Les élus communautaires ne veulent pas de zone
de divagation à Larrau ou à Sainte-Engrâce
Réunis mardi
soir à Tardets pour voter leur budget, les élus de la
Communauté de communes de Soule ont adopté à l'unanimité
une motion qui demande que les territoires de Larrau et de Sainte-Engrâce
ne soient plus considérés comme zones de divagation de
l'ours, notamment à cause de leur forte tradition du pastoralisme.
On l'aura compris, ici comme ailleurs, le plan de renforcement de l'ours
dans les Pyrénées concocté par l'Etat provoque
un vent de révolte.
« C'est un sujet qui nous préoccupe au premier chef à
cause de la forte activité agricole de notre territoire et parce
que cette activité ne peut exister que par le pastoralisme »,
a avancé le conseiller général Michel Arhancet.
Un élu qui a argumenté ses propos en évoquant le
danger que représenterait pour lui la présence de l'ours
dans les pâturages de Haute-Soule.
Gestion particulière.
« Nous avons en Soule un mode de gestion particulier du pastoralisme.
Les bovins, les chevaux et les brebis taries sont laissés sans
gardiennage. Ce ne serait plus possible avec l'ours à proximité.
Ce mode de fonctionnement serait déstabilisé. »
L'élu a également insisté sur la très forte
densité de bétail sur les estives de Soule, contrairement
à des zones pyrénéennes plus désertes. «
La cohabitation serait totalement impossible », a-t-il estimé.
« Nous avons déjà du mal à assurer la présence
humaine nécessaire dans nos cayolars, a surenchéri le
maire de Roquiagues Michel Irigaray. Ce serait la fin du pastoralisme
et nos petites exploitations seraient en danger, car la montagne est
vitale pour elles. »
Absentes de ce débat à cause de leur refus de participer
à une communauté de Soule dans laquelle elles avaient
été intégrées contre leur gré, les
communes de Larrau et de Sainte-Engrâce ont été
citées par le maire de Laguinge-Restoue, Ruben Gomez.
Associations en
gestation. « Elles vont monter une association pour s'opposer
à ce classement. Elles se réunissent ce jeudi (aujourd'hui,
NDLR) », a-t-il annoncé. Portée par les élus
des deux communes, cette association pourrait même être
appuyée par une association d'éleveurs qui, dans un souci
d'efficacité et de crédibilité face à des
élus que l'on pourrait accuser de démagogie, se monte
dans un but similaire. Robert Elissondo, délégué
de l'Hôpital-Saint-Blaise, s'est montré quelque peu sceptique
quant à l'imminence du danger. « Ce ne sont que des promesses.
Il me semble qu'à terme, le loup qui remonte par la Navarre représente
un bien plus grand danger que l'ours », a-t-il estimé,
tout en se rangeant aux arguments de ses collègues. D'où
l'unanimité qui a prévalu mardi soir.
Source
: Sud-Ouest