Le mâle, âgé d'un an, a été aperçu
vivant le 24 décembre, selon un expert. Si la nourriture naturelle
abonde, sa survie n'est pourtant pas assurée.
L'ourson de Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne
abattue le 1er novembre par un chasseur, est vraisemblablement vivant.
"Nous avons vu sa trace la dernière fois le 24 décembre,
à 1.850 m sur un col enneigé, ce qui donne à penser
qu'il est en relative bonne forme", a indiqué Jean-Jacques
Camarra, coordinateur du Réseau ours brun de l'Office national
de la chasse et de la faune sauvage.
Selon lui, le fait qu'il n'ait pas été repéré
depuis le 24 décembre "n'est pas inquiétant",
car il est en phase d'hibernation, où il se manifeste moins.
L'ourson a été repéré une dizaine de fois
depuis le 1er novembre sur les zones qu'il fréquentait avec sa
mère, en haute vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques).
Des réserves de nourriture
"Je précise que nous ne l'avons pas nourri", a expliqué
Jean-Jacques Camarra. "Nous essayons de le garder dans les conditions
naturelles". Le Réseau ours a constitué des réserves
de nourriture, "au cas où l'enneigement deviendrait trop
important pour qu'il se nourrisse seul", a toutefois indiqué
le responsable. Il y a heureusement cette année "beaucoup
de nourriture naturelle": glands, faines etc. L'ourson est un mâle
d'un an. Il mesure 50 cm au garrot et pèse 25 kg. Sa survie est
loin d'être acquise : un ourson sur deux meurt avant l'âge
adulte.
Jean-Jacques Camarra avait "baptisé" en 1994 sa mère
Cannelle. Il estime entre 14 et 18 le nombre total d'ours dans les Pyrénées
françaises et espagnoles, dont 3 ou 4 mâles (mais aucune
femelle) de souche pyrénéenne, les autres étant
issus de la réintroduction d'ours slovènes en 1996/97.
Le père de l'ourson est d'ailleurs d'origine slovène.
Le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a indiqué mardi qu'il
"prendra une décision dans les tout prochains jours sur
la question d'une réintroduction éventuelle d'ours dans
les Pyrénées".
Source : News
TF1 du 12 janvier 2005
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Pas de nouvelles. Bonnes nouvelles. D'après
Jon Swenson (NdR : UICN),
expert norvégien sur la conservation de l'ours, il n'y a pas
de raison que l'ourson de Cannelle ne soit pas en vie. Et même
réveillé après quelques mois de torpeur hivernale.
" Dès l'âge de 7 mois, les oursons orphelins peuvent
survivre. " Le sourire de l'expert norvégien auprès
de l'Union internationale pour la conservation de la nature ne laisse
planer aucun doute sur l'avenir de cet ourson maintes fois vu en compagnie
de Cannelle. Privé subitement de sa mère, dernier ours
brun des Pyrénées, abattue par un chasseur en novembre
dernier dans la vallée d'Aspe, l'ourson n'a plus donné
signe de vie. Agé alors de 11 mois, le bébé de
Cannelle s'est retrouvé seul à l'entrée de l'hiver.
Après une période d'errance et d'abattement, la meilleure
solution qui s'imposait à lui était l'hibernation. Comme
tous ses congénères, le petit - encore sans prénom
- s'est couché dans une tanière improvisée dans
une cavité rocheuse ou " aménagée " dans
un abri sous la végétation. Les caprices climatiques d'un
long hiver à peine entrecoupé de jours printaniers auraient-ils
à ce point retardé sa sortie de la torpeur hivernale ?
LE RÉVEIL A SONNÉ
À l'heure qu'il est, l'ourson, réveillé par l'horloge
biologique et émoustillé par les parfums du printemps,
doit être en train de gambader dans la montagne à la recherche
de nourriture. Tombera-t-il museau à museau avec d'autres ursidés,
dans ce vaste territoire ? On dénombre aujourd'hui 14 à
18 ours bruns sur l'ensemble des Pyrénées françaises.
Sur le versant espagnol, la Cantabrie en recense une centaine. Dans
la partie occidentale des Pyrénées françaises,
ont été repérés trois mâles adultes
(Aspe-Ouest, Camille et Néré) et un ourson mâle.
Dans la partie centrale et orientale vivent 10 à 14 individus
: deux femelles (Ziva et Caramelle), 2 à 3 mâles adultes
Pyros, Boutxy et peut-être Kouki dont on a perdu la trace depuis
2003. Deux femelles d'au moins un an ont été identifiées
par la génétique et deux jeunes d'un peu plus d'un an
et demi ont été observés visuellement, ainsi que
deux individus nés en 2000 de Ziva, 1 à 2 individus nés
en 2002 de Ziva et un ourson né en 2004. En attendant des nouvelles
fraîches de l'ourson aujourd'hui âgé de 14 mois,
la concertation se poursuit. Ainsi que les réunions de travail
franco-espagnoles qui déboucheront sur la rédaction d'un
mémorandum.
