. Nous essaierons de suivre cette problématique.

La Convention de Berne et les recommandation de l'Union Européenne

 


Le Grand Charnier

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Loup du Chablais: WWF et Pro Natura retirent leur recours. L'affaire est devenue trop émotionnelle


Le WWF et Pro Natura ont décidé de retirer leur recours contre la décision d'abattre le loup du Chablais. Les organisations estiment que l'affaire a pris une tournure "beaucoup trop politique et émotionnelle". Elles préfèrent donc "calmer le jeu et s'investir en faveur des prochains loups qui arriveront en Suisse". La dénonciation pénale déposée contre le conseiller d'Etat valaisan Jean-René Fournier est toutefois maintenue. WWF et Pro Natura avaient déposé le 13 novembre dernier un recours contre l'autorisation de tir visant le loup du Chablais, qui a été abattu fin novembre

Source : Agence suisse TSR du 20 mars 2007

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En Suisse, le loup et le Vaudois : Cohabiter ou ne pas cohabiter, telle est la question !


L’été est en vue et avec lui la saison des alpages. Entre la crainte compréhensible du loup exprimée par les bergers à la suite des massacres perpétrés ces dernières années sur les hauts pâturages et le vœu pie des amoureux de la nature d’offrir au prédateur une chance de réintégration dans nos paysages, quelle est la vision des autorités vaudoises ?

A la suite de l’abattage d’un loup le 21 novembre en Valais et à la plainte déposée par le WWF contre le conseiller d’Etat Jean-René Fournier en charge du dossier Loup dans son canton - plainte retirée le 20 mars 2007 -, la députée Anne Decosterd s’est préoccupée du sort du prédateur dans le canton de Vaud et a déposé une motion. La motionnaire demande que la problématique du loup soit intégrée à la Loi cantonale sur la faune, afin que les dégâts causés puissent être indemnisés par le fonds de prévention et d’indemnisation - fonds alimenté par les 90% des émoluments des permis de chasse. Car si c’est la Confédération qui assume la politique générale relative aux grands prédateurs, ce sont bel et bien les cantons qui sont chargés de prendre les mesures qui s’imposent. Anne Decosterd demande donc que le Conseil d’Etat mette tout en œuvre pour disposer d’un plan d’action assurant une meilleure protection de l’animal, qui devrait figurer sur la liste dans la loi cantonale sur la faune du 28 février 1989, article 62, alinéa 2, pour l’indemnisation des dégâts causés aux animaux de rente.

L’exemple du lynx
Une commission ad hoc s’est réunie pour examiner cette requête. Elle vient de présenter son rapport, selon lequel l’expérience acquise avec le lynx, autre grand prédateur, laisse sérieusement à penser qu’il est une cause majeure de la diminution du cheptel de chevreuils et de chamois observée dans les régions où il a été introduit. La mesure prise par les autorités à l’égard du lynx consiste à délocaliser les individus en surnombre par rapport à la capacité d’un territoire. Une mesure qui devient impraticable si les autres cantons refusent… Au final, sur les cinq lynx pour lesquels le Conseil fédéral a donné son accord de translocation, trois ont été capturés et un attend dans une cage de connaître son sort. L’opération est donc suspendue. Ce concept doit être revu. Des démarches intercantonales sont en cours à cet égard.

Dès lors, le concept Loup doit faire l’objet d’une très grande attention car il procède, lui aussi, d’une analyse théorique bien lointaine des vérités rencontrées sur le terrain… A l’unanimité, les membres de la commission ont invité Anne Décosterd à transformer sa motion en postulat.

Source : AgriInfo du 10 mai 2007

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Unanimité contre le concept loup


Les partisans du loup sont fâchés : le nouveau plan n'interdit pas le tir d'une louve avec ses petits.

Le nouveau plan de la Confédération ne convainc pas. Au moment où la consultation du nouveau plan loup s'achève, opposants et partisans de l'animal rejettent tous le nouveau texte

Pour la première fois depuis le début de la <> en Valais, partisans et opposants se sont mis d'accord sur un point: le nouveau concept loup, dont la mise en consultation vient de se terminer, ne convient à aucun des deux camps.

Après le conseiller d'Etat Jean-René Fournier, qui a déjà manifesté son hostilité envers le nouveau concept loup il y a quelques semaines, c'est à présent au tour du WWF de sortir du bois. Et si le conseiller d'Etat valaisan pressent un carnage dans les élevages, c'est du côté du loup que le prédit l'association écologiste, regrette Walter Vetterli, responsable Alpes au WWF Suisse.

La question des louveteaux fâche aussi le WWF. Selon le nouveau concept loup, le tir d'une louve avec ses petits n'est pas interdit.

Walter Vetterli, responsable Alpes au WWF Suisse :
Pour les partisans du loup, ce nouveau concept est clairement favorable aux opposants de l'animal et laisse une trop grande liberté aux cantons, empêchant par là même une harmonisation du traitement de la question. Un groupe de travail constitué d'associations écologistes, d'éleveurs et d'autorités politiques a planché avec la Confédération pour créer ce nouveau concept loup. Ce dernier a été rendu nécessaire par la probable future installation de meutes en Suisse. Mais, à l'issue de la mise en consultation, le Département fédéral de l'environnement sera libre de prendre en compte ou non les critiques des diverses parties.

Auteur : Melina Sargenti
Source : Le Matin du 2 juillet 2007

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«Un face-à-face avec le loup est possible»


«Mon berger a eu un face-à-face avec le loup pendant plusieurs minutes! Le prédateur ne semblait pas avoir peur du tout de l'homme.» Ces propos de Jean-Michel Eggertswiller, l'éleveur ayant perdu huit moutons de son troupeau le week-end dernier dans le Chablais valaisan, ont de quoi inquiéter les randonneurs.

Mais, pour Jean-Marc Landry, le spécialiste des loups, l'audace du prédateur du Chablais envers le berger n'est pas étonnante. «Le loup est un animal curieux et il teste. Il peut être assez culotté, contrairement à l'imagerie populaire qui croit qu'un loup s'enfuit dès qu'il entend un bruit, et qu'il a peur de l'homme. Dans différents pays où le loup a toujours existé, beaucoup de témoignages attestent qu'il a suivi des personnes, qu'il s'est approché des habitations ou campings» note-t-il. Pour lui, le prédateur a surtout besoin d'une distance de fuite; «mais il est clair que cette distance peut diminuer si le prédateur fait l'apprentissage de l'homme.» Alors, cela signifie-t-il qu'il y a un danger que des randonneurs valaisans se retrouvent nez à nez avec un loup? «C'est quand même rare, réplique Jean-Marc Landry. Mais, si c'était le cas et que la personne a peur, elle peut crier, lever les bras ou prendre un caillou et le lui jeter. Le prédateur va s'enfuir. Courir après le loup le fait aussi partir.» Pour ce spécialiste, il n'y a pas de risque que l'animal attaque l'homme, «sauf s'il se sent vraiment acculé.» Jean-Marc Landry incite tout de même la population à faire preuve de prudence envers tout animal sauvage.

Les responsables touristiques du Valais, et particulièrement du Chablais, ne cachent pas leur inquiétude. «J'espère vraiment que nos hôtes ne se retrouveront pas face au loup», souligne Raphaël Granger, le directeur de Chablais Tourisme.

Auteur : Christine Savioz
Source : Le Matin du 31 juillet 2007

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Le loup refait parler de lui dans le Chablais valaisan


Le loup pointe à nouveau son museau dans le Chablais valaisan. Un berger affirme avoir mis en fuite la bête dimanche à l'aube dans le vallon de Susanfe, sur la commune d'Evionnaz. Six brebis et deux agneaux ont été retrouvés morts ou agonisants.

Le troupeau a été attaqué une première fois mercredi dernier, selon le propriétaire. "Mais on se demandait ce que ça pouvait être. On a pensé à un renard, car il n'y avait pas de grosses marques. On n'aurait jamais imaginé que c'était un loup."

Au service cantonal de la chasse, la prudence est de mise, avant d'avoir obtenu les résultats des tests ADN des échantillons de salive prélevés sur les moutons tués. "Cela s'est passé dans le périmètre où on soupçonne une probable présence du loup", confie le chef du service Peter Scheibler.

