REINTRODUCTION
DES OURS. -- « Quelles précautions
seront prises, et avec quels moyens ? » demandent les Pyrénéens
Le
comité de massif Pyrénées pose ses conditions au
ministre
Le comité de massif Pyrénées vient de poser ses
conditions à la réintroduction des ours sur l'ensemble
de la chaine. Cet organisme consultatif réunit, rappelons-le,
des élus locaux aux côtés de représentants
des milieux socio-professionnels et du monde des associations. Il est
co-présidé par le préfet de région de massif
ainsi que par François Maïtia, conseiller général
de Saint-Jean-Pied-de-Port et conseiller régional. Premier constat
: « il est prévisible que les ours colonisent toute
la zone forestière, aussi bien dans la zone centrale que près
des petites agglomérations » indique-t-il dans un texte
approuvé par « une large majorité de ses membres
». En rappelant que ces prédateurs peuvent s'approcher
« à quelques dizaines de mètres des habitations
» comme cela s'est déjà plusieurs dans plusieurs
communes, mais aussi qu'ils peuvent se montrer dangereux. Tenant compte
de « l'extrème inquiétude des Pyrénéens
», le comité demande donc au ministre de l'écologie
de faire connaître « avant deux mois et avec précision
» le nom des communes de montagne qui doivent constituer la zone
à ours, et les moyens prévus pour contenir ces animaux
sur les territoires concernés.
Connaître l'effectif.
A cet égard, il souhaite connaître « l'effectif
maximum d'ours envisagé sur cette zone et les mesures de régulation
prévues quand ce nombre sera atteint ». Tout comme
il demande que Serge Lepeltier dise les contraintes qui s'appliqueront
aux activités économiques et de loisirs pratiquées
aujourd'hui librement : l'exploitation forestière, l'agriculture,
le tourisme, la randonnée, la cueillette, la pêche et la
chasse ».
D'autres attentes sont exprimées dans la foulée. Le comité
veut connaître les moyens humains et financiers qui seront mis
en oeuvre pour prévenir les prédations, et indemniser
le surcroît de travail provoqué par la présence
des prédateurs, voire leurs dégâts. Mais également
les mesures qui seront prises « pour garantir la sécurité
de tous les utilisateurs de la montagne et contenir les prédateurs
à distance des zones habitées ».
Enfin, ses membres veulent savoir comment s'exercera la responsabilité
de l'Etat « pour tous les accidents qui permettront de dégager
complètement les maires des communes concernées de toute
responsabilité civile et pénale ».
Autant de points qui les amènent à demander que le projet
d'introduction soit suspendu tant que les communes concernées
ne se seront pas exprimées. Et à exiger qu'aucune introduction
ne soit réalisée si la majorité des communes y
est opposée.
Source
: Sud-Ouest
du 14-02-2005