Le chasseur d'Urdos pourrait savoir d'ici décembre s'il sera
ou non renvoyé en correctionnelle
René Marquèze,
ce chasseur qui a reconnu avoir tué le 1er novembre 2004 l'ourse
Canelle, sera-t-il ou non renvoyé devant le tribunal correctionnel
pour y répondre de destruction d'espèce protégée
? La réponse à cette question qui se pose depuis la fatale
partie de chasse sur les hauteurs d'Urdos devrait tomber d'ici la fin
de l'année. Hier, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel
de Pau, a mis un terme à la longue instruction confiée
au juge Puyo. Les investigations supplémentaires sollicitées
par Me Blanco, avocat de France nature environnement et du FIEP (le
Fonds d'intervention éco-pastorale) ont en effet refusées.
La chambre de l'instruction a ainsi donné raison au juge Puyo
qui avait rejeté au début de l'année une partie
des demandes.
La question de l'état de nécessité.
Le dossier en appel avait été plaidé en mai dernier.
Me Blanco (1) souhaitait une confrontation collective, en sa présence,
de tous les chasseurs ayant participé à la battue. Mais
ceux-ci avaient déjà tous été entendus individuellement
et leurs déclarations ne révélaient pas de contradiction
flagrante. L'avocat demandait également une expertise comportementale
de l'ourse suitée. Mais le juge d'instruction avait déjà
entendu un spécialiste sur ce sujet. Enfin, le témoignage
du garde de l'ONF, Ramuntxo Fellechea ou les auditions de Didier Hervé,
le directeur de l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn)
et de Fernand Esterez, le secrétaire général de
la fédération de chasse n'ont pas été davantage
jugées nécessaires. Le point de savoir si les chasseurs
avaient été informés de la présence récente
de Cannelle et de son ourson sur les hauteurs d'Urdos a déjà
été longuement abordé durant l'instruction.
Cette question est cependant capitale.
Car si la thèse d'une chasse à l'ourse ne peut guère
être soutenue, reste à déterminer si l'état
de nécessité invoqué par René Marquèze
peut être retenu. En clair, les chasseurs ne se sont-ils pas volontairement
et en toute connaissance de cause mis en difficulté en ne renonçant
pas à leur battue ?
La réponse du juge d'instruction fondera sa décision de
renvoyer René Marquèze devant le tribunal ou au contraire
de prononcer un non lieu à son encontre. Avant de la prendre,
il devra déposer le dossier au règlement. Ce qui devrait
être fait dans les vingt jours suivant la notification de l'arrêt
rendu hier. Le procureur de la République aura alors trois mois
pour délivrer ses réquisitions. Tombera alors dans la
foulée l'ordonnance, tant attendue, du juge d'instruction.
Nous n'avons pas réussi à joindre hier Me Jean-François
Blanco, actuellement en vacances.
Auteur
: Anne-Marie Siméon
Source : Sud-Ouest
du 18 aout 2006