Le tir du "loup du Chablais", en novembre 2006, avait fait coulé beaucoup d'encre et suscité l'ire du WWF. L'animal, un mâle, avait vraisemblablement tué 31 moutons en septembre de la même année. En octobre, un autre carnage, dans la même région, avait été commis par une femelle.

Source : 24 heures.ch du 31 juillet 2007

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Le loup fait son retour dans le canton de Vaud après 152 ans d'absence. Aperçu au-dessus de Gryon


Le loup est de retour dans le canton de Vaud après 152 ans d'absence. Des analyses génétiques ont confirmé la présence du prédateur dans la région d'Anzeindaz (au-dessus de Gryon). L'animal est originaire d'Italie. Il a pu être photographié le 9 août. Sa présence dans le canton était soupçonnée ces dernières semaines. En effet, des chèvres ont été attaquées et des moutons ont disparu dans la même région. Par ailleurs, le prédateur qui a tué 8 ovins près de Champéry (VS) le 29 juillet était une louve, selon l'Etat du Valais. Elle avait déjà attaqué des moutons dans le Chablais en octobre 2006.

Source : TSR.Ch du 29 août 2007

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Un loup dans les Alpes vaudoises !


Depuis fin juillet, le prédateur a tué deux chèvres et sans doute treize moutons. Des voix s'élèvent déjà contre sa présence

Aucun loup n'avait jamais été vu dans le canton de Vaud depuis... 152 ans. Un bail qui a pris fin le 9 août dernier. Date à laquelle un individu a été photographié non loin d'Anzeindaz, dans la réserve de chasse du Muveran, a annoncé hier le canton. «On le soupçonnait depuis juillet, après l'attaque de plusieurs chèvres, dont deux retrouvées mortes. On avait donc installé des pièges photo. Et les analyses ADN nous ont maintenant confirmé qu'il s'agit bien d'un loup de souche italienne», raconte Sébastien Sachot, conservateur vaudois de la faune. Qui précise que les 25 et 26 août, treize moutons ont «disparu» dans la même région des Alpes vaudoises.

Sans doute un jeune mâle
D'autres analyses sont en cours pour savoir s'il s'agit d'un loup venant du Valais ou du canton de Berne, ainsi que pour déterminer l'âge et le sexe de l'animal. «On peut imaginer qu'il s'agit d'un jeune mâle, avance le conservateur. Et qu'il ne restera pas longtemps seul...»

Le canton a pris des mesures d'urgence. L'élevage de mouton touché a reçu le soutien de deux chiens - des patous des Pyrénées - et d'une bergère. Deux propriétaires de chèvres ont obtenu des enclos électriques. D'autres mesures suivront.

Reste que la réapparition du carnivore ne plaît pas à tous. «Les éleveurs sont sur les dents», prévient Moritz Schwery, président de la commission grand prédateur de la Fédération ovine suisse. «Ils doivent faire face à la perte de leurs bêtes et ont une surcharge de travail. Certains parlent même de tirer le loup. Puis ils se calment.»

Les chasseurs n'explosent pas non plus de joie. «Pour nous, c'est un concurrent. Les bouquetins vont souffrir, prédit Jean-Louis Grivet, président de la Diana vaudoise. Mais il nous mettra surtout face à des problèmes insolubles. Ce prédateur n'a simplement pas sa place chez nous. Et je parie que dès qu'il aura vraiment faim, il dépassera les quotas.»

Sébastien Sachot rappelle qui n'est pour l'instant pas question de tirer le loup. «C'est seulement s'il tue 25 animaux de rente en un mois ou 35 en quatre mois que le Conseil d'Etat peut, s'il le veut, demander que ce soit fait.» Mais reconnaît que son impact est plus lourd que celui du lynx. «D'abord sur les populations animales: en meute, il peut s'attaquer à des chamois, chevreuils, cerfs, bouquetins ou même des veaux. Puis sur les éleveurs, qui doivent s'organiser, supporter des coûts et du travail supplémentaire.»

Source : Le Matin du 29 août 2007
Auteur : Renaud Michiels

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Face au loup, la vie bouleversée des bergers


Des bêtes aimées tuées par le prédateur. Et au lieu de la liberté d’autrefois, des enclos gardés par des patous, de gros chiens spécialisés. Reportage sur les traces du loup.

Jean-Claude Roch est peut-être le surveillant de la faune le plus chanceux de Suisse. Ou le plus malin. C’est lui qui avait installé l’appareil photographique à détecteur de mouvement qui a flashé le loup des Alpes Vaudoises, dans la région du Pas-de-Cheville. L’appareil n’était fixé que depuis quelques jours quand le prédateur est passé par là, comme l’avait pressenti le garde, avec un sacré instinct.

Joli coup, surtout si l’on sait que dans les Grisons trente appareils avaient été posés dans une vallée pendant deux mois pour tenter de prouver la présence d’un loup, sans le moindre succès. Pas une image, rien. Jean-Claude Roch savoure cette réussite avec une certaine malice: «C’est un sacré coup de bol, mais il est vrai que voir le loup sur une image, ça me changeait des chamois, du même lièvre qui faisait tranquillement des allers-retours, des bouquetins de passage, ou des touristes en balade. Il m’est même arrivé d’envoyer leur photo à des gens que j’avais reconnus!»

Finie la bohème
Depuis son scoop photographique, son quotidien est encore plus rempli: il reçoit des coups de fil d’éleveurs inquiets, il va vérifier de quoi est mort un mouton à quelques kilomètres, il rend visite aux bergers pour les conseiller et les rassurer. Hier, justement, nous avons accompagné Jean-Claude Roch jusqu’au lieu-dit Cheval Blanc, face au Grand-Muveran, sur les hauts de la commune de Bex, où Barbara Gisiger et son époux, Markus, veillent sur leurs quelque 900 moutons.

Avant la photo du loup, avant la preuve de la présence du prédateur, les choses, ici, étaient un peu plus «bohèmes», les moutons un peu plus libres de leurs mouvements. Depuis, les bêtes sont en enclos, surveillées par deux gros chiens, des patous, arrivés la veille. Le loup est peut-être reparti à 30 kilomètres d’ici, en Valais par exemple, où il a aussi donné du croc dans quelques cuissots, mais il est peut-être encore juste en dessus du chalet, derrière les hautes silhouettes noires des sapins que le brouillard ne veut pas quitter.

Quand un loup passe quelque part, son mystère s’y installe, et le monde se transforme en fonction de lui. Il y a quinze jours, treize moutons de Barbara et Markus étaient tués par le loup. Elle explique: «Je ne ressens pas de haine envers le loup, mais je ne l’aime pas. Il survient comme un tracas, un souci, un ennui de plus pour les éleveurs déjà submergés par les contraintes multiples. Il faut des moutons pour maintenir les alpages en bon état, pour que les chardons et les buissons n’envahissent pas tout, mais la vie de ceux qui les élèvent devient impossible. Alors, avec le loup qui arrive! Maintenant, il nous faut deux chiens patous, mais nous avions déjà nos cinq chiens à nous. Combien en aurons-nous bientôt? Dix, quinze, pour que le loup puisse vivre dans ce pays où je doute d’ailleurs qu’il soit bien, tellement il y a de gens, de promeneurs, de routes, et qui est si petit?»

Une question d’amour
Ce n’est pas de la colère, c’est du fatalisme. Barbara et Markus acceptent les patous qui doivent apprendre à cohabiter avec leurs moutons, et leurs moutons avec les patous, lesquels sont rappelons-le fournis par la Confédération. Jean-Claude Roch précise: «Ces chiens-là ne sont pas des chiens, mais plutôt des moutons avec des dents. Ils vivent moutons, ils pensent moutons, ils sont quasiment moutons. Mais ils savent faire peur au loup s’il approche, c’est la différence essentielle!»

