L'ours, encore et toujours l'ours. Au-delà des polémiques,
des doutes et des rumeurs, les réintroductions successives de
plantigrades dans le massif pyrénéen multiplient les chances
- ou les risques, c'est selon - de tomber nez à truffe avec l'un
des cousins de Boutxy, Palouma ou Franska. Sur ce point, en l'occurrence,
tous les discours s'accordent. Et ce n'est pas le témoignage
de ce randonneur rapporté dans nos colonnes, hier, qui changera
la perception de cette cohabitation politiquement choisie. Aujourd'hui,
les préposés à l'accueil dans les offices de tourisme
ne comptent plus les questions relatives à une éventuelle
rencontre avec l'ours au cours d'une sortie en montagne. Peut-être
n'est-il pas superflu alors de rappeler brièvement les quelques
conseils à suivre le cas échéant. Le site internet
«
Les Pyrénées avec l'ours » a d'ailleurs
mis en ligne une information spéciale en lien avec la
Direction régionale de l'environnement de Midi-Pyrénées
(Diren). Les indications publiées ci-après sont extraites
de ce site officiel estampillé « République française
».
SOIXANTE RENCONTRES
EN SIX ANS
« Les ours sont par nature discrets, surtout vis-à-vis
de l'homme. L'ours a une bonne ouïe, un très bon odorat
et une vue moyenne. S'il entend un homme ou détecte son odeur,
il cherchera à l'éviter. Pour l'aider à vous repérer,
vous pouvez manifester votre présence en faisant un peu de bruit.
Il ne faut pas chercher à s'approcher d'un ours même à
grande distance. Il faut également toujours garder son chien
à proximité.
»En cas
de rencontre d'un ours à courte distance (moins de 50 m), il
convient de l'aider à vous identifier, de vous manifester calmement
en vous montrant, en bougeant et en lui parlant. Éloignez-vous
progressivement en vous écartant du trajet qu'il pourrait emprunter
dans sa fuite. Ne courez pas.
»Si un
ours se dresse sur ses pattes arrières, ce n'est pas un signe
d'agressivité. Il est curieux, il cherche à reconnaître
les odeurs et à mieux vous identifier ».
Notons en outre
quelques situations potentiellement dangereuses pour l'homme
telles qu'un ours blessé, surpris sur sa couche diurne, en train
de consommer une carcasse, ou une rencontre à très courte
distance avec une femelle accompagnée d'oursons.
Entre 1996 et 2000,
soixante rencontres ont été recensées. Dans 78
% des cas, le plantigrade s'est enfui ; dans 3 % des cas (deux situations),
il a chargé. Les deux charges correspondent à une femelle
accompagnée d'oursons : en 1997, Mellba charge un chasseur qui
la tue, et en 1998 Ziva charge deux agents de l'équipe technique
ours pour les intimider et les dissuader de s'approcher. Le reste du
temps (19 %), l'ours a manifesté un comportement indifférent.
[Ndr : il faudra sans doute rajouter
le cas de Cannelle le 1er novembre 20004, lorsque le procès
aura clairement fixé le niveau des responsabilités]
Selon les mêmes
sources, quatorze à dix-huit ours vivraient aujourd'hui dans
les Pyrénées. [Ndr : au 15 juillet 2006
il y en aurait une vingtaine suite à l'introduction d'ours originaires
de Slovénie]
Auteur
: Nicolas Hubert
Source : La
Dépêche du Midi du 30 mai 2006