IMMATRICULATION DES MOTONEIGES
Limmatriculation des motos neige - rapport du 2 octobre 2000
Le 8 octobre 1999, D Voynet et J C Gayssot ont demandé au CG PC et à la mission dinspection spécialisée de lenvironnement (devenue depuis linspection générale de lenvironnement) dexaminer lopportunité dimmatriculation des motos neige après avoir entendu lensemble des intervenants.
Le rapport a été remis le 12 septembre 2000 par le vice président du CGPC et le chef de lIGE à J C Gayssot à Madame Voynet et à Mme Demessine
Cette mission a été réalisée par Louis Blaise (IGE membre de lIGE) et Georges Poulenat (ACHC affecté au CGPC).
Il leur est rapidement apparu que linterpellation des pouvoirs publics sur le point précis de limmatriculation renvoyait à une réflexion plus large sur lapplication même de la loi du 03 janvier 1991. La réflexion a donc été élargie au statut et à lutilisation de ces engins.
En effet, la loi de 1991 établit dune part une interdiction générale des pratiques à des fins de loisirs (article 3), sauf exception lorsquil sagit de terrains réservés (selon la procédure de larticle L 442-1 du code de lurbanisme) et dautre part une pratique à des fins professionnelles pour des cas limitativement énumérés. Des circulaires dapplication évolutives, une terminologie peu précise ont créé une fragilité juridique du dispositif qui illustre aux yeux des rapporteurs les hésitations et lattentisme de lÉtat. La loi de 91 constitue aux yeux de la mission une avancée réelle pour la protection du milieu montagnard.
La mission a pu constater une insuffisance de connaissance générale du phénomène moto neige et une situation de non-respect flagrant des dispositions de la loi. La question de limmatriculation des motos neige apparaît surtout comme un moyen ou même un prétexte pour faire évoluer un dispositif jugé par certains comme trop rigide.
Le chiffre daffaires actuel des professionnels, sil est significatif pour chaque loueur, est marginal au regard de celui des remontées mécaniques (de lordre de 12 MF par an pour 5 milliards de F par an).
En revanche limpact environnemental apparaît significatif et avéré, notamment dans les espaces naturels, jusque-là non fréquentés que les motos neige peuvent désormais atteindre.
La demande visant à étendre lutilisation des motos neige émane principalement des gestionnaires dhôtels et restaurants daltitude et des professionnels de loisir (loueurs) ainsi que de particuliers souhaitant accéder à leur chalet ou des hameaux non déneigés. Ces demandes restent portées par des minorités actives et relayées par une partie des élus de la montagne, elles entretiennent la pression.
La mission démontre que limmatriculation nest pas recevable au titre du code de la route (qui porte sur les voies publiques).
La mission a souhaité élargir sa réflexion en se plaçant délibérément dans la perspective dun tourisme équilibré et durable, elle considère que le problème de lextension de lusage de ces engins doit être circonscrit et ramené à ses justes proportions dans lesprit de la loi. Elle articule ses propositions selon les axes suivants :
- elle exclut toute modification de la loi.
- elle considère comme nécessaire une clarification de lapplication de la loi par un décret (ou au minimum un arrêté interministériel)
- elle confirme quil nest pas justifié dimmatriculer les motos neige, mais préconise un dispositif local didentification à linitiative des maires,
- elle préconise une définition plus réaliste des terrains réservés (délimitation de circuits ou ditinéraires strictement contrôlés), la définition devant en être concerté entre lÉtat les professionnels et les associations de protection de lenvironnement à léchelle de chaque massif.
- elle préconise une clarification du rôle des différents acteurs (État, les maires, les professionnels).
- elle na pu conclure sur le convoyage de clientèle nayant pas dégagé de position commune.
Source : Ministère de l'environnement