«Veut-on vraiment que la nature appartienne au lynx et au loup? Si c’est le cas, un jour, il n’y aura plus qu’eux sur ces vastes territoires…» Joé Quartenoud, paysan de montagne

Joe Quartenoud, paysan de montagne, avec sa chèvre Lory qui a survécu à une attaque du loup à la Tour-d’Anzeide. A droite, Fiji, la mère d’une des chèvres tuées par le loup. «Pour les gens, ce sont deux chèvres tuées, et il n’y a qu’à nous indemniser, mais pour nous, c’est Marquise et Tulipe, des chèvres qui faisaient partie de notre vie.»

Auteur : Philippe Dubath
Source : 24 heures.ch du 1 septembre 2007

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Le loup s'attaque aux Alpes vaudoises


Le canidé a été signalé au mois d'août dans le canton. Il revient après 152 ans d'absence.

La lune éclaire le loup qui avance dans le fourré. Le flash de l'appareil photographique l'aveugle un instant. 152 ans après la dernière observation, le plus cosmopolite des carnivores retrouve les Alpes vaudoises. Il a été signalé dans la région d'Anzeindaz, un pâturage à une heure et demie de marche de Solalex, au-dessus de Bex.

En juillet dernier, les carcasses de quelques chèvres éventrées avaient trahi sa présence. Les analyses génétiques mettaient hors de cause les lynx. Puis d'autres attaques et l'instantané pris le 9 août ont confirmé l'immigration d'un loup d'origine italienne.

Cornelis Neet, chef du Service des forêts, de la faune et de la nature du canton, n'est pas surpris. Depuis la fin des années 80, les scientifiques suivent pas à pas le périple du canidé. Domicilié en Italie, où il a risqué l'extinction au temps de Mai 68, il a remonté ensuite la Botte pour passer en France dans les années 90. Puis, de fil en aiguille, il a été entrevu en Valais, et dans le canton de Berne. Même Fribourg a cru à une apparition. On attendait donc son arrivée dans le Pays de Vaud. Sa venue dans le canton à l'ombre du Muveran, quiréjouit le WWF, ravive fatalement les craintes des bergers, attachés à leurs moutons, et des chasseurs face à un concurrent. Sans parler des réfractaires qui refusent au carnassier errant sa place dans le monde moderne, entre YouTube et les hedge funds. Voilà pourquoi laConfédération n'a pas tardé à lancer son «Plan loup» pour rassurer les éleveurs et soustraire l'animal aux représailles humaines. Le Département vaudois de l'environnement va à son tour faire le nécessaire.

Le chef de service précise qu'il s'agit d'un retour «naturel», favorisé par l'exode des paysans de montagne, par l'abondance de gibier et de bétail, ainsi que par les mesures de protection prises en Europe. Cornelis Neet rappelle également que le dernier loup vaudois - en réalité une louve et ses petits - a été signalé en 1855 à Agiez, près d'Orbe, et non pas à l'Etivaz treize ans plus tôt, comme le rapporte l'Encyclopédie vaudoise. Ce sont les recherches de Jean-François Robert, ancien chef du même service, qui ont rectifié l'histoire il y a quelques années.

Auteur : Marco Danesi
Source : Le Temps du Jeudi 30 août 2007

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Le loup attaque l'homme. Une étude historique va relancer la polémique


Faut-il avoir peur du grand méchant loup? On diabolise volontiers le carnassier, de retour partout dans les Alpes.

TERRIFIANT ! Depuis toujours, le carnassier fait peur. Et il y a bien quelques raisons à cela, comme le démontre magistralement l'auteur de l'étude à paraître Histoire du méchant loup: Jean-Marc Moriceau a en effet pu recenser plus de 3000 attaques du prédateur sur l'homme entre le XVe et le XXe siècle dans 85 départements français.


Un léger frisson sur la nuque, c'est ce que suscite souvent l'évocation du loup. La faute au Petit Chaperon rouge, aux récits de carnages dans les bois, aux images de sang innocent répandu sur la neige. Le carnassier fait peur.
A cela il y a bien quelques raisons, comme le démontre magistralement l'historien français Jean-Marc Moriceau, dans son livre Histoire du méchant loup *. Ce professeur d'histoire moderne à l'Université de Caen a recensé plus de 3000 attaques du prédateur sur l'homme, dans 85 départements français, de la Guerre de Cent Ans à celle de 1914-1918.
Son ouvrage destiné au grand public voudrait dédramatiser le conflit entre partisans et détracteurs du quadrupède, y compris en Suisse où le loup a beaucoup fait parler de lui cet hiver.

Mi-mars, on aurait aperçu un individu à 1,5 kilomètre seulement d'un village fribourgeois. En novembre, le gouvernement valaisan a ordonné l'abattage d'un prédateur qui avait aiguisé ses crocs sur plus de trente moutons. Eleveurs et défenseurs de la nature se sont affrontés. La bête empaillée trône aujourd'hui dans le bureau du conseiller d'Etat Jean-René Fournier comme un trophée. Pourquoi ce besoin de revanche à prendre sur le loup? Les explications de Jean-Marc Moriceau.

- Comment voit-on le loup aujourd'hui en France et dans les pays voisins?
- Depuis son retour naturel en 1993 et ses premières attaques sur le bétail un an plus tard, l'image du carnassier a été revalorisée. La conception de la place de l'homme dans l'univers a changé. On se soucie désormais de préserver la biodiversité. Le loup en bénéficie. Du coup, des tensions apparaissent entre les éleveurs de moutons, qui gèrent au quotidien les problèmes que pose la présence du prédateur, et les autorités chargées de préserver l'environnement.
- Il est devenu politiquement correct de faire du loup un animal inoffensif. A tort?
- Oui, dans une certaine mesure. Pour l'heure, j'ai recensé 3050 agressions ayant entraîné presque toujours mort d'hommes, du XVe au XXe siècle. En étudiant les dépôts d'archives de 85?départements français, à travers, notamment, les registres des paroisses consignant les décès où l'extrême-onction n'avait pu être administrée. Et grâce à l'aide de généalogistes dans toute la France, j'ai pu dresser un portrait scientifique des attaques du loup contre l'homme.
- Y a-t-il eu beaucoup plus de victimes?
- Oui. J'estime que pour le XVIesiècle, on ne peut avoir connaissance pour l'instant que d'une très petite partie du total (5% environ). Cela va en augmentant jusqu'au XIXe, où j'arrive à saisir peut-être entre 15 et 35% de la réalité.
Mon étude s'arrête en 1918, avec la dernière agression supposée. Si l'on examine les chiffres, le risque que représente ce carnassier est très faible statistiquement. Il cause beaucoup moins de décès que les chutes ou la noyade. A l'échelle nationale, c'est insignifiant. Mais à l'échelle d'une région, ces carnages étaient bien plus sensibles et terrifiants. Ils marquaient les esprits pendant des générations.


"Il choisit des proies faciles: les enfants"

- Pourquoi le loup s'attaque-t-il à l'homme?
- Il faut distinguer deux types d'agressions: celles qui sont dues au loup anthropophage et celles qui sont causées par l'animal enragé. Le mangeur d'hommes est particulièrement terrifiant, car il s'attaque aux enfants de 5 à 14 ans gardant les troupeaux ou employés autrement dans les campagnes. Il sévit seul ou en couple, entre mai et septembre, lorsqu'il peut approcher sans être vu dans les hautes céréales.
- Et ce loup anthropophage aurait commencé par dévorer des cadavres…
- Le passage de la nécrophagie à l'anthropophagie est assez probable, oui. Selon l'hypothèse la plus plausible, le loup commun, qu'on trouve partout et qui mange du bétail, s'est mis à dévorer les cadavres laissés derrière elles par les armées. Avoir goûté la chair humaine incite sans doute le loup à s'en prendre ensuite aux vivants. Il choisit des proies petites, légères et faciles à emporter: les enfants.
- D'où l'horreur que ces carnages inspirent.
- En effet, ces attaques ont souvent des témoins - d'autres enfants - qui racontent comment leur ami ou frère s'est fait dévorer vivant sous leurs yeux. Leur terreur amplifie encore l'horreur et ils racontent le drame durant toute leur vie. On a vu parfois la main du diable, dans ces agressions, encore que l'Eglise soit restée très prudente sur ce thème.
- Le loup mangeur d'hommes disparaît vers 1820, en raison de l'absence de charniers à ciel ouvert et des protections dont l'homme s'entoure. Le loup enragé prend le relais?
- On les confond en effet, alors que leurs modes d'agression sont radicalement différents. Le loup enragé n'a pas de "territoire": il opère en suivant une trajectoire. Il s'attaque aux personnes qu'il trouve sur son chemin, donc surtout des hommes adultes: bûcherons, forestiers, charbonniers. Il ne les mange pas, puisque la rage paralyse son larynx; il les déchiquette avec une férocité impressionnante. Il fait des dizaines de victimes en quelques heures, souvent durant l'hiver. C'est pourquoi l'imaginaire a retenu des scènes de carnages dans les bois, sous la neige.
- Faut-il avoir peur du retour du loup dans les Alpes?
- Les conditions environnementales sont complètement différentes : plus d'armées en marche, plus de cadavres à l'abandon. Pour ce qui est de la rage, le risque n'existe à l'évidence, statistiquement, que si l'on commence à avoir une population de plusieurs milliers de carnassiers.

