Alors que larrêt
du Conseil
dEtat aurait pu mettre un point final quant à la
légalité ou non des importations dours de Slovénie,
laffaire pourrait bien connaître un nouveau départ
pour dautres procédures.
Une affaire juridique
compliquée où, selon les explications qui nous ont été
données, le Conseil dEtat aurait fait abstraction de l'article
7 de la convention
d'Aarhus du 25 juin 1998 sur la participation du public dès
lamont des projets en ce qui concerne les plans, programmes et
politiques relatifs à l'environnement» et transposée
en droit français par la
loi 2002/285 du 28 février 2002.et reprise dans la Charte
de l'environnement devenue constitutionnelle depuis le 1 mars 2005.
La dite convention
mentionne que « TOUTE PERSONNE à le droit de participer
à LÉLABORATION des décisions »
Or, dans le cas de limportation dours, la décision
a été prise par le ministre le 13 janvier 2005 (Cf. la
déclaration du ministre Lepeltier), la concertation n'a
eu lieu qu'après l'annonce officielle de la décision,
et, selon nos sources, son contenu et ses formes ne respecteraient pas
l'article 7. Le rejet du Conseil dEtat est pour le moins surprenant.
Par ailleurs, selon nos interlocuteurs, " tout le volet sanitaire
lié aux introductions a été occulté notamment
des informations importantes pour la participation du public aux diverses
phases décisionnelles ".
Les
informations cachées sur lours dès 1995
Selon un document
diffusé par lADDIP,
il y aurait eu "manipulations et mensonges".
Le premier
mensonge ou manipulation connu date de 1993 dans le rapport
Life-Europe sur « la première étape du programme
de conservation des vertébrés menacés dans les
Pyrénées » où il est écrit : «
Région isolée et inaccessible jusquà récemment
encore, les Pyrénées sont en Europe un des derniers refuges
pour quelques uns des plus spectaculaires mammifères et oiseaux
en danger, en particulier lours brun, le bouquetin des Pyrénées,
et le gypaète barbu. ». Or nous savons que lours
brun na jamais été considéré comme
espèce en danger par lUICN,
y compris dans le dernier classement en vigueur. Quant à limage
donnée des Pyrénées pour « justifier »
laction
Elle semble bien dater de lépoque
romantique du début du XIXème siècle.
Mais le plus
important nest pas là.
En 1995, juste
avant les premiers lâchers de deux ours un certain nombre dacteurs
(DIREN, ONCFS, ADET-Pays de lours
) qui ont pour mission
de « recueillir et diffuser toutes les informations sur les
ours à importer en 1996 »,
.décident dans
un protocole qui ne figure pas dans lAnnexe 1 (consacrée
à linformation) mais dans lannexe 11 intitulée
« Protocole de suivi scientifique », de cacher certaines
informations essentielles. Nous pouvons y lire, «En ce qui
concerne la diffusion des résultats, un accord devra être
conclu, avant le lâcher des ours, pour déterminer l'accès
aux données des différents partenaires ainsi que le type
d'information à inclure dans les documents produits (cf. Protocole
pour l'opération de capture-lâcher-surveillance d'ours).
La nature de cette information (données de localisation, calcul
du domaine vital, comportement alimentaire, état sanitaire des
animaux...) sera fonction du partenaire considéré».
La lecture de lAnnexe
1 (consacrée elle à linformation) confirme que ces
informations nont été diffusées à
aucun des différents partenaires, tous listés dans cette
annexe. Ces informations nont été rendues publiques
quen 2000 seulement. Il sagissait du comportement alimentaire
avec le nourrissage artificiel et létat sanitaire des animaux
concernant entre autre la rage et le statut clinique indiquant le portage
de nombreux agents pathogènes. Mais à cette époque,
la convention
dAarhus nexistait pas (25 juin 1998)
Par la suite, les
pouvoirs publics comme les associations environnementalistes ont poursuivis
selon les mêmes règles de lopacité.
Mensonges,
omission ou opacité sur lours depuis 2003 ?
