Un peu plus de deux mois après la mort accidentelle de la Slovène
Franska (NDLR : écrasée par une voiture à Lugagnan),
un autre ours vient de pointer son nez dans le département, dans
la forêt du Lisey, au-dessus de Cauterets. Celui-là, c'est
une certitude, n'est pas issu du dernier programme d'introduction mené
en 2006 par le gouvernement. Ce qui permet de l'affirmer, «
c'est qu'il n'est pas doté d'un émetteur »,
indique Frédéric Decaluwe, spécialiste en charge
du suivi du plantigrade à l'Office national de la chasse et de
la faune sauvage. Ce sont d'ailleurs des agents de ce service de l'État
qui ont confirmé que les empreintes relevées mercredi,
à Cauterets, par les gardes du Parc national des Pyrénées,
« sont bel et bien celles d'un ours adulte ». Comme
aucun « matériel ADN » (poil ou aucune crotte)
n'a été trouvé, l'identification de l'animal s'avère
bien difficile.
« Il peut
aussi bien s'agir de Camille (23 ans), d'Aspe-Ouest (13 ans) ou de Néré
(10 ans) », considère Frédéric Decaluwe.
Il semble, en effet, peu probable, compte tenu de leur grandeur, que
ces traces soient celles du petit de Canelle, cette ourse tuée
par un chasseur à Urdos, en vallée d'Ossau.
Pour l'heure, cet
ours, qui pourrait encore se trouver dans le secteur, n'a commis aucune
attaque de troupeaux. Par mesure de précaution, les agents de
l'ONCFS ont alerté un éleveur qui a des bêtes dans
la zone.
En cette période
de l'année, les plantigrades commencent à se gaver, à
se constituer des réserves pour leur hibernation qui peut survenir
dès la fin du mois de novembre. S'il a trouvé un garde-manger
bien garni (glands, châtaignes), cela peut le conduire à
séjourner ici. Il n'est pas exclu, non plus, qu'il choisisse
de se trouver une tanière ici. « Tout est possible mais
c'est trop tôt pour le dire », assure Frédéric
Decaluwe. En tout cas, selon l'ONCFS, « les ours que nous avons
pu suivre avec précision (NDLR : ceux qui ont un émetteur)
ne réutilisent jamais deux fois la même tanière
». Même si, le plus souvent, les ours préfèrent
les Pyrénées-Atlantiques pour passer l'hiver, Néré,
avant Franska l'an dernier, avait, en 2000-2001, élu domicile
dans le massif du Pibeste, aux portes de Lourdes.
La nouvelle de
l'arrivée de ce plantigrade, qui s'est répandue comme
une traînée de poudre dans le pays des Gaves, ne manque
pas de réveiller la colère du monde pastoral
à
quelques jours de la tenue du Grenelle de l'environnement.
Auteur
: Guillaume Atchouel.
Source : La
Dépêche du Midi du 23 octobre 2007
Nota : Le petit
de Canelle, n'est plus petit. Il a maintenant 3 ans, est pratiquement
adulte et peut reproduire.