A lire :
Histoire du méchant loup. 3000 attaques sur l'homme en France. XVe-XXe siècle
Jean-Marc Moriceau
Editions Fayard, 627 pages, 30 euros, à paraître le 6 juin 2007.

Auteur : Pascale Zimmermann
Source : 24 heures.ch du 5 septembre 2007

"Il n'y a strictement aucune raison de diaboliser le loup"


Le loup s'en est pris à l'homme par le passé. "Et alors?" lance Patrick Durand. Pour le biologiste, directeur du bureau d'études environnementales ECOTEC, le débat, pour passionnant qu'il soit sur le plan historique, n'a aucun intérêt du point de vue biologique. "Il est plus que probable que le loup ait consommé de la chair humaine. C'est banal. Regardez ce qui se passe avec des chiens domestiques dévorant des enfants. Un pitbull et un maître névrosé sont plus redoutables qu'un loup. Dans la nature, il existe un petit pourcentage d'animaux différents et potentiellement dangereux du point de vue comportemental. Des loups se sont certainement adaptés aux circonstances en se nourrissant de cadavres. Certains ont probablement franchi le pas en attaquant des hommes vivants."

Pour Patrick Durand, le vrai débat doit se faire en examinant la situation dans les pays où les populations de loups sont actuellement présentes: l'Italie, l'Espagne, la Suède, les pays de l'Est, notamment la Slovénie et la Pologne. "Il ne s'est produit aucun accident grave vérifié depuis des décennies. Pourtant, les loups se promènent en totale liberté. C'est du reste pour cela que certains quadrupèdes italiens qui traversent les Alpes s'installent en Suisse."

Ce processus de colonisation ne s'arrêtera pas, car les proies sont très nombreuses en Suisse (cerfs, sangliers, chamois, chevreuils). Il convient de le gérer grâce à un "concept loup". Selon le biologiste, le vrai danger concernant la rage viendra bien davantage du renard que du loup. Quant à la consommation de chair humaine, "si le risque existe intellectuellement, il n'y a strictement aucune raison de diaboliser le loup."
Reste que le prédateur traumatise les éleveurs car, au milieu d'un troupeau, il tue tout ce qui bouge, bien au-delà de ce qu'il peut consommer. "Par le biais des subventions, il convient de donner aux moutonniers les moyens de modifier leurs méthodes de pastoralisme et de protéger davantage leurs troupeaux."

Auteur : Pascale Zimmermann
Source : 24 heures.ch du 5 septembre 2007

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Deux cadavres au WWF


Les éleveurs du canton de Vaud en Suisse sont désespérés. Chez eux, contrairement à la France, il n'y a aucune structure en place pour les défendre, par ce que loups et vautours, mais aussi ours, n'ont fait leur apparition que récemment. Ils ont l'impression de faire peu de poids face aux Ecolos, "surtout les citadins en mal de sensation forte, qui ne comprennent rien à nos problèmes. C'est le pot de terre contre le pot de fer" nous dit Danielle en nous envoyant un article assez significatif du Nouvelliste, un journal cantonal
Nous pouvons constater qu'ils prennent exemple sur les français pour manifester en déposant les cadavres au WWF. Et le WWF ne prend-il pas les français en exemple de.... cohabitation... un peut comme FERUS qui nous dit que tout va bien dans les Cantabrique et que tout le monde cohabite comme au paradis. [Ndr]

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NOUVELLE ATTAQUE - Une brebis et son agneau, protégés par deux chiens, ont été tués par le loup dans le Chablais. Son propriétaire apporte les cadavres dans le bureau de Marie-Thérèse Sangra. Odeur nauséabonde et dialogue de sourds.

Hier matin, William Grenon appelle la secrétaire générale du WWF Valais. Marie-Thérèse Sangra accepte de le recevoir.

A 14 h 30, l'éleveur de Vouvry, accompagné de deux collègues, Dominique Vannay et Gérald Donnet, dépose le cadavre d'une brebis et de son agneau dans son bureau. "Je vous apporte le résultat du travail du loup!" La bête, qui avait mis bas cinq jours plus tôt, s'était mise un peu à l'écart du troupeau. Le loup en a profité. Les chiens de protection n'ont rien senti.

Dans un premier temps, Marie-Thérèse Sangra refuse ce qu'elle appelle "une mise en scène". Elle ne veut pas être photographiée avec les dépouilles. Elle détourne son regard. "Je sais que c'est triste." Les éleveurs insistent. "Regardez la réalité en face!" Elle finit par accepter le dialogue et la présence du "Nouvelliste".

William Grenon : "Vous avez dit qu'il était regrettable qu'il y ait des attaques, mais que c'était de notre faute parce qu'on n'avait pas de chiens de protection. Alors, j'en ai pris deux. Je me suis d'ailleurs fait engueuler tout l'été à cause d'eux, parce qu'ils pincent les cyclistes. Et pour quel résultat? Vous l'avez devant les yeux. Alors, arrêtez d'aller faire du bourrage de crâne dans les écoles en essayant de faire croire qu'on peut vivre avec le loup."

Marie-Thérèse Sangra: "Je n'ai jamais dit que c'était facile. Mais je crois que la cohabitation, moyennant un supplément de travail, est possible. Les dégâts et votre travail doivent être pris en charge par les pouvoirs publics."

Dominique Vannay : "On ne veut pas de moyens supplémentaires ! Vous ne comprenez pas. On ne dort bientôt plus, parce qu'on craint les attaques. Comme a dit un autre éleveur, le loup nous a pris notre liberté! Dorénavant, comme bâton de berger, on prendra un fusil pour nous débarrasser des loups que vous introduisez."

M.-T. S.: "Je n'ai jamais amené aucun loup ! Ni moi ni le WWF. Arrêtez de dire des bêtises!"

W. G.: "Et le lynx, il n'a pas été introduit peut-être?"

M.-T. S. : "C'est vrai qu'il a été introduit. C'était une erreur. Mais, nous, les organisations, nous ne sommes pas responsables de ce qui s'est passé. C'était un privé."

D. V.: "Un jour, vous cracherez le morceau pour le loup, comme vous l'avez fait avec le lynx!"

M.-T. S.: "Que vous le voulez ou non, le loup continuera de venir naturellement. C'est prouvé. Que faut-il faire? Le tuer?"

D. V.: "Mais oui! On ne laissera pas dévorer nos moutons pas vos saloperies de bestioles. Si on vous laisse faire, dans peu de temps, on aura aussi l'ours. On va garder nos moutons avec le fusil en bandoulière!"

M.-T. S.: "En réagissant comme vous le faites, vous faites du tort aux éleveurs. Aujourd'hui, il y a un consensus, partout en Europe, en faveur de la protection du loup. Il faut trouver un moyen pour que la cohabitation fonctionne. On devrait se mettre ensemble pour trouver des solutions. Je sais que le loup est un problème de plus pour vous et que ce sera encore plus difficile lorsqu'il y aura des meutes. Il y a de la place pour le loup ici, comme il y a de la place pour l'éléphant en Afrique. Mais ce n'est pas à vous d'être victimes. Vous serez remboursés pour vos moutons."