En 2003, de gros
problèmes apparaissent avec le loup dans les Alpes. Une
commission denquête parlementaire est constituée
sur le thème des « conditions de la présence
du loup en France et de lexercice du pastoralisme dans les zones
de montagne ». Cette commission présidée par
le député Christian Estrosi et à laquelle participe
Jean Lassalle, député du Béarn et Augustin .Bonrepaux,
député de l'Ariège, déborde sur la problématique
de lours. A cette occasion les acteurs des introductions dours
déposent sous serment et répondent à des questions
concernant la diffusion des informations. L'ADDIP signale alors qu'"aucun
des acteurs publics ou associatifs de la rétention dinformation
décidée avant les premiers lâchers dours ne
fait état de laccord de novembre 1995 organisant le masquage
de ces informations. Les uns insistent au contraire sur le temps consacré
à cette information, mais il sagit des informations sur
les déplacements des ours après leur lâcher dautres
se contentent dindiquer, au conditionnel, que linformation
antérieure aurait sans doute pu être améliorée."
Et en 2005, en
parfaite opposition à larticle 7 de la Convention
dAarhus de 1998, transcrite en droit français en
2002 et manifestement omis par larrêt du Conseil dEtat,
lopacité se poursuit sur deux points : le nourrissage et
létat sanitaire des ours.
Linformation
sur le comportement alimentaire est manipulée. Les documents
soumis à concertation précisent : " ne comportent
plus de viande aujourd'hui ". Ceci savère totalement
faux. Les chercheurs slovènes qui interviennent en 2005 à
la 16ème Conférence internationale sur lours
à Riva del Garda dans le Trentin en Italie indiquent le contraire.
Même chose en 2007 de la part du Ministère de lEnvironnement
slovène lui-même qui confirme un nourrissage carné
constant : « Actuellement, le suivi de la population dours
bruns en Slovénie repose sur des comptages directs effectués
sur des emplacements relativement permanents (stations de nourrissage
avec de la viande, ou avec du maïs, autres stations de comptage)
/
/ il est ainsi possible dobserver et compter sur les stations
de nourrissage plus de 70% de la population dours »
Le
rapport du Conseil Général des Hautes-Pyrénées,
suite à une visite en Slovénie en 2006, le confirme. Les
ours sont bien nourris en Slovénie mais pas en France. Et ce
nest pas la seule anomalie cachée. Les aspects sanitaires
ont été totalement occultés et soustraits des documents
dit « de concertation ».
Les
ours sont-ils porteurs de maladies ?
Quils soient
porteurs de maladies est une chose. Que ces maladies présentent
un risque pour lhomme en est une autre plus importante. La réponse
se trouve chez les environnementalistes eux-mêmes. Dans un ouvrage
récent, "Le cantique de l'ours", Stéphan
Carbonnaux, penseur et idéologue de FERUS, écrit
:"nous nous lavions, retirions les tiques fixées à
nos membres (nous les craignions pour l'encéphalite qu'elles
transmettent)," Voilà donc la preuve que lui et ses
amis connaissent bien le risque méconnu dans les Pyrénées
et importé par les ours
.
Jamais ce risque
napparaît dans la communication grand public de la DIREN
ou de lADET-Pays de lours. Pourquoi l'avoir caché
? Caché pendant la concertation, mais publié à
la veille des lâchers d'ours, trop tard pour que des questions
soient posées, dans l'Annexe technique : «Lencéphalite
à tiques est très présente en Slovénie où
elle est réellement endémique chez lhomme. Cette
infection peut être responsable dencéphalites ou
encéphalomyélites graves, voire mortelles
»
Il nous est dit
que les ours ont subi des examens, des analyses
. Soyons sérieux.
Le trajet Slovénie Pyrénées sest fait
rapidement. Pas de quarantaine pour les ours. Un prélèvement
mais pas le temps dattendre les résultats que déjà
le plantigrade est relâché. Et là, les résultats
connus après lâcher, sont édifiants. Deux ours sur
cinq sont porteurs danticorps soit 40% de léchantillon
pris au hasard alors que la durée de la virémie chez lours
nest pas connue. Selon lADDIP, « qui oserait encore
affirmer que, statistiquement, le risque davoir introduit dans
les Pyrénées un ours infectieux est simplement «
non nul » alors que dans le massif cette maladie n'a jamais
existé comme le reconnaît l'Annexe technique citée
ci-dessus ? En termes de principe de précaution, bravo !
