Ce n'est pas un canular. Les traces d'un ours ont été
repérées, mardi soir, à Auribail, à 35 km
au sud de Toulouse, près d'Auterive. Jamais un plantigrade ne
s'était aventuré si près de la ville et si bas,
à 400 mètres d'altitude. Les gendarmes, quatre techniciens
du suivi de l'ours et les fonctionnaires de l'office national de la
chasse et de la faune sauvage ne voulaient pas y croire avant de vérifier
sur place, au bord d'un lac. Hier après-midi, le doute n'était
plus permis. En déplacement à Paris, le préfet
a même été rapidement avisé.
« C'est
sûr, un ours est passé à Auribail ce week-end. Nous
avons repéré quarante empreintes très claires,
sur un chemin d'une cinquantaine de mètres » confirme
Jérôme Morscheidt. Le technicien au sein de l'équipe
du suivi de l'ours balaye également toute possibilité
de manipulation, liée à l'intense polémique sur
la réintroduction des quatre ours slovènes : «
C'est mon métier. Je vois des traces d'ours deux fois par semaine
! Celles-ci sont exceptionnelles, bien marquées. Avec des détails
très caractéristiques des ours, sur la démarche
et la position de la patte arrière notamment, que seuls les spécialistes
connaissent ». Malgré un long ratissage, aucun autre
indice, des poils notamment, n'a été cependant relevé.
« On ne sait pas comment il est arrivé là, ni
comment il en est reparti, mais le terrain est très sec et la
végétation abondante aux alentours. C'est une chance que
le propriétaire ait retourné ce bout de terre »,
sourit le technicien.
Les dimensions
et le volume des empreintes correspondent à un adulte de taille
moyenne, assez jeune. S'ils n'ont pas « la finesse de ceux
de la gendarmerie », les relevés seront confrontés
aujourd'hui aux empreintes de Balou. Le dernier arrivé dans les
Pyrénées a été lâché dans la
nuit de jeudi à vendredi, à Arbas, à 54 km à
vol d'oiseau d'Auribail. « On a perdu sa trace dès vendredi
car il n'est pas doté du même système de suivi que
les autres. On a survolé une bonne partie de la chaîne
pendant huit heures. On ne peut le repérer que dans un rayon
de dix kilomètres. Soit son collier émetteur ne fonctionne
pas, soit on l'a cherché dans les Pyrénées alors
qu'il était ailleurs », reconnaît Jérôme
Morscheidt. En quête de son territoire, l'animal qui peut parcourir
de 40 à 50 km par jour, s'est sans doute égaré
dans la plaine, dans un village paisible et verdoyant sur les rives
d'Ariège
Auteurs
: Jean-Pierre Roland et J.-F Lardy-Gaillot
Source : La
Dépêche du Midi du 8 juin 2006
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Des
traces indiscutables
On aura décidément tout vu à Auribail. Sauf l'ours.
Il a pourtant laissé des traces indiscutables. C'est tout un
concours de circonstances qui a permis de les voir. Le maire, Serge
Marquier, avait travaillé vendredi un coin de sa propriété,
laissant au bord de son lac des tas de boue humide, dans un environnement
sec.
Mardi, deux jeunes,
Anne Pasuello et Benjamin Asna vont se promener, et voient sur ces tas
de boue des traces bizarres, qu'ils attribuent à un ours. Une
surprise si énorme qu'ils en parlent avec précaution.
Alerté, Serge Marquier va voir et, étonné lui aussi,
prévient la gendarmerie. La procédure s'enclenche, sous-préfecture
et préfecture sont avisées.
Aperçu
aussi près de grépiac ?
Hier midi, l'équipe technique du suivi de l'Ours, accompagnée
de Michel Jarrige et Gérard Lèche, de l'Office national
de la chasse et de la faune sauvage, sont venus sur place. Après
étude, mesures, moulages des traces, le doute n'est plus permis
« Pour l'instant, nous ne pouvons que constater ! A cette époque,
il a amplement de quoi se nourrir dans la nature ». Mardi,
peu avant 8 heures, en se rendant à son travail, Eric Voisin
a par ailleurs, près d'une petite route non loin de Grépiac,
vu une grosse masse se dresser et l'a identifiée comme un ours.
Il a appelé aussitôt la gendarmerie. L'ours a t-il franchi
la RN 20 et est-il venu plus près encore de Toulouse ? L'alerte
paraissant si incongrue, et comme il y avait un cirque dans le village,
il a fallu attendreles vérifications et l'alerte des promeneurs
d'hier pour que soit réellement déclenchée la procédure.