D. V.: "Qu'est-ce qu'on touchera pour cette brebis? 300-350 francs. Et heureusement qu'elle a été retrouvée. A Susanfe, il y a dix-neuf moutons qui manquent. On nous a dit qu'on ne serait pas payé tant qu'on ne les aurait pas trouvés. On passe du temps pour chercher des carcasses. Ce temps-là, personne ne nous le paie! Il faut venir voir sur place comme c'est facile! Venez voir, ce qu'on vit, lorsqu'il y a du brouillard, qu'on ne voit plus les moutons et qu'on reste là sans savoir s'ils se font dévorer par des loups."

M.-T. S.: "Il faut accepter l'évolution de la société qui veut le retour de ces animaux qui ont toujours été présents ici avant d'être exterminés."

W. G.: "Nos ancêtres étaient sensés! Le loup démolit la nature…"

M.-T. S.: "Non. Le loup exprime une nature plus équilibrée. La Suisse a les moyens de cohabiter avec lui et, lorsque des mesures de protection ont été prises, d'indemniser les dégâts qu'il peut provoquer. Le WWF a toujours soutenu l'agriculture suisse ne serait-ce que pour éviter que l'on produise du CO2 pour les importations. Je vous lance un appel ici pour collaborer. Si vous avez des frais supplémentaires à cause du loup, on peut discuter."

D. V.: "On n'a pas besoin de vous. On ne se laissera pas faire. Si vous voulez le loup, alors on se fera la guerre!"

M.-T. S.: "Est-ce une menace contre ma personne?"

D. V.: "Non ce n'est pas une menace. Dès qu'il y aura de nouvelles attaques, on viendra vous apporter les cadavres. On veut montrer ce qui se passe dans nos montagnes. On veut vous faire bénéficier du travail du loup. Personne ne s'imagine ce que c'est sans le voir."

M.-T. S.: "Vous allez à contre-courant de l'opinion générale qui est favorable au loup. Vous ne voulez pas chercher de solution, mis à part tuer le loup."

D. V.: "Ce n'est pas vrai! On a mis des clôtures. On a introduit des ânes. Et maintenant des chiens. Et ça a servi à quoi? La seule solution, c'est de dormir avec son troupeau. Si on doit en arriver là, il n'y aura bientôt plus de moutonniers. Alors, il y aura assez de places dans les alpages. Vous pourrez y mettre vos loups, vos lynx et vos ours."

M.-T. S.: "On n'arrivera pas à s'entendre. Vous ne voulez pas de loup et nous oui."

D. V.: "Qu'est-ce qu'il vous apporte? Vous le voyez souvent? "

M.-T. S.: "Non, mais ça me fait plaisir de savoir qu'il est là!"

Pendant ce temps, les mouches continuent de tourner autour des cadavres qui dégagent une odeur nauséabonde. Marie-Thérèse Sangra finit par aller voir les bêtes mortes. "C'est moche…", commente-t-elle.

A 15 h 30, les éleveurs quittent le bureau du WWF… en laissant les dépouilles en souvenir. "On vous les laisse de bon cœur!"

Auteur : Jean-Yves Gabbud
Source : Le Nouvelliste du 6 septembre 2007

Commentaire


Nous pouvons observer que pour le WWF, il y a consensus dans toute l'Europe. manifestement cette organisation aux origines, semble-t-il, sombres et brunes, refuse de voir ce qui se passe sur le terrain. Ces bureaucrates environnementalistes rentent encrés dans leurs certitudes idéologiques et sectaires n'ont manifestement pas compris que les éleveurs européens échangeaient par Internet. Nous savons que en France comme dans les Cantabriques / Asturies, il y a de très sérieux problèmes.
Mais pour eux, le loup comme l'ours sont de gentils animaux de compagnie dont il "fait plaisir de savoir qu'il est là !"

Il est temps que la communication des éleveurs se développe à un niveau européen pour faire taire tous ces mensonges et ces manipulations de mouvements écologistes..

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Deux veaux tués par le loup


TRISTE PREMIÈRE EN VALAIS - Après les moutons et les chèvres, le loup s'en prend maintenant à des bovins aux Crosets. La vallée, en émoi, craint pour ses enfants

"Il l'a déchiqueté. Rien que d'y penser, j'ai les poils qui se hérissent sur les bras." L'agriculteur chablaisien Bernard Daves est visiblement outré par le spectacle de son veau dévoré par le loup dans la nuit de jeudi à vendredi à deux pas des chalets des Crosets, sur la commune de Val-d'Illiez. Et ce, non loin de Planachaux, là où une première attaque a déjà eu lieu à la fin de ce printemps.

Hier matin, le Service de la chasse s'est rendu sur place et a pris des photographies des empreintes très nettes laissées dans la boue par l'agresseur dont l'identité ne fait aucun doute. Le veau, qui était né récemment et pesait entre 45 et 55 kilos, a été presque entièrement dévoré. "Et l'attaque n'a pas eu lieu dans un endroit perdu, mais à 200 mètres du départ du télésiège de Crosets 1, entre le village et bien plus bas que la buvette de Chaupalin. Autant dire en pleine station! Le loup n'a peur de rien", tempête Bernard Daves.

L'homme a voulu revoir son veau hier après-midi. Nous l'avons accompagné. Et devant nous, ce solide gaillard, ancien boxeur et joueur de rugby, avait vraiment la chair de poule en regardant son veau limousin. "Il reste la tête, la colonne vertébrale, les côtes et les pattes. C'est pas croyable."

Mesures urgentes ?
Dans le monde paysan de la vallée d'Illiez, la nouvelle de ce carnage provoque un véritable tollé. Le loup s'en est pris à l'élément central de l'élevage montagnard: la vache. Un habitant du coin raconte: "Je croyais les bêtes en sécurité près des habitations, mais le loup est venu jusqu'en station. Je veux voir comment le WWF va se dépatouiller maintenant. Un fonctionnaire va venir de Berne pour définir les mesures à prendre. Car une vingtaine de vaches doivent vêler d'ici au 10 octobre. Si rien n'est fait, ce sera un massacre. Sans compter que 900 moutons pâturent juste un peu plus haut."

"Des gens ont peur"
Ces réactions sont confortées par le fait que le veau des Crosets n'est pas la première victime chez les bovidés. Restée bizarrement sous silence jusqu'ici, une première attaque de veau a eu lieu à fin mai à Planachaux. Une bête qui appartenait elle aussi à Bernard Daves. "Là, le loup a frappé dans un secteur connu, à proximité du restaurant du Chaudron. On attend quoi, que des gamins qui traînent en faisant du hors-piste en fin de journée se fassent bouffer cet hiver? Avec les moutons et les chèvres, depuis deux semaines, il y a de la casse tous les deux ou trois jours."
Une habitante des Crosets renchérit: "Déjà maintenant, des gens ont peur, comme cette Champérolaine qui refuse d'aller aux champignons."
Un autre agriculteur présent à Chaupalin hier estime que le danger est réel pour l'homme. "Quoi qu'en disent les experts. Imaginez mon jeune berger au petit matin, allant chercher dans le noir les vaches pour la traite. S'il tombe nez à nez sur le loup… Les écolos ont beau dire qu'il n'attaque pas l'homme. Ils nous laissent prendre les risques et eux vivent en plaine."

D'autres cas ?
Selon nos informations, la carcasse d'un troisième veau, lui aussi déchiqueté, aurait été retrouvée récemment non loin de là à la Pointe de l'Eau, sur Val-d'Illiez. Il reste encore à confirmer l'implication du loup dans ce cas-ci.
Et l'on parle aussi de nouveaux moutons tués sur Susanfe ….

Auteur : Gilles Berreau
Source : Le Nouvelliste du 8 septembre 2007

Commentaires


Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et au milieu toujours les mêmes écolos qui récitent le même bréviaire comme uen secte.Mais qui est le gourou ?

A côté de ce délire intellectuel, nous constatons que l'efficacité des autorités suisses est à la hauteur de l'inefficacité des autorités françaises. Quelque part, c'est rassurant.

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Le bâton de berger de Fournier


Arme anti-loup - Le makhila était utilisé au Xe siècle par des bergers pour protéger les troupeaux. Un exemplaire de cette arme a été offert par un Montheysan au conseiller d'Etat Jean-René Fournier!

