--> Les lâchers d'ours slovènes dans les Pyrénées
suscitent de fortes résistances de la parts d'éleveurs
et bergers.
--> Mais dans d'autres pays européens, comme l'Italie, l'Autriche
et l'Espagne, la présence de l'ours est mieux acceptée.
--> En Italie, dans le Parc des Abruzzes, leur présence est
un argument touristique.
Comme la France,
l'Italie, l'Autriche et l'Espagne ont renforcé ces dernières
années la population d'ours dans leurs montagnes, où ces
expériences, assorties de politiques d'accompagnement, ont permis
de sauver leur présence. L'arrivée la semaine dernière
de Palouma et de Franska dans les Pyrénées françaises
et celle, attendue, de trois nouveaux ours slovènes pour renforcer
une population de 14 à 18 individus cristallise la colère
d'éleveurs et de certains élus locaux qui opposent l'ours
à la survie du pastoralisme.
Il y a 3 000 ans,
l'aire de ours brun couvrait l'ensemble du continent européen.
Aujourd'hui, on le trouve surtout en Scandinavie (Finlande et Suède)
et à l'Est (Roumanie, Bulgarie) et sur le territoire de l'ex-Yougoslavie.
Ainsi, la Slovénie, qui abrite près de 800 ours, accepte
d'en céder depuis une quinzaine d'années aux pays qui
le lui demandent. L'Espagne, l'Italie et l'Autriche abritent en revanche,
avec la France, les populations les plus menacées et les plus
isolées d'Europe, selon un rapport du ministère français
de l'Ecologie.
Un programme
européen pour sauvegarder les ours
A partir de 1992,
l'Union européenne a d'ailleurs mis en place le programme "Life"
invitant les Etats membres à prendre des mesures urgentes de
conservation. Mais dès 1989, l'Autriche avait décidé
de renforcer la présence de l'ours, pratiquement disparu jusqu'à
l'arrivée, en 1972, d'un vagabond venu de Slovénie voisine.
Entre 1989 et 1993, trois ours issus de Slovénie et de Croatie
ont été ainsi relâchés dans le centre du
pays, bientôt rejoints spontanément par quelques-uns de
leurs congénères slovènes. Aujourd'hui, 25 à
30 de leurs descendants parcourent les Alpes autrichiennes, selon le
WWF-Autriche qui a instauré des "avocats des ours",
des médiateurs chargés de résoudre les conflits
avec la population.
Dans les Alpes
italiennes, la population du Trentin survivait à peine avec trois
ours quand elle a reçu entre en 1999 et 2002 le renfort de dix
ours slovènes. En 2004, leur présence était estimée
entre 15 et 17 ours et approuvée par 77% de la population locale.
L'Italie compte par ailleurs une soixantaine d'ours bruns marsicains
- plus légers que ceux de Slovénie - dans le Parc national
des Abruzzes, où leur présence est un argument touristique.
"Qu'il s'agisse des Abruzzes ou du Trentin, la cohabitation avec
l'ours se passe bien", assure Jean-Jacques Blanchon, directeur
des programmes de la Fondation Nicolas Hulot, citant également
le cas de l'Espagne.
Les efforts de
protection et de promotion dans la cordillère cantabrique ont
permis d'augmenter la population de plantigrades de 70% depuis 1990,
pour atteindre 105 à 130 spécimens fin 2004. Un "Plan
de réimplantation" de l'ours a été adopté
par chaque région concernée à partir de 1989, avec
un "fort engagement local" et du ministère,
selon la Fondation Oso Pardo. La population des Pyrénées
espagnoles reste, elle, beaucoup plus faible avec moins de 20 ours.
"Les exemples réussis en Espagne, en Italie ou en Slovénie
prouvent que notre espèce est capable de cohabiter avec d'autres",
estime Jean-Pierre Raffin, fondateur de la chaire d'Ecologie à
l'université de Jussieu et protagoniste du programme de renforcement
de l'ours en 1996-1997. "On a les moyens techniques, on sait
faire. Mais en France, les bergers et les éleveurs, soumis à
des contraintes réelles, refusent par principe les mesures d'accompagnement
et de gardiennage", déplore-t-il.
Source
: TF1/LCI
du 1 mai 2006