PROJET. DESTINÉ AUX PROFESSIONNELS ET USAGERS DE LA MONTAGNE.
Créer un réseau d'alerte du secours en montagne, tel
est objectif du projet présenté hier, dans les locaux
du Parc national par Jacques Bernole, guide de haute montagne. Il
part d'un constat : «Le GSM ne couvre que les vallées
et les stations de ski. Il n'y a pas d'autre réseau pour la
partie montagne. » Les choix qui s'offrent aujourd'hui aux usagers
sont en effet limités : le téléphone satellitaire,
très onéreux ou
la marche à pied. Ce sauveteur
rappelle que cette alternative « induit des délais d'attente
très longs, ce qui aggrave l'état de la victime». À la demande du Parc national et après avoir fait ses
premières armes dans les Alpes, il a étudié la
création d'un réseau sur les Hautes- Pyrénées,
la Haute-Garonne et une partie des Pyrénées Atlantiques.
Il s'agirait de faire comme dans les Alpes qui, de 1987 à 2000,
ont couvert l'ensemble de leur territoire. À partir d'un
site maître qui serait le pic du Midi, seraient installés
des relais en fond de chaîne gérés par une association. « Les adhérents achètent leurs postes » explique ce montagnard chevronné. « Selon le modèle,
le coût varie entre 600 et 800 € ». Un système
qui permettrait de sécuriser les sorties de tous les usagers
du massif. Et de citer, les agents du parc, les bergers, les
randonneurs ainsi que les collectivités comme le Club alpin
français. C'est une évidence : «On ne peut
pas sauver les gens si on n'est pas alertés». Il
n'est pas non plus acceptable que certains professionnels de la montagne
soient contraints à utiliser encore des radios illégales.
Ce réseau qui serait, bien entendu, protégé,
permettrait de surcroît d'entendre les conseils d'un médecin
en attendant les secours.
Auteur
: J. Battoue.
Source : Dépêche
du Midi du 20 décembre 2005
Haut
de page
| Observations |
Il s'agit d'un vieux projet de la fin des années 90 dont
on ne voit pas trop l'avenir.
Si la radio est intéressant dans certains cas pour communiquer
entre 2 postes, son intérêt est pour le moins limité
pour ne pas dire sans intérêt dans de nombreux
cas.
La radio,
quels avantages ?
- Communication
rapide entre 2 postes sur la même fréquence
- Coût
limité dans le cas de liaison direct entre 2 postes
mais inconnu (du moins préalablement non communiqué)
si on passe par un relais.
La radio,
quels inconvénients ?
- Communications
limitées entre postes définis
- Fréquence
limitée = interlocuteurs limités
- Coût
du matériel excessif par rapport à l'usage limité
aux secours
- Absence
d'ouverture vers des technologies et informations évoluées
: SMS, météo, Internet, bases de données,
etc
- Zones
d'ombre toujours possibles, couverture totale non garantie
Un moyen
de communication pour quoi faire ?
Pour être efficace et intéressant, le moyen de
communication ne doit pas être limité en destinataire,
faire l'objet d'un investissement minimum accessible au plus
grand nombre, permettre l'usage de moyens technologiques avancés
(SMS, Internet,
) pour obtenir des informations évoluées
(Météo, contacts privés et discrets, bases
de données, etc
)
Un moyen
de communication pour qui ?
- Le
secours en montagne.
Sa problématique est d'avoir un réseau interconnecté
entre les divers services : militaire (PGHM, Gendarmerie)
et civil (CRS, SAMU, Pompiers). Dans ce cas un réseau
radio commun peut présenter un intérêt
d'autant qu'il ne sert qu'à l'occasion d'interventions.
C'est leur problème interne d'organisation. Peut-être
serait-il plus efficace et moins onéreux de connecter
les deux réseaux déjà existants ?
- Le
Parc National des Pyrénées
Ils ont déjà un réseau radio interne.
Peut-être pas assez efficace et sans doute perfectible.
