Nous avons pu nous
procurer la
liste des participants au Groupe National Ours. Surprenante liste
officielle où les absents sont plus nombreux que les présents.
Partant de cette observation, il est difficile d'imaginer que les propositions
faites aient une quelconque légitimité. Quoique
. Lorsque
nous savons dans quelles conditions les diverses importations d'ours se
sont réalisées, nous pouvons penser que le Minsitère
de l'Ecologie et ses supplétifs écologistes sont prêt
à tout.
Quelles forces
économiques en présence
Chez les professionnels, il n'y a aucun représentant du milieu
agricole et touristique, activités majeures des Pyrénées.
Nous ne voyons qu'un représentant des accompagnateurs d'une structure
très minoritaire et très divisée. Le représentant
présent ne représente, en fait, que lui-même et
quelques amis écologistes. Deux forestiers sont présents
mais ont présenté certaine réserve. Quant à
l'association La Pastorale qui, au mieux, place 50 chiens par an et
dont on sait qu'elle n'est, historiquement, qu'une émanation
de l'ADET-Pays de l'ours, la notion de professionnel qui lui ait prêtée
est purement administrative et assez peu représentative.
Des associations
largement absentes
Dans le collège des associations nous ne voyons que la fédération
des chasseurs de la Haute-Garonne avec quelques réserves quant
à une association regroupant les chasseurs de montagne hors fédération.
Pour ce qui est de la fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques,
sa présence ne traduit que les ambigüités qu'elle
représente. Mais il est à douter que tous les chasseurs
de ce département cautionnent, en montagne, les exigences écologistes
vu le harcèlement judiciaire dont ils sont l'objet de la part
de la SEPANSO, structure régionale de FNE.
Restent les associations
écologistes, celles qui ont une adresse dans les Pyrénées
comme le FIEP, l'ADET et SOURS créée, dans les Pyrénées-Orientales
où il n'y a pas d'ours, pratiquement à la veille de la
mise en place du GNO par NKM. Association de circonstance ? Quelles
sont les véritables actions de terrain de ces associations ?
Avec quels militants ? Cherchez l'erreur !
Et puis, les associations écologistes non domiciliées
dans les Pyrénées comme le WWF et FERUS à peu près
visible que par leurs actions propagandistes et parfois judiciaires.
Concrètement, sur le terrain, que font-elles en faveur de la
biodiversité, l'écologie et le développement durable
des Pyrénées ? Grande question existentielle
Mais
ils ont des moyens financiers et humains salariés.
Et les élus
?
Ce sont les grands absents de ce groupe. Preuve, s'il en faut une, que
les représentants du peuple sont hostiles aux travaux du GNO.
Seule, l'ANEM, s'est glissée dans les associations avec, ce que
nous pourrions appeler, un observateur pour ne pas dire qu'ils pratiquent
la politique de la chaise vide. Mais un observateur non actif puisqu'une
motion votée à Ax les Thermes ne laisse planer aucun doute
sur ce que pense cette association d'élus de la montagne.
Sont donc absents, les 3 Conseils Régionaux, les 6 Conseils Généraux,
les 3 représentants élus de l'ANEM, le Président
de l'IPHB, le Président de la commission permanente du comité
de massif et le Président du Parc National qui n'est d'ailleurs
pas encore élu. Cela fait 15 absents d'un coup. Ca fait vraiment
beaucoup. Mais lorsque l'on voit le peu de considération que
le Parc National des Pyrénées a pour les élus,
il est probable que certaines administrations, notamment de l'écologie,
estiment que l'on peut s'en passer.
L'Etat tout
puissant !
Une puissance bien relative. Avec 14 participants, les services de l'Etat
restent les bons soldats de l'avenir de l'ours. Peut-être pas
si sûr que cela. Du moins, est-ce plus nuancé. Ils appliquent
ce que le " patron " leur dit de faire au travers une chaîne
pyramidale de responsabilité. Et quand on sait ce qu'à
dit le patron de l'Elysée nous ne pouvons que constater que cela
peine à parvenir au bout de la chaine de l'ONCFS à la
suite de beaucoup de compromissions avec les associations environnementalistes.
Disons que c'est le poids de l'histoire
.
Que reste-il
?
27 présents (dont 8 fonctionnaires imprévus, essentiellement
des DDEA) sur 47 places prévues au départ hors élus
puisqu'aucun n'est venu. Cela fait maigre d'autant qu'il n'y a aucun
acteur socioprofessionnel sérieux des vallées montagnardes.
Les véritables
forces en présence sont d'un côté les services de
l'Etat (14), les associations écologistes (6), des chasseurs
(2) et des forestiers (3). Ce n'est pas avec aussi peu de représentativité
que l'on scelle l'avenir de tout un territoire comme les Pyrénées
long de plus de 400 km de chaîne de montagne sur une frontière
ou les voisins sont hostiles à toutes nouvelles introductions
(Cf. vote d'une motion
unanime du Sénat espagnol). Il faudra sans doute que
l'Etat revoit sa copie dans sa totalité et envisage beaucoup
de souplesse dans la gestion des ours restant tout en allégeant
son dispositif de surveillance onéreux dans un contexte économique
où le superflus n'a pas sa place.
Le consensus des participants
Avec une telle participation, nous comprenons la satisfaction du Préfet
de région, Dominique Bur. Tout le monde était d'accord
autour de la table. Il a raison. Mais il oubli de dire que la majorité
des représentants des Pyrénées, les véritables
forces vivent, étaient absents et en total désaccord avec
ce Groupe National Ours. Et lorsqu'il s'agit des élus, des socioprofessionnels
et des associations des territoires concernés, il devrait en
tirer la conclusion qu'il a présidé une véritable
faillite d'une pseudo concertation / conciliation qui dure depuis plus
de 25 ans.
Globalement, sur un plan strictement historique, les pyrénéens
ont toujours combattu les grands prédateurs carnivores que sont
l'ours et le loup. De manière différente selon les vallées
mais toujours avec autant de détermination pour sauvegarder le
principal capital de vie de la famille qu'est le troupeau. L'ours et
le loup ont toujours été source de malheur pour les familles
qui ont eu à le subir. Il suffit d'interroger les anciens pour
découvrir combien de ces animaux ont été discrètement
enterrés dans les fonds de vallée. C'était, pour
l'homme, une question de survie. La véritable culture n'est pas
et n'a jamais été dans la cohabitation, que les troupeaux
soient gardés ou non. La véritable culture a toujours
été au bout du fusil et avant, dans le piège ou
le feu. C'est sans doute cette leçon de l'histoire que les services
de l'Etat et les décideurs ministériels devront intégrés
avant de prendre des décisions.
L'absence de participation au GNO n'est sans doute qu'une leçon
ou peut-être déjà un avertissement.
Louis
Dollo, le 1 juillet 2009