DANS LA PEAU DE L'OURS
Cette concertation menée avec les institutions, les élus,
les associations, les partenaires de la vie montagnarde et le gouvernement
espagnol fait suite à la décision de Serge Lepeltier,
ministre de l'Ecologie et du Développement durable, de doubler
la population d'ours bruns dans les Pyrénées. En effet,
5 nouveaux spécimens doivent être introduits à l'automne
2005, 5 autres en 2006 et les 5 derniers en 2007. L'objectif est de
parvenir, avec les naissances espérées, à un cheptel
oursin d'une cinquantaine d'individus. D'ici-là, il faut préparer
le terrain et alimenter le dialogue sur ce sujet passionné sinon
passionnel. Un site web a été ouvert à cet effet.
Il a déjà recueilli plus d'un millier d'avis. Des forums
citoyens (lire ci-contre) ont été suscités par
la Mission Agrobiosciences, bien dans son rôle de médiateur,
qui a apporté sa logistique, ses compétences et son savoir-faire
dans le débat. Chacun a pu se mettre dans la peau de l'ours (ou
de son adversaire) pour faire remonter remarques et suggestions
Auteurs : Martine Cabanne et Pierre Escorsac
Source : La Dépêche du Midi
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Des preuves de
vie du petit de l'ourse abattue en novembre par un chasseur ont été
découvertes samedi dans les Pyrénées-Atlantiques.
Depuis la mort de Cannelle, la population d'ours brun est réduite
à quatre mâles dans le Haut-Béarn, y compris l'ourson
orphelin aujourd'hui âgé d'environ 16 mois.
Sa mère
Cannelle avait été abattue en novembre dernier par un
chasseur. Pour la première fois depuis quatre mois, des traces
de l'ourson ont été relevées ces derniers jours
en vallée d'Ossau, dans les Pyrénées-Atlantiques.
C'est ce qu'a annoncé le groupe Ours Pyrénées qui
milite pour la protection des plantigrades. "Cela prouve qu'il
est vivant", s'est félicité Gérard Caussimont,
le président de l'association.
Les traces dans
la boue et la terre humide ont été repérées
samedi à 1.500 mètres d'altitude, dans un secteur autrefois
fréquenté par l'ourse Cannelle car riche en faines, le
fruit du hêtre. La semaine dernière, un garde du Parc National
avait déjà vu des traces "moins précises"
dans la neige.
Depuis la mort
de l'ourse Cannelle, la population d'ours brun est réduite à
quatre ours mâles dans le Haut-Béarn, y compris l'ourson
orphelin aujourd'hui âgé d'environ 16 mois. Le ministre
de l'Ecologie avait annoncé en décembre un plan de réintroduction
prévoyant de doubler en trois ans la population ours des Pyrénées.
Mais "ce plan est au point mort" dans le département
des Pyrénées-Atlantiques en raison notamment de l'opposition
des chasseurs et des bergers, selon le Groupe Ours. Pour l'association,
"s'il n'y a pas renforcement, s'apitoyer sur le sort de l'ourson
ne sert à rien".
Source
: TF1
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| L'ourson
a passé l'hiver |
VALLEE D'OSSAU. -- Deux naturalistes
du FIEP ont retrouvé des traces du petit de Cannelle, samedi
Qu'était-il advenu du petit de Cannelle, la dernière
ourse de souche pyrénéenne, abattue par un chasseur
en vallée d'Aspe au mois de novembre 2004 ?
Cette question a trouvé sa réponse cette fin de
semaine : l'ourson est bien vivant. Gérard Caussimont et
Alain Bruel, deux naturalistes du Fonds d'intervention éco
pastoral (Fiep), Groupe ours Pyrénées ont retrouvé
samedi en vallée d'Ossau plusieurs traces d'un jeune plantigrade,
correspondant à la taille de l'ourson de Cannelle, né
au début de l'année 2004. Cette observation a été
validée par le coordonnateur du Réseau ours, Jean-Jacques
Camarra et ne fait que confirmer les observations faites la semaine
dernière par un garde du Parc national des Pyrénées.
« Ces traces ont été trouvées dans
un secteur fréquenté habituellement par Cannelle
quand elle avait des petits et où il restait encore des
faines (fruits du hêtre) conservées sous la neige
pendant plus de six mois. Le jeune ourson a dû s'en nourrir
», explique Gérard Caussimont.
Renforcement
vital.
« C'est une bonne nouvelle qui ne doit pas cacher la
situation dramatique de l'ours en Béarn, condamné
à disparaître s'il n'y a pas un renforcement »,
poursuit le naturaliste. Gérard Caussimont rappelle que
dans les Pyrénées-Atlantiques, l'homme est responsable
de la mort de plusieurs ours au cours de la dernière décennie.
« Il faut réparer estime-t-il. S'il n'y a pas
de renforcement, s'apitoyer sur le sortde l'ourson ne sert à
rien, car cela veut dire que la disparition de l'ours est voulue.
» Le président du FIEP profite de l'occasion
pour rappeler que ce renforcement fut accepté localement.
«Ceux qui bloqueraient le renforcement de deux femelles
dont le principe a été accepté à l'Institution
Patrimoniale le 8 décembre, porteraient la lourde responsabilité
de la disparition de cette espèce dans notre département.
