Depuis jeudi se tient à Ax les Thermes le XXIIe congrès
de lassociation nationale des élus de montagne, une association
créée en 1984 pour pérenniser les principes régissant
ce qui allait devenir la loi montagne 1985.
Aujourdhui
lANEM a une triple mission: défendre la cause de la montagne
au sein de la collectivité nationale et de lunion européenne,
apporter un appui aux collectivités de montagne dans lexercice
de leurs missions et renforcer structurellement leur capacité
daction, enfin offrir un lieu de débat et déchange
sur les grandes problématiques de développement, daménagement
et de protection de la montagne.
Plusieurs centaines
de congressistes venus de tous les massifs ont assisté dès
jeudi après-midi aux différentes tables rondes organisées
au Casino et à la Mairie, sous lil bienveillant des
forces de gendarmerie et des militants de lASPAP.
Lactivité
réglementaire des mois derniers a permis de dégager un
certain nombre de thèmes de réflexion pour les membre
de lANEM réunis dans lAriège.
Loi relative aux
parcs nationaux, et aux parcs naturels régionaux du 14 avril
2006, loi portant engagement national pour le logement du 13 juillet
2006 qui apporte des outils pour une gestion foncière adaptée
aux secteurs de montagne, projet de loi sur leau et les milieux
aquatiques avec des dispositions notables pour les zones de montagne,
projet du code de la montagne pour lequel lANEM a été
consulté à deux reprises, fonds dédiés à
la montagne présentés le 29 août dernier par le
Premier ministre, enfin, rapport réalisé pour le compte
de lANEM concernant lenvironnement des saisonniers et des
pluriactifs en station de montagne.
Les intervenants
au cours des débats, élus, responsables associatifs, auteurs
de rapports parlementaires, tous très impliqués à
divers titres dans chacun des thèmes abordés ont permis
délever la discussion.
Cest sur
le thème «Pour une montagne habitée
et fréquentée toute lannée»
que Martial Saddier, député de Haute-Savoie, secrétaire
général de lANEM a conduit la première table
ronde.
Les participants
ont pu aborder les spécificités du foncier en zone de
montagne, bien que les enjeux soient différents selon les massifs,
les priorités des élus sont identiques : lutter contre
la pression foncière pour maintenir les populations locales,
assurer le maintien ou le développement des activités
économiques traditionnelles et nouvelles, développer les
structures daccueil touristiques
En conclusion favoriser un urbanisme plus cohérent.
Mais cest
surtout la table ronde sur le thème «La gestion équitable
et durable de la faune sauvage» (il sagit ici des loups
et des ours) avec la présence dAugustin Bonrepaux, député,
président du Conseil Général de lAriège
qui était la plus médiatisée compte tenu des problèmes
générés dans le département par la réintroduction
des ours slovènes.
Un débat
mené par François Maïtia, président du
comité du massif pyrénéen, vice président
du conseil général dAquitaine, qui a donné
dans un premier temps la parole à Jean-Marc Michel, directeur
de la nature et des paysages au ministère de lécologie:pour
lui «le poids de lEurope dans les politiques est de plus
en plus fort » /
/ « pour asseoir les politiques publiques,
il faut bien gérer et bien connaître le patrimoine naturel
: la faune sauvage ne mérite plus seulement dêtre
protégée, il faut quelle soit gérée
de manière adaptative» /
/ « le gouvernement
cherche des alliances avec des équipes dautres états
membres » /
/ «la gestion du loup passe par la régulation
et les techniques deffarouchement» /
/ « il faut
essayer de trouver chez nos voisins des techniques différentes,
on a fait venir un trappeur des Etats-Unis»
Michel Bouvard,
député de la Savoie a évoqué le danger
des grands prédateurs et le retour massif des loups: tous les
crédits pour la période 2007-2013 sont investis pour des
mesures de protection des bergers et des troupeaux «il ny
a plus de politique pastorale depuis les loups». Pierre Bracque,
inspecteur général de lagriculture au conseil général
de lagriculture, de lalimentation et des espaces ruraux
a présenté une approche plus pragmatique axée sur
«la transparence, le dialogue et la concertation»
Augustin Bonrepaux
est revenu sur la convention de Berne, ratifiée en 1989 qui stipule
que lintroduction ne peut être réalisée sans
lacceptation des populations concernées pour lui, «cest
lapprentissage de la démocratie de proximité».
Le président
Bonrepaux a ensuite évoqué son voyage en Slovénie
: «quand lanimal séloigne de lendroit
où il est consigné, il est éliminé et quand
il y en a trop, on les supprime.
"Là-bas
le ministère de lécologie ne souhaite pas que les
touristes fréquentent les zones où se situent les ours
car il connaît les dangers, alors quici les écologistes
de salon pensent que lours va faire venir les touristes et pour
lui donner un caractère humain ils le baptisent Balou ou Sarousse
» /
/ «Autrefois, les Pyrénées, cétait
la sérénité, maintenant cest la révolte»
/
/ «un Etat responsable cest un Etat qui arrête
le gaspillage: 3 millions deuros pour la réintroduction
de lours dans les Pyrénées, sans compter les cellules
de crises, les vols en avion, les escadrons de gendarmes mobiles, les
enlèvements en hélicoptère, les analyses en laboratoire
et je ne connais pas encore le prix des obsèques!
Le président
de conclure «laissez les ours en Slovénie où
ils nimportunent personne»
Enfin Ignasi
Rodriguez, sous-directeur général de lenvironnement
à la Généralitat de Catalogne a apporté
un éclairage intéressant sur la problématique vue
de lautre côté des Pyrénées:
«Il y a encore aujourdhui des moyens pour gérer
les loups et les ours qui, nous concernant, viennent de France»
/
/ «nous avons lobligation de protéger le loup
et lours mais également les espaces où se développe
le pastoralisme »/
/ il serait impossible de gérer
ce problème sans les moyens du XXIe siècle: satellite,
hélicoptère
mais chez nous le pastoralisme est figé
dans le XIXe siècle, il faut donner aux bergers des moyens modernes
pour se défendre»
La
problématique reste entière face à la gestion de
la faune sauvage.
Les débats
qui ont eu lieu simultanément à la Mairie dAx sur
le thème «Mutation des services au public: quel rôle
et quelles responsabilités pour les élus en montage ?»
étaient tout aussi passionnants car il sagissait là,
à travers des exemples soumis à lactualité
dévoquer lénergie,la gestion de leau,
les nouvelles technologies de linformation, ladaptation
du rôle et de la redéfinition des missions des élus
ainsi que de ses responsabilités dans le contexte difficile de
la montagne
des sujets que les élus ariégeois avaient
en partie évoqués vendredi dernier lors de leur congres
départemental à Foix.
Mais le point dorgue
de ce XXIIe congres de lANEM aura lieu aujourdhui avec la
venue de Martin Malvy, président du Conseil régional Midi-Pyrénées
et celle de Brice Hortefeux, ministre délégué aux
collectivités territoriales, Dominique Bussereau, ministre de
lagriculture, et Christian Estrosi, ministre délégué
à laménagement durable
Source
: Arège
News du 27 octobre 2006