Jean-René Fournier s'est vu offrir par un collectionneur d'armes montheysan un bâton de berger très spécial, un makhila. Cette canne a été inventée il y a mille ans dans le Pays Basque pour lutter contre le loup et l'ours. Et ce, grâce à une pointe d'acier cachée dans sa poignée. Tout un symbole, lorsque l'on connaît la position claire et nette du conseiller d'Etat dans le dossier du loup en Valais.

L'exemplaire "montheysan" est arrivé dans la capitale valaisanne à l'occasion d'une session du Grand Conseil. "Il m'a été transmis il y a quelques temps déjà par la députée radicale montheysanne Marie-Claude Ecœur. Et il y a peu, j'ai reçu Gérard Rithner à Sion lors d'une réception pour le remercier de ce geste", confirme Jean-René Fournier, patron du Département des finances, des institutions et de la sécurité.

Objet de collection

Les problèmes rencontrés par les bergers à cause du loup ne datent pas notre société moderne. C'est bien pour cela que l'animal avait disparu de nos contrées. Arme datant du Xe siècle et spécialement étudiée pour protéger les troupeaux de moutons contre les prédateurs, le makhila est aujourd'hui un véritable objet de collection.
Certaines réalisations coûtent très cher et arborent le nom de leur propriétaire gravé sur de l'argent. "Mais surtout, cet équipement est d'une incroyable efficacité. Sa conception est époustouflante, lorsque l'on pense que sa création remonte à si longtemps", s'extasie Gérard Rithner, un collectionneur montheysan passionné.

Arme sophistiquée

Emblématique du Pays Basque, ce bâton cache une longue pointe d'acier dans son manche. Avant de pouvoir disposer d'armes à feu, les bergers en montagne utilisaient ce makhila dans le sud-est de la France.

"Il est très efficace pour défendre leurs troupeaux contre les loups. Car le makhila est à la fois une lance et une massue!" explique Gérard Rithner. Joignant le geste à la parole, le Montheysan continue sa démonstration. "Le manche, doté d'un pommeau, se dévisse et dévoile une pointe. A l'autre extrémité, on trouve un lourd contrepoids, lui aussi en acier, qui permet de transformer le bâton en massue. La force de pénétration est étonnante. Et le tout est très solide, grâce à l'emploi d'un bois spécifique."

Auteur de l'article : Gilles Berreau
Source : Le Nouvelliste du 11 septembre 2007


PS, Jean-René Fournier est le chef du Dpt des finances et de la sécurité du Canton du Valais, Membre du Parti Démocrate Chretien, et fervent anti-loup.

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Comment protéger les veaux ?


CONCEPT LOUP SUISSE - Le coordinateur du programme national était aux Crosets hier. Pour proposer des solutions. Qui fâchent les éleveurs.

Réunion au sommet hier après-midi au-dessus des Crosets (Val-d'Illiez) entre des éleveurs chablaisiens et Daniel Mettler, coordinateur sur le plan national du Concept Loup Suisse. Il s'agissait de définir des mesures de prévention urgentes pour protéger les troupeaux de vaches contre le loup. En effet, suite à deux attaques cet été dans le secteur, les paysans sont très inquiets.

Autant le dire tout de suite, les propositions faites hier par Berne n'ont pas suscité une vague d'enthousiasme en Valais. Car que propose Daniel Mettler? "A court terme, la première solution serait de descendre les bêtes en plaine. Mais nous souhaitons que la saison d'estivage puisse se terminer ici en haut. L'autre issue consiste à mettre tous les soirs les animaux à risque dans un parc de nuit avec des clôtures électriques renforcées. Cela concerne les mères portantes prêtes à vêler et les petits veaux de moins de dix jours."

"Pas réaliste"
William Grenon, qui possède plus de 800 têtes de bétail aux Crosets, secoue la tête. "Cela ne marchera que très difficilement. Car on ne peut pas séparer comme cela le troupeau, comme avec des moutons. Les vaches se protègent entre elles. Vous imaginez le gymkhana que cela va donner tous les soirs!"

A long terme, pour la montée en alpage de l'an prochain, le Concept Loup Suisse y va aussi de sa proposition. "Il faudra bien analyser la situation et savoir si l'intégration de chiens patous est possible. Or, ce n'est pas toujours le cas avec le grand bétail. La cohabitation est plus compliquée avec les vaches allaitantes qu'avec les ovins", indique Daniel Mettler.
Mais alors, que faire? Le coordinateur propose de réorganiser les exploitations agricoles. "Est-ce que le moment du vêlage peut-être reporté après l'estivage et avoir lieu en plaine, en toute sécurité?" Une idée qui fait rire jaune les éleveurs de la vallée présents à la réunion.

Que va dire le taureau ?
"Sur le papier cela peut paraître une bonne idée. Pour quelqu'un qui ne connaît pas les vaches… Car si l'on peut théoriquement retarder la conception des veaux pour qu'ils naissent en novembre, cela ne marchera pas toujours et surtout pas de manière linéaire et coordonnée.
Le croire c'est méconnaître la nature"
, explique William Grenon. "Il faut parfois plusieurs tentatives pour la conception. Et surtout, après avoir vêlé, les vaches ne redeviennent pas prêtes à porter toutes dans le même laps de temps", ajoute un autre éleveur. "Le taureau a aussi son mot à dire. Que les écolos viennent eux dans le pré pour lui expliquer quand il doit faire son affaire à la vache", renchérit un agriculteur.

Alexis Gex-Fabry témoigne
Hier aux Crosets, Florian Volluz, président de l'association des ovins et caprins, était présent pour soutenir les agriculteurs chablaisiens. "Je me demande pourquoi la vache n'a pas pu défendre son veau aux Crosets. Peut-être parce que deux loups ont attaqué?"

Parmi les éleveurs en estivage aux Crosets, Alexis Gex-Fabry, bien connu pour ses talents de coureur à pied, subit de plein fouet la présence du loup. "Après l'attaque d'un veau ici en juin, j'ai redescendu en plaine mes vingt-six veaux et dix moutons. Je n'ai gardé que deux chèvres pour les enfants. Chaque matin, avant d'aller traire les vaches, je sortais les caprins. Eh bien, malgré le bruit de la machine à traire et ma présence, le loup est venu tuer une chèvre juste derrière mon chalet, à vingt mètres, vers 7 heures du matin. Or, la première chose que font mes gosses en se levant, souvent très tôt, c'est d'aller voir les chèvres. Le pire a été évité de justesse."

Depuis, le père de famille craint pour ses enfants qu'il ne lâche plus des yeux. D'ailleurs, les petits ne viennent qu'épisodiquement dormir sur place. Un comble pour des gens ayant choisi la montagne pour sa qualité de vie et la liberté. En face, à Planachaux, Yann Avanthey dit aussi faire attention à la sécurité de ses enfants, le loup ayant passé à côté du chalet. Au gîte de Chaupalin, le gérant confirme: "Ici aussi le loup passe sous le chalet."

"J'ai peur quand je cours"
Alexis Gex-Fabry dit avoir peur pour lui-même. "Lorsque je m'entraîne à courir ici en haut, j'ai vraiment la trouille. Car j'ai vu les blessures infligées à la chèvre. Des coupures nettes, profondes. Le pire, c'est d'imaginer de tomber face à plusieurs loups."

Auteur de l'article : Gilles Berreau
Source : Le Nouvelliste du 12 septembre 2007

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Ces témoignages sont les mêmes que ceux venus des alpages des Alpes françaises. Bientôt, ce seront les mêmes dans les estives pyrénéennes d'ici 2 ou 3 ans lorsque les loups de Catalunya se seront répenus sur la chaîne comme ils l'ont fait dans les Alpes ou pire encore dnas les Asturies.

Comme en France ou en Espagne nous ne pouvons que coinstater que les "concepts" et "plans" ours ou loup sont élaborés par des personnes qui ne conaissent rien à l'élevage mais qui, néanmoins, se permettent de venir donner des leçons de pastoralisme. Il y a dans le milieu environnementaliste des gens qui ne manquent pas de culot quelque soit le pays.