L'IPHB et les signataires
de la charte, renouvelée en 2004, doivent honorer leurs
engagements, après avoir bénéficié
des avantages liés à la charte pendant dix ans.»
Aussi le Fiep - Groupe ours Pyrénées lance-t-il
un nouvel appel aux responsables locaux, départementaux
et régionaux pour qu'il trouvent une solution avec le ministère
de l'écologie «afin d'appliquer dans les Pyrénées-Atlantiques
le renforcement et le Plan de soutien à l'économie
de montagne qui l'accompagne.»
Auteur : Marcel Bedaxagar
Source : Sud-Ouest
du 16 mai 2005
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| Hibernation
réussie pour l'ourson de Cannelle |
Faune.
L'animal, dont la mère a été abattue par
un chasseur, a laissé des traces dans les Pyrénées-Atlantiques.
Les premières depuis quatre mois.
Il reste bien quatre ours dans les Pyrénées-Atlantiques
: l'ourson de Cannelle a laissé, samedi, des traces fraîches
dans la boue, de quoi constater qu'il a survécu à
l'hiver. Sa mère était devenue célèbre
le 1er novembre 2004, jour où elle fut abattue par un chasseur
: elle était la dernière femelle de la souche pyrénéenne.
Mais Cannelle appartenait à la même espèce
que l'ours brun de Slovénie. A l'automne, ce cousin va
permettre d'augmenter en France une population au nombre encore
anecdotique : aux quatre présents en Pyrénées-Atlantiques
s'ajoutent une dizaine vivant dans le centre et l'est du massif.
Emotionnelle.
C'est donc dans la vallée d'Ossau, à 1 500 m d'altitude,
que les traces de l'ourson, les premières depuis quatre
mois, ont été relevées samedi par un membre
du réseau de surveillance, dans un secteur que Cannelle
fréquentait autrefois. Les spécialistes craignaient
que l'ourson trop jeune n'ait pas acquis assez d'autonomie pour
survivre à l'hibernation. Le voilà âgé
de 16 mois et apparemment sauvé.[NdR : à
consulter] «C'est une demi-surprise, note
Pierre-Yves Quenette, responsable de l'équipe technique
ours pour les Pyrénées à l'Office national
de la chasse et de la faune sauvage. On savait qu'il avait
ses chances, il a réussi à s'alimenter et à
trouver une tanière. Depuis la sortie de l'hiver, nous
prospections à la recherche de traces.» Les ours
se nourrissent à 70 % de végétaux et à
30 % de viande (ovins, insectes...)
L'importance
de l'ourson est surtout émotionnelle.
Ce ne sont pas quatre mâles qui assureront la survie de
l'espèce : ils sont en période de rut en ce moment
mais n'ont pas la moindre femelle à se mettre sous la dent,
la plus proche étant à 150 kilomètres de
là... Trop loin pour un ours, même motivé.
En effet, à l'est et dans le centre des Pyrénées,
vit l'autre groupe de plantigrades, une dizaine dont quatre femelles.
Leur introduction en 1996 et 1997 en provenance de Slovénie
a été un succès. Aussi en janvier,
le ministre de l'Ecologie a-t-il annoncé un plan consistant
à doubler la population des ours sur le massif. Cinq bêtes
sont attendues à l'automne.
Il s'agira
essentiellement de femelles achetées à la Slovénie,
10 000 euros l'animal, sans compter les frais de transport. Chaque
ours est capturé avec des pièges à lacets
attiré par de la nourriture, il met la patte dans
un noeud coulant , puis endormi et transporté en camion
avant d'être relâché dans une zone boisée.
Ce projet, qui a déjà suscité beaucoup de
réactions, relève de l'homéopathie si l'on
regarde ce qui se passe dans les pays voisins. Alors que la population
ursine est estimée entre 14 et 18 individus en France,
elle atteint près de 600 en Slovénie. En Espagne,
dans les monts Cantabriques, on recense entre 90 et 120 ours.
«Primes
pour tuer».
Le rapport de ces pays avec l'animal n'a rien à voir avec
celui qu'entretient la France, où le débat est passionnel
: fantasme de citadin pour les uns, dernière chance de
posséder encore une vie sauvage sur le territoire pour
les autres. En Espagne, dans les Asturies, la mort de Cannelle
a fait la une des journaux car elle est inimaginable dans le pays
: ainsi, les battues aux sangliers sont interdites dans les zones
les plus fréquentées par l'ours. «En Slovénie,
l'ours a toujours été présent ; s'il fait
des dégâts, c'est un élément naturel
comme une averse de grêle, explique Pierre-Yves Quenette.
Chez nous, la situation est plus artificielle et les plus âgés
se souviennent qu'ils touchaient des primes pour tuer l'ours.
Il faut se réhabituer.»
En France,
chaque année, entre 120 et 200 brebis sont tuées
par l'ours, sur un cheptel de 600 000 brebis dans les Pyrénées.
En soi, ce chiffre est assez faible mais c'est souvent la goutte
d'eau de trop pour des éleveurs confrontés à
des difficultés économiques.
Auteur
: Sylvie BRIET
Source : Libération
mardi 17 mai 2005
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