Le mystère reste entier. Son témoignage devrait être
étudié de près...
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Binos
: l'ours attaque le cheval
Binos fait face à Burgalays, le village où a été
lâchée Palouma. Mais ce n'est pas cette ourse qui a attaqué
Loco, un ongre de 7 ans, propriété d'Olivier Guiard. Cet
employé de l'Équipement à trois chevaux, deux juments
et Loco un ongre de 7 ans. « Le plus souvent je les garde près
du village. Là, ils étaient un peu plus haut, sur les
estives, au lieu-dit Bernedo, dans un enclos, à 500 mètres
des maisons à vol d'oiseau, afin de nettoyer les prés.
Lundi, je suis allé les chercher pour les descendre. Loco a eu
un comportement anormal. Il est venu vers moi comme s'il avait besoin
de réconfort. Du liquide coulait entre l'épaule et le
poitrail. Il portait des griffures d'ours. » L'animal est
ouvert sur cinq centimètres. La plaie est profonde. Ce mardi,
l'équipe du suivi de l'ours est venue confirmer l'attaque par
un ursidé. Olivier Guiard poursuit : « Selon l'expert
(NDLR : joint il se refuse à tout commentaire), il ne
s'agit pas d'un des ours qui viennent d'être lâchés,
mais d'un jeune pesant 80 kg environ, inexpérimenté. »
C'est la seconde fois que le village de Binos est victime d'une attaque
d'ours. Le 13 juillet 2004, 5 brebis appartenant à M. Guaus étaient
tuées par un jeune ours.
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Pas
de panique à Auribail
Le premier réflexe de Serge Marquier ? Le maire d'Auribail lorsqu'il
a vu la quarantaine d'empreintes caractéristiques d'un plantigrade
a été d'avertir les autorités. La préfecture
et la gendarmerie informées, sa responsabilité est dégagée
s'il arrive quoi que ce soit. Mais Serge Marquier n'est pas du genre
à paniquer tout comme ses concitoyens. Les 80 foyers du village
ont vite été prévenus. Ici, tout se sait très
vite. Tant que les traces n'avaient pas été authentifiées
par les experts, certains mettaient en avant un bon canular. Hier après-midi,
dans ce bourg très rural, chacun vaquait aux travaux des champs
sans se soucier de l'ours. « Il ne déambule que la nuit
» faisait remarquer un agriculteur en se voulant rassurant.
La plupart des
habitants sont persuadés que l'animal est déjà
redescendu vers l'Ariège, par le Couserans. Le mot de la fin
ira à Michel Scapin, conseiller municipal, président du
foyer rural. « C'est un hasard que l'on ait vu ces traces sinon
l'ours serait passé inaperçu. Après tout, il n'a
fait aucun dégât
». Il n'est pas le seul
à prendre le parti d'en rire.
Auteur : J.P.R
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Jérôme
Morscheidt de l'équipe du suivi de l'ours
Jérôme Morscheidt est membre de l'équipe du suivi
de l'ours dans les Pyrénées, missionnée par le
ministère de l'Environnement et l'Office national de la chasse
et de la faune sauvage.
Comment un ours
peut-il arriver dans ce secteur entre Lèze et Ariège ?
C'est une région boisée avec quelques vallons et
de nombreux ruisseaux qui constituent des corridors sur mesure. A la
recherche d'un nouveau territoire, il suit ces voies d'autant qu' il
peut trouver aisément à se nourrir de céréales,
de bulbes et même de grenouilles dans les ruisseaux. Certes, ce
n'est pas la place d'un ours dans ce secteur. Mais il y a déjà
eu en Europe des cas similaires. Boutxy avait été dans
la vallée de l'Aude en 1999...
La population
doit-elle s'inquiéter ?
Pas du tout surtout que l'animal ne sera pas affamé. Il
est peut-être reparti vers l'Ariège. Il se déplace
très vite , 20 à 40 kms par nuit.
Est-ce Balou,
le dernier lâché?
Sûrement, mais on n'en est pas certain. On va poursuivre
cette nuit (NDLR : hier soir) les recherches en survolant le Couserans
et le Val d'Aran, pour retrouver son signal émetteur.
Auteur
: Jean-Jacques Dard
Source : La
Dépêche du Midi du 8 juin 2006