Mais il parait que le loup n'est pas dangereux.... pour les enfants...

Peut-être que la présence d'ânes sur les alpages et les estives pourraient faire fuire les loups ??? L'occasion de redécouvrir des races à petits effectifs, des sauvegarder et de participer au développement de la biodiversité des races d'élevage.

Louis Dollo, le 12 septembre 2007

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Faut-il tuer le loup?


DÉCISION IMMINENTE - Six nouvelles victimes ces derniers jours dans le Chablais! Le bilan de l'été autorisera peut-être un tir.

L'ouverture de la chasse en Valais sera-t-elle marquée par un trophée exceptionnel: un loup ? C'est envisageable au regard des derniers événements. En effet, entre mardi dernier et hier lundi, pas moins de trois troupeaux de moutons ont été attaqués par le loup dans le val d'Illiez.

Bilan: sept victimes. Qui viennent s'ajouter à la longue liste déjà en possession des autorités cantonales et fédérales. Selon nos informations, une réunion va avoir lieu prochainement avec l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) pour compter décider d'abattre un loup. Quant au WWF, il fourbit déjà ses armes pour défendre cet animal protégé.

Un été meurtrier
La semaine passée, selon les éleveurs, deux moutons ont péri sur l'alpage d'Anthème (commune de Val-d'Illiez). C'est la troisième attaque à cet endroit où le loup avait été surpris le mois passé en pleine action. Rien que sur ce pâturage, le bilan atteint quatre moutons tués et deux blessés. Non loin de là, sur l'alpage de Rossetan, quatre bêtes sont mortes, dont trois agneaux. Troisième attaque à Bonavau (Morgins), ou un mouton est mort. Il n'y aurait quasiment aucun doute sur le rôle joué par un ou plusieurs loups.

A ces événements récents, il faut ajouter cet été l'attaque de deux chèvres à Champéry. Dans la région de Susanfe (Evionnaz), non loin de Champéry, deux cas sont répertoriés et ont fait onze victimes chez les ovins. Sans oublier les deux veaux des Crosets. En prenant compte de toutes les affaires recensées, on parle de dizaines de cas.

Dans le cadre du Concept Loup Suisse, l'autorisation de tirer un prédateur afin de réduire la pression sur le cheptel des animaux de rente est donnée si dans la même région ou vallée au moins trente-cinq bêtes ont été dévorées par un loup au cours de quatre mois consécutifs, ou au moins vingt-cinq animaux de rente au cours d'un mois.

Arrivera-t-on à l'un de ses deux chiffres ? Les organes compétents vont tout d'abord analyser chaque cas, chaque victime, afin d'être certains que le loup est concerné. Il faudra aussi s'assurer que les troupeaux touchés étaient correctement protégés. Facteur aggravant

Un autre élément du fameux concept risque fort de jouer en défaveur du canidé. Ce point très précis indique que si des attaques en nombre se sont déjà produites l'année précédente, il suffit de quinze nouvelles victimes l'année suivante. Le Chablais se trouve précisément dans ce cas de figure. On se souvient que l'an dernier à l'alpage d'Onne, sur la commune de Collombey-Muraz, de nombreux moutons avaient été tués par la même louve qui a sévi cette année à Susanfe.

Hier, le WWF Valais analysait différemment ce point, estimant que puisqu'un loup a été abattu l'an dernier, les compteurs ont été remis à zéro. Ce que ne précise pas le Concept Loup.

Le WWF: pas si vite!
Au vu des ces informations, on voit mal comment le tir du grand canidé pourra être évité. Se dirige-t-on vers cette solution drastique?

A Sion, le chef du Service de la chasse Peter Scheiber refuse de se prononcer avant la réunion au sommet de ces jours prochains.

Pour la secrétaire du WWF Valais Marie-Thérèse Sangra, avant tout tir, il reste encore à prouver non seulement l'implication d'un ou plusieurs loups, mais aussi et surtout que vraiment toutes les mesures ont été prises pour protéger le troupeau, et pas seulement au dernier moment. "De plus, il ne faut pas que l'on tire sur n'importe quel loup, mais bien sûr celui qui poserait problème", rappelle l'écologiste.
Mais même si ces conditions sont remplies, le WWF n'acceptera pas sans autre un tel tir. "Nous avons été consultés lors de l'élaboration du Concept Loup, mais nos avis n'ont pas été pris en considération. Ce Concept n'est donc pas un instrument qui nous permet d'être satisfaits de la manière de gérer le loup en Suisse."

Et Marie-Thérèse Sangra, secrétaire du WWF Valais, de prévenir: "Ce Concept ne se substitue en aucun cas à la législation qui protège le loup."

Auteur : Gilles Berreau
Source : Le Nouvelliste du 18 septembre 2007

Commentaire


Comme partout dans le monde, le WWF tient une position de taliban de l'écologie sans aucune considération pour l'humain et encore moins le respect du travail des hommes. Cet organisme est dépourvu de toute sensibilité humaniste en allant même jusqu'au refus de dialogue. A ce titre, le WWF est une organisation dangereuse.

Par ailleurs, le principe du tir est une idiotie sans nom au seul motif que la prise de décision est tellement longue à prendre que le loup a disparu du lieu de la prédation ou bien un autre vient et ce n'est pas le bon qui est tué. C'est la même problématique sur toute l'Europe. Les tirs devraient être automatiques et autorisés pour chaque éleveur victime de prédation afin de protéger son outil de travail : le troupeau.

Louis Dollo, le 18 septembre 2007

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Loup en Valais : Eleveurs sur les nerfs


La semaine dernière, le loup s'en est pris à plusieurs veaux en Valais. Excédés, les éleveurs critiquent l'efficacité des mesures de protection et s'interrogent sur le retour naturel du prédateur. Organisations écologistes et chercheurs réfutent ces accusations, rappelant que les pertes subies sont modestes en regard du taux de mortalité habituel. Reportage

Pas besoin d'être psychologue pour voir que Jean-Michel Egertswyler est à bout. Eleveur de moutons à Evionnaz (VS), ce solide gaillard aux poings gros comme des enclumes court la montagne depuis quatre jours à la poursuite de trente brebis introuvables. A la vue du petit sac en plastique contenant les étiquettes de marquage des bêtes décimées par le grand canidé, il craque et fond en larmes. "Mon berger m'a quitté il y a quelques jours. La surcharge de travail et la tension que le loup fait peser sur notre quotidien en sont venues à bout. Je me retrouve donc seul à chercher les bêtes manquantes que d'autres propriétaires ont mises en estivage chez moi. C'est une véritable torture morale", ajoute-t-il avant de s'interrompre, des sanglots dans la voix.

La facture sera salée
Assis de l'autre côté de la table, Philippe Dubois, garde-chasse, a aussi les traits tirés. C'est la quatrième fois qu'il vient, depuis le début de l'été, pour enregistrer les déclarations de perte de Jean-Michel Egertswyler. Depuis que le loup rôde, sa façon de travailler a été complètement bouleversée. "Entre les bêtes blessées qu'il faut achever, le plus souvent dans des lieux difficiles d'accès, les visites aux éleveurs, les autopsies et les échantillons à envoyer au KORA (voir encadré), je n'ai même plus le temps de procéder aux comptages qui se font habituellement en cette saison", soupire le garde-chasse, en notant le compte bancaire de l'éleveur qui recevra d'ici à six mois une indemnisation de la Confédération.
Si le dédommagement versé pour une brebis se situe aux alentours de 300 francs, celles de Jean-Michel Egertswyler sont des suffolk de race, qu'il a fait venir de France pour améliorer son élevage. Leur prix s'élève à 450 euros, sans le transport. Mais au-delà des dommages matériels, l'éleveur craint surtout pour l'avenir. "Les propriétaires vaudois, fribourgeois et bernois qui me confient leurs bêtes pour l'estivage auront-ils encore confiance l'année prochaine, quand ils verront les pertes subies par le troupeau?"

