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Cannelle morte, c'est aux Gendarmes d'agir pour débuter
l'enquête et protéger la zone de l'afflux de journalistes
qui ne manqueraient pas de faire disparaître, par ignorance
et inattention, de nombreux éléments permettant
d'établir la vérité.
GEND'Info, une revue interne à la Gendarmerie, dans son
n° 275 de mars 2005, retrace parfaitement l'action menée
par les militaires de la gendarmerie pour trouver la dépouille
de Cannelle et la protéger y compris des rapaces, puis
l'évacuer tout en satisfaisant la curiosité médiatique.
Le lundi
1er novembre au matin, 6 chasseurs aspois étaient en battue
au-dessus d'Urdos (vallée d'Aspe - Pyrénées
Atlantiques - Béarn), dernier village de la vallée
avant d'atteindre le col ou le tunnel du Somport.
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| Que
s'est-il passé ? |
"Sur les hauteurs escarpées d'Urdos, six chasseurs
préparent une battue aux sangliers. Le rabatteur, accompagné
de plusieurs chiens, traque le gibier. Les cinq autres sont en
poste d'observation. C'est alors que le premier chien se fait
attaquer par l'ourse Cannelle, qui veut protéger sa progéniture.
Surpris par cet assaut, le rabatteur reconnaît tout de suite
la femelle et son ourson. Il tire en l'air pour les faire fuir.
L'ourse recule avant de procéder à une deuxième
attaque vers de même homme. Il jette sa veste sur la gueule
béante de l'animal et tire une nouvelle fois en l'air.
Apeurée, Cannelle remonte la pente vers le chasseur posté
au sommet de la montagne, au bord du précipice. L'ourse
va l'attaquer à trois reprises et le pousse de plus en
plus dangereusement vers le ravin. Il se réfugie sur un
arbre surplombant le précipice et y reste 45 minutes. C'est
en rejoignant le sentier qu'il est une nouvelle fois attaqué.
La dernière charge de Cannelle vers le chasseur sera fatale
à l'animal."
Extrait de Gend'info de mars 2005
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| La
réputation de l'animal |
"Généralement pacifique, l'ours reste encore
aujourd'hui précédé d'une réputation
d'animal nuisible et dangereux. Chassé
jusqu'en 1958, ce carnivore subit les battues administratives
jusqu'en 1969. En janvier 1972, il est classé espèce
protégée. En 1994 et 1997, les ours Claude et Melba
sont abattus à Borce et en Haute-Garonne. Il ne reste aujourd'hui
qu'une quinzaine d'ours bruns dans les Pyrénées.
Cannelle était la dernière descendante de la race
Ursus Arctos Arctos (ours de souche des Pyrénées)."
Extrait de Gend'info de mars 2005
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| Le
premier constat. |
Personne, dans la vallée, ne sait et ne peut savoir ce
qui s'est passé en cette fin de matinée sur les
hauteurs d'Urdos. Personne ne connaît, un peu après
midi, l'issue fatale pour Cannelle. Ce n'est que lorsque les chasseurs
redescendent, en fin d'après midi, qu'ils peuvent appeler
la Gendarmerie de Bedous. Au bout du fil l'un d'eux dit : "
nous avons dû abattre un ours ".
Consternation
à la Gendarmerie et dans la vallée car ici, plus
qu'ailleurs, les aspois sont attachés à leur patrimoine
qu'il s'agisse de l'ours, d'une église ou d'une cabane.
Bien sûr l'ours leur casse les pieds, les perturbe dans
leurs activités pastorales mais le respect à "
Lo Mossur " existe bien qu'il s'agisse de chasseur ou autres.
Alors
les chasseurs ont spontanément prévenu les Gendarmes
et ont expliqué ce qui s'est passé. Selon les premières
informations, l'animal est tombé dans le ravin et la nuit
va bientôt tomber dans un lieu réputé pour
ses pentes escarpées et particulièrement dangereuses.
Les Gendarmes doivent faire vite pour aller au plateau indiqué
par les chasseurs. Il leur faudra un peu plus d'une heure et demi
de marche pour localiser sans difficulté l'endroit où
se trouve la dépouille : les
vautours sont déjà là !
La
dépouille de Cannelle est effectivement 200 m. plus bas.
Voilà déjà 4 heures qu'elle est morte et
il ne reste déjà plus que la peau et les os. Les
éboueurs de la montagne ont fait leur travail. Mais il
faut repartir avant la nuit. Alors, pour protéger Cannelle,
un des Gendarmes la recouvre de sa couverture de survie. Protection
un peu dérisoire face aux vautours, mais quoi faire d'autre
? En se retirant, ils entendent les crois d'un ourson. C'est là
qu'ils comprennent qu'il s'agit bien de Cannelle et que le drame
va prendre des proportions dramatiques.
En revenant
dans la vallée, ils prennent conscience que l'affaire va
être un événement sans précédent
au niveau national. Le
lobby des protecteurs de la nature se met en place : il
y a le crime, l'assassinat des méchants chasseurs. Pour
les anti-ours, on parlera de la dangerosité de l'animal
qui ne pouvait que motiver le comportement du chasseur. Il devenait
donc urgent que la vérité soit dite pour que la
rumeur évite de se propager.
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| Préserver
les indices et protéger la presse |
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Le lendemain matin, les six chasseurs font leur déposition.
Celui qui a tiré sur Cannelle remonte au plateau avec les
gendarmes pour bien comprendre la situation. Mais pendant ce temps,
l'information se diffuse à grande vitesse. Des journalistes
commencent à monter à pied au plateau sans grands
soucis du danger du lieu. Ils veulent voir et savoir. Les Gendarmes
décident le bouclage de la zone pour que les enquêteurs
puissent travailler sans prise de risque d'accident pour les médias.
Une surveillance a dû être mise en place. Pour éviter
que les journalistes ne s'approchent trop du ravin, il leur a
été promis que la dépouille leur sera présentée
lorsque les constatations auront été terminées
et que l'hélicoptère remontera Cannelle. L'hélico
fera une halte sur le plateau pour les photographes avant de partir
vers l'école vétérinaire de Toulouse pour
que l'identification criminelle fasse une autopsie et qu'un expert
en balistique puisse faire son constat avec l'aide du vétérinaire
qui avait travaillé sur la mort de Melba.
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| Conclusion |
Il semble, selon des sources proches de l'enquête, que
l'hypothèse de la légitime
défense soit privilégiée. En tout
cas, et contrairement aux propos excessifs qui ont été
diffusés et aux affirmations de certains avocats
voir même de magistrats
en recherche de notoriété, il ne s'agit pas d'une
volonté de destruction de l'ours.
Les accusateurs de tous poils, les guignols de l'effet de manche
et autres protecteurs de la nature qui font profession de récupérer
des dommages et intérêts devraient réfléchir
et
attendre le jugement.
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