Les environnementalistes
connaisseurs de la problématique prennent des précautions
pour eux, mais pour les habitants des Pyrénées
tout
le monde sen moque. Quant au tourisme
nous comprenons que
ceux qui prétendent que lours est une chance pour le tourisme
pyrénéen cachent la vérité sur ce risque.
Toute leur théorie sécroule.
En
guise de début de conclusion
Il faudra encore
attendre longtemps pour conclure. Déjà en 1992, dans son
livre « Génération Démagogie »,
Marianne Bernard avait clairement dénoncé les magouilles
et tentatives de corruption délus notamment en vallée
dAspe. Elle avait également abordé les pressions
dont certains députés avaient fait lobjet dans les
Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées,
pressions dont aucun na démenti la réalité.
A la réflexion,
nous devons constater que cette affaire dours na rien décologique.
Depuis plus de 25 ans tout est question de pression, magouilles, mensonges,
dissimulation pour parvenir à un objectif non avoué :
ensauvager les montagnes pyrénéennes. Stéphan Carbonnaux
de FERUS ne le cache pas. Il parle dun "retour
à la normale" 2000 ans en arrière, ce
qui revient à une idée développée au début
des années 1990 de déplacer les bergers de leurs vallées
vers les villes de Pau et Tarbes et démolir leurs cabanes pour
quils ny reviennent pas. Cest, à quelques détails
près, ce quà fait Tito dans lex-Yougoslavie
(dont la Slovénie) et Franco dans le massif des Cantabrique.
Est-ce que cest ce que souhaite les pyrénéens ?
A priori, non .Car il sagit bien, de la part de quelques associations
non domiciliées dans les Pyrénées, de sapproprier
les territoires dans la plus grande discrétion.
Par ailleurs, au
« tout sauvage » excluant lhomme du milieu
défendu par les uns, les autres opposent une autre vision de
lenvironnement dans sa globalité incluant lhomme
et ses activités. On est à l'opposé d'une idéologie
politique faussement écologique et limitée à une
seule espèce animale même pas en danger. Ce qui est proposé
cest alors un développement durable dans lequel sinscrivent
lhomme et ses activités autour de trois piliers qui sont
lenvironnement, le social et léconomique, sur un
territoire déjà occupé par ceux qui veulent mettre
en application ce type de développement..
Il est clair que
tout oppose militants environnementalistes d'une part et habitants des
Pyrénées d'autre part. L'attitude extrémiste, intransigeante,
brutale et haineuse des pseudo environnementalistes aura contribué
à un rejet profond de l'ours qui, quelque soit les décisions
judiciaires, ne lui permet plus d'exister dans les Pyrénées.
La conclusion à
ce chapitre est donnée par André Etchelecou, Président
du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées
: «
. L'ours n'est pas un objectif en soi. C'est l'ensemble
de la pyramide écologique qui compte. L'homme y compris... »
(Cf. Sud-Ouest du 13 mars 2006 ) ou encore lors dune interview
au Journal Sud-Ouest le 4 décembre 2004 « La véritable
question qui se pose maintenant est celle-ci : pour quelles raisons
notre société veut-elle des ours dans les Pyrénées
? Pour l'image ? Le tourisme ? La chasse ? Pour moi, la biodiversité
n'est qu'un argument puisque la souche pyrénéenne n'existe
plus. Une réintroduction, aujourd'hui, doit demander une profonde
réflexion. La montagne n'est pas un immense zoo ! »
Louis Dollo,
le 16 mars 2009
(1)
G. Bertrand, Président du comité de programme du Programme
interdisciplinaire de recherches Environnement, Vie et Société
du CNRS, Géode UMR 5602 CNRS. Préface à Lingérence
écologique, Georges Rossi, CNRS Editions 2000, 2003. Page
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