Pour le seul secteur de l'Ouzoum - Estibette, c'est 76% du cheptel ovin
qui a disparu depuis 2000, laissant à l'abandon total plusieurs
estives qui se font grignotées par la sauvagine. En même
temps, c'est une multitude d'espèces végétales
qui disparaît, une diversité floristique qui ne reviendra
pas, des paysages et des chemins qui se ferment. C'est un patrimoine
écologique qui s'appauvrit et qui, à moyen terme, disparaîtra
définitivement.
Alors qu'une mission
sénatoriale préconise une relance de la filière
ovine tout simplement parce que la France en a besoin pour nourrir la
population (la production française ne produit que 42% des besoins
de la France), dans les Pyrénées tout a été
mis en uvre pour décourager ceux qui veulent travailler.
Et lorsque les éleveurs conservent leur exploitation, avec la
présence des grands prédateurs, la devise devient "
travailler plus pour gagner moins. "
En effet, constater
plus de 7% de prédations réelle alors que seulement un
peu plus de 1% ont été reconnues diminue pour le moins
la rentabilité des troupeaux sur une
estive comme à Saint-Lary (Couserans -Ariège).
Et cette ourse n'hiberne pas beaucoup. Le
16 décembre ce sont 3 chèvres qui ont été
mangées sous les fenêtres d'une maison d'habitation
dans un hameau à proximité de Boutx (Haute-Garonne). L'éleveur
a vendu son troupeau de 70 chèvres et est allé s'installer
en un lieu plus sûr avec ses enfants en bas âge. Le 3
février, à proximité du même endroit,
c'est une autre chèvre qui est tuée. L'éleveur
n'étant pas en règle tout est passé sous silence
avec la complicité des agents en charge des constats. Et puis
il y a les pressions et les menaces subies par les éleveurs pour
ne pas parler à la presse, pour ne rien dire y compris dans leur
entourage afin de garder le secret de la vérité sur les
prédations. Ambiance à la hauteur de la haine dont certains
font état à l'égard du milieu pastoral.
Cette situation
n'est pas très nouvelle. Déjà en Béarn depuis
1984, c'est ce type de comportement qui prévaut. " Si
vous parlez, vous ne serez pas indemnisés. " De toute
manière au tarif appliqué par rapport au travail et aux
bêtes réellement perdues, il n'y a plus grand-chose à
perdre en parlant.
Non content de la présence de l'ours, c'est maintenant le loup
qui menace. Dans les Pyrénées-Orientales, le phénomène
s'étend. En janvier, des observations étaient faites au-dessus
de Targasonne. Des éleveurs du haut Ariège disent en avoir
vu et manifestent leur mécontentement face au refus de l'accepter.
" Ils ne veulent pas qu'in en parle de peur d'avoir trop d'indemnisation
" nous disent-ils. Déjà en fon d'été
2006 des doutes étaient apparus en vallée
d'Ossoue. Aujourd'hui il se dit, selon certaines indiscrétions
des milieux officiels de la chasse, qu'une meute de 7 loups serait aux
alentours d'Argelès-Gazost. Vrai ou faux ? De toute manière
il faut s'attendre à leur arrivée tôt ou tard.
Face à l'inertie
des services de l'état, à leur incurie à trouver
des solutions réalistes, " leur incapacité voir
leur incompétence manifeste " à gérer ces
problèmes, au refus de dire la vérité et cette
" volonté à s'enfermer dans le mensonge "
des éleveurs n'hésitent pas à dire ouvertement
qu'eux " vont faire ce qu'il y a à faire. "
Voilà des
perspectives bien inquiétantes pour un printemps qui risque d'être
très chaud dès que les troupeaux sortiront en estives
intermédiaires pour lesquelles le plan ours ne prévoit
rien.
Louis Dollo,
le 17 favrier 2008