REINTRODUCTION
DE L'OURS DANS LES PYRENEES. -- L'Institution
patrimoniale du Haut-Béarn -- se retire du renforcement de la
population d'ours, et laisse au ministre le soin de conduire son plan
Jean
Lassalle dénonce une immense trahison
"L'ours doit être le bienvenu. Il était important
que ceux qui, sur le terrain, auront à assumer sa présence
puissent y consentir par eux-mêmes", observe Jean
Lassalle (IPHB)
Jean Lassalle : "Les Pyrénéens ne sont pas
des mendiants"
Le président de l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn,
Jean Lassalle, l'avait laissé entendre peu après sa rencontre,
en décembre, à Paris, avec le ministre de l'Ecologie,
Serge Lepeltier. Soit le renforcement de la population d'ours se réalisait
main dans la main. Soit l'Etat se débrouillait tout seul. Lundi
soir, quatre jours après l'annonce ministérielle de doubler
le nombre de plantigrades en trois ans à l'échelle du
massif, les acteurs locaux réunis à Oloron-Sainte-Marie
ont tranché dans le vif à l'issue de six heures de débat.
Résultat : les travaux de la commission renforcement (mise
en place le 10 janvier) sont interrompus. Le syndicat mixte, instance
de décision de l'IPHB, a choisi " de se désolidariser
totalement des décisions du ministre de l'Ecologie et laisse
le soin à l'Etat d'assumer seul ".
Hier matin, Jean Lassalle dénonçait " une immense
trahison et le mépris de l'Etat " à l'égard
de l'Institution, dont les membres étaient " les seuls
sur l'ensemble des Pyrénées à défendre l'idée
d'une réintroduction d'ours ". Il a constaté
avec amertume l'absence de reconnaissance du travail accompli dans ce
dossier : " On va maintenant voir à l'oeuvre ceux qui
savent faire. En première ligne, ils vont pouvoir démontrer
l'immensité de leur talent ".
Sacrifice.
" L'ours doit être le bienvenu. Il était important
que ceux qui, sur le terrain, auront à assumer sa présence
puissent y consentir par eux-mêmes ", observe Jean Lassalle.
" C'est d'ici qu'il fallait se mettre au travail. Nous reléguer
au rôle de simple exécutant ne permet pas qu'on s'approprie
une démarche aussi difficile. Accompagner l'annonce du ministre
nous faisait apparaître comme des traîtres à la cause
pyrénéenne. C'était intenable ".
En prévoyant l'introduction, dès cette année, de
deux ourses en Béarn, Serge Lepeltier pensait pourtant répondre
à l'objectif fixé par l'Institution. " Nous travaillions
sur deux ourses. Là, le ministre double la population dans les
Pyrénées. Ce n'est pas tout à fait la même
chose. Ce plan n'a aucune chance de fonctionner sans une forte acceptation
de ceux qui doivent le supporter. C'est une parole monarchique et impériale.
Une publicité lancée à la veille du Sommet sur
la biodiversité, pour laquelle le président de la République
veut devenir le champion ".
" Le ministre a parlé de mesures d'accompagnement, comme
s'il fallait se faire payer un sacrifice, poursuit Jean Lassalle. Le
problème porte sur les conditions de vie des montagnards. Les
beaux paysages qu'ils entretiennent n'ont pas de prix. La vision du
ministre est l'antithèse de la nôtre. Les Pyrénéens
ne sont pas des mendiants ".
Ambiance !
Auteur : Patrice
Sanchez
Source : Sud-Ouest