On ne dérange pas un ours qui dort. Silence radio du côté
de l'équipe technique chargée du suivi de la population
ursine dans le massif pyrénéen. Plus de bulletin sur Internet.
Pas non plus de messages, depuis la mi-décembre, permettant de
localiser l'animal. Pour cause d'hibernation.
Sauf que le temps
exceptionnellement doux pourrait faire sortir les plantigrades de leur
tanière. « On l'a déjà constaté
sur des ours équipés d'émetteurs », explique
Frédéric Decaluwe, ingénieur au sein de cette structure
de surveillance. « Pour l'heure, aucun signe d'activité
inhabituelle n'a été relevé, note-t-il. On ne peut
pas dire si elle sortira, on verra au printemps. »
Franska, dont l'arrivée
a été saluée par un grand tapage, a donc élu
domicile quelque part, dans le massif du Pibeste ou de l'Espibette,
un vaste domaine qui s'étend jusqu'aux Pyrénées-Atlantiques.
Elle est localisée par l'équipe technique qui ne s'approche
jamais de son antre. Impossible donc de dire si le plantigrade montre,
de temps en temps, le bout de son museau. Car cette femelle slovène
est susceptible de se déplacer à un endroit où
l'on ne capte pas.
« SAUVER
SA PEAU
»
Président de la Fédération des chasseurs des Hautes-Pyrénées,
Jean-Marc Delcasso, vétérinaire de son état, ne
peut pas s'empêcher de rappeler : « En Russie, qui connaît
des conditions exceptionnelles de chaleur, les ours ne sont pas en hibernation,
ils ont continué à chasser et à faire des dégâts
». Il ne serait donc pas surprenant que des chasseurs, dans
nos contrées, puissent rencontrer l'animal
« Elle
prend le soleil l'après-midi comme les skieurs », poursuit
ce responsable. En sirotant un lait grenadine ? Mais trêve de
plaisanterie. On apprend que si elle tirait trop sur ces réserves,
« elle risque de sortir plus tôt ». Il est par ailleurs
possible que Franska soit gestante, « elle essaiera alors de
sauver sa peau et celle de sa progéniture », anticipe-t-il.
Mais on ne le saura qu'au printemps. Elle se remettra alors à
chasser. « Cet ours a déjà tapé dans les
brebis, les porcs noirs et les poubelles de Saint-Savin
»,
rappelle Jean-Marc Delcasso, attentif à la suite des événements.
Auteur
: Josiane Battoue
Source : La
Dépêche du Midi du 19 janvier 2007