A quoi sert-il ? Sécurité des personnels, missions
de police et de comptage. Si le PNP veut se limiter à
ces fonctions simples, c'est son problème. Mais ne
serait-il pas intéressant de voir plus loin : accès
aux bases de données, météo, pointage
direct des comptages, liaison avec le plus grand nombre pour
diffuser rapidement des informations autres que des accidents
potentiels (localisation des ours et loups, observations pastorales),
etc
- Les
bergers et éleveurs
Combien y a-t-il d'accidents de bergers par an dans les Pyrénées
? Investir de 600 à 800 Euros par berger et éleveur
présente-t-il un intérêt ? Je ne crois
pas. A une époque où toutes les activités
agricoles sont surveillées par " big brother "
via le satellite (types de culture, superficies, jachères
)
pour le calcul de primes éventuelles et alors que des
contrôles qualité de plus en plus importants
vont se développer (suivi des animaux, temps en estive,
type d'alimentation, origine de chaque bête, etc
)
que ce soit pour l'AOC ou l'IGP (ou même rien), le berger
et l'éleveur doivent disposer, dans les prochaines
années, de moyens d'enregistrement et de communication
vers des bases de données. Dans les cabanes, l'usage
d'Internet doit pouvoir être généralisé.
Dans ces conditions, la radio est largement dépassée.
Un moyen téléphonique s'impose.
- Les
randonneurs et alpinistes amateurs et professionnels
.
- Le
cas des compétitions outdoor.
Les radios sur des distances limitées sont utilisées
sur des circuits de compétition. Le système
français de licence reste une contrainte archaïque
datant de la dernière guerre et pousse aux pratiques
illégales à partir de matériels espagnols
ou andorrans peu chère et légale dans ces
pays. Ces systèmes permettent facilement l'usage
de plusieurs fréquences contrairement au système
français. Mais tout ceci est il vraiment intéressant
dans l'avenir ?
Probablement oui pour des petites compétitions
locales ou de clubs qui s'adressent à un public
très local. Mais pour des compétitions de
type national et international qui se doivent de communiquer
avec les médias et pouvoir transmettre du son et
de l'image, la radio est inopérante et coûteuse
en investissement compte tenu du nombre d'appareils nécessaires
sur un circuit.
- Le
cas des activités touristiques et de loisirs
L'acquisition ne pourrait se faire que dans le cadre d'un
club ou un professionnel de la montagne selon son type
d'activité compte tenu du coût et des limites
de l'appareil. Mais quelle proportion de pratiquant de
la montagne passe par un club ou un professionnel ? C'est
de plus en plus faible. Par ailleurs, beaucoup de professionnels
ne se limitent pas aux Pyrénées françaises
(il faut penser à l'Espagne) et des professionnels
d'autres massifs viennent dans les Pyrénées
(même chose pour les clubs). Faut-il acheter un
appareil et un abonnement pour chaque massif ? C'est assez
peu réaliste.
D'autre part, quel particulier ira acheter un tel matériel
pour faire le GR 10 ou même la HRP ou tout autre
randonnée ? Car c'est bien en randonnée
pédestre qu'il y a le plus gros taux d'accidents.
Et puis, randonneurs amateurs et professionnels seraient
sans doute intéressés par d'autres services
que celui de prévenir les secours dans le cas d'un
éventuel accident. Ils seraient probablement intéressés
par la météo et conserver le contact avec
leurs familles ou amis, voir même pouvoir contacter
un bureau (bureau des guides), un refuge, un gîte,
un topo sur le Net, etc
.
Là encore le système radio ne présente
strictement aucun intérêt.
Nous le
voyons, imaginer un système de communication en montagne
nécessite une réflexion plus globale sur les besoins
de la " clientèle " professionnelle et amateur.
Il faut avoir une vision d'avenir dans le cadre d'un développement
durable permettant de participer à l'évolution
du massif et de ses vallées.
Il faut aussi avoir une vision de l'évolution de la médecine
de montagne tant à l'occasion de secours qu'à
l'occasion d'interventions auprès des populations de
montagne en soutien aux médecins généralistes
de proximité tel que le système développé
par IFREMONT.
Dans tous
les cas de réflexion, ma radio n'est pas l'avenir. Elle
est le passé. Investir dans ce domaine serait un pas
en arrière de 30 ans. La recherche doit se tourner vers
l'amélioration de la couverture GSM et le satellitaire.
| Souvenirs.... |
En 1986, nous pouvions suivre des expéditions himalayennes
par radio CB via l'Ile de La Réunion.
En 1994, nous avions le téléphone et fax
satellitaire alors que la Préfecture des Hautes
Pyrénées en était encore, dans les
refuges et pour le secours, à des postes radio
datant de la fin des années 1960 (Les postes "
Durendal "). Par ailleurs le GSM embarqué
se développait et l'avenir du GSM portable se dessinait
et existait dans d'autres pays comme l'Espagne.
En 1999, le système radio proposé ci-dessus
avait reçu en avis totalement défavorable
de la part de la FFME. Sept ans après, on nous
le représente.
Surprenant !
|
Louis
Dollo, le 10 janvier 2006
|
Haut de page
|