À Tarbes, l'ours s'est toujours mêlé d'ovalie.
Estampillé sur la poitrine des joueurs il n'a jamais quitté
le maillot du Stado avant de se poser sur celui du TPR. Ainsi apprivoisé,
le plantigrade symbolise, depuis des lustres, un club qui lui doit son
identité. Mais d'autres formations sportives font également
pointer le bout de son museau. Des communes ont même apposé
sa griffe sur leur blason.
GENTIL MAIS
COMBATIF
Témoignant d'une longue présence, cette forte empreinte
donne des arguments aux partisans d'une réintroduction. Quant
aux opposants farouches, ils préfèrent se contenter du
noble emblème ou d'une inoffensive mascotte. Au-delà de
cette polémique rugissante, une évidence : le département
est encore sous son emprise. Bon nombre de villages, à travers
leur toponymie, rappellent une présence ancienne. Citons Ourdis,
Ourdon, et même Ourdé. Sans oublier Ossun où le
plantigrade figure sur le blason. « C'est une vieille histoire
qui remonte à l'époque où l'ours vivait dans les
forêts de plaine » raconte Michel Hourné, maire de
cette localité. Aujourd'hui, on retrouve l'animal un peu partout,
représenté sur les containers à ordures, le papier
à en-tête et les véhicules municipaux. « Je
déplore le débat passionnel qu'il y a autour de lui mais
l'ours a certainement encore une petite place dans notre pays »
s'aventure le maire.
A Tournay, le club
de rugby a été de tout temps surnommé «
Les Oursons ». Explication d'Alexandre Delas, ancien équipier
: « Dans les années '30', l'un des dirigeants qui avait
chassé l'ours dans le Grand Nord, avait rebaptisé ainsi
les jeunes joueurs dont il s'occupait ».
Toujours dans la
sphère rugbystique, Philippe Dintrans, figure emblématique
du Stado, trouve que .« l'animal véhicule
des valeurs énormes : il est gentil mais sait se montrer combatif
quand il doit nourrir sa famille »
À Campan,
un épicier avait demandé, il y a une dizaine d'années,
à Bruno Schmeltz de réaliser une fresque représentant
le plantigrade sur la façade de son magasin. Celui-ci l'a fait
avec d'autant plus de plaisir que son copain vendait des produits du
pays. « J'ai fait un truc rigolo avec un ours débonnaire
entouré d'enfants. L'un d'eux lui tendait une pomme au bout d'une
canne à pêche ». Au fil des ans, le mur, rongé
par le salpêtre, a été repeint et il fallu ranger
la fresque au rayon des souvenirs.
Plus loin, au-dessus
de Cauterets les randonneurs peuvent franchir le Pas de l'Ours, un passage
qui rappelle également sa présence, dans un département
où l'image identitaire du plantigrade reste forte.
Source
:
La Dépêche du Midi du 28 avril 2006