Le préfet de la Région Midi-Pyrénées, Jean
Daubigny, a annoncé mercredi à Toulouse que l'Etat allait
engager "une large concertation sur les modalités de
la réintroduction de nouveaux ours dans les Pyrénées",
qui doit débuter à l'automne 2005 avec un lâcher
de plusieurs femelles.
"La concertation
va officiellement débuter le 11 février avec la réunion
du comité de massif des Pyrénées et se poursuivra
de multiples manières jusqu'à la fin du mois d'avril",
a indiqué Jean Daubigny, également préfet coordonnateur
du massif des Pyrénées.
"Nous devons
tirer les leçons du passé", a estimé M.
Daubigny. Les réintroductions d'ours effectuées en 1996/97
avaient été critiquées pour le manque de concertation
préalable.
Le ministre de
l'Ecologie Serge Lepeltier s'est engagé le 13 janvier à
doubler d'ici trois ans la population d'ours bruns dans les Pyrénées,
estimée entre 14 et 18 individus, un nombre insuffisant selon
les scientifiques pour assurer la pérennité de l'espèce.
Un premier lâcher
doit avoir lieu à l'automne, mais le nombre d'ours qui seront
réintroduits, leur origine et le lieu de leur lâcher n'ont
pas encore été fixés.
"Aucun sujet ne sera exclu, mais les échanges vont être
centrés autour de l'économie agricole montagnarde qui
est à la fois précieuse et fragile et qui doit être
soutenue. C'est pourquoi la concertation portera en particulier sur
les activités pastorales, l'agriculture, la gestion forestière
et la chasse", a poursuivi le préfet.
L'ensemble des
dispositifs visant à soutenir la présence de l'ours dans
les Pyrénées (aides pour le monde pastoral, indemnisations
des dégâts et financement de l'équipe technique
ours) "a un coût d'un peu plus d'un million d'euros par
an", selon Philippe Sénégas, directeur régional
de l'environnement de Midi-Pyrénées.
Des contacts avec
le monde pastoral et forestier doivent avoir lieu d'ici la mi-février
pour faire un état des lieux des dispositifs existants et formuler
des propositions.
Le grand public
sera également consulté via trois forums de 80 personnes
qui seront sélectionnées par un institut de sondage. Un
site internet ouvert à tous permettra de s'informer et
de participer à l'enquête.
Enfin, la concertation
va prendre cette fois un aspect transfontalier avec une première
réunion, le 12 février à Barcelone, de fonctionnaires
français, espagnols et andorrans et des représentants
des régions espagnoles concernées.
Source
: AFP
du 2 février 2005