Des molosses durs à gérer
Jean-Michel Egertswyler n'est pas le seul à se faire de la bile. William Grenon, berger sur l'alpage de Chésery, a lui aussi perdu des bêtes cet été, en dépit de la présence des deux Maremmanne des Abruzzes qui lui ont été attribués par la Confédération pour l'aider à protéger ses 800 moutons. "Je les ai pris au printemps, pour qu'ils aient le temps de s'habituer au troupeau et à mes chiens de travail. Une hiérarchie a fini par se mettre en place entre eux, mais ça n'a pas été sans mal." Pas facile d'ailleurs de surveiller ces molosses, qui s'en prennent parfois aux vététistes, nombreux à traverser ces régions propices à la pratique de leur activité. Bien qu'aucun incident grave ne soit à déplorer à ce jour, le berger est tout de même inquiet. "En cas de pépin, c'est nous les responsables."
Arrivé entre-temps, son collègue Bernard Daves, agriculteur à Collombey, n'a pas de moutons mais un troupeau de vaches allaitantes. En quelques jours, le loup lui a déjà pris deux veaux, une première en Valais. "Il n'y a que quinze chiens pour tout le Chablais valaisan, ce n'est pas assez. On nous parle de désalper les vaches qui viennent de mettre bas et leurs petits. Mais les deux tiers des bêtes viennent d'autres régions. Et pour rester en plaine, il faut du fourrage. Sans compter qu'à cette période, les allaitantes sont trop farouches, c'est impossible de les approcher. Moi, je n'ai rien contre le loup, mais alors je change de métier."

Plusieurs causes de mortalité
"Il y aura un prix à payer, c'est certain, reconnaît Daniel Mettler, d'Agridea, responsable pour la coordination nationale des mesures de protection mises en place par la Confédération en 2003. A court terme, ce sera particulièrement difficile pour les éleveurs semi-professionnels ou les agriculteurs à temps partiel." Malgré tout, cet ancien berger se veut optimiste. "En ce qui concerne la protection des moutons, nous avons déjà une certaine expérience. La situation avec les vaches allaitantes est nouvelle et nous avons besoin de temps pour développer des mesures de protection appropriées. Bien sûr, cela n'enlève rien à la pression psychologique des grands prédateurs." Et de relativiser: entre les bêtes qui se perdent, celles qui dérochent ou qui sont frappées par la foudre, les pertes se chiffrent par milliers, alors que le tableau de chasse du loup n'atteint même pas une centaine de têtes de bétail.

Marie-Thérèse Sangra, du bureau valaisan du WWF, pense pour sa part que "ce retour a favorisé la protection des animaux. Avant, les bêtes étaient moins bien surveillées et les éleveurs acceptaient un taux de perte de 3 à 4%." Si elle admet que les chiens de protection ne sont pas en nombre suffisant, Marie-Thérèse Sangra insiste sur la nécessité de combiner tous les moyens à disposition des éleveurs, soit le rassemblement des troupeaux durant la nuit, la pose de clôtures et la présence des bergers et des chiens. Comme Daniel Mettler, Marie-Thérèse Sangra réfute catégoriquement toute accusation de réintroduction du loup par l'homme. "Les analyses ADN le confirment. Les individus présents en Suisse viennent d'Italie." Les éleveurs, eux, n'en démordent pas. "Il y a cinq cents kilomètres entre les Abruzzes et la Suisse, et personne n'a signalé sa présence avant son arrivée chez nous. Il a mangé quoi, jusque-là, le loup, des pizzas?"

ADN italien
Chercheur à l'Université de Lausanne, Luca Fumagalli reçoit les échantillons - surtout des crottes - que lui envoie régulièrement le Kora (Projets de recherche coordonnés pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse). "Les analyses génétiques prouvent que les individus présents en Suisse sont originaires d'Italie. Du fait de la réduction massive des population de loups au XX e siècle et donc de leur diversité génétique, ils présentent une séquence ADN qui est très clairement identifiable." Pour Luca Fumagalli, ce retour est tout à fait naturel. "Le loup réinvestit des lieux qu'il a désertés depuis cent ans, notamment parce qu'il n'y avait plus assez de gibier dans nos forêts." Et de rappeler: "Cet animal peut parcourir des centaines de kilomètres en un jour. De plus, il est très discret, ce n'est pas étonnant qu'il ne laisse que peu de traces derrière lui".

Auteur : Alexander Zelenka
Source : Le Nouvelliste du 20 septembre 2007

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Sus au grand méchand loup


Jean-René Fournier a autorisé le tir d'un loup dans le val d'Illiez et le secteur de Susanfe. Le Service de la chasse attendra que le délai de recours soit échu pour passer à l'action.

Son appétit lui a joué un mauvais tour. Avec quarante et un animaux de rente dévorés en quatre mois, le loup du Chablais a dépassé les bornes. Jean-René Fournier, le chef du Département valaisan des finances, des institutions et de la sécurité (DFIS), a délivré hier l'autorisation de tirer un loup dans le val d'Illiez et le secteur de Susanfe.

Pour prendre cette décision, le conseiller d'Etat s'est appuyé sur le rapport accablant établi par la commission intercantonale chargée de la gestion du loup. Et les chiffres qu'elle a mis en évidence ne parlent pas en faveur du prédateur. Que l'on prenne en compte une période de quatre mois ou simplement d'un mois, force est de constater que la bête s'est mise dans le rouge. Quarante et une victime en quatre mois alors que la limite est de 35; 25 entre le 15 août et le 15 septembre, soit le minimum fixé par le Concept Loup Suisse. Et depuis cette date, Ysengrin ne s'est pas calmé puisqu'il s'est à nouveau rappelé au bon souvenir des éleveurs en dévorant deux moutons pourtant placés sous la surveillance d'un berger.

Pour pouvoir permettre un tir, les autorités doivent aussi s'assurer que toutes les mesures de protection ont été prises. "Le rapport de la commission intercantonale mentionne qu'il y avait des bergers, des aides bergers et des chiens de protection. De plus, les troupeaux étaient rentrés le soir", précise le patron du DFIS.

L'autorisation de tir est valable dès aujourd'hui vendredi, date de la publication de la décision dans le Bulletin officiel. Mais elle ne sera pas immédiatement appliquée. "Nous attendrons que le délai de recours de 30 jours soit échu", explique Jean-René Fournier. Car pour lui, il ne fait aucun doute que recours il y aura. Il restera alors un mois pour tenter d'abattre le carnivore, l'autorisation de tir étant fixée à 60 jours. Et l'effet suspensif, alors? "Il n'y en aura pas. Il est retiré par la décision afin d'éviter une augmentation des dégâts. C'est donc le même procédé que l'an dernier qui est appliqué", précise le conseiller d'Etat qui profite de faire remarquer dans la foulée que, pour être cohérents, les écologistes devraient faire recours à Berne plutôt qu'en Valais. "Le Concept Loup Suisse vient de la Confédération. Nous l'appliquons, même si nous le trouvons trop favorable au loup. Si le WWF ne l'accepte pas, il doit s'adresser à la Confédération, pas à nous!"

Du côté des défenseurs du loup, on reste sur la réserve: "Nous ne faisons pas systématiquement recours. Nous allons donc prendre connaissance de la mise à l'enquête sur le Bulletin officiel. Nous étudierons le dossier et nous communiquerons alors notre position", explique Marie-Thérèse Sangra, secrétaire de la section valaisanne du WWF. Récemment, elle avait cependant émis quelques réserves préventives dans nos colonnes, déclarant notamment: "Il ne faut pas que l'on tire sur n'importe quel loup, mais bien sur celui qui poserait problème." La remarque n'ébranle pas Jean-René Fournier: "On ne sera jamais sûr qu'il s'agit d'un seul et même loup. Le rapport de la commission parle DU loup. On n'a donc pas à se poser la question. Si un loup est repéré dans le secteur concerné, on le tire", lâche-t-il avec toute la conviction dont il est coutumier.

Derrière ce "on" ne se cache pas le premier chasseur venu. Seuls les professionnels du Service de la chasse auront le droit de s'attaquer au loup du Chablais. "Nous avons vingt-sept gardes-chasse et de nombreux auxiliaires mandatés. Seuls ces gens pourront participer aux battues organisées par le Service cantonal de la chasse. Dans le cas du loup de la val