MORT DE CANNELLE.
--Un collectif d'associations de défense de l'environnement célébrait
hier soir sur la scène du théâtre Saint-Louis de
Pau le premier anniversaire de la disparition du plantigrade
« La grande ourse est morte » est inscrit sur une
banderole tendue sur la façade du théâtre Saint-Louis
de Pau. Une toute petite centaine de personnes s'y est donné
rendez-vous hier soir pour célébrer l'anniversaire de
la mort de la dernière ourse de souche pyrénéenne.
Cannelle a été abattue, il y a un an sur les hauteurs
d'Urdos.
Un collectif d'associations de défense de l'environnement, réuni
autour d'André Cazetien, l'ancien maire de Mourenx et membre
du collectif Ours, a tenu à marquer cette date. « L'ourse
Cannelle est devenue le symbole du combat que nous devons mener pour
la compréhension et le respect de la diversité biologique
de la nature dont nous faisons partie », a-t-il expliqué.
Pour l'occasion, il a prêté sa plume à l'interprète
Jean-François Baby, qui a composé la chanson « Cannelle
», jouée en ouverture et en fermeture de cette cérémonie
hommage. Il y fut question d'art : conteurs, musiciens, chanteuses ont
animé la soirée.
Le botaniste Marcel Saule, auteur de « la Grande Flore illustrée
des Pyrénées », a livré une fable autour
de la mort de la « princesse des Pyrénées ».
André Cazetien a ensuite repris le micro. Il a fait état
des nombreux soutiens reçus : le navigateur-artiste Titouan Lamazou,
Jean Ferrat, ou encore Patrick Poivre-d'Arvor. Avant de s'interroger
sur « l'étonnant silence des élus locaux et nationaux
sur une question philosophique : le respect de la biodiversité
».
Plainte contre la France.
Le porte-parole de la Sepanso Béarn s'est interrogé :
« Cannelle est-elle morte pour rien ? » Il a affiché
sa volonté d'obtenir des territoires protégés pour
l'ours, citant les exemples italien ou espagnol. Ceci, avant de faire
état de la plainte de la Sepanso contre la France auprès
de la Commission européenne pour « l'extermination de
l'ours pyrénéen ».
Gérard Caussimont, du Fonds d'intervention éco-pastoral,
a tenu à expliquer qu'en Béarn, « il est aujourd'hui
difficile d'afficher son attachement à l'ours, notamment chez
les bergers. Certains subissent des pressions ». Il a rappelé
son point de vue : « Sans sursaut face à l'extinction
de l'ours, on pourra alors dire que sa disparition a été
voulue ». A propos de la réintroduction de deux femelles,
il estime : « Cela s'appelle réparer ce que l'on a détruit.
C'est la responsabilité de notre génération ! »,
a-t-il conclu.
«
La réintroduction, c'est réparer ce que l'on a détruit.
C'est la responsabilité de notre génération »
Source
: Sud-Ouest
du 2 novembre 2005